:: Travel in Zelda's World III : Switching Sides ::
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Démon


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Message Posté le: Sam 22 Déc - 17:27 (2012)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Hello tout le monde !

Voici enfin le début de cette nouvelle aventure qui, je l'espère, sera aussi épique que les précédentes !

Je vous livre ici le prologue, j'espère qu'il vous plaira ^^

Bonne lecture !

/!\ (Je rappelle que ce topic est exclusivement réservé aux chapitres ; toute question ou tout commentaire devra être posée ou fait dans le topic de discussion sur la troisième fic co ! Merci bien !) /!\




Fiction collective :


Travel in Zelda's World : Switching Sides














Prologue



Un soleil ardent inondait la plaine d’Hyrule, accentuant la teinte rousse de son herbe et les craquelures de la vieille terre. Le ciel n’était encombré d’aucun nuage, son azur resplendissant ne faisant que balayer le sol tel un regard divin épris de folie, tandis que les rares êtres à lutter contre cette canicule abandonnaient bien vite et se précipitaient à l’ombre pour ne pas éclater sous la lumière brûlante.
L'un de ces êtres, en revanche, poursuivait la bataille contre l’astre et l’éther. Un humble fermier, du troisième âge sans doute, dont les espoirs de récolte venaient d’être anéantis par ce réchauffement dur et prolongé. Son bœuf et sa charrette à ses côtés, il passait dans les allées parfaitement dessinées de son champ, et arrachait les pieds de maïs calcinés à mains nues. Effort ridicule en soi de par le côté pathétique et rachitique de ces victimes des cieux, il devenait particulièrement ardu quand il devait être répété toute une journée durant.

Le carnage avait été presque complet. Il ne restait plus qu’une centaine de pieds en bonne santé, le reste dépérissait à vue d’œil. Tommy le fermier cessa son activité un instant, passa un linge propre sur son front moite, et finit par renoncer. Il décida de retourner chez lui avec son bœuf, afin de ne pas se dessécher, lui aussi. Sa ferme se trouvait à deux pas de sa parcelle de terre.
- Le roi va sans doute devoir prendre des mesures, dit-il à son animal, frappant la semelle de ses bottes sur le sol déshydraté. Je n’avais pas connu un tel désastre depuis …
Un scintillement étrange détourna l’attention du fermier. Sans doute un objet métallique, perdu ici dans la plaine par quelque voyageur. Tommy rentra donc dans sa ferme, ôta au bœuf son fardeau, et le dirigea vers son bac, où de l’eau fraîche l’attendait. Le fermier se servit à boire également, puis décida de voir quel était cet objet.

Le soleil tapait de plus en plus fort. Tommy se dit qu’un septuagénaire comme lui mourrait bien vite s’il n’était pas consciencieux, et au top de sa forme. Il s’approchait lentement de l’objet, regardant alentours si une caravane n’était pas passée par ici, laissant tomber sa cargaison. Mais sur cette plate plaine, le fermier ne put voir personne à des kilomètres. Pas même une trace de passage.
Il était enfin à la hauteur de l’objet. Les rayons du soleil étaient d’une puissance sans précédent. Tommy ressentit aussitôt la soif s’emparer de nouveau de lui, alors qu’il venait à peine de l’étancher généreusement.
Il se pencha sur l’objet. C’était une sorte de sphère métallique creuse, percée de part en part de sorte que l’on pouvait en voir l’intérieur à travers deux orifices se faisant face. Puisque le soleil était si impitoyable, l’objet était brûlant et Tommy ne put se résoudre à le prendre à pleines mains. Il s’accroupit cependant et observa un instant l’intérieur de la sphère. 

Il eut le temps d’y voir quelques inscriptions runiques gravées, puis tout disparut.



Horacio était tranquillement allongé sur son lit aux côtés d’Eugénie. Tous deux regardaient un film sur son ordinateur portable et riaient de bon cœur. La jeune femme posa sa tête sur la poitrine de son petit ami, alors que les mots « The end » apparaissaient sur l’écran.
- J’adore cet acteur, toujours aussi formidable dans le n’importe quoi, dit-elle de sa voix pétillante et sucrée.
Horacio posa sa main gauche sur l’épaule d’Eugénie, et passa la droite dans ses cheveux. Il sentait sa poitrine se gonfler puis se vider en rythme de sa respiration. Il était apaisé par la sensation de tenir ainsi dans ses bras, un être qui semblait si fragile, et si vivant à la fois. Il lui baisa le front et frotta sa joue contre ses longs et doux cheveux roses.
Eugénie passa alors ses bras sous ceux de son amant et le serra contre elle le plus fort qu’elle put, avant de dire :
- Tu … Tu crois que ça va bien se passer ?
Horacio ouvrit les yeux et accentua ses caresses.
- De quoi parles-tu ? dit-il sur un ton paisible.
- De ta carrière en professionnel. 
Le jeune homme sourit. Son curieux tatouage en forme de ligne, partant de sa tempe et de sa pommette gauche avant de se rejoindre sur sa joue et de descendre jusqu’à son torse, se tordit alors sous l’action des zygomatiques. Il était heureux que sa petite amie se fasse du souci pour lui ainsi, même s’il ne supportait pas de la savoir torturée par trop de pensées.
- Je vais atteindre de nouveaux sommets, dit-il d’un ton ferme et assuré. Je ne dois sous-estimer aucun de mes adversaires, mais je sais qu’en travaillant dur, et en gardant en tête le but que je me suis fixé, je parviendrai à devenir champion du monde.
Eugénie semblait satisfaite de cette réponse. Elle se redressa, délaissant les caresses d’Horacio, puis le regarda dans les yeux un instant, sourire aux lèvres.
- Je t’aime, dit-elle simplement.
- Je t’aime aussi, dit le jeune boxeur dans un murmure.
Leurs paupières tombèrent tandis que leurs lèvres s’unissaient dans un baiser suave et langoureux.

Mais Horacio se sentit soudain très mal. Un choc incroyable venait de se produire dans son esprit, et son corps fut paralysé. Il eut le temps de sentir qu’il en était de même pour Eugénie.
Puis, une décharge électrique le parcourut de la tête aux pieds, et un kaléidoscope effrayant défila devant ses yeux pourtant clos. Il eut l’impression que ses membres se faisaient ballotter par un vent inexistant, que son cœur sortait et rentrait dans sa poitrine à chaque battement, qu’un couperet tombait sans cesse sur lui, le traversant de part en part sans pour autant le couper.
Horacio poussa un long cri, tandis qu’un chaos de ténèbres et une distorsion apocalyptique s’emparaient de lui. Il ne sentait plus la présence d’Eugénie.
Une furie naquit en lui, mais ne dura pas longtemps ; il perdit connaissance.

Lorsqu’il ouvrit les yeux, il comprit immédiatement que quelque chose n’allait pas. Il était allongé sur le ventre, sur un sol herbeux et humide aux senteurs sylvestres. Il sentit une présence à ses côtés. Eugénie ?
Il se redressa subitement pour porter secours à sa petite amie, mais…
Ce n’était pas elle. Pas du tout. C’était un être de petite taille revêtant une longue cape à capuche, ici ouverte, dont le visage n’était pas humain.
Horacio poussa un cri d’effroi et de surprise, se précipitant en arrière par réflexe. Il vit alors les environs plus en détails. Il était dans une clairière étrange, où des ruines rocheuses surplombaient un puits aux allures médiévales.
Il y avait également d‘autres personnes … ou du moins, d’autres êtres … allongés sur le sol, et semblant tous se réveiller d’un long sommeil.
Un rapt ? Un enlèvement ? La CIA ? Un complot international ? La fin du monde ? Des extra-terrestres ?
Une peur viscérale s’empara du jeune boxeur, tandis qu’une demi-douzaine d’inconnus aux allures souvent inquiétantes se redressaient, l’air interdit et suspicieux. Certains semblaient apeurés, d’autres semblaient prêts à se battre pour une raison X ou Y. Horacio vit alors, perdue parmi tant de virilité intimidante, une jeune femme. Mais elle faisait partie de ceux qui semblaient prêts à se battre, malgré son air choqué et perdu.
Il y avait principalement des hommes, mais un seul d’entre eux semblait tout à fait normal et au moins tout aussi apeuré que lui. Il n'y avait aucune trace de sa petite amie.
- Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? lança alors Horacio, la furie d’avoir été séparé ainsi d’Eugénie reprenant le dessus.
Il prit une pose de combat assurée tandis que tous les regards se tournaient vers lui. 

Une silhouette se glissa soudain parmi eux, et Horacio se sentit alors un peu faible. Il posa un genou à terre, bientôt imité par tous les autres, y compris la bestiole bizarre à capuche ; visiblement, il n’était pas le seul à avoir subi cette perte subite d’énergie.
La femme qui venait d’arriver était vêtue de beige et avait des allures guerrières. Elle était très belle, mais avait un air farouche. Elle dit alors :
- Je vous ai enfin trouvés.
Elle prit le temps d’observer toutes les personnes en présence avant d’ajouter :
- Vous venez d’arriver dans un autre monde.


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Dernière édition par Démon le Mar 5 Mar - 17:05 (2013); édité 1 fois
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Message Posté le: Sam 22 Déc - 17:27 (2012)    Sujet du message: Publicité
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Alidae Fern


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Message Posté le: Ven 28 Déc - 19:45 (2012)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 1 : Premiers pas, prise de contact. Euh ... Qu'est-ce qu'on fait là ?



Comme au commencement. D'abord, il y avait le vide, le néant ... Le noir absolu, ni froid ni chaud, pire que cela, dépourvu de toute température, de toute texture, de toute odeur, de toute apparence … le vide. Chaos. Et le pire était de ne pas savoir d'où il tirait cela, mais que tout ce qu'il énonçait devait être vrai d'une manière ou d'une autre. Quel était le commencement ? D'abord, y avait-il vraiment eu un commencement ? D'où est-ce qu'il tirait l'idée même de commencement ? Après tout, du peu qu'il en sache, cela ressemblait plutôt à une fin, une finitude dépourvue de toute finalité allant irrémédiablement vers une Fin imminente ...

Qu'y avait-il avant ? Il ne le savait pas. Oh, nécessairement, il devait y avoir un "avant", c'était obligatoire. Une conclusion première et évidente de la notion d'existence même. Pour qu'il y ait un "maintenant" et un "après", un "avant" était nécessaire. Comment en être sûr ? Car avant, il en était certain, il y avait eu quelque chose. Quelque chose d'autre. Malheureusement, il n'aurait pu en définir la nature. Il n'avait aucun mot, aucune idée, aucune rune pour représenter ce qu'était avant, ce que serait après. Tout ce qui aurait pu être matière à connaissance semblait s'être mystérieusement évaporé. Vide … Non, pas vide. Il n'était pas vide. Vide serait la néantisation du Tout, l’annihilation de la Plénitude des choses, et si l'on dit du Tout, on pense donc nécessaire du Rien également. Donc le Rien n'était pas du vide, puisque abstraitement présupposait une certaine existence abstraite. Le Rien n'était pas le vide. Et s'il n'était pas l'Être, sans être le Vide, alors il était le Rien. Le chaos. Oui voilà, le chaos ...Tout lui était un mystérieux chaos ... qui le rendait étrangement confus. Ce sentiment de perdition, de manque, d'oubli ...

Oui, comme un commencement. Lux fiat, fuit lux. Comme le "que la lumière soit, et la lumière fut". Au moment où les ruines de sa conscience avaient daigné accepter de se remettre en service, il passa à une étrange sensation de dur, de froid presque glacé, mortel, voire minéral, qui transcendait une barrière si mince, et lui donnait un frisson contre l'épine dorsale. Oui, de cette sensation, il avait eu celle particulièrement désagréable du passage d'une nuit si calme, reposante, à un éveil brutal, sans en comprendre la raison même. Et maintenant ... La sensation était différente. Encore fraîche, mais nettement plus souple. Nettement moins rude, nettement plus tendre, plus accueillante. Comme un berceau végétal ... végé ... pardon ? D'où est-ce qu'il tirait cette conclusion ? Là, il était inquiet ...

Une silhouette échouée lamentablement au sol daigna frissonner légèrement d'un contact d'origine inconnue sur son épaule. Le contact, certes surprenant, n'en était pas si désagréable pour autant à première vue. S'arrachant pourtant à ce toucher avec une réaction presque qualifiable de "farouche", un être humanoïde de deux mètres moins treize centimètres marmonna de manière inintelligible entre ses lèvres, se redressant lentement en prenant appui sur ses mains, et dépliant ainsi ses bras, avant de se laisser choir avec paresse dos vers le sol, mais se maintenant en position assise, la tête prise entre deux mains recouvertes de gants sombres.

- Ah ben on dirait qu'il n'est pas aussi mort qu'on le pensait ! J'avoue que cela m'aurait fortement ennuyé de me traîner un poids plus mort que vif ... Eh, t'entends quelque chose p'tite tête ?

"P’tite tête ?" A qui s’adressait-il ? Pas à lui … si ? P’tite tête … Forme vulgarisée de l’adjectif qualificatif péjoratif de taille … petite … petit. Petit … Petit ! Cela eut le mérite de le faire se tendre tout d’un coup, redressant sa tête avec une fierté blessée – qu’il ne pouvait pas expliquer au passage – et dardant des yeux noisette-ocre mécontents vers la source supposée de la remarque :

- Eh, mais pour qui vous prenez-vous pour parler sur ce ton, espèce de malappris ? Jamais de toute mon existence je n’avais … euh … je n’avais ? Je n’avais quoi ? Quoiqu’il en soit, c’est d’une incorrection doublée d’arrogance tout aussi méprisables l’une que l’autre ! 

Devant l’éclat de voix inattendu de celui que presque tous pensaient mort – ou presque – toutes les têtes ou du moins la majorité d’entre elles se tournèrent vers l’origine d’un début de conflit verbal potentiel. C’est alors que s’offrit au revenu dans le monde des conscients un étrange spectacle de têtes aussi étranges, stupéfiantes que inconnues. Il n'avait aucune idée de qui l'avait secoué, et ne pourrait bien reconnaître la voix qu'il avait entendu l'esprit à moitié endormi - à moitié éveillé. Mais cela oscillait pour tous les goûts ! Une tête de poisson – qui lui rappelait étrangement un petit quelque chose sur lequel il … Ah si ! Les Zoras, oui, un peu comme un Zora mais pas pareil – des choses humaines proches des hyliens mais sans les longues oreilles si fines, en grand nombre il semblerait. Un jeune homme pas plus vieux que lui … Enfin supposait-il en apparence puisque ne connaissant pas plus l’âge de l’individu en question que le sien. Ensuite, une jeune femme aux cheveux clairs, un troisième à la peau étrangement différente et aux yeux noirs assez en retrait. Puis quelques autres encore, dont la plupart ne le rassuraient guère, pas plus que ne le mettaient en confiance et tant essayer de se souvenir de tous les détails observés lui donnait un mal de crâne monstrueux qu’il abandonna la tâche à peine amorcée. Grommelant entre ses dents des injures mêlant un haut parler hylien à un autre plus populaire lui revenant par instinct, il demanda d’une voix quelque peu plaintive et agacée, tendue en dévisageant une jeune femme aux cheveux bruns qui semblait en savoir un peu plus que les autres :

- Bon, je ne voudrais en aucun cas me montrer impoli, mais il y a comme une question qui me taraude quelque peu. Voire même plusieurs : premièrement, où on est ? Deuxièmement, comment on a atterrit ici ? Troisièmement, en quelle raison ? 

Un certain silence pesa, pendant lequel le jeune homme se tortilla quelque peu, très mal à l’aise. Avait-il dit une absurdité sans le vouloir ? Certains arboraient des sourires impossibles à interpréter sinon qu’ils n’étaient pas malveillants, d’autres étaient nettement moins conciliants et diablement plus moqueurs et ironiques. Il s’apprêtait à essayer de se rattraper gauchement avant que celle aux cheveux bruns ne lui fasse signe de se taire, un mince sourire aux lèvres :

- Nul besoin de ressentir une quelconque honte, ce sont de bonnes questions, tout à fait compréhensibles. Je sais que certains d’entre vous sont quelque peu … Impatients ? Agacés ? Ou encore totalement perdus. C’est on-ne-peut-plus normal. Vous vous demandez ce que vous fichez là, le pourquoi et le comment de tout ce bazar. Je n’irai pas jusqu’à dire que je connais tout, mais sans doute puis-je vous éclairer quelque peu. Si vous l’acceptez bien entendu. 

Imposant en dépit de sa frêle silhouette une aura tant tangible que redoutable, l’inconnue qui venait d’arriver comme un cheveu sur la soupe au sein des pauvres voyageurs malheureux du temps et de l’espace marchait d’un pas tranquille et assuré, dardant un regard bleuté intense sur chacun des visages, à tour de rôle, comme si ces échardes oculaires pouvaient percer jusque dans leurs cœurs ou leurs âmes. Sa voix, si elle restait posée, vibrait de puissance oratoire et d’expérience, déterminée mais non dénuée de toute chaleur, comme elle reprenait. Elle attendit un moment le silence complet, s’arrêtant aussi, avant de reprendre :

- Comme vous devez le savoir ou le saurez bientôt, vous avez été brutalement arrachés à vos mondes et/ou époques respectifs et amenés tout aussi rudement en ces terres, d’un royaume plus connu sous le nom de Hyrule, dont fait partie... cette clairière. Jusque-là, j’ai perdu personne ? Bon, tant mieux. C’est un peu compliqué mais essayons de faire simple, autant que possible. Tous les espaces-temps ont été perturbés, en raison de l’apparition de quelque chose, quelque part en Hyrule. Je n’échappe pas plus à la règle que vous. Seulement … Disons que je connais un peu mieux le terrain sur lequel vous marchez. Mais ceci est une autre histoire. Il y a plus urgent actuellement … 

Les orbes azurés quelque fois étrangement pailletées d’or scrutèrent toute la petite assemblée, les traits se fronçant quelque peu devant le spectacle plus ou moins humains qu’elles observaient avec attention. Une fois n’est pas coutume, et les choses ne changeant guère à l’ordinaire, il n’y avait pas de groupe à proprement dit. Chacun ou presque se tenait dans son coin ou en de minces groupuscules, très souvent méfiants les uns vis-à-vis des autres. Et pas de têtes connues il semblerait … Non, ne parlons pas de groupe, parlons plutôt de masse d’êtres vivants très hétérogène rassemblée en un même lieu, un même instant, un même espace et pourtant venant d’ici, et plus encore d’ailleurs. Une voix s'éleva dans le groupe des nouveaux venus, demandant :

- C’est bien joli tout cela, mais on peut savoir qui vous êtes, madame ? Et pour qui vous vous prenez pour vous juger cheftaine de l’expédition ? 

Un murmure tantôt approbatif tantôt dépréciatif parcourut la petite assemblée, mais plutôt de la première tendance. À vrai dire, la question était bonne : savaient-ils à qui ils avaient affaire ? Savaient-ils si ce n’était pas mensonges ou fadaises que l’inconnue leur servait ? Et surtout pour qui se prenait-elle pour estimer en savoir plus qu’eux, et supposer qu’ils puissent avoir besoin de son aide ? Le jeune éveillé en tunique noir observait avec une candide, mais sagace curiosité l’intervenante majeure, curieux de connaître comment cette dernière allait réagir avant de fixer son jugement. Visiblement, c’était ce qu’un bon nombre de personnes attendaient, puisque les murmures laissèrent rapidement place au silence quand la fougueuse guerrière, loin de se laisser désarçonner, croisa les bras sur son torse, un sourcil haussé et l’autre légèrement froncé, usant de mille efforts pour rester aussi calme qu’elle l’était :

- Mon nom importe peu, mais soit, si vous y tenez tant … Je suis Alidae. Je refuse d’être appelée autrement, compris ? Je suis … On peut dire que je suis une simple mage et voyageuse itinérante qui s’est retrouvée comme vous mêlée dans ce bazar sans nom. Satisfaits ? En outre, je ne me considère pas comme meneuse, ce n’est pas mon intention. Je ne veux pas vous commander, je m’en fiche pour être totalement honnête avec vous. Tout ce que je désire, c’est que chacun puisse rentrer chez soi au plus vite, sain et sauf autant que possible, et en gros que les choses rentrent dans l’ordre. Libre à vous de me croire ou non, et d’accepter mon aide ou pas. Mais laissez-moi vous dire quelque chose : ce n’est pas en se la jouant solo que vous pourrez espérer survivre en terrain inconnu. Je vous laisse quelques minutes pour méditer sur ma proposition. 

Faisant acte de ses paroles, la mystérieuse mage se tourna et s’installa confortablement contre le tronc d’un des rares arbres de la plaine hylienne, avec un air aussi fier que imperturbable, bien qu’un tantinet agacé. Même le plus grand des imbéciles était capable de le remarquer. Les guerriers – ou simplement nouveaux-venus – réfléchirent en silence, ou en discutant pour certains entre eux. D’autres, ayant déjà pris leur décision ou s’en fichant royalement, vaquaient à d’autres affaires. Le jeune soldat inconnu et amnésique n'’hésita pas bien longtemps avant de se redresser lentement, frottant une fois de plus ses yeux brun-ocre encore embués de sommeil, et de se diriger vers l’inconnue à la venue inopinée, s’adressant d’une voix chaleureuse, bien que mal assurée :

- J’accepte votre aide. Je sais que mon avis importe sûrement peu, mais je sens qu’elle dit la vérité. Je ne saurais pas expliquer pourquoi je le sais, mais je le sais. Peut-être que nous pourrons tant survivre que comprendre ce qu’il s’est passé … Vous ne croyez pas ?

Observant d’un œil posé les groupuscules devant être un groupe à l’origine, la magicienne soupira doucement en se redressant une fois que, de trop longues minutes plus tard, tout le monde fut à peu près d’accord pour rester un minimum ensemble au départ au moins. Elle se redressa avec calme songeant combien la tâche serait plus herculéenne qu’elle ne l’aurait pensé au début. Plus indisciplinés, plus puissants aussi mais nul doute hélas plus instables que ceux qu’elle avait connu. Comment parviendrait-elle à garder un minimum de cohésion, de calme et d’unité dans ces petits grains de poussières humains refusant de se souder pour constituer quelque chose de stable ? Elle ne le savait pas. Mais, songea-t-elle avec un sourire, autant cela semblait impossible que cela ne la dérangeait pas. Après tout, n’était-elle pas habituée, abonnée aux missions impossibles ? Et cela ne la dérangeait pas plus que cela … Bien qu’un sombre pressentiment la dévorait déjà. Les choses ne seraient pas faciles, c’était déjà aisément palpable alors que la petite troupe pas encore bien organisée, pas unie et toute fraîche se mettait en route à sa suite, vers la première des nombreuses étapes d’une aventure se promettant d’être longue et sinueuse, périlleuse à souhait. Arriveraient-ils en un morceau ? Rentreraient-ils chez eux ? Parviendront-ils à tout remettre dans l’ordre – si tout le monde le voulait bien, bien entendu – ? Alidae n’en savait rien. Mais bon, comme diraient les Grands Esprits … On verra bien ce qui adviendra de tout cela.


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Message Posté le: Mer 2 Jan - 10:17 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 2: Quand nécessité fait larrons.



- Un instant !

Le groupe se figea tel des statues, comme si on venait de leur lancer un sort et à la manière d’un seul homme, tous se tournèrent vers l’origine de cette voix claire et sûr. De bien des manières, leurs regards se posèrent sur l’être le plus banal qui soit présent, habillé d’étranges vêtements à la matière synthétique indéterminé, le sombre jeune homme à la carrure massive, au visage bonhomme et au regard noir paraissait, en effet, tout à fait normal.


A première vue, il n’y avait rien de particulièrement étrange chez lui, à part, peut-être une sorte de décalage entre l’intelligence de son regard et son physique de paysan du Kanto. Néanmoins, les guerriers ainsi que les mages présents pouvaient aisément ressentir qu’il ne pratiquait aucuns de ces arts.

- Je me présente, Hasegawa Yuusuke.

Dit-il soudainement en s’inclinant poliment face au petit groupe. Certains haussèrent les sourcils, d’autres clignèrent des paupières, mais au bout de quelques instants, tous prirent conscience de ce que ses paroles invitaient.

Le premier à réagir fut l’homme qui s’était exclamé en premier, de lui émanait une forme d’aura, celle qu’on les gens aspirant à de hauts faits, à de grands accomplissements, y travaillant avec passion, sculptant leur corps et leur esprit pour atteindre leurs buts. C’était un individu de bonne taille, d’une allure svelte et athlétique. Tout le monde pouvait d’ailleurs juger aisément de cela à la tenue de nuit qu’il portait, plutôt impropre au voyage mais laissant apprécier sa silhouette. L’unique œil gris visible sous sa chevelure sombre parut jauger les personnes présentes une à une avant de s’exprimer.

- Je me nomme Horacio.

Sa voix cachait difficilement son énervement, une sorte de rage qui couvait comme un feu menaçant d’embraser la forêt. Les événements qu’il venait de vivre l’avait laissé ainsi, l’inquiétude et l’angoisse se percevaient en lui pour les plus empathiques. Quelque chose d’important semblait lui manquer, peut-être l’avait-il perdu ?

- Alvis…

Le jeune homme habillé de noir venait de parler mais le son de sa voix était étrange. Le regard perdu, il mit un instant avant de se rendre compte que les personnes le fixaient. Gêné et troublé, il se recula malgré lui d’un pas et bégaya :

- Je… Je me nomme Alvis…

Mais sa voix paraissait si incertaine que le trouble qui l’étreignait en devenait quasiment palpable pour ceux qui l’écoutaient. Le jeune homme avait les cheveux bruns coupés court mal coiffé. Il paraissait assez fin et svelte, portant une tenue noire et grise qui lui allait comme un gant portant des armoiries étranges.
Yuusuke retira sa veste noire et la tendit à Horacio. Ce dernier le regarda avec un certain étonnement mais Hasegawa maintint son regard en acquiesçant lentement. Horacio finit par accepter de se couvrir de ce vêtement. C’était mieux que rien.

C’est ce moment que choisis une jeune femme pour s’avancer et se présenter à son tour.

- Je me nomme Neyve Raïjka.

Elle était la personne ayant la tenue la plus élaborée de tous. Ses longs cheveux bruns foncés descendaient jusqu’à ses omoplates et venaient couronner son visage diaphane d’un trait irréguliers venues souligner un regard d’un brun-rouge luisant. Sa voix résonnait avec une certaine dureté et avec un calme qui détonnait quelque peu au vue de la situation.

Les regards se tournèrent vers un jeune garçon aux cheveux bleus et à la peau blanche, d’une taille moyenne et chaudement vêtue, il regardait les personnes avec une expression ennuyée.

- Ariste Doom.

Lâcha-t-il comme à regret sans s’y attarder, faisant passer son regard sur le jeune homme à l’allure un peu étrange, le regard posé et calme, presque absent, il reste silencieux. Puis, d’un signe clair, il exprime son mutisme.

- Vous êtes muet ?

Demanda Neyve à ses côtés. Ce dernier d’acquiescer. Chacune des personnes du groupe alla de sa grimace ou de son expression plus ou moins ennuyés avant que les regards finissent par se tourner vers une jeune femme aux vêtements sombres. Son expression était figée en un masque impénétrable, ses cheveux noirs aux reflets bleutés adoptaient l’ovale de son visage. De ses yeux ne transpiraient aucune émotion décelable, seules l’acuité et l’intelligence de l’esprit qui voyait par ces derniers étaient palpables.

- Lillule.

Avec la même passion qu’Ariste, elle donna son nom avant que les regards se détournent naturellement d’elle pour fixer la créature la plus étonnante et exotique de l’équipé, peut-être même, la plus monstrueuse. Car, ce qui était déplaisant chez elle n’était pas qu’elle était couverte en entier par ses vêtements portant des requins comme emblèmes ou qu’elle avait une queue, ainsi qu’une sorte de dorsale derrière la tête. Non, le plus déplaisant était sa ressemblance avec un être humain lambda. Certaines personnes du groupe, peinaient d’ailleurs à la fixer trop longtemps.

- Je suis Galeos.

Se présenta la créature d’une voix étrange gutturale et étranglée, comme-ci l’air ambiant n’avait pas été fait pour ses cordes vocales. Voilà qui était une étrange conclusion aux présentations.


- Et bien, maintenant que nous nous sommes présentés, je suppose que nous pouvons nous mettre en route.

Exposa Yuu avec un sourire poli, plongeant son regard dans celui d’Alidae. Cette dernière finit par acquiescer après avoir sonder son interlocuteur. Elle ne parvenait pas à comprendre ce qu’il avait cherché à faire en motivant des présentations formelles. Elle commença à s’éloigner, les autres personnes lui emboitant le pas. Sans bien s’en rendre compte, la tension entre les personnes du groupe avait sensiblement baissée depuis qu’ils savaient le nom de chacun. Etais-ce là l’objectif secret de la manœuvre de ce Hasegawa ?


Quittant ainsi la clairière pour s’enfoncer dans une forêt dense, le petit groupe se retrouva bientôt dans une atmosphère beaucoup plus sombre et étouffante. De temps à autre, quelques lucioles étranges venaient flotter dans l’air et l’animer de leur couleur doré. Quelques animaux sauvages trahissaient leurs fuites par quelques craquements lointains. Le silence était tombé sur l’équipé, chacun suivant l’autre d’un regard un peu étranger, un peu absent. Tous se demandant s’ils n’étaient tout simplement pas tombé dans un mauvais rêve. Autour d’eux, la forêt semblait continuer à l’infini, l’horizon était vite bouché par la densité forestière. Le couvert était tout aussi dense et bas, il ne permettait pas vraiment le soleil de faire passer ses rayons. Ainsi, tous baignaient dans une sorte de lumière émeraude et respirait un air moite et étouffant. Mais, au bout de quelques secondes, une voix s’éleva de nouveau pour demander l’arrêt.

- Attendez, Alidae ! Excusez-moi d’interrompre notre marche mais…

C’était Horacio, ce dernier gagna le niveau de la femme, en tête de groupe.

- Lorsque j’ai « voyagé » pour arriver ici. J’étais avec ma petite amie. Et j’ai sentis qu’elle partageait les mêmes douleurs que moi, pendant quelques instants, avant qu’elles ne disparaissent. Alors, j’ai besoin de savoir… Est-ce que vous savez ce qui a pu lui arriver ?

Alidae plongeait son regard dans celui de son interlocuteur avec intensité. On pouvait sentir dans celui de ce dernier toute la détresse et l’urgence de sa question. Le reste du groupe paraissait attendre sa réaction.

- Je l’ignore. Il se peut qu’elle soit restée dans votre monde ou qu’elle soit atterrie ailleurs…

- Ou qu’elle soit morte ?

Intervint spontanément Raïjka, le regard inquisiteur. Le regard d’Alidae s’assombrie un instant avec une expression perplexe. De toute évidence, c'était une possibilité mais elle ne pouvait le confirmer. Horacio échangea de rapide coup d’œil entre les deux femmes, ouvrant de grands yeux. Il allait sans doute exploser d’angoisse quand la main de Yuusuke se posa sur son épaule. Leurs regards se rencontrèrent, Hasegawa se fendit d’un sourire rassurant et parla alors de la même voix claire qu’il avait utilisé jusqu’à lors.

- Je crois que nous sommes tous angoissés à l’idée d’avoir perdue ceux que nous aimons et de ne plus retrouver notre monde. Néanmoins, pour l’heure, nous devons nous assurer de notre propre vie. Mettons-nous en sécurité puis nous réfléchirons à la manière d’obtenir de vraies réponses à nos questions ainsi qu’à la manière rentrer chez nous. Ça serait mieux ainsi, tu ne penses pas ?

- Celle que j'aime est peut-être quelque part, seule et perdue ! Elle souffrait avant qu’elle ne disparaisse ! Je ne peux pas garder mon calme ! Il faut que je la retrouve !

Le regard de Yuusuke se durci sensiblement, sa voix aussi.

- Le fait est que tu ne peux rien pour elle à cet instant. Tu ne sais pas où elle est et la chercher au hasard serait absurde. Nous sommes dans un endroit sauvage et inconnu et nous ne sommes pas équipés pour voyager. Tu risques de mourir si tu n’agis pas prudemment. Ta petite amie n’était pas morte quand tu l’as laissée, il y a donc encore un espoir qu’elle soit en vie. Si tel est le cas, elle va avoir besoin de toi. Il faut donc que tu restes vivant et pour l’instant, la meilleure chose que tu peux faire pour cela, c’est suivre Alidae, comme nous tous.

Horacio resta silencieux, dardant un regard particulièrement acerbe envers Hasegawa. Ce dernier le supportait sans faillir, tout en restant dénué d'agressivité. Il n'était pas question d'entrer en conflit avec l'homme mais bien de lui faire entendre raison. En fin de compte, après un instant, ce dernier répondit.

- Tu as intérêt à avoir eu raison.

- A moins que tu entrevois une meilleure solution ?

Répondit Yuu sans hésiter avant de lancer un court regard à la ronde avant de revenir à Horacio. Ce dernier resta silencieusement à fixer son interlocuteur avec une mine figée. Pendant quelques instants, il lui parut qu'il jaugeait un adversaire comme pour tester sa détermination. Mais Hasegawa n'était pas là pour jouer au coq, il gardait juste une expression neutre, certains qu'il n'y avait pas d'autres issues pour celui qui lui faisait face.

- Aucune...

Finit par lâcher Horacio entre ses dents serrées en desserrant les poings.

- Alors, repartons. Si tu veux bien.

