:: Le vent du chagrin souffle en rafalle. ::

 
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Shusaku


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Message Posté le: Jeu 22 Nov - 23:30 (2012)    Sujet du message: Le vent du chagrin souffle en rafalle.
Ce récit est la suite d'un long roman que j'ai déjà écris il y a de cela cinq ans et que je pense tenter de faire éditer sous peu. C'est un écrit particulier qui s'inspire directement de mes propres expériences de vies et qui les mêlent avec des événements particuliers pouvant être qualifié de fantastique. L'histoire est principalement une histoire sentimentale, portant sur les gens et leurs sentiments.

En espérant que vous prendrez grand plaisir à le lire et le temps de le commenter.

Shusaku.






Cinq ans.


Les choses n’ont pas si changé que cela en fin de compte. Enfin, peut-être que si mais… En fin de compte, je tourne en boucle. En fin de compte, en fin de compte, en fin de compte… Je me retrouve là à remplir des .docx de mes écrits. Je déverse ce que j’ai sur le cœur sous la forme de mots parfois maladroits et parfois sublimes mais cette douleur, cette tristesse, cette peine, elle est toujours là. Peut-être que cela peut se terminer ? Je ne sais pas. Je l’ignore. Parviendrais-je un jour à sécher les larmes de cet enfant qui pleure en moi ? Arriverais-je un jour à ne plus vivre par la douleur ? J’aimerais croire à ce jour. Et j’y travaille. Mais au fond de moi, quand je pense à laisser mes angoisses de côté, à vivre autrement que par la contrainte, j’ai peur.

C’est un peu ridicule en y pensant, non ? Je suis un grand garçon. Encore plus que la dernière fois que je me suis mis à conter mes jours. On pourrait même envisager de me voir comme un homme en devenir ? Pourtant, il faut l’avouer, si la douleur n’est plus celle d’antan, celle qui m’empêchait de vivre. Aujourd’hui, elle continue de me plonger dans la mélancolie. En vérité, si j’ai retrouvé comment on faisait pour sourire, je n’en suis pas moins triste.

Peut-être que cela n’est qu’un stratagème, une posture que la force de l’habitude a rendue trop aisée et trop confortable ? Peut-être que j’ai peur d’être heureux ? Pourtant, je ne me complais pas dans le malheur, c’est un fait. Je me bats un peu plus chaque jour pour améliorer mon quotidien. Mais, je commence à être désabusé et perdu. Est-ce que c’est ça, la vie ? Chaque jour travaillé à mieux vivre demain ? Est-ce que c’est ça !? Où est la passion qui peut tout consumer ? Où est la folie qui peut tout retourner ? Où est le fantasme qui peut nous embraser ? La flamme s’est-elle à jamais éteinte dans le cœur des gens ?

Aisuri. Elle, elle avait la flamme et elle brulait ardemment dans son cœur. Mon visage se fige en une grimace triste quand je le murmure du bout des lèvres. Elle était apparue dans ma vie, il y a de cela cinq ans, comme un miracle. Elle était venue tout chambouler avec sa fraicheur, avec sa jeunesse et sa spontanéité. Elle n’avait aucune histoire, aucun passé et je ne lui en ai jamais demandé. Elle est juste apparue inexplicablement un soir, dans ma chambre, alors que le poids de mon chagrin m’inspirait des idées noires.

Puis, elle m’avait sauvée.



Merveilleuse petite Aisuri, un ange d’un mètre cinquante tout au plus, d’une quinzaine d’années, les cheveux blonds platine et les yeux roses cerclés de noirs. Elle m’était apparue dans sa tenue si étrange, portant cet étrange chapeau à grelots sur la tête. Puis, elle avait tout chamboulé, elle m’avait remis sur pied, redonné envie de vivre puis elle avait disparue sans prévenir.

Que tu me manques, Aisuri. Que tu me manques… En ce moment, là, alors que je suis enfermé dans cette appartement plongé dans cette obscurité et que je pianote frénétiquement sur ce clavier comme si cela allait te ramener, tu me manques terriblement. J’aimerais de nouveau te serrer dans mes bras et sentir ta présence à mes côtés.

Tu sais, Aisuri ? J’ai changé de logement. Je ne suis même plus dans ce studio de Kabuhotashi, non. Madarame n’est plus ma voisine. Mon propriétaire n’est plus ce vieux gâteux avec son chien. Je ne sais pas ce que sont devenus Matsukoa et Detsuda. Non, je les ai perdus de vue. Je suis désormais loin de tout et de tout le monde, à Tokyo, la grande Tokyo. Et je vis dans un modeste studio d’étudiant. Ma mère est à une centaine de kilomètres loin de moi, perdue dans ses propres malheurs. Elle ne peut plus me faire de mal. Mon père, je l’ai retrouvé. Il n’est pas très loin et je le vois de temps en temps. Même si, je te l’avoue, je n’ai rien à lui dire. Il m’aide à vivre, c’est déjà pas mal.