Demanda Yuu en tentant de rester le plus cool possible. Le boxeur acquiesça la mine sombre. De toute évidence, l'angoisse ne l'avait pas quitté. Néanmoins, n'y avait-il plus de risque qu'il se mette à paniquer.

Alidae hésita un instant, son regard s’attardant sur Yuu avant de reprendre la tête et de continuer à guider le petit groupe. Ce jeune homme lui paraissait de plus en plus étrange. Aucun pouvoir n’émanait de lui, il était la banalité même et pourtant, quand il parlait, il semblait capable de raisonner habilement avec les gens qui l’entouraient. Serait-il un bon chef ? Difficile de le déterminer sur si peu de temps. En tout cas avait-il été écouté par Horacio. De fait, l’acuité de la question de Neyve ne l’avait pas mise en bonne position et elle n’aurait peut-être pas pu se montrer aussi habile que lui. Elle se demandait d’ailleurs ce que Raïjka avait cherché en agissant de la sorte. Cette femme ne semblait pas mâcher ses mots.


Alvis, quant à lui, n’avait pas osé intervenir dans cette discussion, même si des tas de questions lui occupaient aussi l’esprit et qu’il brulait de les poser à la ronde. A vrai dire, plus que tout autre, il lui semblait avoir perdu énormément de choses dans l’incident. Mais, il n’était pas encore certain qu’il devait en faire part à ces gens. Il ne les connaissait pas forcément depuis longtemps et puis, il espérait que la situation s’arrangerait vite avec le temps. Pour l’heure, il essayait de se rappeler la signification des emblèmes qu’il portait. Hyrule aussi… Zora ? Et puis Hylien… Tout ça résonnait dans sa tête, il le savait. Ça lui était familier. Pourtant, il ne parvenait pas à évoquer de souvenirs personnels pouvait l’expliquer. Il se doutait qu’il devait être originaire de ce monde, qu’il devait être lui-même un hylien mais c’était maigre. Et lorsqu’il avait ressenti l’angoisse terrible qui avait étreint le cœur d’Horacio, il n’avait pu s’empêcher de se demander si, lui aussi, il avait quelqu’un qui tenait tant à ses yeux. Peut-être avait-elle besoin d’aide ? Devait-il s’en inquiéter ?


Mais à mesure qu’il réfléchissait, une migraine gagnait son esprit. Quelque chose lui disait qu’il devait attendre avant de parvenir à se rappeler quoi que ce soit. Tant pis, il le garderait pour lui, pour l’heure. Comme l’avait dit Yuusuke, ils étaient tous dans la même galère. Ils devaient avoir tous de nombreuses angoisses mais ils ne devaient pas paniquer, s’accrocher à ce qui était stable et sûr. A cet instant, cette bouée qui les maintenait hors de l’eau, c’était l’espoir que représentait Alidae d’obtenir des réponses et peut-être la fin de ce cauchemar.


Cette dernière choisit cet instant pour s’arrêter devant une grande souche d’arbre mort dont les racines étaient à nues. Elle prit soin d’écarter ces dernières et commença à sortir des sacs de cuirs épais apparemment chargés. Yuusuke et Horacio aidèrent la femme à disposer de tout ça. De toute évidence, c’était là une cache.

- Vous aviez préparé ceci pour notre venue ?

Demanda Hasegawa d’un air entendu.

- En effet, il y a de quoi vous restaurer, vous habillez et voyager plus confortablement.

Expliqua Alidae d’un ton égal. Et en effet, tous purent trouvés ce qui leur étaient nécessaire pour voyager et tous s’habillèrent en conséquence. Yuu était soulagé de quitter ses chaussures de villes pour des bottes plus confortables sur ce terrain accidentée. Horacio lui rendit son manteau et s’habilla à son tour. Ce fut pour lui que l’amélioration fut la plus notoire. Après ces quelques instants, Yuu s’intéressa au paquetage en lui-même, histoire d’être certain qu’il s’y trouvait tout ce dont il aurait besoin, notant à haute voix ce qu’il y mettait des réserves de la cache. De cette manière, il poussa les autres à s’en intéresser et à vérifier que rien ne leur manquaient. Là encore, il pouvait être étonnant qu’un jeune homme comme lui semble si assurer sur la manière de s’organiser pour un tel périple.


Mais Yuusuke n’avait pas besoin d’avoir été un héros, un grand guerrier, un puissant mage, pour avoir fait du camping avec ses amis. Cette pensée le fit sourire. Pour l’instant, il lui semblait que les choses se passaient bien. Il avait déjà plus ou moins cernés les personnes présentes et il savait à qui s’adresser pour obtenir ce qu’il voulait. Ceux qui l’inquiétaient le plus étaient Ariste, Lillule, Neyve et Galeos. Il émanait d’eux quelque chose d’inquiétant sans qu’il puisse définir pour tous ce que cela était. Mais cela expliquait qu’il devait se montrer subtil pour organiser le petit groupe sans que ce dernier ne s’en aperçoive de trop. Ce n’est pas parce qu’il voulait les manipuler, ou encore s’assurer un pouvoir quelconque. C’était juste dans sa nature profonde, depuis le rôle de délégué de classe jusqu’au rôle de chef d’orchestre à l’université, il avait toujours ressentit le besoin d’optimiser les dispositions de chacun pour qu’ils travaillent harmonieusement à un objectif commun. Il pensait que c’était parce qu’il détestait le gâchis quand il voyait des gens potentiellement doués. D’ailleurs, il se tourna vers leur guide.

- Alidae, allons-nous face à quelques dangers plus avant ?

- Le seul danger serait de nous perdre.

Il se tourna à la ronde et éleva la voix.

- Qui sait se battre parmi nous ?

Horacio, Ariste, le muet, firent un signe de tête ou de main pour se signaler. Alvis parut hésiter, il avait trouvé un arc et des flèches dans la réserve et les regardait avec curiosité depuis quelques secondes maintenant.

- Je saurais vous protéger si quelque chose arrive.

Assura Alidae sans se détourner de ses propres affaires. Yuu coula un regard dubitatif vers elle, il fit une étrange moue puis un sourire ennuyé avant de se retourner de nouveau à la ronde.

- Je propose que chacun fasse ce qu’il sait fait le mieux jusqu’à ce que nous arrivions à destination. Si vous avez un quelconque talent qui pourrait nous être utile, je pense qu’il serait judicieux de l’utiliser.

Conseilla-t-il en cherchant les regards de chacun. Il eut plus ou moins d’approbation mais ceux qui n’avaient rien dit ne l’avaient fait que par fierté. Ce que disait Yuu était raisonnable et acceptable, il n’y avait aucune raison de s’en formaliser outre-mesure. Ainsi donc, chacun fut bientôt prêt au périple, même s’il était toujours difficile de se préparer à l’inconnu. Au moins avaient-ils désormais le minimum pour y faire face.


Mais Hasegawa savait qu’il n’était pas loin de leur première destination, le lieu ou voulait les mener Alidae. Il lui avait suffi de regarder la quantité de vivre qu’elle avait conseillée d’emporter pour s’en rendre compte.


Malgré le sentiment de danger ambiant, il ne prit pas d’armes sur lui. A ses yeux, cela aurait été plus dangereux encore s’il en avait eu une. Non, sa seule arme était la cohésion du groupe, l’utilisation des aptitudes de chacun, il devait rester concentrer sur cette idée, c’était là son seul talent personnel, la seule manière pour lui d’être utile. Mais pour cela, il devait mieux connaître chacun d’entre eux, savoir ce qu’il faisait dans la vie, a quoi ils aspiraient et ainsi mieux comprendre comment ils pourraient, au mieux, agir.


Son attention se porta sur Horacio, de bien des manières, il était celui qui devait avoir le plus besoin de parler. Ainsi, il l’aborda durant la marche espérant lui permettre de soulager sa tension mais il se heurta un mur buté. Quelque chose d'absurde semblait l'empêcher de se confier aussi facilement à Yuu. Cela ne venait pas de ce dernier mais bien de l'interlocuteur.

Lâchant un soupir discret, il s'en alla en tête de groupe rejoindre Alidae. Par bien des façons, elle lui semblait être une bonne interlocutrice. Il espérait ainsi apprendre auprès d'elle davantage de choses sur leurs destinations ainsi que sur sa connaissance des incidents. Ainsi pourrait-il prendre les meilleurs décisions possibles dans un futur proche. D'une certaine manière, cela lui rappelait la relation intime qu'il avait tissé avec son directeur à l'université, dans un autre monde. Cette relation lui avait toujours été d'une grande utilité pour savoir avant les autres que faire et comment agir efficacement. De même, il espérait pouvoir mieux saisir qui elle était car si elle n'était pas forcément toujours d'un grand tact, elle paraissait, en cet instant, une personne plutôt responsable.


Et ainsi, alors que la forêt se déroulait autour d’eux, le petit groupe se dirigea vers sa mystérieuse destination en étant un peu plus cohérent, un peu plus vivant et un peu plus uni qu’à leur départ. Mais seraient-ils prêt face aux épreuves qui les attendaient ?



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Message Posté le: Jeu 10 Jan - 17:46 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 3 : Si du moins le courage y est... Ca fera l'affaire.


Le ciel semblait s'assombrir et la forêt n'en finissait plus. Alidae s'interrompit brusquement. Tout le groupe cessa de marcher au même instant. On put entendre quelques voix demander ce qui avait put se produire et la quelconque cause de cet arrêt, pour le moins, brusque. Alidae se retourna toujours aussi silencieuse et semblait tendre l'oreille pour entendre un son. Tout le monde se tût. Mis à part le bruit des petits oiseaux et des feuilles dansantes sur les arbres, aucun bruit semblait faire face. Cependant, Alidae préservait ce visage qui semblait figé sous une intense concentration. Soudain, ne pouvant endurer ce silence une seconde de plus, Horacio crut bon de demander d'une voix qui semblait affirmer une certaine assurance :
" Que se passe-t-il ?"
C'est alors qu'Alidae leva brusquement le visage au ciel, et après quelques secondes, elle le rabaissa et lança un regard foudroyant à celui qui venait d'interrompre la concentration de celle-ci. Il se retourna et observa la réaction des autres qui semblaient néanmoins approuver la questions posée quelques secondes plus tôt. Une autre voix se fit entendre : "Alors ?". Il s'agissait de la voix d'Alvis.
" Alors ? Alors ? " Marmonna alors Alidae.
Le groupe de jeune "immigrants" sentit alors une aura plus ou moins négative.
" Alors... Il aurait mieux fallut préserver ce silence quelques secondes en plus. Ajouta-t-elle. J'avais cru entendre un bruit assez déplaisant... Quelque chose d'autre a dû passer à travers cette faille dimensionnelle...
- Quoi donc ? Osa demander Galeos.
- Comment pourrais-je le savoir?... Du coup... J'ai perdu la direction dans laquelle il semblait se diriger... Cela ne traduit rien de bon..."
Elle se retourna et prit le temps d'observer les voyageurs du temps. En réalité, elle ne voyait dans aucun d'eux une personne capable d'affronter un éventuel gnome. Un soupir bien que non émit se fit pressentir de la part de la jeune femme. Horacio, de nature combattante comprit à travers ce petit malaise qui semblait s'inviter à l'atmosphère qu'Alidae n'avait aucune confiance en leur technique de combat. Une petite flamme sembla alors s'éveiller en lui. Il voulait absolument prouver le contraire. Mais avant qu'il ne put répondre un mot, elle se remit en route d'un pas plus pressé. Certains avaient plus de mal à suivre et tentaient d'accélérer en trottinant de temps à autres, d'autres semblaient plus rêveurs, et enfin certains se concentraient sur les derniers mots de la jeune mage. Alors que le jeune boxeur tentait de rejoindre le niveau d'Alidae, un grand tremblement se fit sentir sous les pas des voyageurs. Un grand cri général se souleva. Alidae restait calme mais comprenait au fond d'elle qu'une puissance assez grande se présentait. Un monstre de pierre et de roc d'une taille colossale s'avança parmi les nouveaux arrivants, sortant tout droit de l'ombre qu'apportaient les arbres et multiples feuillages. Tous devinrent alors muet, même le muet devant ce spectacle terrifiant. Le monstre semblait dégager une atmosphère plus que négative, une atmosphère de mort. Même Alidae n'avait jamais vu ce personnage sans nom auparavant. Les groupe avait été scindé sous les tremblements, ils étaient éloignés de quelques mètres. Alidae était en compagnie de Yuu et Horacio. Le muet se tenait avec Ariste et Lillule. Alvis, parmi Galéos et Neyve. Ainsi, Le groupe d'Alidae se tenait à la droite du monstre, le groupe du muet en face et le groupe d'Alvis à sa gauche. Alidae fit un signe à Ariste, le muet et enfin Horacio pour leur faire comprendre que les prochaines minutes ne seraient pas une partie de plaisir et qu'ils devront mettre en application leur techniques ( si existantes ) de combats. Cependant, les trois concernés semblaient un peu perdus quant à la manière de vaincre un tel colosse. Ils étaient déjà fortement impressionnés et médusés par un être aussi... Improbable. Alidae tenta une première approche et provoqua grâce à ses capacités de mage, une roue de flamme autour du bloc de pierre. Elle fit directement le lien entre les éléments et leurs réactions. La pierre faisait parti des éléments de terre. L'eau n'y pouvait rien, le feu cependant pouvait avoir des effets bien plus qu'efficaces. Cependant le monstre ne sembla pas se plier sous cette première attaque. Au contraire. Il en profita pour porter un coup violent au corps de celle-ci qui s'écrasa quelques mètres au loin, souffrant aussitôt du choc. Horacio, à la vue de cet acte s'empressa sous une forme de colère de porter au titan des coups qui d'ailleurs étaient très violents et auraient certainement assommés voir tués un homme. Le monstre ne sentait rien malgré l'ardeur des coups d'Horacio, il subit le même sort qu'Alidae et fut projeté contre un arbre. Parmi tous les coups qu'il avait put recevoir dans sa carrière de boxeur, celui-ci devait être le plus fatal. Yuu se précipita vers son ami après avoir soulevé Alidae. Il tenta de calmer Horacio qui se débattait, déchiré entre la colère, la volonté de battre et l'amer souffrance que lui causait la réponse du monstre. Alidae semblait quant à elle, tout à fait bouleversé par ce qui venait de se passer. En réalité, elle s'était déjà imaginé combattre et achever le géant sous un sort mais elle avait échoué. Elle se demandait ce qui avait bien put se produire. Pourquoi la pierre ne réagissait-elle pas ? Le coup n'était-il pas assez puissant ? Telles étaient les questions qu'elle ne pouvait s'empêcher de se poser à elle même. De l'autre côté, le Muet et Ariste semblaient s'être mis d'accord sur un point:
" Il faudrait pouvoir le faire chuter. Dit Ariste d'une voix assez calme. Cependant, il faut garder une certaine distance. Ils ont déjà affaiblis Horacio et Alidae... "
Le muet acquiesça. Ils partirent ainsi chercher des pierres non loin pour les projeter contre le monstre. Mais rien n'y faisait. Le rocher ne cédait pas. Aucune force humaine semblait pouvoir rivaliser face à ce colosse. Ariste esquissa un léger sourire au coin de la bouche pour exprimer que son idée avait été des plus stupides. Le monstre s'approcha alors du groupe du muet et approcha sa gigantesque main vers Lillule et la souleva dans les airs. Horacio hurlait de rage :
" Lâche-là ! Lâche-là ! " Mais Yuu le retenait.
Il la balança aussi à son tour. Tout le monde eut un instant de silence, ne savant que faire. Seul Galéos eut l'idée de la rattraper en plein vol. Malgré sa petite taille, il sentait qu'il avait un rôle à jouer dans ce combat. La jeune fille ne pouvait s'empêcher de crier. Et cela n'était certainement pas une honte car quiconque aurait hurlé à sa place. La puissance avec laquelle Lillule avait été jetée aurait put rappeler les jetés de poids dans les jeux olympiques. Galéos accourut et réussit tant bien que mal à la rattraper. Il s'écrasa à terre mais ce n'était pas important car Lillule était saine et sauve, mais à moitié évanouie par un choc si soudain. Yuu semblait paniquer, il ne voyait pas d'issu à ce combat où tout le monde semblait avoir été projeté à tour de rôle. Le muet fit comprendre comme il put à Ariste que son idée n'était pas mauvaise mais qu'il s'était trompé d'objet. Il se retourna et fit un signe vers un gros tronc d'arbre qui était à terre, non loin d'eux. A nouveau, un sourire s'esquissa sur le visage du jeune homme aux cheveux bleus. Pendant ce temps, Alidae se concentrait pour invoquer un nouveau sortilège plus puissant et qui lui demandait beaucoup d'énergie. Horacio remarqua les deux autres se diriger vers la forêt pour aller chercher le grand tronc, il s'empressa donc de se lever et d'aller les aider à le soulever. Yuu qui ne voulait rester les bras croisés sans rien faire le suivit aussitôt. A quatre, il réussirent avec beaucoup de motivations à soulever le poids de l'arbre mort. Ils réussirent même à courir et à le balancer tout droit dans ce qui semblait être les chevilles du géant. A ce moment précis, Alidae avait envoyé son sort, plus puissant, qui fit apparaître une grosse flamme du sol. Le monstre perdu l'équilibre sous une sorte de panique et s'écrasa à terre. Le monstre se tortillait sur le tronc qui avait brûlé au même moment. Les quatre jeunes garçons se regardèrent avec des yeux qui transmettaient une certaine forme de fierté. Et, au moment même où Yuu allait prononcer quelques mots de victoires, Alidae hurla :
" ATTENTION ! "

Yuu n'avait pas remarqué que le monstre s'apprêtait à l'expulser à son tour. Ariste avait cependant eut le temps de s'interposer. Il prit le coup fatal à la place de celui qui était visé et finit par s'aplatir au sol vingt mètres plus loin. Le monstre de roc avait mis dans ce coup, toute sa rage et sa vengeance. Ariste venait de recevoir l'un des coups les plus violents et ne donnait plus signe de vie. Alvis se précipita alors vers celui-ci et se mit à genoux pour mieux l'examiner. Ses mains tremblaient et ne savaient s'il fallait le toucher ou non. Soudain, alors que sa main était placée au dessus d'une des plaies du jeune garçon, une lumière s'afficha sur le dos de celle-ci. Alvis n'en croyait pas ses yeux. Quelque chose lui semblait familier, mais il ne parvenait pas à comprendre ce sentiment qui semblait l'envahir. La plaie se referma mais elle ne semblait pas avoir disparue. Il demeura stoïque durant quelques secondes, et tomba ensuite sur son fessier. Il continua à regarder le dos de sa main, qui dégageait encore une légère lumière qui finit enfin par s'estomper. Ariste s'éveilla, mais bien que la plaie avait été fermée par une manifestation divine, la violence du coup l'avait brisé de l'intérieur. Il n'arrivait plus à se lever et dû demander de l'aide, contre son grès, à Alvis. Il n'avait pas pu voir ce qui venait de se passer puisqu'il avait perdu connaissance juste avant. Il fut posé contre un arbre, où Alvis lui proposa de ne plus bouger jusqu'à ce qu'ils aient terrassés le monstre. Ariste baissa la tête. Habituellement, il parvient toujours à esquiver les coups, mais là, il s'agissait pour sauver quelqu'un d'autre. Il venait de se sacrifier. Mais pourquoi? Pourquoi s'être sacrifié pour quelqu'un qu'il ne connaissait pas? Il se demandait en son fort intérieur s'il n'appréciait pas les gens qui l'entouraient. Il se sentait beaucoup mieux dans ce monde que sur terre, où il sentait une pression énorme chaque jour, dû à sa prise de position assez contradictoire avec celle des autres. Ici, il ne voyait pas le besoin de s'opposer aux autres car il semblait voir en chacun une originalité qu'il n'avait pas vu depuis fort longtemps. Un sourire s'afficha sur son visage, mais qui soudainement fut balayé par l'image de sa soeur à l'hôpital. Non. S'il restait ici, il ne pourrait pas passer les derniers mois qui lui restent avec sa soeur bien aimée. Son regard s'assombrit. Il observait de loin, dans sa grande faiblesse, la scène de combat. Lillule semblait avoir reprit des forces mais n'osait toujours pas s'interposer, pour ne pas recevoir un coup identique à celui qu'avait reçu le jeune homme aux cheveux bleus. Soudain, Neyve avança de quelques pas. Elle portait en sa main droite, un archer, de sa gauche, un violon. Tout le monde l'observa comme si un événement terrible allait se produire. Elle posa délicatement son archer sur les cordes du violon et joua une mélodie qui ne pourrait être décrite par de simples mots, cependant, un mal aise se fit sentir dans chacun. Des secousses se firent sentir, et enfin, ce qu'on pourrait qualifier d'une onde de choc se dirigea tout droit sur le monstre. Alidae resta muette. Horacio, Yuu et tous les autres ne comprenaient pas ce qui venait de se produire. Ariste au fond, esquissa un sourire d'émerveillement. Soudain, Alidae eut comme une illumination. Elle fixa brutalement le monstre et hurla :
" Il ne s'agit pas d'un monstre de terre !
- Et bien oui, ce n'est pas de la terre mais de la pierre, on avait remarqué ! Hurla Horacio.
- Mais qu'est-ce donc ? Osa s'interposer Lillule."
Le monstre tentait de retenir les nombreuses ondes de chocs qui venaient en rafales par le violon de la noble jeune fille. Soudain. Le muet, Horacio et Yuu qui se tenaient très près de l'ombre des arbres sentirent comme une aura. Ils entendirent un long soupire, vraiment inquiétant, qui rappelait celles qu'ils auraient pu entendre dans des films d'horreurs. Ils n'osèrent se retourner directement. Horacio qui avait en lui un grand courage se décida à se faire face à ses peurs mais avant même qu'il ne put incliner son visage, une main se posa sur son épaule. Une main assez grande, blanche qui était enroulée sous des bandeaux noirs. Il vit alors apparaître un homme assez grand, torse nu qui dévoilait un tatouage rituel sur son dos qui longeaient aussi ses bras. Il s'avança lentement, ses cheveux argentés et noir aux racines ainsi que son écharpe noir flottait au vent. Il se retourna vers Alidae et la fixa de ses yeux bleus qui penchaient sur le blanc. Il finit par prononcer ces quelques mots:

" Un monstre du royaume des ombres."


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Message Posté le: Ven 11 Jan - 21:08 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 4 : Un monde et ses dangers


Le nouvel arrivant dégageait une aura inquiétante qui fit frissonner tout le groupe. Alidae le jaugea d’un regard sévère, tandis que le monstre bataillait toujours pour se défaire des ondes de choc de Neyve, qui semblait être entrée en symbiose avec son instrument, se coupant du monde.

- On peut savoir qui vous êtes ? lança Alidae, d’un ton plutôt sec.

- Appelez-moi Dogva, répondit-il calmement. Je suis un Sheikah. Vous êtes le chef de ce groupe ?

Alidae ne répondit pas tout de suite, le combat faisant toujours rage dans son dos. Horacio dégagea son épaule de la main gantée du nouvel arrivant, lui lançant un regard lourd de reproches et disant :

- On se calme mon pote, on se connait pas.

Le Sheikah baissa les yeux sur le jeune boxeur. Horacio soutint son regard clair, mais sentit à nouveau un frisson désagréable lui parcourir l’échine. L’élémentaliste répondit enfin :

- Je guide ce groupe, en effet.

- Pourquoi avez-vous limité les pouvoirs de ces gens ? dit le Sheikah en reportant son regard sur Alidae. Les créatures de ce monde sont bien trop puissantes pour être sous-estimées. Vous leur faites courir un grand danger.

L’élémentaliste s’approcha de Dogva d’un pas empressé, avant de s’arrêter à deux centimètres de son torse. La différence de taille entre les deux était impressionnante ; elle devait dangereusement pencher la tête en arrière pour regarder son interlocuteur dans les yeux.

- Vous êtes bien curieux, mon cher Dogva. A mon tour de poser des questions… qu’est-ce qu’une créature du « Royaume des ombres », exactement ?

C’est à cet instant précis que la mélopée fracassante de Neyve s’arrêta, libérant ainsi le colosse de ses chaînes musicales. Hasegawa, remarquant que la jeune femme se trouvait un instant troublée, pour une raison inconnue, se précipita vers elle pour l’écarter de la bête.
Horacio, toujours furieux du coup qui lui avait été si facilement asséné, frappa ses deux poings l’un contre l’autre, posa son sac à dos au sol, et se précipita vers le colosse en disant :

- A nous deux mon gros.

Tout le monde tourna alors la tête vers lui et l’observa se ruer au combat, dans une frénésie incompréhensible. Hasegawa s’écria :

- N’as-tu donc pas compris qu’il est trop fort pour nous ? Il faut fuir !

Le jeune boxeur l’ignora complètement. Quand le monstre se rendit compte de l’assaut d’une si frêle créature, il se dressa de toute sa hauteur, avant de se laisser retomber au sol, dans l’espoir d’écraser l’assaillant. Le choc souleva un imposant voile de poussière, et les deux opposants disparurent aux yeux du groupe. Alidae poussa un juron, tandis que les autres se figeaient, leur esprit n’étant pas suffisamment préparé pour un tel changement d’univers et de règles.
L’élémentaliste dissipa la poussière à l’aide d’un sort de vent mineur, et tout le monde put alors voir un Horacio furieux et agité, pris au col par le Sheikah, que tout le monde avait oublié. Le boxeur avait visiblement été sauvé par Dogva avant l’instant fatidique. Alidae poussa un soupir de soulagement ; le visage d’Ariste se fendit d’un sourire satisfait ; les autres se contentèrent de contempler la scène, bouche bée.
Horacio, toujours tenu par le col, croisa les bras et plongea son regard dans celui de Dogva. Celui-ci ne s’était pas attendu à ça.

- Que pensais-tu pouvoir faire, jeune inconscient… ?

Le regard d’Horacio se durcit.

- Tu aurais déjà ta réponse si tu m’avais laissé tranquille, répondit-il, contenant mal sa colère.

La réaction de Dogva fut cachée par son écharpe, mais un faible sourire s’empara de ses lèvres suite à cette réplique. Il déposa le jeune homme au sol, alors que le monstre se redressait lentement.

- Bien que ma puissance soit également altérée par votre « guide », dit-il à l’adresse du groupe, permettez-moi de vous montrer comment vaincre un monstre du Royaume des Ombres.

Il croisa les bras et prit une profonde inspiration. Le colosse de pierre leva son poing, menaçant. Malgré la stature imposante du Sheikah, il paraissait très vulnérable face à un tel adversaire ; d’autant plus que son torse, nu, accentuait le côté fragile de son personnage. Cependant, quand le titan abattit son poing, Dogva fit une démonstration impressionnante de ses talents. Plus agile qu’une anguille, et plus rapide qu’un guépard, il s’entortilla autour du bras de son adversaire et lui monta sur l’épaule, dans des gestes amples et agiles proprement hallucinants. Le poing du colosse s’abattit violemment sur le sol, creusant un large cratère et faisant trembler la terre.
Il était désormais trop tard pour le monstre : le Sheikah leva une main au ciel, chargeant une énergie sombre dans son gantelet, puis l’abattit sur le crâne de roche de son adversaire avec célérité. Sans perdre un instant, il sauta à terre avec souplesse, tandis que la créature se désagrégeait en de multiples morceaux de la taille d’un poing. L’exploit fut suivi d’un court silence admiratif.

- C’était ça que tu comptais faire, alors ? lança Hasegawa à l’adresse d’Horacio qui, pour toute réponse, l’ignora et alla se soucier de l’état de Lillule et Alidae.

La première le repoussa automatiquement, et la seconde lui fit la morale en lui tirant l’oreille. Dogva agita un peu la main avec laquelle il avait achevé le monstre, afin, sans doute, de dissiper le reste d’énergie sombre qui baignait son bandeau. Hasegawa s’approcha de lui et lui dit :

- Je ne saurais comment vous remercier. Vous nous avez sans doute tous sauvés.

Dogva ne répondit pas et croisa les bras, comme s’il attendait la suite. Yuusuke n’en fut pas perturbé pour autant.

- Allez-vous vous joindre à nous ? s’enquit-il d’un ton aimable, un sourire poli aux lèvres. Votre force et vos connaissances nous seraient d’un grand secours.

Le Sheikah resta silencieux. Hasegawa ne savait pas trop comment appréhender un personnage aussi mystérieux, et jeta un regard en direction d’Alidae, derrière lui, comptant sur l’appui d’un habitant de ce monde pour l’aider à engager la conversation. D’une certaine manière, il était plus fasciné qu’effrayé par ce monde ; du moins, pour l’instant. Soudain, il se souvint d’une phrase étrange que le Sheikah avait prononcée quelques minutes auparavant, et il ne put s’empêcher de demander :

- Vous avez dit qu’Alidae avait limité notre puissance, n’est-ce pas ? Je me souviens d’avoir ressenti une pression suspecte quand elle est apparue devant nous pour la première fois. D’ailleurs… nous avons tous posé un genou à terre à cet instant.

- Je ne sais pas ce que tu attends de moi, jeune étranger, lança soudain Dogva de sa voix calme et mystérieuse. Mais tu ferais mieux de rester aux côtés des tiens. Je ne suis qu’une ombre… suis la lumière.

- Et surtout, poursuivit une voix dans le dos du jeune homme, quand tu as des questions à poser, pose-les aux personnes concernées, hum ?

Yuu reconnut la voix d’Alidae et se tourna de trois quarts pour l’accueillir.

- Ne vous méprenez pas, dit-il dans un sourire, le visage bienveillant. Je suis juste un peu curieux. Je n’ai aucun reproche à vous faire.

Alidae le fusilla du regard.

- J’espère bien, dit-elle. Venez monsieur le Sheikah, j’ai quelques questions à vous poser.

Mais Dogva ne l’écoutait pas. Son regard blanc bleuté s’était attardé sur un adolescent aux cheveux bleus, allongé contre un arbre, visiblement blessé. Quand Yuu et l’élémentaliste le remarquèrent, ils regardèrent Ariste à leur tour. Quand ils se retournèrent, Dogva avait déjà disparu.

- Une ombre, pas vrai ? murmura Hasegawa pour lui-même.

Alidae prôna un repos général, puisque la nuit n’allait pas tarder à tomber et que le groupe venait de subir une première, et très difficile, épreuve. Il était également temps d’avoir une petite discussion avec le groupe.

Horacio, qui avait pourtant reçu un choc puissant en plein torse, n’en laissant rien paraître. Beaucoup le soupçonnaient de jouer les héros, mais en réalité, le jeune boxeur se souciait peu de la douleur. Ses côtes ne s’étaient pas brisées sous le choc, car il avait su minimiser les dégâts en basculant rapidement son poids en arrière. Cela ne lui avait cependant pas épargné un superbe hématome de la taille d’une assiette, qui, par bonheur, ne le faisait pas trop souffrir.
Il ne se souciait pas de ce que les autres pensaient ; son esprit était entièrement tourné vers Eugénie. Dieu seul savait où elle se trouvait en cet instant, et si le barbu s’était trouvé face à lui en cet instant, il l’aurait saisi par le col en hurlant : « Crache le morceau, papy ! »

Alidae avait allumé un feu de camp pour la nuit, et tout le monde mangeait, sans grand appétit, la part de viande séchée que l’élémentaliste avait fourrée dans leurs sacs. Ils étaient tous silencieux. Sans doute chacun espérait-il qu’un autre lance la conversation, lui évitant ainsi cette lourde tâche. Ce ne fut pas un souci pour Yuusuke.

- Eh bien mes amis, nous l’avons échappée belle. Pas vrai ?

La remarque du jeune homme fut accompagnée d’une série d’acquiescements, à laquelle Ariste et Horacio ne participèrent pas, cependant.

- Et on peut savoir quel rôle il a joué dans la shtauss, l’artiste ? rumina Ariste en posant une main sur ses bandages.

Alidae n’intervint pas. Elle pensait qu’il était intéressant de laisser faire les choses. Ainsi, Yuusuke dût faire face à la réplique tout seul.

- Je ne pense pas avoir besoin de me justifier, dit-il dans un sourire. Mais pour qu’à l’avenir, cette question ne me soit plus jamais posée, sachez que je ne supporte pas la violence.

- Ho, voyez-vous ça, ricana Ariste en se redressant légèrement.

Horacio poursuivit à sa place :

- La violence est parfois nécessaire. Surtout dans un monde aussi dangereux.

Le visage d’Hasegawa s’adoucissait de plus en plus. Il répondit :

- On ne peut pas dire de ce monde qu’il est plus dangereux que ceux que nous avons quittés. Viens-tu du même que du mien ?

Cette remarque soulevée par Yuusuke fit prendre conscience à chacun qu’ils n’avaient pas encore livré les grandes lignes de leur monde convenablement ; à peine avaient-ils commencé à en effleurer la surface tandis qu’ils marchaient, une heure auparavant.

- Je viens de la planète Terre, dit Horacio.

- C’est aussi mon cas, dit Yuusuke. Et je peux voir à leurs réactions qu’Ariste, Neyve et Lillule, ainsi que… pardon de t’appeler ainsi… le muet, viennent également de là-bas. Galeos, d’où venez-vous ?

Le petit être encapuchonné parcourut l’assemblée du regard avant de répondre d’une voix mal assurée :

- Mon monde s’appelle Hydralia.

Yuusuke parut satisfait. Il poursuivit alors son raisonnement.

- N’avons-nous pas, sur Terre, des « monstres » de bois, ou de métal, au moins aussi grands que ce colosse, sinon plus ?

Un court silence suivit. Tout le monde semblait très attentif. Alidae était très contente de la tournure que Yuusuke avait su donner aux événements.

- Des avions, des bus, des voitures, des bateaux… autant de machines et de mécanismes propres à notre univers, inoffensifs à nos yeux, car nous les connaissons et savons comment cela fonctionne. Mais si Galeos, ou un habitant de ce monde devait arriver sur Terre, il serait sans doute effrayé et ne saurait comment réagir face à ces véritables monstres métalliques. Même certains animaux sauvages sont extrêmement dangereux pour ceux qui oseraient menacer leur territoire.

Yuusuke mordit à pleines dents son bout de viande séchée et la mastiqua un instant avant de poursuivre :

- Ce monde n’est pas dangereux de par sa faune ou sa flore, ce n’est pas cela qui nous menace. Il est dangereux car nous ne savons rien de lui, nous ne savons pas à quoi nous attendre. C’est notre ignorance qui nous menace. Et pas ce monde, plus qu’un autre.

Neyve semblait impressionnée par le discours du jeune homme. Il devait être aussi effrayé et déboussolé que les autres ; cependant, il conservait un calme et une capacité d’analyse à toute épreuve. Galeos comprenait également les dires de cet homme, et malgré qu’il eut envie de répondre qu’un habitant d’Hydralia ne craindrait sans doute pas beaucoup de dangers, il dût conserver le silence, le mauvais sort qu’on lui avait jeté contredisant automatiquement et bien malheureusement ses dires. Alvis, qui ne savait plus très bien où il en était, ses pensées encore brouillées, reconnut cependant dans les paroles de Yuu une certaine sagesse, et surtout une présence d’esprit extraordinaire pour quelqu’un de son âge. Des propos simples mais judicieux qui servaient de mortier pour maintenir la cohésion du groupe.

Horacio et le muet échangèrent un regard circonspect. Le premier n’avait que faire de tant de logique : au final, ils étaient finalement bel et bien plus en danger ici que sur Terre. Eugénie n’avait pas à subir cela. Le muet ne laissait rien transparaître. L’épais mur qui s’était dressé entre lui et les autres de par son handicap semblait impossible à abattre. Mais d’une certaine manière, Alidae, Yuusuke et Horacio remarquaient bien que les événements le dépassaient. Il ne semblait pas se comporter d’une manière différente à celle dont il avait l’habitude. Que cachait-il ?

Ariste se montra particulièrement dédaigneux face au discours d’Hasegawa. Qu’est-ce que ce constat pouvait changer à la situation ? Il ne se battait pas. Il laissait le sale boulot aux autres. Quant aux dangers de la vie, que pouvait-il bien en savoir ? Ariste le suspectait de ne pas avoir connu autant d’épreuves que lui. Et même si cela avait été le cas, même si Hasegawa avait eu raison de bout en bout, qu’il avait vécu suffisamment de choses pour affirmer à la fois son ton et son discours, était-ce son comportement passif et son ton qu’Ariste considérait comme condescendant qui allait régler la situation ? Décidément, le jeune homme aux cheveux bleus n’appréciait pas du tout la façon d’agir de Yuusuke. Pour Lillule, l’assurance d’Hasegawa était synonyme de danger. Elle ne lui faisait pas confiance et se méfiait de ses véritables intentions. Chacun était libre de penser ce qu’il voulait. Passant outre le côté rassurant des propos de Yuu, Lillule le considérait comme un être désireux d’omnipotence, entravant ainsi le libre arbitre de chacun plutôt que de le guider.

Yuusuke avait fini son morceau de viande et observait le groupe avec une certaine curiosité. Le regard mauvais d’Ariste et celui plutôt méfiant de Lillule lui firent comprendre que son discours avait plus éloigné ces deux-là qu’il ne les avait soudés. Le regard empreint de mystère de Neyve, et ceux intéressés d’Alvis et de Galeos le rassurèrent quant à l’efficacité de ses paroles. Il ne savait que penser, en revanche, du désintérêt relatif d’Horacio et du muet, et se demanda comment il allait pouvoir s’y prendre pour communiquer efficacement avec eux.

Pour Alidae, cette espèce de réunion semblait plutôt utile pour cerner davantage le groupe. Elle avait fait les mêmes constats que Yuu ; il y avait trop de personnalités divergentes au sein de l’équipe pour qu’elle continue à progresser ainsi.

- Vous vous demandez sans doute pourquoi Dogva a parlé de limiter votre puissance, finit-elle par dire, replaçant le reste de viande séchée au fond de son sac de voyage. Je ne vois pas pourquoi je vous le cacherais davantage. J’ai agi ainsi afin qu’aucun d’entre vous ne commette d’imprudence.

Elle tourna alors son regard vers Horacio.

- Ca n’a pourtant pas empêché certains de se montrer imprudents et idiots, dit-elle sèchement.

- Et fier de l’être, ironisa Horacio en levant les bras au ciel, causant quelques pouffements dans l’assemblée, tandis que son mouvement soudain venait de réveiller la douleur de son hématome.

- Et bien ne le sois pas trop, car tu n’as pas la moindre idée de la difficulté de la tâche qui nous attend, tous. Si tu veux sauver ta fiancée…

- Ma petite amie, corrigea Horacio, son intérêt se réveillant soudain.

- Quel est son nom, déjà ?

- Eugénie, pourquoi ?

- Pour que tu arrêtes de nous embêter tout le temps. Bref, si tu veux sauver Eugénie, je te conseille de…

- … de perpétuer tes étonnantes démonstrations de courage et tes prouesses dignes d’éloges ! coupa une voix dans le dos de l’élémentaliste.

Personne n’avait entendu les cliquetis de ses armes en raison du crépitement du feu, aussi furent-ils tous surpris de le voir arriver. Un homme de taille moyenne et d’âge mur, aux cheveux noirs, vêtu d’un long manteau noir à haut col, de bottes brunes et de gants noirs ainsi que d’une étoffe de tissu gris autour de la taille, protégé par une armure de métal et de cuir brun, les bras croisés et le visage fendu d’un sourire, venait de sortir des broussailles pour se tenir devant le groupe. Il portait plusieurs armes dans son dos, et les deux épis qui partaient à l’arrière de son crâne ne cessaient de gigoter sous l’effet de la brise nocturne.

Horacio et Yuusuke se redressèrent subitement, suivis de Neyve et de Lillule ; s’agissait-il d’un nouvel adversaire ?

Alidae les apaisa d’un geste de la main et se releva pour aller saluer le nouvel arrivant. Elle lui serra la main devant les regards ahuris du reste du groupe.

- Merci d’avoir répondu à mon appel, Ahonora, dit-elle en retournant à sa place. Mais si tu voulais bien arrêter d’endoctriner ce jeune boxeur un peu fou, cela nous arrangerait.

- Il sera fait selon vos désirs, mon amie, dit le dénommé Ahonora en prenant place à ses côtés. Ne serait-il point sage de convenir prestement aux présentations ?

Alidae, qui était maintenant affairée à boire de grandes gorgées d’eau de sa gourde, se contenta d’agiter doucement la tête en fermant les yeux un instant. L’homme, qui ne semblait pas vouloir quitter son sourire de sitôt, fit une drôle de révérence avant de déclarer, sur un ton poli et légèrement snob :

- Je me présente alors à votre humble assemblée ; je me nomme Ahonora Sideis, Asura pour les intimes, et L’éclair noir pour les connaisseurs ! Je n’ose point trop me vanter de mes accomplissements, cependant il me semble important de vous faire part de ceci : en ma qualité de chasseur de primes, je dispose d’une saisissante affinité avec les lames de toutes sortes ! Mes voyages sont également innombrables, et c’est justement durant l’un de ces derniers que j’ai eu le plaisir de faire la connaissance de votre charmante, que dis-je, sublime guide ! (Alidae, qui avait fini de boire, prit un air blasé.) J’apparais en ces temps difficiles afin de vous aider du mieux que je le pourrai. Ne soyez donc pas timides ! Vous pouvez d’ores et déjà me considérer comme votre inestimable « trappeur », « expert tous terrains», « puissant accompagnateur », « détenteur de la suprême connaissance du bas, moyen et haut relief d’Hyrule » !

Il fallut un certain temps au groupe avant d’accepter le fait qu’une espèce de psychopathe vantard, bavard et peut-être même pervers venait d’apparaître devant eux. Et se targuait, en plus de cela, d’être, au même titre qu’Alidae, leur guide.

Cette dernière parut d’ailleurs cerner le malaise du groupe et tenta de rassurer tout le monde :

- Ahonora adore plaisanter. Mais les exploits dont il se vante avec humour sont tout à fait véridiques, et il m’a déjà rendu de nombreux services. Il connait Hyrule comme sa poche, et il adore l’aventure.

- Allons, très chère, dit l’éclair noir après un éclat de rire, pensez-vous qu’il soit nécessaire de livrer tant d’informations sur ma modeste personne ?

Horacio ne put s’empêcher de faire la remarque, pointant l’index sur lui :

- Toi, modeste ?

Le chasseur de primes fut visiblement content d’entendre ceci.

- Je ne tiens point la comparaison avec cette chère Alidae, dussé-je dédier chaque seconde de ma vie à l’entraînement !

- Bref, trancha l’élémentaliste en tapant ses mains l’une contre l’autre. Nous sommes tous ici présents, moi et Ahonora y compris, soumis à cette même limitation de puissance qui vous prive à la fois de vos meilleures aptitudes, et, j’ose l’espérer, de votre tempérament têtu et dangereux ! N’est-ce pas, Horacio ?

Tout le monde s’assit de nouveau pour écouter ce qu’Alidae avait à dire.

- Nous recroiserons certainement Dogva, ou bien des créatures du Royaume des Ombres. Je ne suis moi-même pas très bien renseignée sur ledit royaume, car il s’agit d’un secret Sheikah qui est très bien conservé. Selon moi, le trouble causé par la distorsion spatio-temporelle a également affecté ce royaume. Dogva devait poursuivre ce colosse de pierre depuis longtemps, afin de lui régler son compte.

Plusieurs membres du groupe voulurent faire une remarque, mais Alidae les en empêcha d’un signe de la main.

- La faille est causée par un artefact que nous allons devoir retrouver, si nous souhaitons faire rentrer les choses dans l’ordre. Cependant, personne ne sait où il se trouve. Il existe cependant un moyen de le localiser. Il existe une carte en Hyrule, où l’emplacement de l’artefact est indiqué en temps réel. Avec la carte, nous saurons où il se trouve, et quand il changera d’endroit. Cependant, l’artefact étant un objet extrêmement dangereux, la carte indiquant son emplacement a été divisée en plusieurs morceaux, répartis dans des temples, un peu partout en Hyrule. Ces temples sont nos objectifs. Il y a sept temples, ce qui veut dire qu’il y a sept morceaux de carte à réunir !

- Cependant braves gens, poursuivit Ahonora, nous ne nous précipiterons point. Il nous faut du temps et de la préparation avant d’oser prétendre se lancer dans une si terrible quête ; du moins, il s’agit de la vision des choses d’Alidae, si j’obéissais à mon instinct, j’agirais promptement en vous conduisant au temple le plus proche… enfin… ! J’approuve la décision de prendre un peu de précautions, au vu des personnes aux intentions obscures qui pourraient, tout comme nous, partir à la recherche des précieux papiers ! C’est ainsi que nous partirons, dès l’aube, au Bourg d’Hyrule.

- Là-bas, reprit Alidae, nous déciderons de la marche à suivre. Nous sommes déjà à peu près sûrs que nous commencerons par le temple situé au domaine Zora, et…

Elle remarqua alors l’état de fatigue dans lequel son audience se trouvait. Ils avaient eu une dure journée.

- Bah, très bien. Dormons un peu. Ahonora et moi-même nous relaierons la nuit pour monter la garde. Cette forêt est paisible, l’intervention d’un monstre comme celui que nous avons vu aujourd’hui est plus qu’extrêmement rare, aussi pouvez-vous dormir sur vos deux oreilles. Nous partirons demain matin pour le Bourg d’Hyrule, il est à deux pas d’ici. Ahonora y possède une maison, qu’il prête aimablement pour la durée de notre quête.

- Sachez qu’en ne comptant point la maison dont Alidae vient de vous instruire l’existence, je dispose de treize repères et cachettes, disséminés à travers cette belle contrée qu’est Hyrule. Ainsi pourrez-vous vous y mettre à l’aise aussi longtemps que vous le souhaiterez !

- Passez une bonne nuit, votre aventure commence, dit Alidae en dissipant les flammes du bivouac.


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Message Posté le: Lun 14 Jan - 01:17 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 5 : Chez l'Eclair Noir.

Tous s’endormirent, plus ou moins vite digérant plus ou moins bien toutes les révélations qu’ils avaient reçu depuis le début de cette journée.

Lorsque le soleil se leva, Ahonora, qui avait surveillé les derniers instants de la nuit, vint réveiller le groupe.
«- Le soleil est haut dans le ciel, braves gens, le Bourg d’Hyrule nous attend. » Avait-il annoncé.

Chacun des membres du groupe se réveilla, certains baillant à s’en décrocher la mâchoire, d’autres se frottant les yeux. Tous se préparèrent et se levèrent. Leur quête était annoncée, et elle commençait maintenant.

L’éclair noir et Alidae ouvrirent la marche, suivit des membres de la petite troupe.
Les blessures de chacun commençaient à s’estomper. Ainsi Horacio, dans sa grande endurance, oublia-t-il l’hématome qui couvrait sa poitrine, bien que la marque du coup était encore présente. Lillule s’était reposée de ses émotions bien que le souvenir d’être jetée et de foncer comme un météore sur le sol l’eut marquée. Alidae semblait en meilleure santé, de même qu’Ariste.

Ils marchèrent tous silencieusement. La fraîcheur du matin fit se dessiner un sourire sur le visage d’Ahonora. Alidae regardait droit devant elle et chacun suivirent les deux guides.

Galeos se rapprocha de l’élémentaliste. Quelque chose le tracassait, et il sentait qu’il devait mentionner ce souci pour éviter les mauvaises surprises au cas où elles arriveraient.

« - Excusez-moi… » Fit-il. Alors le regard de la femme se dirigea vers le petit être encapuchonné. Ce dernier évita d’ailleurs de croiser le sien avec elle en tournant la tête, d’un air mal à l’aise, sa capuche noire masquant son visage bleu couleur des océans.
Il continua en baissant d’un ton, de manière à ce que seule Alidae l’entende.
« - A propos de toute cette histoire… Lorsque j’ai été emporté hors d’Hydralia, je me souviens que quelqu’un était avec moi… » Et alors qu’il mentionna cet évènement, des souvenirs de son passé dans son monde ressurgirent. S’il n’avait pas reçu cette malédiction, nul doute qu’il aurait été plus utile. Ce colosse de pierre n’aurait jamais causé autant de dégâts. Et ces gens autour de lui ne lui auraient jamais paru aussi immenses.
« - Et ce quelqu’un, tu veux le retrouver ? » Questionna Alidae, elle-même parlant un ton en dessous.
« - Pas vraiment. Pas tout de suite. Juste, si on le croise, évitons le combat. N’étant pas apparu avec nous, il pourrait avoir toute sa puissance, et se montrer hostile. Il m’en veut quelque peu. »

Une nouvelle inquiétante pour Alidae. Si elle avait baissé la puissance de ce groupe, c’était pour une bonne raison, mais si jamais ils venaient à se retrouver face à cet ennemi, elle devrait probablement annuler sa baisse et qui sait quelles absurdités certains pourraient commettre.
« -Tu as bien fait d’en parler. On avisera en cas de problèmes. Pour l’instant, concentrons-nous sur notre objectif principal. C’est ça le plus important. » Termina l’élementaliste.

Galeos acquiesça et se tut pendant le reste du trajet. Après une petite heure de marche environ, la petite troupe se trouvait au Bourg d’Hyrule.

Une ville qui contrairement à ce que son nom indiquait, était immense. De multiples échoppes s’y tenaient, les gens marchant de l’une à l’autre afin d’acheter l’un ou l’autre des produits. Des groupes de personnes discutaient entre elles. On pouvait les entendre sans pour autant distinguer leurs paroles, comme un bruit de fond. Tous les habitants de cette ville étaient hyliens, reconnaissables à leurs oreilles pointues.

« - Bienvenue au magnifique Bourg d’Hyrule, braves compagnons. » Annonça l’éclair noir en se tournant vers le groupe. « Ma modeste demeure n’est plus très loin. N’hésitez point à mirer cette cité foisonnante de vie. »

Lillule paru exprimer un certain dégoût envers cette ville à la vue des foules de gens attelées aux commerces, aussi regarda-t-elle ailleurs afin de ne pas avoir à les regarder. Ses yeux se tournèrent vers le ciel, bleu, exempt de toute présence. Elle se sentait déjà mieux ainsi.
Le muet n’avait pas l’air à son aise non plus et baissa son regard vers le sol, constitué entièrement de pavés de pierre beige.
Les autres regardèrent autour d’eux la première ville de ce monde qu’ils avaient vu. Les habitants de la Terre prêtèrent une attention curieuse aux divers bâtiments et aux gens, à leur façon de se vêtir.
Le Bourg d’Hyrule était une cité médiévale peuplée d’étranges personnes aux oreilles pointues. Les habitants de la Terre avaient l’impression d’être en plein Moyen âge.
Galeos fut d’autant plus étonné qu’il ne connaissait que peu la terre ferme, ayant toujours vécu sous les océans d’Hydralia.

Alors que les membres du groupe regardaient encore autour d’eux pour la plupart, une immense maison se dressa devant eux. C’était un petit château situé dans les hauts quartiers du Bourg d’Hyrule.

« - Nous y voilà. » Annonça Ahonora.
« - Et vous appelez ça une modeste demeure ? » Remarqua Horacio. « - J’aimerai bien avoir une maison aussi modeste que la votre. »
« - C’est immense ! » S’étonna à son tour Yuusuke.
« - Messieurs, point d’empressement, vous n’avez point encore vu l’intérieur. » fit l’éclair noir en ouvrant la porte d’entrée.


L’ouverture donnait sur un très grand salon, avec une grande table au centre. Les murs étaient teints de rouge, de jaune, le sol était brun. Tout était signe de luxe dans cette grande pièce sauf… la foule d’objets qui trainaient sur le sol. Nombre des « modestes » possessions de l’éclair noir étaient disséminées un peu partout dans la pièce.
Alvis put y voir nombre d’objets qui avaient un étrange air familier à ses yeux.
L’un d’eux fut saisit par un Ariste charmé par l’éclat vert émit par ce qui se trouvait être une sorte de pierre.
« -Vous avez l’air d’en avoir plein, de ces pierres précieuses. »
« - Je vous en prie, vous ne tenez là qu’un modeste rubis. »
« -Un rubis ? Mais c’est vert. »
« -Ah oui… J’oubliais. » Intervint Alidae. « En Hyrule la monnaie se nomme le rubis. Ils sont de toutes les couleurs et ont diverses valeurs. Les verts, comme celui qu’Ariste tient, valent simplement un rubis. Les bleus en valent cinq, les jaunes, dix, les rouges, vingt, les violets en valent cinquante. On peut aller plus loin mais retenons déjà ça. Si un jour on a le temps de faire des emplettes, au moins vous saurez les bases. Maintenant Ariste, si tu le veux bien, peux-tu reposer ce rubis ? »

Ce dernier lâcha la pierre qui chuta sur le sol.

« - Braves gens, ma demeure dispose de nombreuses chambres afin de tous nous loger. Suivez moi je vous pris, vous en aurez chacun une. Ensuite, je vous ferai visiter puis vous pourrez profiter des divers services qu’offre ce lieu. » Fit Ahonora.

Ainsi le propriétaire des lieux attribua une chambre à chacun. Ils y déposèrent tous les affaires qu’ils portaient puis ils suivirent de nouveau l’éclair noir pour une visite guidée de la gigantesque maison. Alidae, elle, était restée au salon, attendant la fin de la visite pour retrouver les membres de la troupe.

Il les fit passer devant trois salles différentes disposées là pour se laver.
« - C’est ici que l’on entretient sa personne. Vous pourrez vous laver, et vous préparer à votre guise. »
Les salles étaient spacieuses, avec un miroir, de nombreux outils de rasage disposés sur une étagère et une baignoire.

La visite continua.
« - Voici la cuisine. » Annonça Sideis en montrant une pièce dans laquelle étaient disposée toutes sortes de nourritures, d’assiettes, ainsi que de couverts.
Certains étaient prêts à être lavés depuis des jours mais ne l’ont jamais été. D’autres, plus propres, étaient rangés dans des tiroirs qu’Ahonora désigna aux membres du groupe. Ceux-ci étaient en argent, encore un symbole de richesse dans cet immense endroit. Les couleurs rouges, jaunes et brunes se retrouvaient dans chacune des pièces du petit château, et la cuisine ne dérogeait pas à la règle.
Les assiettes étaient du même matériau que les couverts. La nourriture était présente en abondance dans la pièce, ce qui ne laissait pas certains indifférents, ayant hâte de prendre un bon repas après ces derniers jours éprouvants, croulant sous le poids de l’inconnu et les diverses révélations à digérer.

Alors que la visite continuait, Galeos en était encore resté à regarder le stock de nourriture, notamment la viande. Visiblement, plus que les autres, Galeos avait bien envie de se jeter sur la nourriture qu’abritait cette maison.

Ahonora le ramena à la réalité dans la minute qui suivait et l’habitant d’Hydralia rejoint aussitôt le reste du groupe afin de terminer la visite par le meilleur. Une salle que l’éclair noir affectionnait tout particulièrement.
« - Nous voici dans ma salle préférée. » Annonça-t-il. « La salle d’entraînement. Admirez donc l’étendue des services à votre disposition pour lâcher vos pulsions guerrières et améliorer vos techniques de combat. » Dit-il, un sourire fier aux lèvres.

Cette salle fit naître des étincelles dans les yeux d’Horacio et d’Ariste en particulier.

De multiples armes d’entraînement ainsi que divers mannequins étaient disposés permettant l’entraînement à l’épée, et même à mains nues pour ceux qui préfèrent ce style de combat.
« - Je vous comprends. » Fit Horacio. « J’ai hâte d’aller tester vos mannequins. »
« - Je n’en attendais point moins d’un robuste combattant tel que vous. Eh bien, je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Ici se termine notre visite. Rendons nous donc au salon afin de planifier la suite des évènements. Il y a fort à parier que nous bénéficierons tous de temps libre pour que chacun de vous se familiarise avec cette demeure, ou perfectionne son style de combat. » Annonça Sideis.

Le groupe se rendit donc dans la pièce centrale de la maison. Chacun prit place sur les gros poufs bruns bien rembourrés. Une sensation de confort agréable les gagna alors.
Alidae les y attendait.
« - J’espère que votre visite vous a plu. Nous n’avons pas tout notre temps, aussi faut-il nous préparer à la suite. » Introduit-elle. « Accrochez vous, nous avons beaucoup de choses à traiter. Nous devons donc rassembler une carte, dispersées en sept morceaux dans sept temples. Cette carte nous mettra sur les traces de l’artefact que nous cherchons quand nous l’aurons. Cet artefact est le seul moyen pour que tout rentre dans l’ordre. Malheureusement la quête sera difficile. Préparez vous à vivre des combats plus intenses encore que celui avec le titan. Aussi n’hésitez pas à vous entraîner. » Commença l’élémentaliste.

Malgré le coup qu’Horacio avait reçu du géant, il ne semblait pas plus apeuré que cela de rencontrer pire. Il y ferait face et à force d’entraînement, il vaincrat. Eugénie l’attendant désespérément, il était hors de question de reculer.
Yuusuke déglutit. Lui qui n’aimait pas la violence, voilà qu’on lui parlait de combat plus terrible encore que celui dont il avait été témoin. Mais comme il l’avait lui-même dit, il faudra s’adapter.
Galeos semblait terriblement frustré. Sa taille risible et sa force pitoyable l’empêchaient d’être utile en quoi que ce soit. Il aurait aimé se battre, car il sait qu’il aurait pu être aussi dangereux que le géant de pierre qu’ils avaient rencontré, si toutefois son ancienne force ne lui avait pas été retirée par un moyen étrange. Sa frustration était rendue visible par le fait qu’il serrait fortement sa queue de poisson.
Neyve gardait son calme, confiante dans le pouvoir de sa musique, de même que Lillule, qui, même si elle ne savait pas se battre, savait étudier les situations et se frayer un chemin à travers le chaos. Les autres semblaient par contre moins à l’aise, sauf peut être Ariste, qui prit la parole.
« - Cet artefact doit être vachement puissant pour pouvoir causer tout ce grabuge non ? Il peut faire d’autres choses ? » Demanda-t-il.
« - Je ne sais pas et cela n’a aucune importance. L’important est que chacun puisse retourner d’où il vient. » Répondit Alidae non sans avoir perçu la curiosité du jeune homme aux cheveux bleus. Elle avait d’ailleurs prêté attention aux réactions de chacun des membres du groupe.
« Bref, revenons-en à nos moutons. Pour trouver le premier morceau de la carte, nous nous rendrons au temple situé au domaine zora. C’est là bas qu’il se trouvera. Nous irons là bas en premier pour une bonne raison. Tous les temples que nous traverserons seront bien gardés, ne vous faîtes pas d’illusions là-dessus. Mais il y a malgré tout quelques différences entre eux. C’est au domaine zora, donc, que nous aurons le moins de difficultés, et le plus de chance pour vous de vous améliorer pour les prochains temples. Vous suivez ? » Continua-t-elle.

Tout le monde semblait avoir compris. Ils firent un mouvement de tête approbateur, et Alidae reprit son discours.

« -Bien. Le domaine Zora est à une journée de marche environ. Mais avant d’aller où que ce soit… » Soupira-t-elle. « Chacun de nous va récupérer. Nous avons des blessés. » Rappela-t-elle, tout en posant la main sur ses propres blessures. «Aussi nous allons rester ici quelques jours. Donc jusque là, profitez bien. Je pense avoir dit l’essentiel des choses. Si besoin est, je ferai un bref rappel avant d’y aller. » Conclut Alidae.

« -Si je puis me permettre… » Intervint Ahonora. « J’ajouterai pour détail que le domaine Zora est un lieu où vit un peuple aquatique portant le même nom que le domaine. » ( Galeos prêta dès ce moment une attention toute particulière aux paroles de l’éclair noir.) « Ainsi, arrivés là bas, ne vous étonnez point des gens que vous rencontrerez. Ils ne vous seront nullement hostiles, mais j’espère que vous aimez l’onde, car c’est sous sa bienveillance que vivent les Zoras. »

Galeos fut tout particulièrement joyeux d’entendre cela. De l’eau… Comme dans son monde. Et un peuple aquatique propre à Hyrule. Il était plus qu’impatient de les rencontrer.

« - Maintenant que vous savez tout… » Continua-t-il. « Venez donc prendre un bon repas autour d’une belle table. Je crois d’ailleurs que certains envisageaient déjà de se jeter sur mes beaux morceaux de viande. »

Tous s’assirent autour de la table, devant ce qui s’avérait être un bon repas.



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Débutant dans l'écriture

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Message Posté le: Mar 22 Jan - 15:43 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Interlude : La plus sombre des nuits


Son esprit était en proie à d’assourdissantes douleurs. Les brumes de sa fièvre lui laissaient entrevoir une funeste chimère aux griffes ardentes, qui s’évertuait à tracer de profondes entailles en son âme. Le sommeil était devenu le plus déloyal des opposants car il vous désarmait inéluctablement. Les spectres du passé se déchiraient alors en ses limbes, réclamant un dût qui leur avait été trop longtemps refusé. Ces hurlements stridents…Seigneur comment les oublier ? Et cette voix déteinte qui répétait inlassablement la même litanie sordide. « Tu n’as rien pu faire, tu n’as rien pu faire… » Son réveil brutal attira une nuée de papillons devant ses yeux, et la soif en son être meurtri. Il se leva maladroitement, déséquilibré qu’il était par le mal, avant de s’appuyer d’une main hésitante sur le mur froid. Il serra les dents. La rudesse de son coup avait créé un petit renfoncement au sein du mur de la demeure de « l’éclair noir ». Nous n’avons rien pu faire pensa-t-il. Nous n’étions et ne sommes que des fétus de paille qui bataillaient contre un feu trop grand, échappant à leur compréhension.

Une bien étrange mélopée attira son attention et le tira de sa léthargie, il n’était pas le seul que le sommeil avait quitté en cette nuit sombre. Cette musique… se pourrait-il que ce soit …? Impossible ….et pourtant une espérance enfantine venait de naître, fébrile luciole qui peinait à éclairer et chasser la noirceur. Comment cela pourrait-il être possible ? Les notes égrainées lui indiquèrent la source de ce bruit tandis qu’il avançait, se servant du mur comme d’un appui.
Le couloir s’ouvrait bientôt sur une cour intérieure et aux murs succédèrent des parapets. Il se baissa rapidement à la vue de Neyve. Que faisait-elle ici? S’entrainait-elle ? Ce n’était pas la personne à laquelle il s’attendait évidemment mais cette musique apaisa quelque peu sa fièvre. Il se laissa tomber et écouta poliment cette complainte. En effet, l’instrument sanglotait, il en était certains. Les coups d’archet étaient autant de coups portés à l’âme du violon. Ses graves évoquaient la terre, ce royaume où la lumière n’avait pas sa place et où les morts raillaient les vivants. Les aigus, quant à eux, rappelaient la pureté d’un ciel d’été. Il aurait juré que cette musique sculptait l’espace, qu’elle lui imposait sa volonté propre. La mélodie qui en résultait était sublime. D’une beauté dangereuse. La montée à l’octave brisa net le vase qu’il avait entraperçu. Le pizzicato qui s’ensuivit s’accorda bientôt aux battements de son cœur. Une note trop élevée aurait suffi à le briser. L’avait-elle repéré au travers de sa transe ? Il semblait bien qu’elle s’entraînait en effet, mais dans quel but ? Il quitta rapidement la pièce et regagna les couloirs. Des larmes de peine coulèrent bientôt de ses yeux accablés Pourquoi fallait-il donc que tout lui rappelle son absence ? Il avait besoin d’air, de quitter cette demeure qui se muait peu à peu en un gigantesque serpent. Il lui semblait que ce reptile de pierre ne cessait d’amoindrir son étreinte infernale, se délectant de l’agonie de sa proie. Il quitta tant bien que mal le jardin ouvert et chercha maladroitement la sortie. La fuite …toujours la fuite…

L’air frais fût le plus doux des remèdes contre le mal qui corrodait son être. Tous les sons cessèrent et cédèrent leurs places au silence. Le seul bruit encore perceptible était celui du ruisseau proche, détourné pour alimenter la demeure. Il s’en approcha lentement et s’assit sur une pierre proche. Le flux de l’onde était pur et inaltéré mais son reflet lui renvoyait une image fragmentée et torturée de lui-même. Il s’en écarta rapidement comme si son contact avait eu la faculté de brûler ses chairs. Il s’allongea sur le dos et contempla un instant les étoiles avant de baisser son regard. Peut-être était-elle là-haut ? Mais à quoi beau pleurer et crier son nom, cela ne la ramènerait pas. Il se remémora leur premier baiser. Depuis ce dernier elle vivait quelque part dans son être il le savait...Elle avait, par ce baiser ardent comme le fer rougi par les feux, marqué son cœur. L’appeler ne faisait qu’attiser sa peine. Il devait penser à quelque chose d’autre et se questionna sur son arrivée dans ce monde étrange. Qu’est-ce qui l’avait amené ici ? Pourquoi ? Que pouvait-il faire ? Il se voilait la face mais en vérité il n’était d’aucune utilité au groupe, il n’était qu’un fardeau. Il n’avait aucune capacité, rien qui ne fût utile. Il ferma les yeux et le rythme du ruisseau berça son être. Vivre dans le passé le fatiguait, il voulait en finir ici et maintenant, il voulait vivre dans le présent. Se réconcilier avec son passé… il savait la tâche ardue. Mais la fuite perpétuelle l’abîmait. Son histoire se redessinait maladroitement derrière ses paupières closes, formée de bribes éparses de souvenirs. Bientôt Il revoyait tout, sa femme, les jours heureux, l’insouciance. L’épisode du tatouage restait le plus net. Au travers de ses souvenirs il lui semblait encore sentir le contact brûlant de la tige de charbon serpentant entre ses omoplates. Elle était doué pour tous les arts, de la musique au tatouage, tout allait pour le mieux avant que …

Le clapotement du ruisseau avait cessé brusquement et l’air se faisait plus frais. De la buée ne tarda pas à s’échapper de sa bouche en de nombreuses volutes blanches. Il se redressa brusquement et ce qu’il vit le stupéfia. Une ombre glacée s’avançait vers la demeure, ne laissant que des sillons givrés derrière elle. Le présent l’appelait, le passé était derrière lui. Il devait les prévenir. Il dépassa rapidement l’ombre qui ne daigna même pas tourner son regard vers lui. Il y était ! Il devait les prévenir du danger. Le son de sa propre voix le stupéfia. A peine criait-il qu’ils étaient en danger, qu’un ennemi approchait, que ses extrémités et ses sens s’émoussèrent. En quelques instants ses membres avaient été gelés et il se sentait tomber lentement tandis qu’il articulait douloureusement :
–Dang…..er….


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Le présent est un cadeau que le passé a oublié et que le futur n'a pas encore reçu.


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Message Posté le: Mar 29 Jan - 16:31 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 6 : Froide nuit


Il était impossible de dire ce qui avait le plus choqué le groupe alors réuni devant le salon du foyer d'Ahonora Sideis en cet instant. Était-ce le vacarme qui les avait réveillé ? Le fait d'entendre le son de la voix du muet comme il l'appelait, désormais conscient que c'était à tort ? L'atroce vision de ce dernier figé devant eux ? L'ombre menaçante qui s'approchait de la maison à une vitesse impressionnante ? Ou tout simplement tout cela à la fois...Mais il fallait vite se remettre de ses émotions car le danger était là. Tous, mal réveillés, en tenue de nuit et apeurés sentaient à présent le froid les envelopper peu à peu, mordant toujours plus leur chair.
Mais en réalité, tous n'étaient pas présents. En effet, il y avait bien l’Éclair Noire et Alidae qui n'étaient pas allés se coucher car d'importantes discussions s'imposaient ; Horacio et Ariste qui s'était précipités à peine le mot danger avait-il été prononcé ; et Alvis, Galeos et Yuusuke était là également, plus en retrait.
Où étaient alors Neyve et Lillule ? Force est de constater que ce n'était pas ce qui inquiétait le plus en cet instant car la menace de l'Ombre glacée se faisait imminente. La créature pénétrait dans la demeure. Tous purent le constater à la température toujours plus basse, s'attaquant désormais au sang de chacun, ainsi qu'à la brume envahissant la pièce. On pouvait entendre un son émaner du nuage blanc, comme une note grave qui ne s'arrêtait pas. Horacio, rassemblant sa force et son courage, se dirigea vers elle tandis que tout les autres avaient la présence d'esprit de reculer. Alidae le retint par le bras :


-Arrête espèce de fou ! C'est une ombre ! Elle n'est pas matérielle ! Tu veux subir le même sort que lui ?

De sa main désormais blanche, elle désignait le muet, Horacio avait un air grave. Déjà un monstre de pierre, puis une ombre...Rien dont il ne pouvait défendre ses alliés de par sa force. La frustration était là, mais il se fit une raison. La force physique était inutile et la puissance de l'air ambiant immobilisait les muscles progressivement. C'est pourquoi lui-même ainsi que Ahonora, Galeos et Yuusuke se mirent à l’abri, plus loin dans la pièce. Sans savoir comment réagir mais tout en étant conscient que c'était la seule chose à faire s'ils ne voulaient pas se faire happer par le froid.
L'ombre errait désormais dans l'enceinte du bâtiment et avait rempli l'air d'une température effroyablement basse. Des nuages de fumée blanche s'échappaient à chaque expiration des individus présents et les muscles se raidissaient inéluctablement. Alvis put observer alors la formation progressive du givre sur les meubles et les murs de la pièce, spectacle qu'il aurait sans doute beaucoup apprécié s'il n'était pas causé par une créature les menaçant en cet instant précis. Tous étaient maintenant pris de tremblements incontrôlables dus à l'air glacial environnant. Alidae s'était elle aussi mise à l'abri de l'autre côté de la porte. Elle observait l'ombre avancer comme au ralenti dans la pièce, laissant un chemin de glace derrière elle. Cette dernière se dirigeait vers le groupe des quatre garçons qui s'étaient déplacés pour se réfugier entre deux commodes, plus loin dans le salon. Ariste se trouvait non loin d'Alidae. À la vue de ses amis en proie à ce monstre, il bondit en avant. Il prit trois rubis qui traînaient sur la grande table et les lança sur l'Ombre. Ces derniers la traversèrent pour retomber à côté de l’Éclair Noire, passant du vert au blanc.
La créature fit alors demi-tour et se dirigea vers son assaillant. Alidae avait observé toute la scène dans le but et l'attente de trouver une solution sans pour autant avoir besoin de briser le sceau. Elle poussa un soupir agacé devant le spectacle de cette troupe trop obstinée à penser que quelque chose de matériel pouvait les sauver.

Pendant ce temps, Neyve était dans la cour. Absorbée par la musique qui émanait de ses mains, la jeune femme n'avait pas prêté attention au vacarme venant de la pièce juste à côté. Il n'y avait que la musique. Alors que les notes devenaient puissantes et que la mélodie résonnaient dans son être, elle fut perturbée par ce brouillard blanc et épais qui semblait l'encercler. La jeune femme ne l'avait pas vu arriver. Elle n'avait pourtant pas l'impression d'avoir fermé ses yeux très longtemps. La création avait laissé place à stupeur. Sans se séparer de son violon, elle se dirigea vers le bruit et resta cachée derrière un mur. La vue de ces camarades à la merci d'une Ombre animée la mit dans un état de panique intérieure. Que devait-elle faire ? À travers les paroles d'Alidae et de ses propres observations, elle s'était bien rendue compte que sa musique ne ferait rien contre ce mal. Ne sachant comment agir, elle restait à observer, à réfléchir pour la suite, sans laisser de place pour la panique.

Lillule, quant à elle, était dans l'une des salles de bain du domaine. Elle avait décidé de profiter ainsi du silence et de la solitude qu'offrait la nuit en se relaxant dans un bain. Entièrement immergée dans l'eau brûlante, elle se laissait aller à ses souvenirs du temps où elle était encore sur Terre, sa planète. Elle ne pouvait s'empêcher de se dire que son frère s'était peut-être retrouvé ici également. Peut-être était-il avec un autre groupe semblable au sien. Peut-être était-il avec Eugénie, pourquoi pas ? Peut-être le retrouverait-elle dans ce monde...Le silence que l'eau apportait était sans égal. L'impression d'être loin de tout et de s'évader, ne serait-ce qu'un instant, valait tout et plus encore.
Mais quelque chose vint la perturber. L'eau de son bain se refroidissait trop vite pour ne pas en être indifférente. Elle sortit sa tête de l'eau et reprit son souffle. Le liquide semblait devenir solide. Afin de dégager son regard, elle passa ses mains dans ses cheveux pour les dégager en arrière et eut la désagréable sensation de sentir une pellicule de glace qui s'y était formée. Ce n'était pas normal. Vint ensuite le bruit des plusieurs petits objets tombant au sol qui la fit tourner se retourner vers sa source : le salon. Écoutant à juste titre son instinct, elle se leva précipitamment. Une fois hors de la baignoire, elle put observer cette derrière se figer à travers l'eau devenant glace. Elle enfila en vitesse une simple robe de chambre et partit en direction du grand salon. Elle restait à l'écart, sans que quiconque ne l'ai vu. Ses cheveux étaient désormais recouverts d'une couche de glace formée par l'eau glacée, sa respiration se faisait de plus en plus rapide et son corps se faisait dévorer par le froid, l'humidité accélérant le processus. Cachée derrière un mur, elle observa la scène. L'analyse fut rapide. Dans son champ de vision, elle voyait le muet complètement gelé, pétrifié au sol, ainsi qu'Alidae et Alvis qui se trouvaient en proie à une créature semblant pire encore que celle déjà affrontée. Lillule était de nature égoïste, généralement. C'était indéniable. Mais, avec ce groupe de personne encore quasiment inconnues pour elle, elle avait déjà affronté une épreuve qui lui aurait sans doute valu la mort sans eux. Elle ne pouvait donc pas rester sans faire quelque chose. Elle prit un vase qui était posé sur une petite table à sa gauche et siffla pour tenter d'attirer la créature. Elle lança l'objet en tentant de viser sa tête mais, bien sûr, il la traversa et alla se briser sur le mur derrière, après avoir été entièrement givré.
L'ombre fut alors une nouvelle fois déviée de son objectif et avait désormais la jeune femme pour cible. Alidae sortit alors de son coin et mit ses mains en direction de l'Ombre glacée. Elle ferma ses yeux tout en prononçant quelque chose d'incompréhensible pour la plupart des membres de la compagnie. Un flash de lumière apparut, les rendant tous momentanément aveugles. Il fut accompagné par ce qui semblait être un cri composé de la note la plus aiguë qui soit.
Puis le noir de la nuit reprit place. Plus aucun bruit ne se fit entendre.
Lorsque tous rouvrirent les yeux, ils constatèrent que la brume avait disparu tout comme la créature. La température semblait déjà meilleure. Neyve revint et tous se regroupèrent et se rapprochèrent d'Alidae dont les jambes s'étaient dérobées, sauf Ahonora qui ramassait quelques morceaux du vase brisé, rompant le silence.


-Je ne vous remercie pas Lillule. J'y tenais beaucoup à ce vase ! Et mes pauvres rubis violentés...

Elle ne répondit pas, se contentant de lever les yeux au ciel devant la réaction de l’Éclair Noire légèrement démesurée.
L'air ambiant s'était réchauffé autant au niveau de la température que de la pression dévorant le groupe. Le calme suivit la tempête. On entendait plus que les reniflements des uns et les frissonnements des autres. Yuusuke rapporta une veste qu'il avait trouvé non loin de là à la pauvre Lillule frigorifiée et encore à moitié prise par la glace. Ahonora et Alvis aidèrent Alidae à se relever tandis que Neyve, Galeos, Ariste et Horacio se rapprochèrent du muet statufié.


-Il est mort ? Demanda Horacio.

Alidae se rapprocha du groupe.

-Non. Juste gelé. Je peux le soigner, il me faut simplement reprendre mes forces avant.
-Mais qu'est-ce que c'était encore ? Il y en a beaucoup d'autres comme celui-ci ? Il faut que l'on s'attende à affronter les éléments un à un, c'est ça ?
-Calme-toi Horacio. Allons nous réchauffer, nous en discuterons après.

L’Éclair Noire avait terminé de ramasser les nombreux morceaux qui avaient constitué l'une de ses reliques favorite. Il tapa alors un grand coup dans ses mains, faisant ainsi sursauter la moitié du groupe.

-Bon ! Voilà qui a constitué un entraînement de choix, non ? Mais d'après ce que j'ai pu observer, il y a encore du boulot ! Vous ne repartirez pas tout de suite, je préfère vous prévenir.  Allons dans la salle centrale, il doit y faire meilleur. Je vous rejoins tout de suite avec des boissons chaudes.

Le groupe se rendit alors à l'endroit prévu, laissant à regret leur compagnon coincé dans ce corps de glace. Tous retrouvèrent les confortables poufs bruns et la sensation bienveillante qui allait avec. Ils semblaient presque avoir le pouvoir de réchauffer les corps instantanément. En attendant leur hôte, Horacio voulait comprendre :

-Alidaé, qu'est-ce que c'était ?
-La créature en elle-même n'est pas très importante. Répondit cette dernière dans un soupir. Elle regardait chacune des personnes du groupe avec intensité dans le but de capter leur attention. Elle n'est pas arrivée jusqu'ici par hasard. Je pense que quelqu'un l'a envoyé sur nous pour nous ralentir. C'est pourquoi il vous faudra vous entraîner et ce, dès demain. Vous devrez être capable de vaincre n'importe quelle créature, matérielle ou non, qu'elle soit de feu, de glace, d'eau ou de n'importe quel autre élément. C'est impératif si on veut mener notre quête à bien et rentrer tous chez nous.

Tous comprirent l'importance de ce que signifiaient ces propos. Alidae semblait préoccupée et il y avait de quoi l'être. Cette créature n'était pas arrivée ici en écoutant simplement son instinct, c'était impossible. Mais qui l'avait envoyée alors ? Qui voulait leur mettre des bâtons dans les roues ? Qui espérait leur échec ? Voilà les questions que tous se posaient lorsque l’Éclair Noire les rejoint. Après leur avoir donné à tous une boisson bien chaude, il s'assit près de la guide et joignit ses mains avant de dire :

-Demain, nous allons travailler sur l'amélioration de ce que vous savez faire le mieux. Vous savez ce que l'on dit : « Il vaut mieux renforcer ses points forts que de combler ses faiblesses. » Ainsi, lors des combats, chacun sera utile avec ses capacités propres. C'est votre seule chance de réussir. Faisons déjà un tour pour avoir une vision d'ensemble de votre potentiel.

Il fit une pause et observa les personnes présentes. Il se tourna vers Horacio pour commencer.

-Vous, nous savons tous que vous vous distinguez par votre virulence pour le combat au corps-à-corps. Vous me montrerez ce que vous savez faire demain.

Horacio se contenta d’acquiescer, ayant déjà hâte de faire preuve de sa force physiques sur les mannequins d’entraînement qu'ils avaient repérés. Ahonora continua :

-Neyve, j'aimerais voir plus précisément la puissance de votre instrument, si vous êtes d'accord.
-Aucun problème.
-Bien. Quant à vous Ariste, que savez-vous faire en terme de combat ?
-On a qu'à dire que je vous montrerais demain.
-D'accord. Pouvez-vous néanmoins me dire si vos talents se dirigent plus vers le physique ou le psychique ?
-Je ne suis pas doué de magie, si c'est ce que vous voulez dire.
-C'était bien cela. Ensuite, Lillule, que sais-tu faire, mis à part briser des vases anciens ?
-Je ne sais pas vraiment...Je ne me suis jamais battue.
-Il s'avère que je ne t'ai pas entendu arriver tout à l'heure. Tu as sûrement des capacités en terme de dissimulation, nous travaillerons cela au lever du jour. Galeos ?
-Désolé...Je ne sais pas si je vous serais très utile lors de combats.
-Nous trouverons bien quelque chose. Alvis, qu'avez-vous à offrir au groupe ?
-J'ai bien peur de ne pas savoir.
-Très bien, comme Galeos, nous trouverons sans problème, j'en suis sûr ! Il ne nous reste que Yuusuke !

Ce dernier s'était assoupi sur son fauteuil. Il faut dire que la plupart des personnes présentes commençaient à piquer du nez. Il était tard et combattre une Ombre malintentionnée n'était pas de tout repos. Ahonora comprit qu'il n'avait peut-être pas choisi le meilleur moment pour commencer à parler stratégie. Il se leva et annonça la phrase libératrice :

-Je pense qu'il vaut mieux que nous allions tous nous coucher. Nous verrons tout cela demain ! Bonne nuit à tous et réveillez-vous en forme et prêts pour vos entraînements.
-Je ne pense pas qu'une nouvelle créature viendra nous troubler, dormez sur vos deux oreilles, poursuivit Alidae. Je pense avoir suffisamment réuni mes forces, je n'ai lancé qu'un sort mineur tout à l'heure. Je vais aller libérer notre ami.

On entendit alors les portes se claquer sous l'aube qui se faisait imminente.


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Message Posté le: Mer 30 Jan - 22:31 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre VII : Planification, égarement passager et vilaine curiosité :



A chaque minute qui passait, la situation semblait de plus en plus étrange, et insaisissable. Le silence rassurant avait de nouveau prit place, mais il n'était pas rassuré pour autant. Songeur, presque méditatif, il tourna son regard si terne et perdu vers la fenêtre toute proche de la couche sur laquelle il reposait. Au delà du verre, le ciel se parait de délicates et nuancées couleurs, oscillant avec tendresse entre la douceur matinale et les touches chatoyantes d'un jour nouveau qui s'annonce. Curieux et fasciné, étrangement mélancolique, il s'approcha et posa délicatement, presque comme un frôlement, sa main gantée sur la surface de verre, avant de se reculer avec un soupir, secouant légèrement sa tête. Rien à faire, il était confus et sentait une migraine approcher. Et légèrement honteux, bien qu'il ne l'eut pas montré quelques heures plus tôt, au souvenir des propos de l’Éclair Noir suite à la désastreuse rencontre avec cet être étrange, à mi-chemin entre le spectre terrifiant et le froid glaçant de l'hiver. Tant de honte... tant de...

Citation:
"Alvis, qu'avez-vous à offrir au groupe ? ... Très bien, comme Galeos, nous trouverons sans problème, j'en suis sûr !"


Il avait bien peur de ne pas savoir. Voilà la pathétique réponse qu'il avait été capable de formuler, encore tout étourdi du combat pas si épique durant lequel il s'était particulièrement illustré... par son inutilité frappante. Il sentit l'agacement le gagner, doublé de frustration, alors qu'un léger sifflement d'ennui échappa aux murailles de chair qu'étaient ses lèvres résolument serrées. Il n'aimait pas être impuissant. Il n'aimait pas ne pas savoir. Il avait beau ne pas savoir beaucoup de chose - si ce n'est presque rien - de lui-même, il savait qu'il n'aimait pas ne pas savoir. Oh que non. Cela lui donnait un pincement au coeur, de se sentir quelque peu à part, à l'écart de ses compagnons, parce qu'il ne savait pas ce qu'il était, ou même qui il était. Il se sentait vulnérable, vide, vain. Et cela le terrorisait. L'idée seule de savoir qu'il savait, enfin avait su, des choses importantes, beaucoup de choses, mais que dès qu'il essayait de toucher ce savoir, il semblait lui glisser toujours un peu plus des doigts. C'était frustrant. Il redoutait un peu la journée qui allait venir. Une journée d'entraînement... d'amélioration des compétences... de découvertes de ces compétences pour certains... et s'il était le seul à ne pas y arriver ? Et si... il était inutile ?

Non. Il secoua vivement sa tête. Il ne serait pas inutile. Il devait forcément se trouver une raison pour qu'il soit ici, dans ce groupe. Au pire, il trouverait un moyen d'aider. Par exemple, de son modeste avis, si Yuusuke ne semblait pas voir le profil du guerrier, il lui rappelait celui du tacticien, du stratège. Il ne savait d'où il tirait cette comparaison, mais elle lui rendait un mince sourire. Étrangement, il appréciait cet étrange inerme, qui dénué de l'exercice de la magie ou des armes, semblait largement doué d'une capacité de compassion et d'une certaine et juste autorité que seuls les meilleurs des généraux ou des commandants avaient eu l'occasion d'embrasser une fois de leur courte existence... il se sentait légèrement plus à son aise avec le jeune humain sans armes que les autres qui l'intimidaient un peu. Horacio, son courage flamboyant, sa puissance impressionnante, attisait tant son respect qu'une certaine crainte et un sentiment de mélancolie qui lui déchirait le coeur, à défaut de pouvoir l'en chasser de son âme. Une mélancolie, comme s'il lui rappelait quelqu'un qu'il n'aurait jamais du oublier. Il en allait de même, si ce n'est pire encore, avec Dogva. Les compétences... l'attirail... l'apparence... il avait l'impression de l'avoir déjà connu, alors que c'était tout bonnement impossible. Quelqu'un lui étant proche.... deux paires d'yeux d'un rouge de feu... un premier des flammes de la haine et de la détermination, un second de la pourpre de la sagesse étrange et d'un feu protecteur. S'il avait prit sur lui, inconsciemment il les évitait, sans avoir rien contre eux...

Puis il y avait cette Alidae et ce "Éclair Noir". Des individus plus étranges encore, et très inquiétants. Très puissants, il pouvait le ressentir avec aisance. Un temps, il s'était demandé avec une colère sourde et froide si la mage était responsable de son amnésie, méfiant comme toujours, mais la suite semblait lui avoir prouvé le contraire. Il détestait se sentir faible, sans pourtant se souvenir de ce qu'était la puissance. Perturbant. Très perturbant... une grimace vint fleurir sur son visage, ressentie à cause d'une impression de brûlure sourde, insistante et douloureuse sur son poignet droit. Comme un amer rappel à l'ordre, envers une faute/un manquement de sa part dont il n'aurait pas le moindre souvenir. Maugréant entre ses lèvres, il ôta son gantelet et son gant noirs, les jetant avec mécontentement certain, et jeta un regard noir et furibond à la marque bleutée se trouvant sur son poignet droit ainsi mis à découvert. Il n'avait pas assez confiance envers le groupe pour leur faire part de ses étranges découvertes, ses connaissances éparpillées et désordonnées qui lui revenaient au compte-gouttes, et cette marque que quelque chose le poussait à garder au secret. Soupirant avec lassitude, il était bien déterminé à se recoucher et essayer de grappiller quelques minutes de sommeil supplémentaires, et commençait à se laisser de nouveau tomber sur le confortable et modeste lit de la maison de leur hôte. Mais s'arrêta en mi-chemin, quelque chose le redressant immédiatement. Il avait envie de... non, quelque chose le pressait de sortir de la maison. D'aller à un endroit précis. L'appel était presque irrésistible, pressant et pressé. Soupirant, il hésita encore une paire de secondes, avant d'abandonner une bataille perdue d'avance et fut silencieusement sur ses pieds dans la foulée. Ennuyé, il attrapa le manteau usé qui était le sien, oubliant dans son étourderie de remettre son gantelet en plus du léger gant couvrant sa main droite. L'hylien hésita quelques secondes avant de se résoudre à prendre l'arc emprunté, le carquois et les maigres flèches qui le remplissaient. On ne savait jamais. Ceci fait, s'assurant de ne pas être suivi et de ne réveiller personne, il quitta avec une discrétion le surprenant lui-même sa pièce, se figeant un instant en écoutant les deux voix de leurs guides débattre un peu plus loin. Elles s'interrompirent quelques secondes, durant lesquelles il se figea, avant de se relâcher légèrement quand elles reprirent une vive discussion à voix basse. A pas de loup, il se faufila à la porte d'entrée, entrouvrit la porte et la referma avec une immense douceur. Après tout, une petite marche ne ferait de mal à personne, si ? Et il serait bientôt de retour, si bien que son absence temporaire ne serait même pas remarquée... pensait-il honnêtement...



[...]


Alidae était très franchement ennuyée. Préoccupée par diverses choses, entre autres : le manque cruel de discipline et d'expérience du groupe qu'elle s'était retrouvé devoir mener, et les questions dérangeantes auxquelles elle n'avait nullement envie de répondre. D'un, soit parce que le temps n'était pas venu, de deux, parce qu'elle n'avait nullement pas envie d'en parler. Une chose assez amusante chez la mage, plus encore quand elle était en compagnie de vieux amis, était que ses émotions étaient assez visibles si suffisamment agacée, surtout avec un caractère aussi difficile, oscillant entre l'explosif et le glacial et pouvant passer d'un extrême à l'autre en l'affaire de quelques minutes. Déjà que les nouveaux venus avaient déjà pu ressentir les effets des deux tranchants du caractère si particulier à la "mage itinérante", Ahonora n'en était que plus attentif. Certes, un temps certain s'était écoulé depuis la dernière fois qu'ils avaient travaillé avec leurs autres compagnons à mettre à terre un mal bien démoniaque et pervers, mais certaines choses ne changeraient jamais, et certains liens restaient bien présents. Au moins avait-il eu la délicatesse de ne pas évoquer le cas des questions à problème devant les petits nouveaux, et d'attendre le moment où les deux guides pourraient parler dans le calme des décisions à prendre pour les jours à venir. Calmement et aussi sérieusement qu'il leur était possible, les deux plus vétérans du petit groupe s'étaient mis d'accord déjà sur la nécessité grandissante et première d'entraîner les nouveaux-venus dans le cadre sécuritaire du Bourg d'Hyrule. "Pour éviter qu'ils ne se fassent tuer à peine le premier pas en terre hostile posé" pour citer notre fameuse mage dans son cynisme habituel. Le réputé chasseur de primes et la magicienne des éléments divergeaient sur quelques points, mais se connaissaient assez pour rester diplomates, et trouver souvent des terrains d'entente ne risquant pas le respect mutuel. Ainsi, il n'y eut pas vraiment d'éclats de voix, sinon parfois des interventions quelque peu animées d'un côté plus que de l'autre d'ailleurs, Alidae ne comprenant pas toujours comment l’Éclair Noir arrivait à rester plaisantin et détendu au vu du sérieux de la situation dans laquelle ils se trouvaient tous. Alidae marchait d'un pas réflexif et hâtif dans la pièce centrale, tandis que Ahonora restait calmement appuyé contre l'un des murs, lui glissant avec un certain amusement :

- Allons, Alidae ! Il serait bon d'avoir quelque confiance en eux, et leurs capacités, ne pense-tu pas ? Je peux t'assurer qu'après le programme qu'ils vont suivre dès les prochaines heures, tu n'auras guère plus de raison de te soucier à démesure. S'ils n'étaient pas compétents, alors pourquoi aurais-tu...

- ... apposé un sortilège de restriction ? Oui, je sais Ahonora, je sais, mais je ne suis pas rassurée pour autant. Ce n'est pas que je doute de leur potentiel, j'ai juste conscience du peu de temps que nous avons devant nous, de la menace grandissante, et des énormes efforts à produire pour qu'ils puissent au moins s'assurer de rester en vie ! Il suffit de regarder les dernières confrontations, c'est un miracle que nous nous en soyons tirés en un seul morceau contre ce titan de pierres, enfin d'ombres, puis cette créature de glace... et...


Elle marqua une pause, ce qui attisa plus encore la curiosité de son comparse. Bien qu'il ne douta pas des intentions de l'une des combattants de leur précédente quête, il avait néanmoins certaines réserves concernant de précédentes décisions de la mage, et un certain nombre de questions sans réponse. Surprenant son regard tranquille mais perplexe et l'invitant à poursuivre, la magicienne sembla pousser un profond soupir exaspéré, relâchant ses bras et se tourna pour faire face au chasseur de primes. Son regard bleu était comme un prisme, concentrant dans les échardes de bleu tant de l'ennui, du soucis sincère, du sérieux, de la détermination, de la sagesse et pourtant un léger doute d'elle-même :

- Je sais ce que je fais, Ahonora. J'ai peut-être légèrement sous-estimé nos premiers ennemis, et je ne répéterais pas cette erreur, mais je ne reviendrais pas sur ma décision concernant la restriction de puissance. J'ai de bonnes raisons d'agir ainsi, et plus pour leur bien qu'ils ne le pensent. A quoi bon avoir un grand pouvoir à sa pleine disposition, si l'on ne peut encore bien le contrôler ? Entre de mauvaises mains, même avec quelqu'un au bon coeur, un pouvoir de ce genre peut virer à la pire des calamités... je ne veux pas prendre ce risque. Ils ne sont pas prêts. Sans doute le seront-ils bientôt, ou les circonstances m'y obligeront, mais pas encore... Non pas encore. C'est trop tôt...

A cet instant, le regard de la Maître Élémentariste se durcit sans le moindre avertissement. De nouveau tendue, ses doigts s'étaient refermés en des poings serrés, et ses prunelles bleutées s'étaient assombris dans des ombres de regret et de remord incompréhensibles. Ahonora étonné voulut en requérir la raison, mais un nouveau regard vers Alidae lui fit comprendre que ce n'était pas le moment d'insister sur ce sujet. Pas d'oublier pour autant, mais pas d'en parler pour le moment. Ainsi continuèrent-ils de discuter ou de profiter simplement du silence éphémère bientôt brisé par des bruits de pas confus, d'intensité plus ou moins importante, qui vint en leur direction. Se reprenant visiblement, se refermant derrière ce visage calme et assuré, la magicienne salua brièvement les nouveaux guerriers qui venaient se joindre à eux pour ce qui promettait être une rude journée d'exercices. Ahonora, sur un ton légèrement plus joyeux et détendu, en fit de même. Ainsi, Galéos, Neyve, Ariste, Lillule, "Le muet pas si muet", Horacio toujours impatient et les autres "compagnons" vinrent bientôt se réunir dans la salle centrale. Certains étaient encore fatigués des évènements de la veille, d'autres impatients d'en découdre, et certains encore curieux de savoir quel serait donc ce programme d'entraînement leur étant réservé. Restant silencieuse, la magicienne laissa volontiers la parole au chasseur de primes, qui s'exclama une fois le déjeuner pris :

- Bien le bonjour à vous ! J'espère que vous avez pu vous reposer à souhait, en dépit des petites "festivités" de la veille ! Cela sera important pour la journée qui nous attend, une journée d'entraînement intensive ! J'ai ici tout ce qu'il faut pour que vous puissiez vous exercer autant qu'il le sera nécessaire. Alidae et moi-même vous superviserons et essayerons de voir avec vous vos points forts à mettre en valeur et identifier les faiblesses de chacun. Tout d'abord, identifier quel type de combattant vous êtes et dans quelle spécialité vous pourrez trouver votre bonheur !

Son regard toujours sérieux et strict, la magicienne se redressa quelque peu, les bras croisés sur sa tunique beige, et poursuivit d'une voix assurée et refusant toute protestation et toute intervention lors de ses explications :

- Pour commencer, nous allons vous répartir en trois groupes principaux : ceux plus portés vers le combat physique ou avec des armes, que supervisera en particulier Ahonora. Un deuxième sera constitué de ceux préférant le combat magique... ou du moins non physique, que je superviserais tout spécifiquement. Un troisième sera constitué de ceux qui ne savent pas quelle est leur spécialité ou leurs aptitudes au combat. Pas de panique à avoir cependant, vous avez tous un potentiel à travailler, certains ne l'ont juste pas encore découverts, et nous y remédierons aujourd'hui et dans les jours à venir. Des questions avant que nous procédions à la constitution des groupes ? Très bien. Nous allons donc...

Elle s'interrompit soudainement, son regard de glace observant avec minutie le "groupe" hétérogène qu'était celui qu'ils devaient guider, avant de faire la même constatation que celle que souleva avec étonnement Ahonora lorsqu'il demanda à voix haute :


- Sommes-nous en présence de tout le monde ? Il me semblait que nous étions quelque peu plus nombreux... il nous manque un compagnon.

- Alvis manque à l'appel. Et il n'est pas dans cette maison. Bon... je savais que les choses commençaient trop bien pour que cela continue en ce sens... quelqu'un sait où se trouve notre ami ?


La remarque quelque peu agacée de la magicienne laissa un silence de plomb dans l'assemblée. Encore, si c'était un de ceux "sachant" actuellement se défendre un minimum, elle serait légèrement moins agacée et légèrement moins ennuyée. Mais quelqu'un qui ne connaissait pas ses capacités au combat, ou encore même s'il SAVAIT actuellement se battre... c'était le comble des problèmes à venir, surtout si ce dernier était un amnésique supposément ne connaissant rien du monde dans lequel il se trouvait. Donc pouvant potentiellement se perdre, se faire attaquer sans pouvoir se défendre, et s'égarer à tel point de ne jamais retrouver le chemin de retour. Ou pire encore, bien qu'au vu de l'individu, la suggestion même était improbable... un traître. Et s'il y a bien quelque chose faisant horreur aux deux vétérans, c'était bien la trahison, pire encore pour la magicienne. Et l'hylien manquait effectivement à l'appel. Il faut dire que d'ordinaire, sa présence était tellement discrète, réservée et silencieuse qu'il pouvait être aussi curieux avec son environnement que... Distrait. Désamorçant la situation et la tension naissante, Yuusuke s'avança, et proposa en reprenant la parole avant que la magicienne exaspérée ne lui dame la politesse :

- Si vous le permettez, Éclair Noir et Alidae, je me propose d'aller chercher notre ami. Je doute qu'il se trouve bien loin, et si je ne suis pas d'accord avec certains des propos de notre camarade, je pense effectivement qu'il n'y a pas là matière à s'inquiéter sans raison. Ainsi personne ne sera retardé dans son entraînement, vous pourriez superviser les exercices et résoudre la situation rapidement et sans interruption du programme prévu. Ai-je votre autorisation ? Je reviendrais rapidement avec Alvis. Je vous donne ma parole.

Les deux guides étudièrent la proposition du jeune humain, et si Ahonora fut assez vite prompt à lui donner son accord, il attendit l'opinion de sa collègue pour donner le plein feu vert au plus diplomate du groupe. Alidae sembla l'étudier, l'estimer quelques minutes du regard, comme si de ses yeux elle pouvait lire dans son âme, avant de soupirer légèrement, baisser les épaules et consentir à son tour à lui offrir son approbation. Les arguments avancés par l'un des rares individus plus stratégiques que combattants étaient justifiables, et elle le jaugeait assez responsable et un minimum digne de confiance pour cette tâche. Elle l'avertit néanmoins d'une voix sévère et soucieuse, s'attirant un sourire amusé de Ahonora et les rires de quelques uns, ainsi que le sourire très peu rassurant d'une ombre "humaine" blanche silencieuse :

- Mm... C'est d'accord. Néanmoins ne traîne pas trop. Sinon je devrais aller vous chercher moi-même, vous traquer et vous traîner par la peau du cou jusqu'ici, si je le juge nécessaire. Je ne saurais trop vous le conseiller. Va, et ne tarde pas ! On a déjà perdu bien assez de temps comme cela ! Les autres, répartissez vous et nous allons...


[...]


Bon, essayons de réfléchir. C'était ce que se disait Yuusuke alors qu'il s'était retrouvé sur la place centrale du Bourg, analysant avec méthode ses alentours. Il était difficile de rester concentrer sur sa tâche avec tant de distractions tout autour de lui ! S'ils étaient arrivés trop tard dans la journée pour s'en rendre compte, ici il n'était même pas étonné qu'un esprit aussi curieux et distrait que celui de l'hylien ait pu perdre la notion du temps et flâner trop longtemps. Après tout, il y avait tant d'étales aux riches couleurs et aux curieux produits. Tant de commerces que les portes semblaient inviter à ouvrir, d'armes comme de divertissements. Des troubadours et autres trouvères récitaient de multiples ballades amoureuses, que ce soit par la voix ou les mélodies tendres et passionnées de leurs instruments. Il y avait même un couple qui dansait sans fin, tout près d'un arbre. Oui, il se détachait réellement une atmosphère enchanteresse dans ce lieu, et il ne devait pas s'y laisser prendre ! ... du moins pas tout de suite. Ce n'était pas le moment. D'abord, retrouver un certain hylien distrait. Puis revenir avant qu'une furie de magicienne ne vienne les traquer et leur faire ressentir sa colère incendiaire, et de perdre trop de temps aussi. Yuusuke sourit légèrement à cette pensée : il était certain que Alidae n'était pas "toujours" réellement contrariée et exaspérée comme elle semblait l'afficher. Et il était bien curieux, comme vis à vis des autres membres du groupe, d'en apprendre davantage sur eux et de se rendre utile autant de fois et autant qu'il le pourrait.

Son regard sombre s'attarda quelques minutes vers les rues adjacentes, les portes, avant de s'en détourner. Non, un esprit curieux et prudent n'irait pas dans ces endroits là. Pas assez attractifs pour la curiosité, pas assez sécuritaires pour la prudence raisonnée. Les boutiques... hum... non. A bien observer les gens et les badauds autour de lui, si proches en physionomie de l'absent de la matinée, Alvis devait connaître, plus ou moins, les boutiques. Il aurait pu attendre, normalement. Non, quelque chose d'inhabituel avait du retenir son attention, de nettement plus... étonnant et sujet à merveille dans tous les sens du terme. Le château au loin ? Non, décidément non. L'hylien n'aurait pas été si téméraire à s'éloigner autant, normalement. Il irait néanmoins vérifier si jamais il ne trouvait pas d'autres lieux sujets à inspection. Le lointain descendant des homo-sapiens fit ce qu'il savait le mieux faire : utiliser son cerveau et son intuition, se rappeler des minces éléments de personnalité qui avaient transpiré de l'amnésique depuis qu'ils s'étaient tous retrouvé précipités dans ce monde mystérieux et plein de dangers. Il allait abandonner et se résoudre à tout vérifier minutieusement quand son regard se posa sur la majestueuse et ancienne cathédrale de pierre dont le toit arpenté se distinguait au dessus des maisons et commerces adjacents. Depuis la fontaine centrale où il se trouvait présentement, non loin d'un grand arbre, elle s'offrait droit devant lui. Son regard sombre s'illumina comme une pensée lui vint : bien entendu ! Il ferait bien de vérifier cet endroit en premier, cela serait TYPIQUEMENT le genre d'endroits qui pourraient attirer la curiosité de leur distrait compagnon. Tout de suite remotivé, le jeune homme se dirigea d'un pas hâtif vers le bâtiment, regardant d'un air curieux l'étrange pierre dans laquelle avait été gravé un curieux motif en forme d'oeil, mais ne s'arrêta pas pour autant. Quelques minutes durant, il contempla la façade d'entrée du majestueux bâtiment, avant d'ouvrir l'une des grandioses et gigantesques ports qui en gardaient l'entrée, les ténèbres de la bâtisse...


... Laissant place bientôt à une douce lumière tamisée au fur et à mesure que ses yeux s'habituaient au changement de luminosité. Ce qui fut vite fait après quelques clignements de paupières, et aussi attentif qu'émerveillé, observa l'intérieur du bâtiment religieux. Immense était encore un mot trop pauvre pour exprimer avec justesse la grandeur du lieu : la pierre si sobre était solide et ouvragée avec maestria, comme à l'époque médiévale, digne des cathédrales et autres temples de son monde. Il n'y avait que très peu de bancs pour les fidèles, comparé à l'immensité du lieu, et quelques fresques observées avec révérence et intérêt par quelques visiteurs menaient tout droit au fond du bâtiment. Par la lumière tamisée offerte par les étroits vitraux de l'espèce de Temple-Cathédrale, au fond il pouvait voir une sorte d'autel qui aurait pu contenir trois grosses pierres, dont il était visiblement dépourvu. Et derrière lui, un grand mur arborait un étrange symbole de forme pyramidale, avec deux triangles à sa base et un soutenu par les deux premiers, ainsi que d'autres armoiries qui lui étaient étrangement familières. Bien qu'il n'eut pu les replacer exactement... Au dessus, là haut, un superbe ouvrage de sculpture représentait le même symbole pyramidale, entouré par trois déités féminines devant sans doute faire parti du culte religieux local. C'était tellement... imposant, ouvragé et majestueux...

Se rappelant la raison de sa visite, il se tira de sa contemplation muette et se mit en mouvement, cherchant d'un oeil attentif celui que tous recherchaient depuis quelques bonnes minutes, si ce n'était heures. Cette fois, sa chance ne le desservit pas : en effet, à la fin d'une série de fresques complexes, la haute et mince silhouette de l'amnésique était agenouillée, visiblement aussi émerveillée que concentrée dans ce qu'il faisait. Souriant, et soulagé, il s'approcha à pas vifs et appela une première fois l'hylien perdu dans ses pensées, une fois à quelques mètres seulement de ce dernier :


- Alvis ! Enfin je te trouve ! Sais-tu que tout le monde te cherche ? Enfin, nos guides et quelques uns, tu aurais pu prévenir quand... tu m'écoutes ?

Devant le silence et l'absence de réaction de son congénère, Yuusuke haussa d'un sourcil et se risqua à se poser juste derrière l'hylien, posant une main sur l'épaule de ce dernier pour attirer son attention, quoique surpris de la réaction de ce dernier :

- Alvis ? Oh hé, Al... ouah ! Qu'est ce... !

En effet, à peine à ce modeste contact, l'hylien semblait s'être tiré de sa pétrification de manière assez imprévue. Sans un mot, une main avait attrapé son poignet, et en quelques mouvements il avait été restreint dans ses mouvements, l'hylien derrière lui, tendu, lui tenant fermement les deux poignets dans le dos, le regard dur et absent. Avant visiblement de reprendre ses esprits, aussi surpris de lui-même que honteux de sa réaction inattendue, et le relâcha aussitôt, s'excusant promptement sans avoir l'air d'avoir écouté ses précédents propos :

- Oh ! Excuse moi, je... Yuusuke, c'est bien cela ? Ce n'était pas dans mon intention, j'ai été... un peu surpris je crois. Je suis étonné de trouver ici, est-tu toi aussi un amateur de marche matinale ? Pourtant il doit encore être très tôt, n'est-ce pas ? Les autres vont s'inquiéter s'ils ne te trouvent pas...

Massant légèrement ses poignets, le jeune homme ne put s'empêcher d'être à la fois légèrement exaspéré mais aussi amusé de la réaction et de la perdition habituelle de l'hylien sans mémoire. Ce dernier s'était redressé et lui accordait cette fois sa pleine attention, sans pourtant ne pas jeter des coups d'oeil curieux sur les fresques par intermittence :

- Ce n'est pas grave, ne t'en fais pas. Tu étais absorbé dans... enfin, ce que tu faisais. Enfin... non, je suis venu te chercher. Tout le monde est levé et les entraînements ont commencé, tu te souviens ? Ceux dont on parlait hier ? On a remarqué ton absence et je me suis proposé. Tu aurais pu nous prévenir d'où tu allais, Alvis. Et si on ne se dépêche pas, on aura Alidae sur les talons, et je ne pense pas que ce soit une très bonne idée, tu ne crois pas ?

L'hylien semblait aussi surpris que songeur, constatant en effet par la luminosité du lieu qu'il n'était pas parti que l'affaire de quelques minutes, mais plutôt d'heures. Gêné, il émit un léger rire nerveux, son regard oscillant entre les fresques et son interlocuteur, réservé comme celui d'un enfant pris sur le fait d'une faute mais étincelant de curiosité candide :

- Oh... je ne pensais pas que... enfin. Tout ici est tellement... vivant, coloré ! Et plus encore dans ce Temple... tellement chargé de mystères, de merveilles et d'histoire... on dit que les murs ne parlent pas, mais ce n'est pas vrai. Quiconque sait entendre, enfin lire, leur langage se trouve grandement enrichit, tu sais ? Ces fresques... ont tellement de choses à dire... reconnais-tu ce dialecte ? Non ? Je ne suis pas étonné. C'est de l'hylien, de l'hylien très ancien. Ne me demande pas comment je le sais, mais je le sais ! Et sais-tu qu'est ce que cela raconte ?

Surpris devant le flux intense de paroles, plus vivantes et vibrantes que l'hylien n'avait jamais laissé entendre, Yuusuke resta coi quelques secondes, avant de réfléchir. Interrompre Alvis dans son propos, qu'il semblait si heureux de lui partager ? Le laisser terminer son propos ? Si cela se trouve, ce ne serait pas très long, et peut-être pourrait-il en savoir plus sur la culture du mystérieux amnésique. Les yeux pour une fois non ternes et perdus mais pétillants et lumineux de l'hylien le résolurent à hocher négativement de la tête et le laisser poursuivre. Avec un rare enthousiasme, Alvis le guida et lui raconta, avec l'érudition d'un sage et la vivacité d'un passionné, les légendes sur la mythique fondation d'Hyrule. La descente des Trois Déesses, Farore, Dihn et Nayru, Courage, Force et Sagesse, sur les terres qu'elles avaient créé de leur puissance combinée, la mythique Triforce dissimulée loin de la portée des mortels. Il reprit sur la portion suivante, ignorant des regards curieux voire appréciateurs de certains vieux priant dans le lieu. Les années sombres, la venue du Héros du Temps, les difficiles combats, la chute de Ganondorf et quelques autres faits postérieurs. Quand il en vit à un certain Héros de L'Ombre et des légendes de l’Épée et du Bouclier d'Hyrule, il s'interrompit brutalement, sourcils froncés et visiblement troublé, s'étant arrêté sur le mot de "mémoire collective". Enfin, l'expression. Quand Yuusuke, soucieux, lui en demanda la raison, l'hylien s'était reculé et comptait s'appuyer avec sa main droite du mur du fond central, perdu de nouveau :

- Oh... heu... disons que la dernière partie n'est pas racontée par les fresques. Comment est-ce que je le sais ? D'où est-ce que je le sais moi qui ne sait rien ? Je ne sais pas... je ne sais pas, cela me donne mal à tête et m'énerve, me frustre ! Essaye de comprendre ! Je sais que je ne sais pas, que je ne sais rien ou si peu. Je sais pourtant que je sais quelque part, que j'ai su du moins et que je devrais savoir, même ! Je devrais m'en souvenir ! Et pourtant... je ne m'en rappelle pas. Je ne me rappelle pas de quelque chose que je n'aurais du jamais l'oublier. C'est frustrant... d'être si vide, et de se sentir si vide... si... Hey !

Yuusuke, sentant venir la potentielle crise de panique et de détresse non-désirée et vraiment pas au bon moment, allait essayer de le rassurer et de lui rappeler qu'ils devaient retrouver les autres, mais fut alors témoin d'un phénomène impressionnant et inattendu qui avait arraché le cri de surprise de l'hylien. En effet, au contact de sa main droite seulement recouverte d'un léger sous-gant noir, le symbole du mur s'était illuminé d'une lueur bleutée. Le même symbole, en miniature, était apparu, visible même avec le tissu noir le recouvrant, sur le poignet de l'hylien, avec la même lueur. La même lueur que lorsqu'il avait soigné involontairement les plaies de l'un d'entre eux, un peu plus tôt. Et il avait disparu quelques longues minutes, avant de réapparaître sans la moindre explication. Choqué, perdu et visiblement secoué, le pas si chancelant que Yuusuke avait du le rattraper et le soutenir quelques secondes. Il nota que l'hylien serrait entre ses doigts avec fermeté un étrange instrument de musique, à vent, de forme entre l'ovale et le rectangulaire, entre le beige et le vert. Soucieux, le jeune humain le pressa comme l'hylien se redressait en grommelant :

- Alvis, tu es sûr que tout va bien ? Tu m'as l'air un peu... secoué.

- ... Oui. Ne t'en fais pas, Yuusuke. Je vais... bien. Très bien. Mieux même. Cet objet doit sans doute être lié à cela... peut-être est-il une clé à mon amnésie ? Peu importe. Plus tard. Je nous ai déjà trop retardé, ne nous attardons pas davantage. Je n'ai pas très envie d'être ridiculisé par Alidae, pas toi ? Cette énigme me concernant attendra...


Alors qu'ils rejoignaient dans un silence pas si confortable la maison de leur hôtes, Yuusuke se remémorant ce que l'hylien lui avait dit et à quel point de son récit il s'était braqué, ne put s'empêcher de songer qu'il y avait là un quelconque lien. Peut-être garderait-il cela sous silence, comme l'hylien l'avait invité à le faire, ou en parlerait-il à Alidae ? De cette marque, de tout... si le comportement déjà plus curieux de Alvis ne surprenait pas les autres. Plus fougueux, plus assuré et plus prudent encore. Ce dernier auscultait d'ailleurs avec attention son arc et alors qu'ils étaient juste sous le porche de la maison du chasseur de primes, et que Yuusuke ouvrait la porte, le jeune homme d'un autre monde surprit cette étrange remarque de son collègue :

- L'arc est de qualité médiocre. Le bois choisi est moyen, si ce n'est mauvais. L'arc est de seconde-main. Il manque cruellement d'entretien, le bois risque de se craqueler si trop de pression y est appliquée. La corde est très usée, et nécessitera d'être remplacée, elle va bientôt se rompre ou faire perdre de la force au tir. Cela affecte sa durabilité, la précision et la puissance, la portée du tir. J'espère que les flèches au moins ne sont pas tordues... Il ne saurait même pas soutenir le moindre sort mineur de magie ? Bah, on fera avec je présume... pour le temps qu'il me durera...

Haussant un léger sourcil étonné, il décida de ne pas insister comme Alvis semblait reprendre son attitude discrète, modeste et réservée, un léger sourire aux lèvres comme il rangeait l'instrument dans une poche interne de son manteau. Ses yeux bruns étaient légèrement plus vivants et assurés qu'avant. Nettement plus déterminé et confiant en lui-même aussi, comme il se risquait seul à aller confronter la colère d'Alidae et prendre les responsabilités de leur retard, sans rien révéler de précis. Alvis, endurant sans rechigner les foudres de la magicienne et certaines moqueries de quelques camarades, ou reproches, souriait toujours, perdu dans des souvenirs éparses et confus d'une enfance heureuse à Cocorico, d'un jeune homme épris d'idéaux et d'espoirs, fougueux, parfois insolent, heureux actuellement et cabotin. Et nul ne pouvait déchiffrer ce mystérieux sourire...

(HJ Et voilà ! Me le dire si je dois recommencer, je poste tôt précisément parce que je suis inspirée et que cela me laisse de la marge =) J'espère que cela vous plaira et que j'ai respecté les règles ! HJ)


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Dernière édition par Alidae Fern le Mer 5 Juin - 06:59 (2013); édité 1 fois
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Message Posté le: Dim 3 Fév - 19:15 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre VIII: L'écho de nos actes


L’entrainement s’était poursuivi toute l’après-midi et avait continué une partie de la soirée. Alidae et Ahonora n’avaient fait preuve d’aucune pitié envers leurs élèves et les avaient poussés dans leurs derniers retranchements. Certains avaient faillis plus vite d’autres mais tous avaient été profondément affectés par la différence d’expérience qui les séparaient de leurs professeurs.

Ensuite, ils avaient eu un grand repas, assez copieux et ils n’eurent d’autres choix que de le dévorer avidement, leurs corps réclamant les moyens de faire face aux dépenses qu’ils avaient concédés durant toute la journée.

Enfin, chacun était parti se coucher assez rapidement, sans vraiment parvenir à trainer et ils avaient tous dormis d’un sommeil profond sans trop avoir l’occasion de réfléchir véritablement à leurs prestations. Ce n’est qu’à la lumière d’un matin calme que les esprits s’éveillèrent assez tôt.

Dans une des chambres du grand manoir, les premières lueurs de l’aube venaient éclairer la pièce d’une vague gamme de couleurs naissantes, lentement extraites de la noirceur bleutée de la nuit, les draps qui couvraient la fine silhouette de Lillule reprenaient leurs blancs immaculés.

Sous ces derniers, la jeune fille commençait lentement à sortir du monde des rêves. La force de l’habitude la mena tout d’abord à se demander comment elle avait fait pour se réveiller dans ce monde doux et cotonneux, si confortable. Les souvenirs des récents événements lui parvinrent et elle se rappela ou elle était.

Son horloge biologique lui disait qu’il devait être encore tôt. L’entrainement ne recommencerait que dans quelques heures. Mais ses sens aiguisées par une vie itinérante l’avait mené à toujours s’éveillé dès les premières lueurs du jour. Comme les animaux en sont intuitivement capables, elle pouvait faire de même.

Elle avait vite compris que ce lever tôt était toujours un avantage sur les autres. Et puis… Voilà maintenant un moment qu’elle avait apprise à craindre la lumière trop claire, trop dangereuse, trop révélatrice. Il n’y avait que dans l’obscurité protectrice de la nuit qu’elle pouvait vraiment baissé sa garde pour s’offrir un quelconque repos.

Mais aujourd’hui, son corps était particulièrement endolorie, elle pouvait le sentir. Il n’y avait pas que la torpeur du sommeil qui engourdissait ses membres, ils devaient aussi se remettre encore de l’entrainement de la veille.

Un frisson la parcourut.

Il faisait froid dans cette grande bâtisse. Comme dans toutes les grandes maisonnées, il était difficile de les chauffer. Lillule comprenait maintenant les épaisses couvertures dont disposait son lit. Malheureusement, aucune couverture, aucun feu n’aurait pu faire partir le froid qui gelait son cœur, celui qu’inspire la solitude.

Sa main se déplaça lascivement pour repousser ses cheveux de son visage ovale, révélant ainsi son nez fin et ses lèvres pulpeuses. Ses paupières s’entrouvrirent mais ses yeux bruns n’étaient pas encore emprunts de l’éclat rieur dont ils s’armaient la plupart du temps. La brume du monde des rêves venait encore l’occulté.

Oui, elle était seule. Même si en ce moment, on voulait l’inclure au sein d’un groupe pour faire face à une menace dont elle ne connaissait rien. Elle restait seule et le resterait. Elle avait déjà eu quelqu’un proche d’elle, avec qui elle avait tout donné, tout partagé, Jack… Mais, il avait fini par l’abandonner. Et malgré son courage, la leçon qu’il lui avait alors été enseigné lui laissait un gout amer.

Il était temps de se lever. Son esprit glissait vers des souvenirs qu’elle ne voulait pas raviver. Il n’y avait pas besoin de ressassé tout ça. Elle avait compris. Alors, elle se redressa sur son lit avant de faire glisser ses jambes d’une finesse émouvante hors de ce dernier.

Elle hésita à les glisser dans les chaussons qui lui avaient été donnés par le maitre de maison. Regardant ses jambes avec une mine qu’elle ignorait être triste, ses cheveux noirs venant assombrir son visage, elle fit danser doucement ses petits doigts de pieds avant de les poser à même le carrelage glacé.

Malgré le froid qui monta tout de suite en elle, Lillule se redressa. Il sembla que ce contact douloureux venait balayer le trouble qui l’avait un instant étreint. Elle ne pouvait pas l’admettre et ne l’admettrait plus jamais. Ce frisson n’était qu’un instant de faiblesse. Elle ne craignait pas le froid. Il lui apportait la paix.

Ouvrant complétement les yeux sur le monde autour d’elle, elle s’avança vers la grande fenêtre aux multiples carreaux, ressemblant à ces hautes ouvertures de ces demeures du 19e siècle. Elle écarta légèrement l’un des pans des épais rideaux rouges qui ne permettaient à la lumière de ne filtrer qu’en une mince raie et glissa un regard vers l’extérieur.

Il allait faire beau. Peut-être qu’aller marcher un peu dehors lui ferait du bien avant de petit-déjeuner ? Sa décision prise, elle enfila les vêtements qui lui convinrent dans la large armoire ou Ahonora avait, semble-t-il, prévue une large variété d’habits pour ses nouveaux hôtes.

Une fois n’est pas coutume, elle relégua son habituel pantalon large et préféra un pantalon plus serré fait dans une étrange matière extensible semblant épouser ses formes sans les entraver, pour le haut, elle choisit un vêtement qu’il lui parut chaud malgré la finesse de la matière. Tout était noir, bien entendu.

Sortant de sa chambre, décidant qu’elle ne voulait rencontrer personne et encore moins tomber sur Alidae ou Ahonora. Ces derniers lui rappelaient un peu trop ses parents à vouloir les garder à demeure, elle préférait largement les éviter et n’aurait surement pas accepté de devoir leurs demander quelques autorisations que ce soient pour sortir.

De par son talent naturel quant à la discrétion, elle parvint sans mal à filer au dehors du manoir pour se retrouver dans la rue principale de ce fameux «Bourg d’Hyrule ». C’était décidément très différent de son quotidien.

En cette heure, il y avait encore peu de gens dans les rues mais l’on entendait déjà les voix étouffées des mères réveillant leurs enfants et des fenêtres et cheminées ont pouvaient sentir que les premiers repas du jour étaient en préparation.

Au hasard, elle commença à marcher en suivant la voie principale. Elle n’avait aucune envie de se perdre dans les rues étroites et sombres sans nécessité. Malgré tout, si la prudence lui intimait ce chemin, la curiosité la dévorait de savoir ce que cachait ces lieux obscurs et tortueux. De temps à autre, elle y lançait un regard.

Mais contrairement au monde d’où elle venait, il ne semblait pas s’y trouver des mendiants dormants dans des couchages de fortunes constitués de déchets, elle n’y voyait pas les divers laissées pour compte de la société ou les hors la loi qui y menaient leurs existences sombres, macabres et éphémères.

Ce monde-là, Hyrule, était très différent. Et la seule chose qu’elle vit dans l’une des ruelles fut un chat noir traversant cette dernière sans discrétion. Ce dernier sentant le regard de Lillule tourna sa tête de félidé vers elle, révélant ses deux grands yeux émeraude emplis d’une lueur de curiosité si similaire à celle que pouvait avoir la jeune femme au même instant que les deux parurent un instant troublé d’un tel mimétisme.

C’est ce trouble qui mena malgré elle, Lillule à s’engager dans la ruelle d’un pas hésitant. Cette dernière était formée par l’alignement de hautes maisons à trois étages accueillant sûrement des familles modestes de la ville.

On pouvait entendre le bois résonné sous les pas des enfants courant à l’intérieur à l’appel d’une voix, puis des rires. Non loin, on pouvait percevoir un bébé qui commençait à pleurer puis très vite, une voix douce et tendre chantonnant, les pleurs cessant.

Tous ces détails échappaient pour l’heure à la jeune femme qui était tout proche du chat. Mais ce dernier parut soudain se rappeler à la prudence, se campa en arrière puis bondit sur un muret bordant la ruelle. Ainsi, il se trouva à la hauteur du visage de l’humaine qu’il continua à fixer prudemment, la crainte refluant dans son regard.

Implicitement, Lillule comprit son comportement. « Je ne peux te laisser m’approcher si je ne puis être à ta hauteur. » Pourquoi cela lui semblait aussi limpide, elle n’en avait aucune idée. Elle s’approcha néanmoins de lui comme si elle allait porter la main pour le caresser puis elle se retint. L’animal n’avait pas bougé, pourtant elle était certaine qu’il n’accepterait pas. « Je n’aimerais pas qu’on me fasse cela » Se dit-elle a elle-même.

Se résignant avec un sourire discret à peine esquissé, elle décida de le laisser et de poursuivre son chemin. Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que le chat la suivie ostensiblement mais tout en gardant ses distances. Cette étrange comportement, partagé entre l’intérêt et la prudence piqua de nouveau la curiosité de la jeune femme. Le chat sentait-il qu’elle n’était pas de ce monde ? Peut-être n’avait-elle pas la même odeur ?

A ces réflexions, elle se rendit compte qu’elle avait atteint un canal semblant réguler les eaux d’un fleuve au milieu du Bourg. En face d’elle se trouvait un petit pont permettant de le traverser. Et sur ce dernier, à sa grande surprise, elle reconnue une silhouette familière.
La forme sombre de Galeos se découpait clairement dans le ciel de l’aube naissante. Il était étrange de le voir ainsi. Il semblait presque comme un fragment de nuit s’attardant un peu plus que les autres. Le regard de Lillule s’attardait sur l’étrangeté de l’individu. Elle ne pouvait s’empêcher de le trouver à la fois fascinant et repoussant.

Néanmoins, le second sentiment lui paraissait appelé à disparaître depuis qu’il lui avait sauvé la vie. Oui, elle avait du mal à l’admettre mais il l’avait vraiment sauvé. Et de fait, elle ne pouvait plus le penser comme un monstre. Elle eut alors une révélation dérangeante. Ce frisson qui avait troublé son sommeil était l’écho vivace de l’acte désintéressé de Galeos dont elle avait justement rêvé cette nuit.

Faisant glisser ses incisives sur sa lèvre inférieure, elle fronça légèrement les sourcils, emprunte à un sentiment paradoxal, à un nouveau déchirement intérieur.

Galeos fixait le cours de l’eau fuyant la terre et lui traçant un chemin limpide vers son élément naturel, l’océan. C’était ce qu’il imaginait. Un grand océan, ce monde si différent de celui-ci, totalement différent ! Quel dépaysement… Et il n’était vraiment pas sûr de l’apprécier.

Sentir ainsi la gravité lui peser autant sur les épaules, l’empêcher de décoller du « fond ». Et puis ces cycles si marqués, si extrêmes, entre le jour et la nuit. Comment ces gens pouvaient supporter un environnement si rude et si sec ! Quand bien même il essayait depuis plusieurs jours de se faire à l’idée que le monde de la surface ressemblait à ça. Il avait encore bien du mal à s’y faire.

Ne serais-ce que par commencer au mal qu’il avait à dormir dans un lit ! Lâchant un soupir lourd de sens, il se rappelait douloureusement comment il avait fini par tomber de ce dernier, il y a une heure de cela, le réveillant totalement.

Du coup, n’en pouvant plus de chercher à dormir et ne supportant pas plus de rester dans ces environnements clos, il était sorti pour se promener. Mais le spectacle du Bourg n’avait fait qu’agrandir en lui ce sentiment douloureux et indescriptible, celui que provoque le mal du pays. Toutes ses habitudes étaient brisées et tous ses repères étaient biaisés. Quant à l’entrainement… Il ne voulait même pas y penser.

Après plusieurs minutes à ruminer sa colère, il avait fini par s’arrêter là et à rester piteusement à admirer le coure de la rivière, lui rappelant une version grotesquement réduite de son monde. C’est alors qu’une voix vint le tirer de ses réflexions.


- Bonjour Galéos…

Il tourna son visage aux reflets azurs vers cette dernière et posa ses yeux émeraude sur Lillule. Il n’avait pas encore bien l’habitude du son des voix quand elle s’élève dans l’air. Il ne reconnaissait même pas la sienne. Néanmoins, il lui répondit.

- Bonjour, Lillule.

Il avait encore du mal à tous les reconnaître mais, concernant cette jeune humaine, il y parvenait plutôt facilement. Il ne savait vraiment pas pourquoi mais, c’était ainsi. Cette dernière s’approcha de lui.

- Avez-vous réussi à dormir ?

Demanda-t-il comme si la chose devait se révéler être vecteur d’angoisses particulières. Lillule cligna légèrement des paupières avant d’offrir un mince sourire.

- Merci de vous en inquiéter mais pourquoi n’aurai-je pas réussi ?

Galeos se sentit profondément pitoyable. Sa silhouette s’affaissa dans un soupir mal contenu. La jeune femme haussa les sourcils, sans paraître comprendre.

Elle paniqua un peu et s’agaça aussi de paniquer, pourquoi paniquait-elle ? Et puis, à la base, pourquoi avait-elle ressentit le besoin de le saluer ?! Elle aurait très certainement pu poursuivre son chemin discrètement en passant dans son dos !

- Vous… Vous êtes préoccupé ?

Finit-elle par demander en trouvant la question idiote, se trouvant aussi idiote du même coup ! Galeos cligna des paupières et acquiesça un peu à rebours comme s’il tentait d’organiser sa pensée en même temps.

- Je ne suis pas habitué à ce monde. Je dois m’y habituer et dans cette forme pathétique cela ne rend pas les choses simples !

Il n’y avait que Galéos pour penser qu’être un terrible colosse marin allait lui faciliter la vie dans le bourg d’Hyrule. Mais la majeure partie du sens des propos de l’homme échappa à Lillule.

Cette dernière acquiesça puis se détourna pour regarder à son tour la rivière couler dans son lit. Ce n’était parce que son visage était un peu différent de ceux des humains qu’elle ne pouvait maintenir son regard dans le sien, il lui semblait juste que c’était trop gênant, pour une raison inconnu.


- Vous étiez différent avant de quitter votre monde ?


Cela l’intéressait, qu’elle le veuille ou non, elle désirait en savoir plus sur cet être que nombreux qualifieraient de monstre à leurs yeux. Mais Galeos resta silencieux un long instant, il était en proie à un violent doute. Cette histoire était une telle honte, il avait été si bêtement été piégé qu’il n’était pas sûr de pouvoir vraiment l’avouer. Quand on a vécu dans un monde où il faut être le plus fort, un aveu de faiblesse, la reconnaissance de ses échecs, tous ces concepts sont proscrits.

- Disons que je m’en serais bien mieux sorti à la surface si j’avais été plus fort.

Lillule nota qu’il esquivait la question mais ne se sentit vraiment pas d’insister. Elle ne comprenait pas elle-même ce qui la poussait à une telle curiosité. Pourtant, une chose l’interpella.


- La surface ?

- Hydralia est un monde aquatique ou nombre d'espèces vivent sous la mer, en harmonie avec elle. Il n’y a pas de terre qui sort de l’eau. Du moins, pas que nous connaissions…


Il avait semblé impossible à Galeos de ne pas évoquer son monde, de dire à quoi il ressemblait à quelqu’un, juste pour s’assurer qu’il existait ailleurs que dans son esprit.

Lillule resta un instant silencieuse, essayant d’imaginer à quoi pouvait bien ressembler la vie sous l’eau. Mais elle n’y parvint pas totalement. Tournant de nouveau ses deux yeux bruns sur Galeos, elle le toisa avec un nouveau regard. L’exotisme qui émanait de lui venait de se trouver renforcé.

Elle s’étonna alors de ressentir de l’empathie pour lui. Elle imaginait soudain à quel point il devait être perdu dans cet environnement. Son cœur se serra douloureusement dans sa poitrine. Des sentiments mêlés venaient troubler son esprit.

Elle s’était pourtant juré de ne pas perdre son temps et son énergie à aider les gens autour d’elle. Mais, ce n’était pas les gens, c’était Galeos, l’homme qui lui avait sauvé la vie.

N’avait-elle pas dit qu’elle ne compterait plus sur personne pour assurer sa survie !? Force était de constater que pour l’instant, elle n’en était pas capable. Se cacher ne suffirait pas toujours face aux menaces plus puissantes qu’elle.

Quand n’était-il de ses bonnes résolutions ?! De la leçon que lui avait apprise l’abandon de Jack ?! Et surtout, pourquoi ne comprenait-elle pas le trouble qui la saisissait quand elle pensait à Galeos !? Tout ça n’avait rien de logique ! Rien de logique !


- Laisse-moi te guider et te permettre de comprendre le monde de la surface.

Oui, ce n’était pas pareil qu’aider. Elle allait lui montrer comment le monde tournait ! Elle serait comme une sorte de professeur, une enseignante de comment se comporter à l’air libre. Elle serait une sorte de maîtresse pour lui, et ainsi elle pourra l’utiliser pour qu’il l’a défende, comme… Comme un outil ! Oui ! C’est ça ! Ainsi, elle ne revient pas sur ce qu’elle sait du monde. Comme ça, elle saura se défendre à travers Galeos et elle ne risquera plus de mourir, comme ce jour-là.

Tentant d’allier sentiments et raison dans une sorte d’alchimie imparfaite, elle laissait Galeos réfléchir à sa proposition. Il fallait dire que ce dernier en avait vraiment besoin. Ne serais-ce que parce qu’il avait, lui aussi, des paradoxes auxquels il devait faire face. Comment admettre qu’il avait besoin de l’aide d’une jeune femme aussi fluette et petite qu’elle ? Comment admettre qu’il avait besoin d’une humaine pour cela !? C’était… Humiliant ! Terriblement humiliant !


Et pourtant… Il était prêt à l’accepter. Pourquoi ?! La réponse lui vint intuitivement, elle était à la fois douce et blessante, chaleureuse et amère. Lillule était la quintessence même du seul acte dont il pouvait encore tirer une certaine fierté. D’une certaine manière, elle était le symbole de ce qui restait de sa force passé, sur laquelle il pensait que s’appuyait son courage et sa bravoure.

Voilà pourquoi il la reconnaissait sans mal. Parce qu’elle comptait à ses yeux et qu’en la sauvant ce jour-là, il avait ressenti, pendant un court instant dont il n’avait pas encore pris conscience jusqu’à lors, le sentiment que sa vie avait encore un sens.


- Très bien… Et en échange, je vous protègerais.

Les deux pensées se rencontrèrent sur la même conclusion, un même arrangement maladroit entre leurs consciences et leurs désirs profonds, quelque chose de touchant et d’un peu bancal mais très important. Voilà ce qui venait d’être scellé sur ce pont au-dessus du fleuve Hylia.

C’est alors que Galeos grimaça avant de hausser les sourcils. Il tordit alors sa queue de sorte à l’amener devant lui et devant Lillule. Ils y trouvèrent alors un chat noir piteusement pendue à cette dernière, tentant avec ses petits crocs d’attaquer le cuir de l’homme. Ce dernier le regarda avec un étonnement complet.

Mais la jeune femme ne put s’empêcher d’éclater d’un rire cristallin et charmant quand elle comprit les intentions du chat. La gangue de froid enserrant son cœur se fissura et le monde parut s’adoucir à ses yeux grâce à Galeos.

Ce dernier ne comprenait pas mais entendre Lillule rire lui tira un petit sourire discret et le rassura quelque peu quant à l’avenir.

La solution à cette situation cocasse n’était pourtant pas si difficile à comprendre car si Lillule avait vu l’humain chez Galleos. Il semblait que le chat y avait vu le poisson !



[…]


- Vous ne trouverez aucune vision dans votre thé, Yuusuke.

Fit remarquer Ahonora avec humour alors qu’il sortait ce dernier de ses songes. Le liquide chaud que bu Yuu eut l’effet de repousser définitivement les brumes du sommeil s’attardant dans son esprit mais cela ne lui redonna pas d’énergie pour autant. Il souffrait bien trop de ses muscles pour être à la hauteur de la journée et il l’appréhendait. Son regard s’assombrit alors qu’il fixait de nouveau son thé.

On ne peut pas dire que l’après-midi qu’il avait vécu hier était resté son meilleur souvenir. De fait, il avait passé des tests avec les deux enseignants et même si Ahonora et Alidae était resté silencieux quant à leurs avis sur ses résultats, Yuusuke ne se faisait aucune illusion, il n’avait vraiment pas brillé. Il était réfractaire à la magie à cause de son esprit trop cartésien et réfractaire au sport de par son manque cruel d’agressivité et de sens de la compétition. En vérité, il était certain que les deux enseignants étaient en train de réfléchir ardemment à la manière de se débarrasser de lui sans faire de vague.

Cela expliquait sa profonde morosité alors qu’il buvait son thé. Et aussi pourquoi il ne se rendit compte qu’après qu’un certain temps que sa tasse était vide. Poussant un lourd soupir, il se leva et posa le pied sur quelque chose d’ovale. Totalement pris au dépourvu, il bascula en arrière renversant la chaise qu’il tenait encore et tira la nappe à lui dans un réflexe désespéré, renversant sur lui, eau chaude, petit pain, café et lait pour venir parachever sa chute.

L’objet roula un peu au-devant de Yuu et se révéla comme une sorte d’œuf aux multiples facettes modulables, comme une sorte de casse-tête de forme ovoïde, à part que ce dernier paraissait porter des inscriptions étranges, des sortes de runes au lieu d’un code couleur. Au-delà de ça, l’objet en lui-même paraissait être constitué dans un métal précieux serti de pierres. Il devait avoir, sans aucun doute, une très grande valeur.

Le brouhaha provoqué interpella Ahonora et Horacio qui passait alors devant la pièce. Ce dernier ne manqua pas de faire remarquer la maladresse de Yuu tout en le remettant sur ses pieds sans douceur. Ce dernier ne répondit rien, son regard fixait l’objet mystérieux qu’Ahonora avait désormais ramassé et tenait dans la main.


- Ah ! Parfait ! Tu l’as retrouvé ! Je me demandais ou je l’avais égaré ! Si tu savais ce que j’ai dû traverser comme piège tordu pour l’obtenir !

Un silence étrange s’installa, Yuu fronça doucement les sourcils et tendit la main vers objet. Intéressé par le soudain comportement du jeune homme, l’éclair noir lui déposa l’œuf dans la paume et feignit l’indifférence.

- Il parait aussi que c’est un casse-tête qu’une ancienne civilisation aurait créé pour dissimuler un message important pour l’avenir. Mais je n’ai jamais réussi à l’ouvrir.

Expliqua-t-il d’un ton innocent, les yeux pétillant de malice. Horacio ne comprenant guère les tenants et aboutissants de la scène se retira avec un soupir. Soudain, les yeux noirs d’Hasegawa s’éveillèrent d’un nouvel éclat et il porta son regard dans celui d’Ahonora.

- Puis-je vous l’emprunter temporairement ? J’aimerais essayer.

L’éclair noir ne put s’empêcher de hausser les sourcils de surprise puis, après un instant où il parut jauger son interlocuteur, un sourire se dessina sur sa face et il acquiesça, posant une main amicale sur l’épaule du jeune homme.

- Si tu veux ! Si tu veux. Mais va donc prendre un bain avant de te présenter à l’entrainement !

Hasegawa acquiesça mollement, déjà repartit dans sa contemplation de l’objet. L’éclair noir darda un regard empli de question sur son interlocuteur mais faute de réponses évidentes, il se résigna et laissa Yuu s’en aller vers la salle d’eau.

Il passa d’abord dans sa chambre prendre des affaires de rechange. Puis il se dirigea dans la salle de bain. Une fois dans cette dernière, il mit de l’eau à couler dans la grande baignoire et commença à retirer ses vêtements sales. L’œuf ne l’avait pas quitté et il le posa sur la petite table près de la baignoire avant de s’immerger avec un soupir de satisfaction. Mais son intérêt n’était plus attiré par son corps, l’objet obnubilait sa pensée. Il s’en saisit sans attendre et commença à le manipuler.

Il n’arrivait pas à savoir pourquoi mais il savait une chose. Une chose dont il s’était rappelé en voyant l’œuf. Cet objet lui appartenait depuis longtemps. Pourtant, il ne l’avait jamais vu ! Il ne savait pas lire les étranges inscriptions écrites sur les facettes. Quel était donc ce mystère ? Il avait la conviction qu’il pouvait le défaire en parvenant à résoudre le casse-tête que représentait l’ovoïde.

D’une main étrangement sûre, il commença à faire coulisser les mécaniques de l’objet et à le manipuler. Tout d’abord, il le fit lentement. Puis, ses doigts commencèrent à s’animer naturellement et les runes commencèrent à prendre un sens. Le mystère était en train de s’évanouir devant lui mais il savait que cela n’était dû qu’à une chose. Il se « souvenait » de la solution.

A l’instant où il parvint à finir le casse-tête, le monde autour de lui cessa d’exister. Plus de baignoire, plus rien. Il était habillé d’une grande toge ample et brune qui cachait des vêtements modestes blancs et noirs et surtout, il ne se trouvait nulle part ! Autour de lui, il n’y avait qu’un paysage blanc, ou l’horizon n’apparaissait pas. Seul, face à lui, il y avait son propre reflet, son jumeau exact, à la différence qu’il ne pouvait distinguer ses traits entièrement.

Et ce jumeau parla de sa propre voix.


« Si tu as reçu cet objet, cela veut dire que tu as quitté ton monde pour commencer ton odyssée. Tu dois débuter par apprendre qui tu es. Sans doute t’es-tu préservé de la vérité ? Sans doute es-tu très différent de qui je suis ?

Néanmoins, il y a une chose qui ne change, ta nature profonde. Tu viens d’un peuple qui a longtemps régné à travers les divers mondes mais qui désormais n’est plus que de l’histoire ancienne.

Néanmoins, il y a en toi la puissance qui nous a menés vers notre incroyable destinée.

Et si les événements ont voulus que tu sortes de ta retraite volontaire. C’est que les mondes ont besoin de nous, ont besoin de toi.

Je vais maintenant libérer les premiers verrous qui t’empêchent d’user de notre puissance. Si cela devait s’avérer nécessaire, tu sauras rouvrir cet objet et tu seras gratifier de nouveau pouvoir.

Mais pour l’heure, tu dois apprendre à maitriser et à comprendre la portée de tes facultés. Et surtout, apprendre la responsabilité qu’il incombe à ceux qui peuvent agir comme nous le faisons.

La seule chose que je peux te révéler à l’heure actuelle et qui importe vraiment ! C’est que tu saches que tu as un rôle à jouer dans le monde ou tu te trouves et que tu dois le trouver au plus vite.

Tu sauras de quoi je parle.

Bonne chance.

Yuu. »


Une lumière violente vint éblouir Yuusuke avant qu’il n’est le temps de dire quoi que ce soit. Il sentit qu’il venait de changer, qu’il n’était plus le même, que quelque chose venait de se briser. Revenant à la réalité avec violence, il sortit la tête de l’eau pour reprendre son souffle, tenant toujours fermement dans sa main l’œuf qui lui importait désormais tant.

[…]


Quelques dizaines de minutes plus tard, Yuu réapparu à la salle d’entrainement. Ce dernier se déroulait bien, chacun paraissait concentré sur ses exercices. Néanmoins, Ahonora voyant arrivé Yuusuke donna une pause à ses élèves et s’approcha de lui.

- Tu es prêt à t’entrainer ?

Lui demanda-t-il alors qu’il semblait chercher quelque chose dans son regard. Le jeune homme acquiesça en cachant au mieux son trouble. Ce qu’il venait d’apprendre, il avait besoin d’y réfléchir. Mais il n’était pas sur de vouloir le confier à quiconque pour l’instant. Il n’était pas sûr d’être cru de toute manière. Tout ça paraissait tellement dingue. Il devait avoir erreur sur la personne.

Ahonora le convia du geste à venir sur les tatamis pour faire un peu de combats au corps à corps.


- Voyons ce que tu as retenu d’hier.

Yuusuke n’était pas du tout concentré, il était perdu dans ses questionnements. Avec un léger retard, il se mit en position sous le regard des autres élèves du cours en pause. L’éclair noir sentait que quelque chose allait de travers chez son adversaire. Depuis qu’il avait vu cet œuf, il s’était mis à agir bizarrement. Mais il ne saisissait pas forcément ce qui avait changé chez lui.

Soupçonneux, il s’approcha de lui et tenta de le frapper avec son pied tout en gardant une garde prudente. C’est alors que l’incroyable se produisit.

Dans la tête du jeune homme, quelque secondes défilèrent comme dans un film au ralenti. Ce dernier s’arrêta puis se divisa en deux films différents. L’un le montrait frapper par le coup de pied au visage et propulsé au sol. L’autre le montrait s’abaissant pour esquiver le coup. Intuitivement, il choisit le second.

Les deux films disparurent de sa vue et il sut exactement ce qu’il avait à faire, il plia son genou arrière en un mouvement rapide pour éviter le coup à la surprise du public. Mais Ahonora n’était pas dupe, son coup de pied balayant s’arrêta, il plia le mollet et propulsa son talon droit vers le front du jeune homme.

Encore une fois, deux films se déroulèrent dans l’esprit. L’un était un échec, l’autre une parade en portant ses deux mains entre son front et le talon. Il fit ce choix.

Et il se passa une nouvelle fois exactement ce qu’il avait vu. L’impression était étrange, irréel, il lui semblait que le monde connaissait des ratés, que la machine était en train de se gripper, que le temps devenait erratique, qu’il hésitait comme sous la contrainte de sa volonté.

C’était une manipulation imparfaite, mué par l’instinct et qui n’avait rien de contrôlé. Actuellement, elle ne lui servait qu’à empêcher l’inévitable contre un homme aussi talentueux qu’Ahonora.

Un instant, mut par la peur d’être vaincu, il se sentit de nouveau face à deux choix, basculé en arrière et rouler sur le côté ou alors profiter de ses mains sur son pied pour l’agripper et le faire tomber en faisant tourner sa jambe tout en l’attirant vers lui.

Il choisit la seconde solution. L’événement se produisit mais Ahonora parut sentir venir la chose du haut de son expérience et utilisa la force de la rotation pour élever son second pied dans les airs et fouetter le visage de Yuu dans une manœuvre audacieuse.

Un nouveau choix s’offrit à lui. Un seul possible, celui d’être frappé et basculer sur le sol sous le choc. La machine était peut-être grippé mais la réalité était un comme le courant d’une rivière, si dévier une petite partie de son cours était possible avec une grosse pierre, la dévier complétement demandait bien plus de volonté.

Voilà comment l’éclair noir parvint à vaincre Yuu. Mais de quelle manière ! Les personnes ayant assisté au combat s’étaient redressées, elle n’en avait pas cru leurs yeux. Ahonora avait combattu à un niveau autrement supérieur à celui qu’il utilisait sur les nouvelles recrues et pourtant, il lui avait fallu faire preuve d’acharnement pour faire plier le jeune homme sous ses coups. Tous étaient étonnés.

L’éclair noir se porta alors auprès de Yuusuke pour le sonder d’un regard empli de questions. Leurs iris se croisèrent. Le jeune homme était encore hagard, perdu par cette expérience. Mais il savait en lui-même, il savait qu’il venait faire l’expérience de son propre pouvoir.



Dernière édition par Shusaku le Sam 16 Fév - 06:52 (2013); édité 1 fois
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Message Posté le: Sam 16 Fév - 01:20 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 9

La glace personnifiée


Premières flambées du crépuscule.


Alors que s’activaient quelques rares stands encore ouverts sur le bourg, la lumière ravigotante du soleil annonçait sa révérence, laissant libre cours au combat silencieux des ombres sœurs de se pourfendre du firmament. La nuit ne tarderait pas.

La citadelle se préparait à changer de masque : revêtir les flambeaux de la folie nocturne, la vie d’un tout autre monde fait de bleu et de noir, une toile trop sombre à certains, épris de mille faisceaux de lumière à d’autres. L’astre des cieux obscurs se ferait encore plus beau d’habitude. Les étoiles chanteront sans aucun doute. Les voix d’outre-tombe ne se prieront pas d’inquiéter les égarés le long des ruelles. Les souvenirs les plus anciens seront ravivés d’un souffle étincelant, celui du présent enfoui dans la fièvre de minuit.


Mais ce spectacle, si unique soit-il était rayé de l’existence par une âme dont l’obscurité se voulait différente, plus lointaine et inexplorable que ne le serait jamais le deuxième visage du ciel.


Cette âme prenait les traits d’un homme relativement grand, les cheveux noirs impeccablement coiffés en arrière. Il portait un uniforme militaire de couleur noir, mettant en valeur sa silhouette fine et musclée. Son œil cendré luisait très faiblement. Ses pensées l’avaient emmené ailleurs. Seul son corps faisait acte de présence.
L’homme se trouvait dans une grande salle à peine meublé, le parquet reluisant, quelques tableaux représentant d’anciens et preux chevaliers au service du royaume d’Hyrule accrochés aux murs grisâtres. Assis à une table dont la longueur se voyait manger la moitié de la largeur de la pièce, il sirotait un thé fumant dont les effluves s’élevaient avec une extrême légèreté, dévoilant de subtiles odeurs de menthe et de réglisse. Quelque chose de doux pour une âme aussi amère.
Une épée à la lame couverte de cristaux de glace se trouvait posé contre le mur à sa droite. Elle scintillait très légèrement comme si l’arme elle-même frissonnait de vie.
Après avoir avalé une autre gorgée de sa boisson, l’homme posa délicatement la tasse sur la table, aux côtés d’une théière fumante. Du repos entre deux missions royales. Un instant de répit quand planent les perturbateurs de ces plans.
Soudain, une des fenêtres de la salle s’ouvrit sous un coup de vent. Un vent surnaturel, un souffle glacé.
Un ectoplasme blanchâtre et agonisant entra dans la pièce, flottant à quelques mètres du sol. L’homme ne bougea pas : Il attendait cette visite.

L’ectoplasme s’approcha de l’homme puis se fractura en un million de petites boules lumineuses qui vinrent envelopper son corps. Il ressembla, l’espace d’un instant à un fantôme congelé. Comme s’il n’avait jamais été qu’une tromperie de la vie elle-même, une illusion d’optique pour l’existence.

Puis, le paysage changea.


L’ectoplasme sembla alors lui transmettre des images, des souvenirs dont il était le seul maître. Il vit un jeune homme, sans doute en âge d’être considéré comme un adulte, les cheveux noirs avec un dégradé de blanc lui partant depuis le sommet du crâne. Il était paniqué et essayait de prononcer quelque chose, sans doute un appel au secours. L’homme en sourit, un machiavélisme sans précédent se reflétant dans ce rictus de victoire malsaine. Puis, il vit tout une troupe de jeunes gens, tout autant pétrifiés par la peur. Son âme se nourrit avidement de cet effroi. Il en jubilait d’excitation.
Puis, il aperçut une femme aux cheveux longs et bruns retenir par l’épaule, un jeune homme qui sembla vouloir se lancer dans le combat. Il put même entendre quelques mots s’échapper de sa fine bouche :

Citation:

-Arrête espèce de fou ! C'est une ombre ! Elle n'est pas matérielle ! Tu veux subir le même sort que lui ?



L’homme au regard cendré leva un sourcil, intrigué. Il connaissait la jeune femme. Du moins, avait-il entendu passablement parler d’elle.
- Alidae Fern… Quelle bonne surprise… Vous avez croisé mon ombre de glace ! C’est un honneur… Ricana légèrement ce dernier.

Puis les images se brouillèrent un peu. Il ne put distinguer que quelques silhouettes. Cependant, la peur qui émanait puissamment dans l’entourage de l’ombre suffit amplement à l’homme. Il s’en abreuvait comme l’on pouvait savourer un bon vin au milieu de cadavres.


Puis soudain, le choc. Une lumière dorée gorgée d’une énergie extrêmement condensée. Un picotement désagréable, une sensation de vertige. La chaleur d’un rayon purificateur qui fit frissonner de dégoût l’homme au regard cendré. L’ombre de glace avait été abattu. Seul l’ectoplasme qui avait servi de base à sa création survit. Celui qui était revenu vers son maître.

Puis, un autre choc. Un grand homme, la trentaine, un long manteau noir avec étoffe grise, le regard argent, ramassant des rubis éparpillés sur le sol, l’air agacé :

Citation:
-Je ne vous remercie pas Lillule. J'y tenais beaucoup à ce vase ! Et mes pauvres rubis violentés...



Puis, les images s’affolèrent : il vit alors à nouveau le jeune homme de tout à l’heure, un tempérament fort et un corps musclé armé sans aucun doute d’une agilité peu commune. Il semblait également doté d’une personnalité affirmée qui plut immédiatement à l’avide personnage. Puis, une fille habillé d’une légère robe de chambre apparut, le corps ruisselant d’eau et attaqué par la givre, la vingtaine, les cheveux relativement longs et noires, de subtiles mèches bleues dansant dans cette sombre chevelure. C’était elle qui avait jeté le vase rempli de rubis sur l’ombre. Geste inutile qui fit ricaner l’homme au regard cendré mais en avouant tout de même qu’elle avait un certain cran. Puis, il revit Alidae, le regard tranchant, les muscles tendus. La paume de ses mains fumait d’une aura légèrement scintillant, témoignant d’une récente incantation. C’était elle qui avait terrassé son ombre. Elle…
Enfin, les images s’estompèrent. L’ombre n’avait plus rien enregistré d’autre…

L’homme revint à la réalité, le regard devenu aussi dur que de la pierre. Les lueurs du crépuscule avaient peints quelques pans des murs de la pièce. Il n’y avait personne. Pas de chaleur, pas de contact. La solitude froide. Un homme de guerre. Un meneur d’âmes fragiles et de pauvres malades du côté obscur de la morale.

L’homme se leva, prenant appui sur la table. Il semblait décontenancé :

- Alidae Fern… Et cet imbécile d’Ahonora… Ils combattraient ensemble ?

Il se mit à éclater de rire, se fichant de cette situation qui lui parut rocambolesque. Quelqu’un avait été assez inconscient pour devenir le compagnon d’arme d’un homme aussi imprévisible que lui. En réalité, il le haïssait de tout son être. Puis, il repensa aux autres personnes qu’il avait vues. Sans comprendre de suite pourquoi, il les trouva fort intéressant, comme si leur présence s’était greffée depuis le début dans son plan. Un plan secret mais qui se voulait plus vaste que la *simple* conquête du monde, une idée qui nourrissait les sombres convictions de son cœur par la simple perspective de concrétisation.

Soudain, l’homme se leva et se dirigea d’un pas calculé vers l’épée glacé. Celle-ci se mit à vibrer, laissant de fines particules de givre s’écraser sur le parquet. Il attrapa la garde, la serrant fermement et souleva la lame. Elle se mit à légèrement à luire, un reflet hivernal qui sembla ralentir le temps naissant. Un nom se grava le long de la surface de métal gelé : Van Darien. Les lettres brillaient d’une lumière malsaine capable de glacer le sang du plus impassible des guerriers.


- N’avez-vous pas l’impression de vous ennuyer ici-bas… ? Murmura-t-il sur un ton que même le diable n’aurait su rendre plus mauvais.


Il retourna la lame et d’un coup sec, la planta dans le parquet. Celui-ci se brisa instantanément, rayant le sol de longues écorchures qui lentement, se firent engloutir par une nappe de glace fumante de froideur appartenant à l’agonie. En quelques minutes seulement, la nappe malsaine recouvrit la salle du sol au plafond. La pièce ressemblait désormais à un glacier, une caverne de givre dont l’origine restait incertaine : nul œuvre de mère-nature mais en aucun cas nourrisson de l’au-delà. C’était une lisière cauchemardesque, où les rêves agonisent, où les douleurs se rendent éternelles.

Van Darien s’avança dans cette nouvelle pièce. L’ensemble de thé posé sur la table avait été emprisonné dans la glace, à la merci du temps qui ne s’écoulait plus. L’éternité sans être l’éternité.

De sa poche, il sortit une petite sphère de couleur bleuté, une espèce de grosse bille d’où émanait une aura cristalline à peine discernable. D’un geste calculé, il la lança devant lui. Toute bille de cette taille aurait du aller se briser sur le sol. Mais celle-ci n’en fit rien.

Elle lévitait, comme poussée par un vent surnaturel, portée par des mains invisibles. Puis, elle se mit à enfler, enfler jusqu’à devenir un immense ballon de baudruche qui se garda pourtant d’être rempli d’hélium. Sa structure était toujours faite d’un fin cristal bleu océan.
Des myriades de points lumineux apparurent sur sa surface, gesticulant entre elles. Ils étaient principalement blanchâtres, parfois verts et jaunes. Une poignée de points incandescents présentaient de fortes nuances de bleus, perturbant la symbiose visuelle. Cette sphère en question représentait l’activité énergétique d’Hyrule. Plus précisément, elle permettait de capturer les fines particules laissées par les sorts puissants et autres incantations qui demandaient une énergie imposante. Ce genre d’objet ensorcelé était interdit sur les terres d’hyrule. En théorie.

Van Darien observa plus nettement l’amas de lumière bleuté. Ce sort en question, il l’avait ressenti à travers son ombre de glace. Plus précisément, il l’avait deviné en les traits d’Alidae.


- Un sortilège de restriction n’est-ce-pas ? C’est très intelligent… Dit-il en se frottant le menton, le sourire empli d’arrière-pensées.


Puis, d’un geste élégant, il fit signe à la sphère de tournoyer légèrement. Celle-ci révéla alors une très forte concentration lumineuse de couleur verdâtre, rayée par des activités électromagnétiques qui en parcourait l’intégralité. Cette tâche d’énergie révélait une déchirure récente, une explosion spatio-temporelle provoquée par une très puissante entité. Et cette entité, Van Darien s’en voulait acquisiteur.


- Dîtes-moi, mes tendres… Quelle idée d’utiliser un tel sort juste après tout ce remue-ménage… Souffla ce dernier avec mépris.


Il se tourna légèrement, fit quelques pas sur la glace dans un son de crépitements furtifs. Puis, il leva sa lame de givre. Celle-ci se mit à frissonner, provoquant un souffle glacé.

Dans les parois gelées de la pièce, une forme très imposante se mit à se mouvoir. Des bruissements parcouraient chacun de ses mouvements. Puis, à la manière d’un papillon sortant de son cocon, le corps se détacha de ce miroir de glace aux froideurs venues d’ailleurs. Il ressemblait à la première ombre mais était plus grand et prenait la forme d’une goule effrayante à la tête reptilienne. Il poussait un son rauque très désagréable à écouter. Une fumée blanchâtre s’échappait de toute la surface de son corps à semi-transparent. Il n’avait pas d’yeux mais semblait néanmoins parfaitement distinguer le monde. Il tourna la tête vers Van Darien, son maître, son créateur. Lui l’observait avec un sourire empli d’odieuses ambitions, sa chose, son objet.


- Il fait bien trop chaud en ce moment… Et si je vous invitais en ma froide demeure, Alidae Fern ? Nous aurions tant de choses à nous dire… Quant à cet Ahonora, contente-toi de lui affliger une belle morsure… Qu’il en ait l’âme congelé…



Ces mots furent prononcés dans une haine profonde, source de sa nature, de son devenir. Van Darien ne cherchait qu’à drainer la puissance de ses ennemis, de ses gêneurs. L’amitié, le lien… Ce n’étaient que de piètres mots.
Van Darien ne s’intéressait pas aux autres guerriers pour le moment. Mais il voyait en Alidae et Ahonora, leurs tuteurs. Priver les enfants de leur mère, affaiblir le feu en l’arrosant des premières pluies : voilà sa technique.
Silencieusement, il fit un léger geste de la tête à sa créature venue d’outre-monde. L’imposante ombre de givre comprit le message. Elle savait où se rendre. Elle savait sur quelles cibles abattre sa puissante morsure de glace. La privation des sensations, la contemplation d’une mort tout juste frôlée. La souffrance, rien que la souffrance.
Puis, elle s’estompa dans un souffle pétrifiant. La glace disparut, la pièce réapparaissant dans sa nature la plus proche d’une réalité calme et pondérée avant que ne sonne le tocsin d’une silencieuse menace…

----------------------


La nuit s’était installée.


Accoudé aux barrières du balcon, Yuusuke sirotait un thé aux épices destiné à apaiser son corps meurtri par son exercice contre Ahonora. Il avait encore du mal à réaliser ce qu’il avait fait. Etrangement, ses souvenirs survenus il y avait tout juste une heure étaient redevenus flous, comme s’éloignant à nouveau sur l’océan de sa mémoire. Néanmoins, le jeune homme restait confiant : il avait fait preuve de son véritable pouvoir, un don unique où le temps se fragmentait, ou la réalité se divisait en plusieurs vérités. Ce pouvoir autrement particulier le fit néanmoins frissonner de doutes : ici, il s’agissait d’un exercice. Mais devant le véritable danger, qu’en serait-il ? Allait-il pouvoir faire appel à cette force à nouveau ?

Cette pensée le fit légèrement tressaillir de peur. Puis, il se ravisa : cela n’était que perte de temps de se poser de telles questions ! Pour le moment, il devait se reposer…
Ahonora le rejoignit. Lui se délectait d’une boisson rougeâtre, sans doute un alcool fort mais sans en faire tourner la tête. Le ciel se parsemait d’étoiles toutes plus brillantes les unes que les autres. L’activité nocturne battait son plein dans le bourg.
- Comment vous portez-vous, Yuusuke ? Demanda l’Eclair noir tout en appréciant la fraîcheur du soir.
- Ca va… J’ai encore mal partout… Avoua le jeune homme en faisant tournoyer le liquide épicé dans sa tasse.
- Ce qui est tout à fait normal ! Mais laissez-moi vous faire part de mon étonnement à votre égard ! Je ne pensais pas devoir déployer davantage de force pour vous faire plier ! Vous me semblez être doté d’un don très impressionnant !
- J’en sais trop rien… Je n’arrive plus très à m’en souvenir, c’est étrange… Dit nerveusement Yuu.
- Ce genre de pouvoir latent peut provoquer de légères pertes de mémoire ! Rien de grave, soyez tranquille ! Rassura l’homme à la cicatrice faciale.



Un court silence s’installa entre les deux guerriers. Puis, Yuusuke, d’une voix baignée de mille émotions demanda lentement :

- Dîtes, Eclair noir… Pensez-vous que quelqu’un puisse convoiter le pouvoir qui a déchiré nos mondes pour sa propre personne... ?

L’Eclair noir le regarda, amusé :

- Pour sa personne ? Bien entendu !

Yuusuke parut étonné de l’évidence qui avait enveloppé sa réponse :

– Je ne serais de loin pas décontenancé d’apprendre qu’il existe des êtres infâmes qui n’ont de considération que pour le corps qu’ils possèdent et l’esprit qu’ils nourrissent de sombres convictions… Nous pourrions très bien avoir affaire à eux dans peu de temps.

- Peu de temps ? Répéta Yuusuke.
- Le pouvoir est une notion de persuasion, une entité destructrice de la morale et des principes. Qui détient la force de faire plier les peuples possède la possibilité de changer le cours de l’histoire. Une histoire souvent tâchée de sang et jonchés de cadavres.

Yuusuke frissonna d’horreur.

- C’est… C’est pour ça qu’on doit être prêt… Murmura-t-il.

Ahonora sourit paisiblement :

- Souvenez-vous bien de ceci, Yuusuke. Avant de se préparer à combattre, un guerrier doit apprendre à mourir. Prêt à frôler la mort néanmoins sans lui tendre la main. Ne vous offrez aux abîmes qu’en dernier recours. ..

Yuusuke admira silencieusement les paroles de l’Eclair noir. Il sourit légèrement, plus ou moins apaisé. Soudain, une voix féminine et affirmée. Néanmoins incommode s’éleva dans l’air :
- Maître Ahonora…
Le concerné se retourna. Il reconnut alors Neyve. La jeune femme semblait stressée, son regard rougeâtre luisant de mille inquiétudes. L’Eclair noir parut surpris du ton qu’elle avait pris. Néanmoins, il sourit :

- Vous semblez en proie à des interrogations, Neyve Raijka !

- Je voudrais faire un tour dans la citadelle… Se contenta de dire cette dernière.

Sa voix était dure. La jeune femme s’agitait un peu, comme prise par un tourment impossible à maitriser. Ahonora soupira un peu :

- Soit… Mais Yuusuke t’accompagne ! S’exclama-t-il soudainement.

Yuu qui venait juste de boire une gorgée de son thé manqua de s’étouffer, toussant bruyamment. Neyve leva un sourcil, regardant l’Eclair noir d’un air très blasé.
- Mais… mais je n’ai pas envie de… Commença-t-il en regardant l’Eclair noir avec surprise.

- D’accord… Coupa Neyve.

Elle semblait contenir son agacement avec peine mais accepta la contrainte du guerrier à la cicatrice faciale.

- Parfait ! La marche aide les esprits à retrouver leur calme ! Néanmoins, restez sur vos gardes…


Sur ces quelques mots, il prit congé des deux jeunes gens, un sourire satisfait fendant son visage fin et élégant. Yuusuke resta devant Neyve, désemparé. En réalité, il ne savait pas vraiment comment réagir devant elle. La jeune femme semblait toujours distante et avait déjà prouvé à quel point elle pouvait être cassante. Le jeune homme tenta alors de retrouver son calme. Il s’adressa prudemment à la violoniste :

- Bien… Heu… Il y a un endroit où tu souhaites te rendre en particulier ?

Un court silence s’installa. Neyve le regarda de travers. Elle ne souhaitait pas répondre, encore moins desserrer les dents. Puis, sur un ton déjà plus calme, elle répondit :

- Je veux juste me promener…





Les deux jeunes guerriers se rendirent précipitamment dans la citadelle. La folie nocturne battait son plein sur la place principale. Troubadours, bars ouverts en plein air et guirlandes lumineuses illustraient fêtes et plaisirs, sous une lune rayonnante qui sembla s’abreuver des fantasmes de minuit. Yuusuke observa le monde qui l’entoure avec une certaine curiosité. Neyve ne semblait pas vraiment s’intéresser au gens. Les nerfs à vif, elle donnait l’impression d’attendre quelque chose. Le jeune homme s’interrogea : il ne la connaissait pas très bien. Peut-être était-ce une bonne occasion de faire connaissance ?
- J’ai remarqué que tu jouais incroyablement bien du violon… Dit-il en souriant un peu, espérant créer une conversation avec la jeune femme.
Celle-ci se retourna légèrement vers lui. Elle semblait toujours aussi froide. Néanmoins, l’éducation qu’elle avait reçue, la força à répondre à la question :

- C’est mon père qui me l’a enseigné… Dit-elle simplement.

Yuusuke ne s’offusqua pas de cette simple réponse. Néanmoins, il continua :

- Est-ce qu’il t’a donné ce violon aussi ? Ca m’a l’air d’être un puissant artefact…

Neyve parut déstabilisée. Elle ne devait pas avoir l’habitude qu’on s’intéresse ainsi à elle :

- Il me l’a offert mais je n’ai pu le toucher que deux ans après sa mort… Lâcha-t-elle presque naturellement.
- Il t’aura fait un beau cadeau… ! Souffla-t-il sur un ton mélangeant excuse et sincérité.

Il ignorait que son paternel n’était plus de ce monde et devait avoir éveillé quelques souvenirs peu agréables à revisiter.

Pour la première fois, Neyve sourit. Un léger tressaillement. Mais un sourire quand même.

- Tu m’as beaucoup impressionnée avant… Tu sembles douée au combat, changea-t-elle de sujet.
- Ha… Tu sais, je ne me rappelle pas vraiment de ce qui s’est passé… Mais merci de le penser, réagit Yuusuke un peu gêné.


La foule alentour continuait ses activités nocturnes. Neyve et Yuusuke étaient sans doute les deux seuls êtres ici présent à ne pas se soucier de l’euphorie du deuxième visage du ciel.
La violoniste s’avança un peu. Elle semblait parfois se concentrer sur certains détails, tendant sans cesse l’oreille. Cette attitude attisa la curiosité du jeune homme.

- J’ai remarqué que tu restais assez souvent seule pendant les entraînements… Souleva-t-il sans arrière-pensées.

Neyve se tourna vers lui, l’œil luisant :

- Je suis très sensible aux sons… M’isoler un peu me permet de mieux me concentrer…
Yuusuke crut alors comprendre quelque chose : l’attitude si froide de la jeune femme ne s’apparentait-elle pas à un besoin constant de se calquer sur les bruits du monde pour tenter de le comprendre ? Elle ne devait plus avoir l’habitude d’approcher les gens. Avait-elle seulement appris ?

- Ca te dit qu’on s’entraîne ensemble ces prochains jours ? Ha, je serai silencieux, pas de souci… ! Demanda Yuusuke, sourire aux lèvres, son regard marron se parant d’une lumière consciencieuse.

Neyve parut intéressée. Bien qu’elle se veuille plutôt rigide et directe, sentir que l’on souhaitait sa présence rendait la violoniste déjà plus sociable avec autrui.

Mais la jeune femme ne donna pas sa réponse. Pas par une quelconque méfiance, non. Un son l’avait interpellé. Le même que tout à l’heure, celui qui l’avait plongé dans un étrange stress. Il s’agissait d’un bruissement de givre aux notes graves, un crissement qui vous gelait l’ouïe et se faisait une joie de vous faire perdre la raison. Neyve secoua légèrement la tête, sa main posée contre une de ses oreilles. Yuusuke s’étonna de cette attitude alarmiste. Il sentit immédiatement que la jeune femme avait entendu quelque chose d’inquiétant :

- Qu’est ce qui se passe ? Murmura-t-il, comme si le simple fait que des personnes l’écoutent soit tout à fait inacceptable.

- Je ne sais pas ce que c’est… Mais je l’entends depuis tout à l’heure… Comme si l’on écrasait des cristaux de glace… Souffla-t-elle sur un ton étrangement épuisée.

- De la glace ? Fit soudainement Yuusuke.

Les deux jeunes guerriers se regardèrent. L’un comme l’autre se souvinrent très nettement de l’ombre de glace qui avait attaqué la troupe et congelé « le muet ». Était-il possible à ce qu’elle revienne ? Et quelle serait sa prochaine cible ?
Neyve se sentit soudainement pâlir, prise d’un frisson d’effroi. Le regard écarquillé, elle fixait un point imposant au-dessus de l’épaule du jeune Yuusuke. Quelque chose d’énorme. Sa respiration se para alors d’un nuage blanchâtre et gelé. Elle passa très lentement ses mains derrière son dos pour y attraper son violon ensorcelée accroché à l’aide de lanières de cuir. Yuusuke se sentit aussi happer par un froid mordant qui lui entra dans la peau. Voyant la réaction de la jeune femme, il n’eut aucun mal à deviner ce qu’elle avait vu. Le jeune homme se retourna lentement.


Puis, ce fut le choc.


Au loin, planant au-dessus des toits, une espèce de goule à tête reptilienne à semi-transparente, un nuage de givre dansant autour de lui. Il était loin et ne sembla pas s’intéresser aux deux jeunes guerriers. Mais la puissance glacée qui émanait de lui parvint pourtant à Yuu et Neyve.
Le jeune homme resta interdit, le souffle coupé.



- Cette chose… Parvint à dire ce dernier.

La goule de glace avançait lentement. Personne sur la place principale ne semblait avoir détecté sa présence. Comme si l’ombre ne se révélait qu’à certaines âmes.
En observant la direction que prenait la créature de givre, Neyve sursauta intérieurement :

- Elle… Elle va droit sur…

- Le manoir… Termina Yuusuke, le regard devenu livide d’effroi.



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Message Posté le: Sam 23 Fév - 11:08 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 10- Quelques pas dans l'ombre.

Les deux individus observèrent avec panique la créature maléfique qui se dirigeait vers le manoir, d'une vitesse grandissante. Yuusuke semblait coupé de tous mouvements face à cette goule de glace. Soudain, Neyve agrippa le bras droit de celui-ci et le tira d'une force à peine concevable de la part d'une jeune fille de sa carrure. Il se laissa trainer sur quelques mètres avant de se rendre compte réellement de ce qui était en train de lui arriver. C'est alors qu'il se mit à courir à ses côtés, sans suivre de direction apparente hormis celle qu'empruntait le jeune violoniste. Le froid que dégageait la monstrueuse créature de glace se faisait déjà sentir dans le couloir où courraient les deux amis. Yuusuke se rendit vite compte que l'air qu'il expirait se transformait aussitôt en buée. Ses doigts étaient désormais givrés et il se demandait si Neyve était dans la même situation. Celle-ci se retourna vers Yuusuke, son visage exprimait un sentiment de crainte et d'angoisse; cependant elle se décrispa pour lui dire enfin :
" Il faut absolument prévenir les autres...
- Oui, je pense qu'en ce qui concerne Ahonora et Alidae, ils doivent déjà êtres au courant de sa présence."
Ils poursuivaient leur chemin et atteignirent enfin, à bout de souffle la salle principale. La respiration haletante, ils observèrent avec effroi que la salle était vide de tout être vivant. Elle s'avança lentement, et continua sa course dans les autres couloirs qui menaient aux chambres. Yuusuke suivait tant bien que mal les pas de la jeune fille. Elle s'apercevait chambre après chambre qu'elles étaient toutes vides les unes autant que les autres. Arrivée en fin de couloir, elle se laissa choir à terre et cacha les traits de son visage par quelques mèches de cheveux. Yuusuke, qui d'ordinaire se serait posé toutes les questions et hypothèses pouvant être émise pour savoir s'il fallait lui parler ou non, rejoignit naturellement Neyve et lui posa une main sur l'épaule. Il ne l'avait jamais vu dans cet état. La venue de ce monstre la terrifierait-elle autant ? Il osa lui demander, malgré la distance qui diminuait chaque minute entre la créature et eux mêmes.
" Neyve... Neyve, ressaisis-toi... Ils ne sont sûrement pas loin.
- Nous ne parviendrons pas à combattre ce monstre...
- Mais pourquoi donc? Je ne te reconnais pas... Toi qui d'habitude a l'air si déterminée...
- Je... Je ne suis d'aucune utilité dans cette bataille...
- Nous avons déjà battu le colosse de pierre, et grâce à toi et à ton violon... Pourquoi tu...
- Justement ! Coupa-t-elle, justement... Tu ressens ce froid Yuusuke ?
- ... Qui pourrait ne pas la sentir ? Demanda celui-ci interloqué.
- Je ne peux jouer du violon sous une telle température. Les cordes risquent de se couper... Et mes doigts... Mes doigts...
- Neyve... C'est la panique qui t’engourdit l'esprit... Ne penses-tu pas que si ton violon a la capacité d'envoyer des ondes et d'arrêter un colosse, il a aussi la particularité de ne jamais se briser ? Je ne pense pas qu'il s'agisse d'un simple violon acheté chez un instrumentaliste quelconque. Viens. Dit-il, soulevant la jeune fille par le bras, reprends confiance, nous allons trouver les autres. Ahonora et Alidae ont sûrement dû sentir la présence de ce monstre et ont dû quitter le manoir avec les autres. Ils sont sûrement à notre recherche."
Neyve crut voir un instant un autre homme. Les paroles de Yuusuke l’avaient réconforté. Elle ne se reconnut pas non plus, elle qui avait tant l'habitude de rejeter les conseils et les rapports avec les gens, voilà qu'elle se laissait entrainer par un garçon qu'elle ne connaissait même pas. Yuusuke sortit du manoir par la grande porte principale. La lumière de la lune les éclairait assez pour qu'ils puissent encore reconnaître les formes. Ils étaient essouflés, la course infernale quelques minutes auparavant semblait les avoir neutralisé de toute énergie. Neyve finit par trébucher et s'écrasa violemment à terre. Yuusuke eut à peine le temps de se retourner qu'il vit avec horreur, la créature de glace reptilienne se tenir sur le pic du manoir. Celle-ci se projeta sur le sol, déversant tout son poids sur les pavés qui criaient au supplice. Elle laissa s'échapper au même moment de grosses fumées imposantes qui révélèrent un froid polaire. Yuusuke vacilla et tomba à son tour aux côtés de la jeune fille. Neyve avait d'or et déjà sorti son violon et menaçait du mieux qu'elle pouvait l'être terrifiant. Yuusuke se demandait quand son pouvoir tant efficace allait réapparaître, aucun signe d'une quelconque magie ne s'offrait à lui. Peut être n'était-il pas assez proche du danger ? Peut être que cette faculté extraordinaire referait surface dès une approche plus menaçante. C'est en suivant cette pensée qu'il se mit à courir en direction du monstre. Neyve se releva et tenta de le rattraper mais elle fut médusée par la carrure imposante du danger. Yuusuke serrait ses poings et était convaincu que ses facultés allaient émerger. Le monstre frôla le visage de Yuusuke par le bout de sa tête reptilienne. Yuu ne sentait plus son sang circuler. L'incertitude gagna son esprit, mais sa détermination croissante prit le dessus et dans un ultime acte de courage, il osa frapper à pleine puissance le monstre. Celui-ci ne ressenti qu'un picoti délicat mais cela suffit à le rendre nerveux. Il déposa sa force sur l'épaule du jeune garçon dans une frappe latérale. La pauvre victime s'échoua quelques mètres plus loin sous les cris de Neyve qui se retrouvait alors seule face au danger. Yuusuke fut battu rapidement, sans aucune trace apparente de magies, ses pouvoirs ne s'étaient pas manifestés. Neyve criait sans cesse le nom de son compagnon de bataille et en remarquant avec désarroi qu'il ne réagissait plus, elle se décida à jouer des sonates qui malgré leurs doux sons produisaient des ondes aux effets destructeurs. Toutefois, le reptile ne subissait aucun dégât faces aux attaques répétitives de la jeune fille. Elle se semblait perdue et criait le nom d'Ahonora et Alidae qui avaient l'air d'avoir disparu de la surface du globe. Elle jouait des mélodies de plus en plus puissantes mais le monstre s'approchait pas après pas de Neyve jusqu'à se trouver comme pour Yuusuke, nez à nez. Un cri retenti. Une corde se brisa.

"Neyve !"

"Neyve !"

La jeune violoniste crut entendre son nom résonner dans sa tête de nombreuses fois. Elle ouvrit les yeux l'un après l'autre espérant reconnaître une silhouète. Seul le noir absolu apparut cependant. Elle se leva violemment et heurta un objet assez dur, elle entendit un léger cri au même instant. C'était la voix de Yuusuke. Elle l'avait reconnut. Mais qu'à sa voix, car le seul décor qui s'offrait à elle n'était que le noir ne laissant s'échapper aucune source de lumière. Elle tourna de nombreuses fois la tête et se focalisa sur une direction où elle pouvait sentir le souffle chaud de son compagnon.
" C'est bien toi Yuu ? Demanda-t-elle d'une voix un peu paniquée.
- Neyve ? C'est toi ? Ajouta-t-il alors à son tour.
- Oui... Où?... Où sommes nous ? Et toi ? Ca va ? Tu ne répondais plus tout à l'heure...
- Je ne sais pas où nous sommes, j'ai perdu connaissance après le combat avec le monstre... Enfin... Si nous pouvons appeler ça un combat.
- Ce n'est pas le moment de se dévaloriser, personne aurait pu battre ce monstre, si ce n'est Ahonora ou Alidae...
- C'est vrai ça... Où sont-ils au fait ? Et Où sommes nous ?
- C'est justement la question que je te posais...
- Il faudrait que nous allions les chercher.
- Mais on n'y voit rien... Ce noir absolu... Je me sens aveugle.
- En tout cas, nous ne sommes plus dans le manoir... Nous devrions essayer de trouver une sortie.
- Une sortie ? En tatonnant le sol ?
- Tiens ma main, il ne faut pas perdre contact si nous ne voulons pas êtres séparés."
Neyve aggripa la main de Yuusuke fermement, ce nouvel environnement plus que lugubre annihilait toutes leurs forces, d'autant plus qu'ils n'y voyaient rien. Ils marchèrent sans réellement savoir où cela pourrait les mener, ils tombèrent mainte fois mais continuèrent leur route coute que coute. Ils entendirent soudain un cri. L'écho retentit et un frison malsain traversé le corps des deux amis. Neyve déglutit et s'approcha davantage de Yuusuke qui fit de même. Cependant, après avoir entendu le même yèlement de nombreuses fois, Yuusuke proposa à Neyve :
" Dis moi Neyve... Ca ne te rappelle pas la voix de...
- De Galéos... Oui... Que lui arrive-t-il ?
- Je ne pourrais te dire... Il faut continuer la route... Essayer de le rejoindre...
- Il a l'air de souffrir..."
Soudain, les cris céssèrent, laissant un silence insoutenable s'installer dans l'atmosphère de Neyve et Yuu. Quelque chose vint frôler la fine jambe de Neyve qui hurla aussitôt de terreur.
" Quoi ? Qu'est ce qui se passe ?! Demanda Yuusuke avec effroi.
- Quelque chose... Quelque chose vient de me frôler la jambe... C'était glacial...
- Le monstre ?
- Non... Je ne crois pas... S'il était présent, nous aurions beaucoup plus froid encore...
- Mais au fait... Où est ton violon Neyve ?
- Oh mon dieu ! Laissa-t-elle échapper de ses cordes vocales, mon violon... Oh non... Pas ça..."
Elle émit de petits cris plaintifs de sa voix, comme si un être démoniaque allait lui sauter dessus d'une minute à l'autre. Un autre frôlement se fit sentir. Soudain, une force vigoureuse empoigna la cheville de Neyve qui laissa résonner un cri d'agonie. Ils courrurent tant qu'ils purent pour échapper à la chose indescriptible qui l'avait aggripée. Ils trébuchèrent quatre fois mais cela ne les empêcha pas de se relever à une vitesse grand V et poursuivre la course. Ils s'arrêtèrent dans une ultime chute où Neyve se mis à pleurer timidement. Le décor ténébreux et la panique qu'émanait ce monde terrifiant fit perdre tous les moyens à la jeune fille. Elle sentit néanmoins la main de Yuusuke se déposer lentement sur sa joue, un geste simple mais présentant à cet instant précis un réel réconfort. Ils décidèrent de ne plus bouger pendant un temps; cependant, des bruits de pas résonnèrent. Accablés par la peur, les deux jeunes compagnons n'osaient même pas croire qu'il pourrait s'agir de leurs amis et se mirent alors à trembler. Les bruits de pas s'intensifièrent; au même moment, les jeunes rampaient à reculon, tirant tant bien que mal l'arrière de leur corps par la seule force de leurs bras. Ils gémirent bien plus fort encore, comme si leur vie allait être ôté d'une minute à l'autre. Soudain, une voix s'éleva dans les airs :
" ATTENTION ! "

Il ne s'agissait pas d'une voix monstrueuse ni d'un râlement indescriptible, il s'agissait d'une voix sincère surlaquelle on pouvait donner toute sa confiance. Yuusuke retint Neyve et se retourna, il s'attendit à voir un visage mais la caverne obscur où il se trouvait ne lui permettait pas de discerner un quelconque trait du visage de l'interlocuteur. Il demanda alors d'une voix hésitante :
"Qui êtes vous ? "
Celui-ci ne daigna pas donner une réponse immédiate. Les deux jeunes crurent entendre des petits bruits qui les fit concevoir que l'homme fouillait dans un quelconque sac. Puis, ils entendirent un marmonement incompréhensible et enfin ils virent une minuscule bille de lumière se former dans l'espace, cette minuscule source de lumière s'aggrandit, ils purent discerner les mains de leur interlocuteur et au même moment le pot en verre qu'il tenait de la main droite. La boule lumineuse entra dans le pot d'une extrême lenteur et finit par exploser en mille morceau. Cet artifice créa alors une lumière suffisante pour qu'ils puissent appercevoir le visage de l'homme en question. Les deux compagnons reconnurent directement de qui il s'aggissait mais ne purent mettre un nom à ce visage. Il s'agissait de l'homme qui avait surgit lors du combat avec le colosse de pierre. Il finit par répondre d'une voix très calme, reflétant bien un caractère typique de son peuple, les Sheikah.
" Je me nomme Drajna Dogva.
- Pardon? Dirent alors les deux amis simultanément.
- Appelez moi Dogva...
- Dogva... Où?.. Où sommes nous ici ?
- Parlez donc moins fort... Vous allez attirer les serpents de Graam.
- Les quoi ?
- Les serpents de Graam sont connus pour sucer le sang jusqu'à la mort des malheureux qui s'aventurent dans ce genre de contrée.
- C'est cela qui m'a frôlé tout à l'heure ?
- Non... Ce qui vous a frôlé était quelque chose de mille fois plus terrifiant. Nous ne nous trouvons pas dans le monde des ombres habituel.
- Dans le monde des ombres ?!
- Oui... Il ne faut pas avoir peur des ombres... Heu...
- Yuusuke... Et voici Neyve.
- Merci... Je ne suis pas sûre de la réelle nature de ce monde, mais il est certain que c'est une faille temporelle du réel monde des ombres. Et cela ne peut être crée que par un homme...
- Qui ?"
Dogva se tut et observa les deux jeunes qui semblaient morts d'inquiétudes. Il les releva d'un geste très délicat et avança sans les prévenir. Ils suivirent le bocal lumineux car de loin, il s'agissait du seul élément qu'ils pouvaient voir. Neyve osa s'approcher du bocal et vit pour son plus grand appaisement et réconfort que la source de lumière était produite par de toutes petites fées qui tournoyaient dans tous les sens. Une des petites créatures se plaqua contre le bocal et salua Neyve d'un geste de la main. Un sourire s'afficha sur le visage de celle-ci. Dogva observa la scène du coin de l'oeil et sourit du coin de la bouche.
" Vous aimez les fées mademoiselle Neyve ?
- Oh... Juste de la curiosité...
- Vous ne devriez pas dire cela, vous allez les vexer.
- Les vexer ?
- Ces magnifiques petites fées adorent le contact, bien que nous puissions concevoir ce bocal comme une prison, il s'agit d'une maison chaleureuse pour celles-ci. Elles aiment rester côtes à côtes et s'endormir en se tenant les mains. Jouer en tournoyant dans tous les sens. Plus vous leur témoignerez de votre amour et plus elles scintilleront de mille feux. Cependant, il est préférable de ne pas trop les agiter car une trop grande source de lumière dans un endroit aussi sombre ne peut être qu'un danger."
Neyve salua alors la petite fée qui finit par embrasser la vitre du bocal pour lui adresser toute son affection. Neyve en rougit immédiatement. Dogva s'arrêta net et se retourna quelques fois.
" J'oubliais... Et vos amis ?
- Nous les cherchons justement..
- Vous êtes donc arrivés les derniers dans ce monde ?
- Je crains que oui.
- Ils doivent se situer dans un autre étage.
- Un autre étage ? Parce qu'il y a des étages ?
- Oui. Tout à l'heure quand vous rampiez, vous avez failli dégringoler des escaliers.
- Comment avez vous pu voir cela ?
- Je suis un Sheikah, mon peuple a des facultés dans ce genre d'environnement que vous autres n'avez point.
- Tout à l'heure, nous avons cru entendre le cri de Galéos... Vous ne l'auriez pas vu par hasard ?
- Non... Malheureusement... Restez ici quelques temps, ne bougez surtout pas... Je vais inspecter les autres salles, je vous laisse les petites mignonnes, parlez-leur, qu'elles ne s'endorment pas..."
Yuusuke voulut lui crier d'attendre mais à peine avait-il donné ses consignes qu'il s'était immergé dans le sol comme s'il ne faisait alors plus qu'un avec l'ombre. Neyve plaqua son oreille sur le sol mais elle n'entendit aucun son.
" Nous ferions mieux d'attendre tranquillement... Sinon nous risquons de le perdre et c'est la seule personne en qui nous pouvons avoir confiance à ce moment précis.
- Je suis d'accord, en plus, ces fées semblent bien aimables..."
Les fées, toutes guidées par une grande curiosités s'étaient plaqués contre le bocal et remuaient leurs ailes avec beaucoup d'enthousiasme. Un sentiment de soulagement enveloppa les deux amis.

--------------------------

" Dix, neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, trois, deux..."
Une voix démoniaque se fit entendre. Alidae se tenait sur un trône givrée par la glace. Ses membres étaient congelés et l'air qu'elle expirait n'était que vapeur glacée. Elle ouvrit les yeux avec beaucoup de difficulté et leva figa sa tête qui jusque là vacillait. Elle fut alors nez à nez avec un homme qui lui était fortement familier, trop même. Elle voulut se dresser mais ses bras étaient emprisonnés dans un bloc de glace. L'hôte recula de quelques pas, et savourant un thé noir parfumé au caramel observa la jeune femme se débattre dans tous les sens.
" Je te connaissais plus corriace ma chère... A l'époque tu pouvais facilement te lever en deux secondes après le choc que tu as subi." Il déglutit lentement.
Il entreprit une marche lente et fatiguante à la vue autour de sa longue table où un plat de viande aux attraits succulents étaient préparés. Il ne se priva pas d'un petit morceau qu'il fit d'abord tournoyer dans les airs de nombreuses fois avant de l'avaler. L'accumulation de ces simples gestes suffirent à mettre la jeune mage en rage.
" Van Darien... Murmura-t-elle.
- Oh ! Enfin tu te décides à parler... Dit alors celui-ci, satisfait.
- C'était donc toi...
- Mais tu le savais Alidae... Tu le savais d'avance. Tu as toujours tout prédit, n'est ce pas ?
- Evites-moi ces paroles vides de sens...
- Mais dis moi Alidae, étais-tu au courrant de ce qui allait se produire à tes amis ? Continua celui-ci, niant les propos de la jeune mage."
Elle se retourna de nombreuses fois et ne vit que la salle était exempt de toute autre personne. Une légère panique l'envahit et cria :
" QUE LEUR AS-TU FAIS ?!"


---------------------------

Yuusuke et Neyve ricannaient très doucement aux côtés des petites fées qui racontaient les unes après les autres toutes les farces qu'elles s'étaient faites entre elles. Soudain, Dogva revint du fin fond de la salle. Aux bruits des pas ils comprirent directement qu'il était accompagné d'un autre individu. Ils brandirent le bocal lumineux et découvrirent avec joie la silhouète de Galéos. Ils sautèrent sur celui-ci en exprimant toute la joie qu'ils éprouvaient car pour eux, il s'agissait d'un réell soulagement que de voir un membre de leur groupe. Dogva profita de ce petit intermède pour demander aux fées comment s'était déroulée sa courte absence; la réponse ne fut que positive. Il se retourna subitement et s'adressant aux deux amis, dit :
" Je n'ai trouvé que Galéos. Je n'ai malheureusement pas trouvé les autres... Il semblerait qu'ils se sont retrouvés dans un espace où mêmes mes yeux ne peuvent discerner des formes.
- Mais comment allons nous les retrouver dans ce cas ?
- ... Quelque chose nous sépare... Le monde des ombres cache toujours des énigmes qui peuvent prendre un certain temps à résoudre...
- Dogva... Si cela peut t'aider... Nous avons été projeté dans ce monde juste après avoir combattu avec un monstre de glace...
- Van Darien... Murmura Dogva.
- Comment ?
- Il nous faut trouver vos amis... Suivez moi... Coupa-t-il alors, je pense que la meilleure chose à faire est de visiter tous les étages... Nous partirons du haut..."
C'est ainsi que Dogva se retrouvit à la tête du groupe des trois amis. Galéos était très heureux de voir que les deux autres membres du groupe lui avait témoigné de l'affection. Il eut la légère impression qu'il n'était pas aussi inutile qu'il prétendait l'être. Ils marchèrent ainsi pendant quelques heures, sans s'arrêter. Soudain, Yuusuke crut entrevoir une source de lumière bleue cristaline au fond du couloir où il se trouvait. Il laissa échapper de sa voix un petit cri où on pouvait discerner ces mots :
" DE LA LUMIERE !"
Il courrut avec beaucoup d'énergie en direction de cette source. Neyve et Galéos le suivit aussitôt, passant tous les trois devant le guide des ombres. Dogva observa plus attentivement la lumière et vit le visage paniqué des fées. Il eut comme un moment de lucidité et hurla :
" ATTENDEZ ! NE TOUCHEZ PAS CETTE LUMIERE !"


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Message Posté le: Sam 2 Mar - 23:47 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 11 : Alliance au cœur des ténèbres


Voyant avec quelle force Alidae avait poussé un tel cri, Van Darien ne put se retenir de rire.

« C’est bien là, l’Alidae que je connais. » Fit-il, affichant un sourire sadique.
« Que leur as-tu fais ? » Répéta la mage, le regard empli de colère, foudroyant le coupable de cette machination.
Darien prit tranquillement le temps de boire une gorgée de son thé.
« REPONDS ! » Hurla-t-elle ensuite.

Van Darien commença à entamer une nouvelle marche lente, le bruit de chacun de ses pas sur le sol éveillant de plus en plus la colère de la jeune mage.
N’en pouvant plus, elle commença à se débattre désespérément, comme si il lui était possible de briser la glace qui la maintenant prisonnière. Seulement après quelques instants, Van Darien décida d’apporter une maigre réponse à la question d’Alidae.

« Tes amis ne sont pas morts. »
Il savoura une autre gorgée de son thé. Alidae, elle, cessa un instant de se débattre.
« Ils sont tous en vie, en un seul morceau. A eux de le rester. » Dit-il en affichant de nouveau son sourire diabolique.
« De le rester ? Où les as-tu emmenés ? » Demanda l’élémentaliste, toujours appeurée.
« Je les ais emmené dans le monde des ombres afin qu’ils n’interviennent pas dans notre conversation. » Il but de nouveau. Il ne regardait même pas Alidae.
« Le monde des ombres ? Espèce d’ord- »
« Ce petit groupe que tu guides est bien étrange. Je n’ai jamais rien vu de tel que ce Galeos… » Coupa Darien. « Les autres ne sont pas hyliens. A mes yeux, c’est évident qu’ils ne viennent pas d’Hyrule. Me tromperais-je, Alidae ? »

Celle-ci ne dit pas un mot. Darien savait déjà à propos des membres du groupe. Cela voulait dire qu’il était au courant de l’existence d’autres mondes. Très mauvaise nouvelle.

….

Hasegawa stoppa net son élan.

« On l’a échappé belle. Quand les fées paniquent, c’est qu’il y a une bonne raison. »

Malgré tout, dans la lumière, des fissurent se firent apercevoir.
« Yuusuke, tiens le bocal. » ordonna Dogva.

Un étrange lézard lumineux bipède armé de griffes acérées sorti de la source lumineuse à présent brisée sur le dessus.

« Ecartez vous ! » Cria le guerrier des ombres.

Les trois amis reculèrent tandis que le sheikah s’apprêtait à réceptionner le monstre. Mais il en fut autrement. Alors que Dogva allait lui administrer le premier coup, la bête se décala et fonça droit vers les trois autres. Son regard foudroyait Galeos. Alors que l’une de ses griffes allait s’abattre sur lui, Neyve, Yuusuke ainsi que Galeos lui-même plongèrent sur le côté, se séparant.

Alors que l’être aquatique se releva, le lézard lui administra un second coup de griffe. Voyant la mort s’abattre droit sur lui, il joua pour la première fois sur sa petite taille, se baissant pour éviter l’attaque. Les griffes acérées lui passèrent au dessus, frôlant sa capuche. Mais que pouvait-il faire ? Il savait qu’il ne connaissait pas de techniques de combat, qu’il était petit et faible physiquement.

Sans attendre, la créature frappa à nouveau. Galeos plongea alors une seconde fois pour éviter ce coup, mais les griffes lui lacérèrent l’épaule droite ainsi qu’une partie du dos.
Il hurla de douleur, et fut paniqué par l’arrivée du monstre, qui s’apprêtait à frapper de nouveau. L’habitant d’Hydralia était malheureusement à terre. Mais c’était sans compter sur le fait que le monstre était à présent dos à Dogva.

« Galeos !!! » Cria Yuusuke, inquiet à propos du sort de son ami.
Neyve, elle, se contentait de reculer, sans rien dire. Elle était plutôt rassurée de savoir que ce n’était pas elle qui avait reçu ce coup. Elle n’aurait pas aimé être à la place de Galeos.

Le sheikah, lui, chargea droit vers le monstre, qui se retourna, et fit de nouveau danser ses rasoirs mortels en direction du guerrier de l’ombre.
Faisant preuves de grands réflexes, Dogva bondit au dessus de son adversaire dans un élégant saut périlleux avant, puis retomba de nouveau derrière le monstre. Il rentra sa dague une première fois dans le dos du lézard, puis la retira. Ce dernier poussa un cri de douleur, puis refrappa de nouveau en se retournant. Visiblement, il en fallait plus, pour terrasser cette créature.
Cette fois, Dogva se baissa, puis ficha avec une impressionnante vélocité sa lame à plusieurs reprises dans la poitrine du monstre, qui déstabilisé par les coups, ne pouvait plus que se laisser faire. Pour finir, un dernier coup perça le crâne du monstre et il s’écroula, puis disparu dans une fumée noire et bleutée.

La menace écartée, tous s’agglutinèrent alors autour de Galeos, qui se tenait l’épaule.
Son sang coulait, de couleur identique à celui des êtres humains, tachant ses vêtements sombres.
A la vue de ses camarades inquiets, la créature des océans ne put s’empêcher de s’interroger. Depuis ces derniers temps, malgré sa faible et fragile apparence, certains s’attachaient peu à peu à lui. Et cela lui faisait chaud au cœur. Un sourire se dessina alors sur son visage, lui donnant des traits harmonieux que même la douleur ne pouvait souiller.

Il tenta de se relever, mais fut interrompu par le sheikah.
« Ne bouge pas. Les fées te soigneront. » Annonça-t-il.
Yuusuke donna alors le bocal à Dogva, qui laissa les fées sortir. Elles tournèrent autour de Galeos et ses blessures se refermèrent. Il ressentit alors un profond soulagement à mesure que la douleur s’atténuait.

Puis, quelque chose fit peur aux petites fées. Les vêtements de l’être aquatique se reformèrent aussi, émanant alors une sombre énergie.

« Qu’est-ce que… ? » Remarqua le sheikah. « De quoi s’agit-il, Galeos ? »

L’intéressé se releva.
« D’une malédiction. » Répondit-il. Il ne pouvait plus le cacher désormais. Que cela fasse peur ou non, une autre menace était en liberté. « Avant d’arriver ici, j’ai été maudit par un autre habitant de mon monde. Celui-ci, aquatique également, avait découvert un étrange pouvoir et il était avide de domination. Quand l’évènement est arrivé, nous avons tous les deux été emportés. Heureusement, il n’était pas avec nous. J’en déduis donc qu’il doit être loin. Inutile de s’en soucier pour le moment. Nous avons d’autres soucis à régler.»

« Très bien. Comment vont tes blessures ? » Demanda Dogva.
« Tout va bien. Merci. »

Yuusuke soupira de soulagement lorsqu’il vit que Galeos allait mieux.

« Bien. Pour en revenir à notre situation, il y a une chose dont nous pouvons être surs. » Annonça Dogva.
« Laquelle ? » Questionna Yuusuke.
« Alidae n’est pas dans le monde des ombres. »
« Comment le savez-vous ? »
« Vous vous souvenez qu’elle a limité nos puissances respectives n’est-ce pas ? »

Tous acquiescèrent.

« Bien. Ici, je me suis battu avec une force supérieure que celle que j’avais pu déployer lors du combat contre le géant de pierre. Je n’ai pas ressenti de limites. C’est pour cela que j’ai pu venir à bout de cette créature plus facilement. Par conséquent, si sa limitation de puissance n’opère pas, c’est qu’elle est ailleurs. Espérons qu’elle a eu plus de chance que nous. » Fit Dogva. « Sur ce, nous devons continuer. Restons groupés, et faîtes attention aux petites. S’il y a un danger, écartez vous. Je suis le seul encore à même de combattre.»

Le petit groupe acquiesça de nouveau et il se remit en marche à la recherche du reste de leurs compagnons, accompagné par le sheikah et les petites fées.

….

Assise sur le trône de glace, Alidae était inquiète à propos du sort de ses amis, ainsi que des sombres intentions de Van Darien. Elle frissonnait, le froid dévorant son énergie.

« Un évènement étrange survient lié à un puissant artefact survient. Des gens venus d’endroits… de mondes… hors de celui que nous connaissons apparaissent. Ils sont liés n’est-ce pas ? Inutile de répondre. A ton regard je vois déjà que j’ai raison. » Fit l’homme maléfique.

Un sourire de satisfaction d’afficha sur le visage de Van Darien.

« Ainsi il existe d’autres mondes. Fascinant. »

Il sirota une nouvelle gorgée de son thé.

« Si l’on met chaque élément bout à bout, j’en déduis que l’artefact est la cause de leur venue dans notre monde. Quand à toi, tu les guides pour leur permettre de retourner chez eux n’est-ce pas ? Comme c’est touchant. Mais savez vous que vous aurez besoin d’une carte pour retrouver cet artefact ? » Questionna Darien.

« Je vois que ça ne t’a pas échappé… » Fit Alidae sans grande surprise.
« Vous le savez tout aussi bien que moi je vois. J’ai été mit au courant il y a de cela un bout de temps qu’un des fragments de situait dans un temple au domaine Zora. »

Darien savait tout, ce qui angoissait Alidae, bien qu’elle ne fût pas surprise.

« Une minute… Si tu étais au courant de ce fragment, pourquoi tu n’y es pas encore allé ? » Questionna Alidae.

« Ah… C’est là que c’est intéressant… » Fit Darien. « Les dangers de ce temple sont colossaux. Votre pitoyable petite troupe n’a aucune chance de s’en sortir là bas. Vous avez besoin de moi et de ma puissance. »

« Tu ne peux toi-même pas passer ce temple tout seul. » Comprit Alidae en souriant.

Darien renforça l’étreinte de la glace qui recouvrait les bras de l’élémentaliste afin de lui retirer ce sourire qui l’insupportait. Le froid mordait de plus belle la jeune femme, dont le visage affichait à présent une expression de douleur.
Suite à cela, il termina son thé, puis, sans accorder le moindre regard à la mage, s’exprima :

« C’est toi qui voit Alidae. Soit tu acceptes mes consignes, et nous nous rendons tous au domaine zora… Soit ta petite compagnie reste piégée à tout jamais dans ce monde, sans aucun espoir de retour… Ce serait un bien triste dénouement n’est-ce pas ? »

Alidae nageait en plein cauchemar. Van Darien avait raison… Son seul espoir était de coopérer avec lui, et l’admettre fut une horreur pour elle. Ce type était une horreur à lui tout seul. Et pourtant, tout le groupe avait besoin de son aide…
Un jour, Van Darien regrettera ses actes, elle s’en fit la promesse, intérieurement.

« Qu’en est-il des autres membres du groupe ? » Questionna-t-elle, méfiante.
« Ahonora… Il a du déjà mettre la main sur la sphère de sortie dissimulée dans le monde des ombres. C’est l’une des lumières que l’on trouve à l’intérieur. Soit elles se brisent et libèrent un monstre, soit c’est celle qui peut faire sortir tout le monde de là. Il doit être en train de chercher les autres pour tous les ramener. Une chance pour eux, la perle émet de la lumière, ils sauront s’y repérer. Il leur reste juste à trouver le reste du groupe. » Répondit Darien.

Il brisa par la suite les chaînes de glace d’Alidae, qui put enfin se lever.
« Un peu de thé, Alidae ? »
« Je ne veux pas de ta boisson empoisonnée. »

Il éclata de rire pendant un instant.
« Tant pis. »



Ahonora et les autres membres du groupe, excepté Neyve, Yuusuke et Galeos, parcouraient le monde des ombres à la recherche de leurs compagnons.

Par chance, étant plus nombreux, les diverses créatures leur posèrent moins de problèmes. Les coups d’Horacio étaient rapides et puissants. Ariste y allait à sa manière, frappant lui aussi avec force. La haute maîtrise des techniques d’épée d’Ahonora ainsi que son style si particulier lui valu de terrasser tous ceux qui se mettaient en travers de la route du groupe.

Chacun d’eux s’était jusqu’alors battu avec une force insoupçonnée et pourtant familière.

Alors qu’ils continuaient leur chemin, ils virent une autre lumière leur faire face.

« La lumière n’a jamais été une si mauvaise compagne… » Remarqua Ahonora. « Mettez vous en position de combat, il se peut que nous remettions cela d’un instant à l’autre. »
« Ça tombe bien, je me referai bien une ou deux de ces fichues bestioles. » Ajouta Horacio, qui semblait avoir prit goût à la force dont il avait fait preuve. Il frappa son poing contre son autre main et se mit en position. Ariste fit de même. L’éclair noir, lui, avait dégainé l’une de ses épées et était prêt à combattre. Lillule, le muet et Alvis restèrent derrière.




Dogva, Neyve, Hasegawa et Galeos entendirent des voix qu’ils semblaient connaître.
« Vous n’allez surement pas me croire mais je crois que ces voix sont celles d’Ahonora et d’Horacio… » Remarqua Yuusuke.
« N’avancez pas trop vite… Il se peut que nous nous trompions. Les ombres masquent souvent la vérité. » Fit Dogva, méfiant.
« Je vais voir. » Déclara Galeos, en avançant vers la source de lumière qui leur faisait face.
« Galeos, attends ! » Ordonna Dogva. « Ne sois pas imprudent ! »
« Si je peux me rendre un tant soit peu utile, pour une fois… Au moins on sera fixé. »
« Pour une fois ? Inutile d’être aussi dur avec toi-même enfin. » Affirma Yuusuke avec un sourire rassurant.
Puis l’être des eaux cria :
« Ahonora ?! Horacio ?! »


« Oh, mais c’est ce cher Galeos ! » S’exclama Sideis. Tout le monde se relâcha. « Tu es tout seul ? »
« Non, je suis avec Neyve, Yuusuke, et un certain Dogva. »
« Dogva ? Oh, je vois. Nous vous devons une fière chandelle pour l’aide ainsi apportée à notre petite compagnie. De notre côté, nous sommes en possession d’une sphère lumineuse qui pourrait nous sortir de là. Vous en avez déjà vu, des comme ça ? »
« Oui » Répondit Dogva. « Mais elle s’est brisée et a fait sortir un monstre. »
« De même pour nous, mais celle-ci est restée intacte. J’en déduis que nous sommes tombés dans une sorte d’énigme et que cette sphère là est la clé pour sortir. » Comprit l’éclair noir.
« Et si cela échoue ? » Questionna le Sheikah.
« Et surtout, comment s’active-t-elle ? » Fit remarquer Yuusuke.

Les fées du bocal frappèrent leurs poings contre leur main.

« Essayez de la jeter au sol brutalement. » Suggéra le guerrier de l’ombre.
Les fées acquiescèrent.

« La jeter ? Je vois. » Fit Ahonora. « Mais avant de repartir d’ici, profitons de ce moment de paix. Une fois sorti, nous pourrions nous trouver n’importe où. »
« Probablement chez Van Darien. Je suis sûr qu’il est derrière cette histoire. » Annonça le sheikah.
« Qui est ce Van Darien ? » Demanda Neyve qui avait déjà entendu Dogva prononcer ce nom une fois, depuis le début de cet enfer.
« Pour faire simple… » Commença Dogva. « Van Darien est le mal personnifié. S’il y a bien une personne dont il faut se méfier, c’est lui. Plus que maléfique, il est malheureusement puissant, et il y a fort à parier que c’est lui, qui a réussi à nous plonger dans cette obscure dimension. Et il a encore d’autres tours dans son sac. Si vous le voyez. Ne commettez aucune imprudence. Restez en arrière.»

« A ce point ? Qu’est-ce qu’il a de si terrible, ce Van Darien ? Pourquoi je lui flanquerai pas une raclée si j’en ai envie ? Il m’a quand même bien embêté, ce rigolo. » Demanda Ariste.

« Il te gèlerai sur place avant même que tu n’aies pu l’atteindre. Le froid est son domaine. Un domaine qu’il maîtrise très bien. Moi-même je ne suis pas sur de pouvoir venir à bout de lui tout seul. Néanmoins, ensemble… » Répondit Dogva.

« Je ne doute point qu’ensemble nous serons plus forts, mais préconisons tout de même la prudence. » Suggéra Ahonora. « Tout le monde est prêt ? »

Tous les membres de la troupe firent oui de la tête.
« Alors allons y. Puisse le sort nous être favorables. »

Il leva la sphère lumineuse en l’air, puis la jeta brutalement sur le sol.
Elle se brisa en un millier d’éclats lumineux bleutés, puis ils furent tous emportés dans une lueur plus grande encore.
Tous se cachèrent les yeux pendant quelques instants. Suite à cela, ils virent une salle avec deux personnes dedans, dont l'une n'était autre qu'Alidae.

« Nous voilà enfin tous réunis. » Lança Van Darien, en affichant un sourire satisfait.



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Message Posté le: Ven 8 Mar - 22:31 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 12 : Comme chiens et chats


Le brusque passage de l’obscurité à la lumière perturba la plupart des nouveaux arrivants, sauf Dogva, qui était habitué à ce genre de phénomène. Il put ainsi reconnaître l’élémentaliste au caractère bien trempé qu’il avait croisée dans la forêt quelques jours plus tôt. Pour une raison encore obscure, celle-ci se tenait devant un homme qu’il connaissait bien également, et pas de bonne réputation : Van Darien, l’un des hommes les plus antipathiques et dangereux qu’il lui ait été donné de connaître. En effet, il avait été à l’origine de plusieurs conflits avec la tribu Sheikah. Au fil des ans, mû par sa soif de pouvoir et son incroyable sentiment de supériorité, il avait organisé plusieurs expéditions dans le but de percer les secrets vivement défendus par Dogva et ses semblables.

Dogva fit aussitôt le rapprochement entre cette incursion soudaine d’étrangers dans le Royaume des Ombres, et l’apparition de cet homme aux ambitions et au savoir démesurés. Le fait de le voir en compagnie d’une femme qu’il jugeait digne de confiance fit naître quelques craintes en lui.
Mais alors qu’il commençait à se poser un nombre inquiétant de questions, quelqu’un cria dans son dos :

- J’aurais dû me douter de l’identité du coupable de ce capharnaüm ! Van Darien, vil félon !

Un sourire malicieux s’empara des lèvres de Darien tandis qu’Ahonora dégainait son épée d’argent et, sans perdre un instant, chargeait le haut-chancelier de la garde royale. Alors que tout le monde observait la scène avec des yeux ronds, Alidae s’interposa entre lui et sa cible en s’écriant :

- Stop !

Et Ahonora se figea.

- Mais qu’est-ce qui se passe à la fin ? s’exclama Ariste, impatient de connaître les raisons de tous ces étranges événements.

Remarque appuyée de nombreux hochements de têtes de la part de ses camarades. Dogva resta cependant de marbre.

- Je me dois de vous poser la question à mon tour, déclara Ahonora en rengainant sa lame, le regard sévère fixé sur un Van Darien réjoui.

L’élémentaliste fit signe à tout le monde de se calmer et dit simplement :

- Il est de notre côté.

Le Sheikah et le chasseur de primes faillirent faire un bond.

- Nous n’avons pas de temps à perdre en tergiversations, gronda Alidae en les empêchant de réagir à cette nouvelle. Si nous voulons récupérer ce que nous cherchons, nous aurons besoin d’aide.

- Il va de soi que nos rapports furent houleux par le passé, déclara le chancelier en versant de nouveau un peu de thé dans sa tasse. Cependant, une équipe telle que la vôtre éveille en moi une énergie que je ne soupçonnais pas !

Les nouveaux arrivants jaugèrent la déclaration avec précaution, alors qu’Ahonora répliquait déjà :

- N’espérez point me tromper avec vos paroles empoisonnées, monsieur. Je ne laisserai pas ces jeunes gens se perdre dans le maelström de votre esprit !

La tension était palpable. C’est à cet instant que Yuusuke intervint, levant les bras dans un geste d’apaisement :

- Il n’y a aucune raison de se prendre le chou pour le moment, nous sommes tous réunis et en bonne santé. Il serait cependant plus correct d’informer le groupe à propos de ce qui nous est arrivé !

- Ouais, à fond les ballons ! renchérit Horacio en brandissant le poing.

Puis il abaissa l’index sur le buveur de thé et ajouta :

- Personnellement, j’en ai rien à faire de l’affreux jojo là-bas, la seule chose qui compte c’est d’avancer, au lieu de stagner.

- Je suis du même avis, lança une voix inconnue.

Surpris, le groupe se mit à chercher d’où provenait cette réplique. Mais Le muet agita la main, et tous les regards se tournèrent vers lui.

- Oui oui, c’est bien moi qui ai parlé, dit-il en scrutant ses compagnons de son seul œil visible.

Yuusuke, Horacio et Ariste se mirent alors à sourire, tandis que les autres restaient interdits face à ce nouvel événement singulier. Il avait bien prononcé un mot auparavant, à peine audible, mais puisqu'il n'avait jamais ouvert la bouche à nouveau depuis, on en avait conclu qu'il était retombé dans son mutisme. Alors qu’Horacio se précipitait sur lui pour lui donner de grosses tapes viriles et amicales dans le dos, Alidae se rapprochait du groupe et disait :

- As-tu des explications ?

Secoué comme un prunier, le « muet » eut un peu de mal à répondre :

- Il paraît que nous n’avons pas le temps… donc ce sera pour une prochaine fois. Par contre vous pouvez m’appeler Beck Fillster, désormais.

Tout le monde échangea des regards indécis avant de saluer convenablement la personne dont ils venaient enfin d’apprendre le nom. Avec tout ce tintamarre, seuls Ahonora, Dogva, Ariste et Van Darien étaient restés concentrés sur le problème principal.

- Je ne puis accepter le fait qu’un être aussi perfide rejoigne notre équipée, s’emporta Ahonora en redressant fièrement le menton, les bras croisés.

- Je ne peux que vous comprendre… ajouta Dogva, dévisageant le chancelier d’un regard effrayant. Cet homme est du poison.

- Surveillez vos manières, voulez-vous ? somma Darien en reposant sa tasse de thé sur le trône de glace à ses côtés. J’ai beau être immunisé à la bêtise, le fait d’être insulté de la sorte commence à m’énerver.

Ariste observait leur petite dispute d’un œil critique. Ce Darien n’avait pas l’air si infect, il avait plutôt l’air d’avoir les idées claires et de savoir exactement ce qu’il voulait. Mais Ariste devait encore s’en assurer.

- Alors le bourge, t’as des projets ?

Le chancelier lui lança un regard courroucé. Le but d’Ariste était surtout de mesurer l’ampleur de la personnalité de l’homme qui leur faisait face. Et Darien ne répondit pas. Il se contenta de délaisser son regard outré pour un sourire moqueur.

- Pourquoi ne vas-tu donc pas t’amuser avec les autres enfants, pendant que les grandes personnes discutent ? lança-t-il sur un ton adroitement provocateur.

Ariste durcit le regard. Mais Alidae, qui avait fini les quelques explications requises du côté du groupe, posa le pied dans le cercle que les quatre hommes formaient.

- Ahonora, dit-elle, les yeux fixés sur le haut-chancelier, j’ai déjà pris ma décision. Van Darien nous accompagnera dans notre quête.

Le chasseur de primes ferma les yeux et soupira. S’il y avait bien une personne qu’il haïssait en ce monde, c’était Darien. Mais l’élémentaliste avait été claire, et il avait une confiance aveugle en sa comparse.

- Qu’il en soit ainsi ! clama-t-il en ouvrant les yeux de nouveau. Mais en ce cas, je tiens à ce que ce cher Dogva rejoigne notre petite communauté, ajouta-t-il, désignant le Sheikah avec le pommeau de sa claymore attachée dans le dos.

- Ne soyez pas ridicule, je n’ai pas que ça à faire. Et il est hors de question que je m’allie av…

- Bien, bien, coupa Darien, visiblement agacé. Maintenant que nous sommes tous d’accord, j’aimerais que vous quittiez ma demeure ; votre présence m’irrite.

- Pas autant que nous, rétorqua Alidae en fronçant le nez. Nous partirons demain à l’aube, rejoignez-nous à la porte du Bourg. Et tâchez de ne plus mettre mes élèves en danger de mort, d’accord ?

Sans attendre la réponse du chancelier, elle tourna bride et se dirigea vers la sortie, entraînant le groupe avec elle. Dogva sembla hésiter un instant, puis décida de la suivre à son tour.

Désormais, Ahonora et Van Darien se faisaient face, seuls. Ils se dévisagèrent un instant, manifestant tout le dégoût que chacun éprouvait pour l’autre, avant de s’échanger un sourire malin, qui ressemblait fort à celui d’une rivalité amicale. Le chancelier reprit sa tasse, en huma le parfum, puis s’assit sur le trône de glace en posant sa tête sur son poing.

- Nous voilà compagnons d’armes, mon cher Eclair Noir, susurra-t-il avant de boire une gorgée de thé.

- Vous délirez mon cher, répondit Ahonora, qui avait récupéré son éternel sourire. Malgré tous les efforts que je pourrai déployer pour marcher à vos côtés, mes lames, elles, ne manqueront pas de vous déchiqueter.

Il fit un pas en avant, décroisant ses bras pour saisir les pommeaux de son katana et de sa claymore, puis murmura lentement, dessinant clairement les mots sur ses lèvres :

- Elles sont assoiffées de sang. Le sentez-vous, mon cher Haut-Chancelier de la Garde Royale ?

Van Darien ne put s’empêcher de pouffer face à la menace, tandis que l’épée dans son fourreau se mettait à luire d’un étrange éclat bleuté. Il ferma les yeux un instant avant de les ouvrir, prenant un air presque meurtrier.

- Le temps n’est plus aux enfantillages, l’Eclair Noir, gronda-t-il, sa voix se perdant dans la fine brume que dégageait désormais son fourreau. Au revoir.

Leurs yeux s’échangeaient des éclairs. Ils se fixèrent ainsi une bonne minute avant que le chasseur de primes ne se résigne à tourner les talons, adressant un rapide signe d’au revoir par-dessus son épaule.
L’éclat bleuté se dissipa, et Van Darien porta calmement la tasse à sa bouche, comme si rien ne s’était passé.


Sur le chemin du retour à la maison d’Ahonora, le groupe s‘était divisé en un nombre conséquent de binômes : Galeos et Lillule, Ariste et Dogva, Alidae et Alvis, Horacio et Neyve, ainsi que Yuusuke et Beck.

- Tu es certain que ça va aller ? demandait-elle sans cesse.

- Mes blessures sont superficielles, ce ne sont que des égratignures, répondait-il. Les fées m’ont presque totalement guéri. Cela ne se serait jamais produit si…

Lillule l’observa en souriant. Légèrement gêné, celui-ci rabattit un peu sa capuche sur sa tête avant de répondre :

- Si j’avais été plus grand.

- Je te trouve bien comme ça, dit-elle aussitôt. Tu n’as pas à avoir honte de qui tu es !

- Mais justement, ce n’est pas qui je suis ! s’emporta l’habitant d’Hydralia en serrant les poings. J’aurais aimé te rencontrer sous ma vraie forme. J’aurais aimé pouvoir aider tout le monde ! Mais à cause de ce maléfice, je…

- Hey, l’interrompit-elle en posant une main amicale sur son épaule, qui lui arrivait à peu près au nombril. Tu dois garder confiance en toi. Tu as été capable de petits prodiges, malgré ta taille, j’ai l’impression que tu ne le vois pas.

Le petit être tourna la tête vers elle.

- Comment le voir ? Tout me semble si grand, si insurmontable, maintenant…

Lillule était contente de pouvoir discuter aussi naturellement, alors que tous les éléments étaient réunis pour qu’elle n’en ait pas la moindre envie. Quant à Galeos, il était rassuré d’avoir trouvé une oreille attentive et douce. Cela lui redonnait de la force dans son petit corps affaibli.

Ariste ne cessait de jeter de rapides coups d’œil vers le Sheikah. Ses yeux, sa stature, sa démarche… il se trouvait en présence d’un véritable guerrier. Mais après plusieurs minutes, Dogva, exaspéré, tourna brusquement la tête vers son compagnon en disant :

- Bon, quoi ?

Ariste sursauta légèrement. Son compagnon était plutôt intimidant, en réalité.

- Rien, rien. C’est juste que ça fait plaisir de voir un vrai guerrier, pour une fois.

- Tu en as déjà vu plein d’autres.

- Quoi, tu parles du groupe ? A part Ahonora…

- Ce sont tous tes alliés, trancha Dogva. Et chacun d’entre eux possède une âme de guerrier. Même Hasegawa, même si je pense qu’il ne le sait pas encore lui-même.

Ariste n’était pas de cet avis, mais il n’osa pas contredire le seul qui l’intimidait réellement parmi tous les autres.

Alvis posa une main sur son front. Il avait de nouveau mal au crâne et se demanda quand il aurait enfin la paix.

- Vous me rappelez quelqu’un, dit Alidae en le fixant du coin de l’œil.

- Ne comptez pas sur moi pour vous dire si vous avez tort ou raison, répondit Alvis sur une pointe d’humour. Je ne saisis pas encore bien ce qui se passe là-dedans… parfois, la mémoire me revient en flash, mais disparaît aussitôt.

La guerrière reporta son attention sur le chemin pavé qu’ils empruntaient. Alvis était rassuré d’être mené par une femme aussi assurée. Ce qui lui rappela quelque chose.

- Je vous ai entendue parler avec Darien, dit-il dans un sourire.

- Et ?

- Vous nous avez appelés vos « élèves ».

Alidae s’arrêta un instant et dévisagea son camarade quelques secondes, avant de reprendre la marche comme si de rien n’était.

- J’ai dit ça ? Vous êtes sûr ?

- Absolument certain.

- Je croyais que votre mémoire vous jouait des tours.

- Pas cette fois, je le crains.

- Eh bien… je suppose que ça m’arrive de faire quelques erreurs quand je parle trop vite, finit-elle par admettre.

- Etait-ce vraiment une erreur ? insista l’amnésique.

Alidae laissa échapper un court sourire mais resta silencieuse. La belle mais rude élémentaliste pouvait-elle s’être aussi vite attachée au petit groupe ? Alvis aimait croire que oui.

- J’ai faim, dit bêtement Horacio en se grattant la tête, l’air penaud. Pas toi ?

Silence. Le boxeur avait du mal à engager la conversation avec cette fille qu’il visualisait comme un bloc de glace géant. Ce dont il finit par se compte, c’était que la musicienne était simplement perdue dans ses pensées.
Quoi de plus logique en ce cas que de frapper l’interlocutrice d’un violent coup de poing à l’épaule ? Comment, vous ne faites pas ça, vous ? Horacio, pourtant, ne put résister à la tentation.

- Mais AÏE ! s’écria soudain Neyve en s’écartant intuitivement, posant la main sur son épaule meurtrie. Qu’est-ce qui te prend ?

- Je vérifiais que tu étais toujours vivante, répondit-il. Test concluant !

- C’est ridicule… souffla-t-elle, les sourcils froncés.

- Ouaiiis, mais dis-toi que tu t’es faite frapper par un vrai champion, dit-il en se curant le nez avec le petit doigt, d’un ton faussement désinvolte.

Neyve haussa ses sourcils fraîchement froncés.

- Toi ? Champion de quoi, de la bêtise ?

- Il paraît que je suis pas loin d’en avoir le niveau, ouaip ! avoua-t-il, amusé par sa réponse. Non, je suis champion de boxe.

- Eh bien… félicitations ? dit-elle en haussant les épaules. Et est-ce que tous les champions frappent les femmes de cette manière… ?

- Quoi ? Non, non, d’ailleurs en général je ne le fais jamais. Mais…

- Je suis donc une exception ? interrogea-t-elle, mi-vexée mi furieuse. Merci bien !

- Non, non, c’est pas ce que je voulais dire… mais…

Ne sachant plus trop quoi dire, Horacio décida de changer de sujet.

- Euh… qu’est-ce que tu penses de notre groupe, au fait ? demanda-t-il d’un ton hésitant.

Neyve reprit un air distant. Elle semblait particulièrement insaisissable. Mais elle répondit cependant :

- Eh bien… il y a beaucoup de gens formidables… mais j’ai encore du mal à croire qu’il ne s’agit pas d’un rêve.

- Je vois. Je comprends ce que tu ressens, dit Horacio en retrouvant un peu son sérieux et son assurance. Mais que ce soit un rêve ou non, je ne dois pas flancher.

- Tu dois avoir une bonne raison… elle s’appelle Eugénie, c’est ça… ?

Le jeune boxeur acquiesça. Eugénie. Peu lui importait le sort de l’univers, tant qu’Eugénie était en sécurité. Le fait d’y penser le fit soudainement bouillir de rage, et il frappa ses poings l’un contre l’autre, les dents serrées.

- Mais qu’est-ce que je fais là… marmonna-t-il. On perd du temps !

- Rien ne sert de courir, lança Neyve en haussant un sourcil. Ces préparatifs sont nécessaires...

Cette remarque ne fit qu’enrager Horacio davantage.

- Nécessaires à quoi ? A retrouver des bouts de papiers aux quatre coins du pays ? Mais j’en ai strictement rien à faire, moi !

- Ne me parle pas sur ce ton… je ne t’ai pas agressé, que je sache. Ce que j’essaie de te faire comprendre, c’est que même si tu la retrouvais, tu ne pourrais pas rentrer sur Terre avant d’avoir récupéré ces morceaux de carte…

- Bla, bla bla, fit-il avec insolence. Le scénario, je le connais, merci.

Neyve faisait donc la rencontre du même mur buté que Yuusuke avait tenté de franchir quelques jours auparavant. Et cela l’agaçait grandement.
Quant à Horacio, c’était la première fois qu’il se prenait autant la tête avec une fille. Ce qui, en réalité, ne lui déplaisait pas ; en effet, il n’avait encore jamais eu l’occasion « d’affronter » une fille. Expérience nouvelle plutôt intéressante.

- Je me disais bien que vous aviez des choses à dire, Beck. On peut se tutoyer ?

L’homme aux cheveux poivre et sel se contenta de hausser les épaules, mais cette réponse était amplement suffisante pour Hasegawa.

- Tu es certainement l’élément le plus mystérieux de ce groupe, dit-il. Je me dois de te demander, te sens-tu intimidé ?

Fillster tourna la tête vers lui en disant :

- « Eh bien » ou « en tout cas, tu n’as aucune raison de l’être. » C’est ce que tu t’apprêtais à me dire une fois que je t’aurais répondu, n’est-ce pas ?

Yuusuke fut plutôt surpris. Il ne s’attendait pas à une réaction aussi distante de sa part, ce qui lui donna sa réponse malgré tout.

- Peut-être, répondit-il simplement. Après tout, tu fais partie des nôtres. Je pense qu’il est important que tu te sentes à l’aise parmi nous.

- Je le suis, ce n’est pas un problème. Je suis toujours à l’aise.

- Vraiment ? Alors, tant mieux. Je suis plutôt satisfait de notre groupe. J’ai cru comprendre que Dogva nous avait rejoints ! C’est formidable, tu ne penses pas ?

Etrangement, Beck se mit à le fixer d’un air pensif et brumeux. Yuu comprit alors qu’il avait fait une légère erreur en voyant « le muet » comme l’un des leurs. Il semblait être perdu dans un monde hors d’atteinte, une épopée personnelle aux allures malheureuses ; le mystère enveloppant ce personnage ne se dissiperait sans doute jamais.

- Ouais. C’est super, finit-il par répondre.

Ils distinguèrent alors un cliquetis dans leurs dos et se retournèrent. Ahonora les rejoignait d’un pas rapide, ses armes s’entrechoquant bruyamment. Une fois à leur niveau, il leur dit :

- Vous l’entendez aussi, n’est-il pas ? Cet hymne de bataille !


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Message Posté le: Sam 16 Mar - 20:43 (2013)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides
Chapitre 13 : Equipement et doutes: en route vers le temple!

Le silence régnait en despote dans les rangs de la petite troupe tandis qu’ils se dirigeaient vers le village de Nayru. Van Darien brisa la glace.

-Nous devrions faire halte au village afin que vous revalorisiez vos équipements, je n’ai aucune envie de vous récupérer à la petite cuillère…

Horacio s’avança impulsivement vers lui mais le bras de Neyve le stoppa net. Chacun savait que les intentions de Van Darien étaient aussi sombres que son âme mais chacun était convaincu de son utilité. Ils atteignirent enfin les portes de la ville et l’ambiance se relâcha légèrement. Une compagnie de troubadours se démenait tant bien que mal pour quelques rubis, et leur mélodie allégeait leurs esprits. La population locale semblait toutefois méfiante. Il est vrai qu’il aurait été difficile de ne pas être surpris par un groupe aussi atypique. En suivant la principale allée pavée du bourg, ils atteignirent bientôt le centre-ville.

-Les enfants, éructa Van Darien, rendez-vous ici dans vingt minutes. L’échoppe la plus proche est le « Joyeux Poulain », situé à cinq minutes à pied d’ici, vers le quartier Est. Faites vos emplettes, achetez du courage -si vous en trouvez- je vous attendrai ici.
Le groupe acquiesça docilement mais des mâchoires s’étaient discrètement crispées.

Lorsqu’ils furent suffisamment éloignés de Van Darien, Horacio explosa :
-Pour qui il se prend ce gugusse ? Au moindre faux pas, je le réduit en miette.
Yuusuke l’interrompit :
-Il est vraiment difficile de savoir à quoi il pense. Manifestement nous devrions tous être sur nos gardes dans le temple. Il a toutefois raison sur un point, il nous faut de l’équipement.

Ils arrivèrent enfin devant le magasin, l’enseigne représentant un équidé s’exhibant avec une chope de bière. Galeos poussa la lourde porte de chêne et ils s’engouffrèrent dans l’échoppe. Le vendeur incrédule leva un sourcil interrogateur, mais un client était un client, il importait peu qu’il soit pourvu d’écailles.
Des armes de toutes classes et de tous calibres s’étendaient sur les différents murs de pierres grises et des armures étaient portées par de frêles mannequins de bois.

Tout le monde se rua vers les armes de meilleures factures mais l’exubérance des prix les ramenèrent vers les produits inférieurs. Horacio qui voulait s’initier au maniement martial du bâton, fit l’acquisition d’un bâton léger, taillé dans le plus dur des bois. Comme convenu ils se retrouvèrent au point de rendez-vous, leurs achats bouclés.
Van Darien esquissa un léger sourire à la vue du groupe:
-…On fera avec...
Il se positionna en tête de file lorsque l’équipe se mit finalement en marche.
Alidae s’en rapprocha rapidement, les poings serrés. Elle lui chuchota quelques mots incompréhensibles pour le reste du groupe. Van Darien laissa s’échapper un rire puissant :
-Si tu veux lui répondit-t-il simplement, si tu veux…

Après trois heures de marches, Dogva qui avait été silencieux depuis le début du voyage, adressa un signe de tête discret à Ahonora. Ce dernier s’exprima d’une voix forte :
-Nous marchons depuis longtemps et la nuit couvre progressivement le ciel de son linceul sombre. Nous devrions nous arrêter pour la nuit.
Van Darien soupira fortement :
-Il nous suffit de traverser cette forêt, le temple est juste derrière, nous n’avons pas le temps pour un pique-nique, ironisa-t-il. Cette remarque ne gêna nullement Ahonora qui reprit :
-Les forêts qui bordent les temples sont peuplées d’esprits à la nuit tombée, si tu veux les déranger en pleine soirée libre à toi, mais sache qu’ils fuient le jour.

L’Eclair Noir jeta un rapide coup d’œil en direction des pattes palmées et meurtries de Galeos ainsi qu’aux visages creusés de ses camarades avant de rajouter :
-Mais les personnes présentes ont besoin d’un peu de repos.
La lame de Van Darien s’illumina l’espace d’un instant, puis la lueur disparut.
-Bien, bien soupira-t-il simplement.
Un hurlement strident venu des bois vint achever sa phrase.
Le Sheikah semblait se détendre quelque peu sous le halo blafard de la lune, les ombres étaient son élément après tout :
-Je vais chercher du bois annonça-t-il, asseyez-vous, je ne serais pas long.

Ariste et Alvis s’empressèrent de rapprocher les troncs morts gisants à l’orée de la forêt ; ils feraient office de siège de fortune pour un soir. L’appréhension se faisait sentir au sein du groupe et l’obscurité grandissante ne les réconfortait nullement. La voix de Beck tomba comme un couperet et la troupe sursauta :
-Je me demande quels ont été les propos d’Alidae, la réaction de Van Darien me laisse songeur.
Il jeta un regard rapide vers ce dernier, qui s’était discrètement mis à l’écart du groupe.
Dogva avait brusquement surgit des ombres, de nombreux fardeaux de bois encombrant ses bras :
-Il n’est pas la seule chose dont nous devrions nous méfier, lâcha-t-il sérieusement en allumant le feu. Nous établirons un tour de veillée. Dormez, je serais le premier, puis je choisirais le suivant.
Van Darien et Alidae continuaient de discuter tandis que la troupe s’endormait lentement. Un temple les attendait, et dans leurs esprits fébriles il prenait la forme d’une forteresse imprenable.

Le soleil était encore bas dans le ciel lorsque les « professeurs » réveillèrent leurs « élèves ».
Alidae semblait préoccupée mais elle tenait néanmoins à motiver ses troupes :
-Le premier temple nous attend ! Restez sur vos gardes, agissez en équipe et nous obtiendront ce que nous voulons.
Van Darien, étrangement silencieux, s’était mis en marche, et l’équipe le rejoignit immédiatement.

Après une demi-heure de marche rendue pénible par la flore croissante ils atteignirent enfin les portes massives. Comme dans leurs songes, elles semblaient infranchissables. Ahonora, Dogva, Alidae et Van Darien se placèrent devant ces dernières. Après une minute de concentration, pendant laquelle la pression de l’air semblait s’être accrue, les portes tombèrent, comme pulvérisées par une force invisible. Van Darien rangea sa lame, un sourire sur les lèvres.
-Qui m’aime me suive railla-t-il.

La troupe au complet pénétra dans le bâtiment et fût comme envoûté par la finesse de l’architecture intérieure. De l’eau scintillante comme du cristal s’échappaient des lèvres de deux statues d’Ondine et venait mourir dans deux bassins transparents. Elles formaient les seuls éléments décoratifs de la pièce principale, carrée. L’unique chemin empruntable menait -tout au fond d’un long couloir- à une nouvelle porte. Le miroir d’eau qui formait le chemin cessait en son milieu, formant une cascade gigantesque qui semblait mener aux étages inférieurs. En regardant à travers le sol liquide, on ne devinait pourtant que des profondeurs obscures, mais le son des chutes prouvait qu’il y avait une fin.

Yuusuke s’avança prudemment, captivé par l’éclat de l’onde des différents bassins mais il fût pris d’un sentiment étrange. Celui-là même qui était apparu pendant son combat d’entraînement. A travers sa première image il se voyait chuter, à travers ce sol fluide et dans la seconde il se voyait stopper son pas et reculer habilement. Il choisit la seconde, la vivant comme au ralenti, puis après quelques instant il s’écria soudainement :
-Que personne ne bouge ! Nous ne pouvons pas marcher là-dessus, nous devons trouver une autre solution ! Tel Narcisse nous allons nous noyer dans nos reflets si nous ne faisons pas attention !


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Message Posté le: Aujourd’hui à 12:16 (2017)    Sujet du message: Travel in Zelda's World III : Switching Sides

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