Ma vie a changé depuis que je suis à la grande ville. Les études, les amis, le travail, tous cela me prends énormément de temps. Je crois que tu serais satisfaite de voir ce que j’ai accomplis. Je crois que tu serais heureuse pour moi. En tout cas, je l’espère, je l’espère vraiment.

Mais pourtant, je suis triste. Je ne peux pas m’en empêcher. Comme une vieille habitude qu’on a du mal à perdre. Entouré de tous ces gens, nécessaire à nombre d’entre eux, je me sens pourtant infiniment seul. J’ai toujours la gorge serrée, j’ai toujours envie de pleurer. Parfois, j’y arrive. Mais la plupart du temps, ça reste bloqué là, à m’étouffer.

Je sens encore ce mal me glacer le sang de mes veines, alourdir mon crane et peser sur mes épaules. Là encore, maintenant, je sens mon cœur, lourd comme une pierre, battre douloureusement dans ma poitrine. J’ai mal, vraiment mal.

Et si ces cinq longues années qui me séparent de toi n’avaient aucune valeur ? Et si, en fin de compte, j’avais tout simplement échoué ? Et si, de là ou tu me regardes, petit ange, tu pleures encore et encore sur mon triste destin ?



Dernière édition par Shusaku le Lun 26 Nov - 10:01 (2012); édité 1 fois
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Message Posté le: Jeu 22 Nov - 23:30 (2012)    Sujet du message: Publicité
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Message Posté le: Sam 24 Nov - 08:35 (2012)    Sujet du message: Le vent du chagrin souffle en rafalle.
La mort d'un enfant




Il est 7h00 du matin. Voilà une heure déjà que j’ai ouvert les yeux. Mon petit studio commence à s’emplir de l’odeur du café que je m’apprête à boire. Je n’ai aucune idée du temps qu’il fait dehors, mes volets sont fermés et je ne compte pas les ouvrir. Cette vue sur les rails de chemin de fer et sur la voie express ne m’a jamais vraiment émue.

De mon ordinateur, les sons d’un violon et d’un piano s’élève, se répondant l’un l’autre avec une extrême douceur et une extrême légèreté. Ce morceau parait avoir été réalisé pour les matins tranquilles et j’espère inconsciemment que ce dernier parviendra à faire disparaître le trouble qui émeut mon cœur.
Mais soudain, sans crier gare, le piano se retrouve seul. Ses notes montent dans les aigus. Ma gorge se serre un peu plus alors que je sens mon trouble devenir plus vivace encore. J’entends l’eau bouillir dans la casserole. Je me lève alors pour m’éloigner de mon bureau et parcourir les quelques mètres me séparant de ma kitchenette. Je verse l’eau dans le bol puis je le porte jusqu’à mon point de départ, je me réinstalle et laisse un instant l’odeur du café envahir mes narines.

Le trouble ne me quitte pas. C’est comme si on avait lesté mon cœur d’une pierre, comme si on avait serré une corde autour de ma gorge. Je sens que mes forces sont de nouveau exsangues et je me demande bien comment je vais pouvoir trouver la volonté de travailler.
Je porte mes mains autour du bol et boit une gorgée. Le liquide chaud me fait un instant oublié la douleur. Mais ce n’est que temporaire. J’espère aussi que le café va me réveiller car je sens déjà mes yeux se fermer tout seul alors que nous sommes le matin.
Que devrais-je faire ?
Devrais-je abandonner l’idée de travailler aujourd’hui et laisser libre court à mon envie de dormir ? Ou devrais-je m’entêter à essayer de faire quelque chose de ce samedi ?

Alors que je réfléchis à la question, je vide le bol de café pour aller le laver. Ensuite, je reviens à mon bureau et m’y assoit de nouveau. Puis je reste là, immobile, continuant à écouter la douce mélodie qui tourne en boucle. J’aime entendre les morceaux de musique tourner en boucle, je peux les écouter jusqu’à l’épuisement, jusqu’à ce que j’arrive à m’en rappeler sans difficulté. En quelque sorte, mon esprit retient la mélodie et je peux ainsi la rejouer mentalement sans mal. Cela fait que j’ai souvent, même s’en m’en rendre compte, un morceau en tête en train de se jouer. Même si je suis incapable de vous dire quelles notes sont jouées ? Je n’ai jamais eu de vraies formations musicales.

A bien y penser, c’est assez étrange car la musique accompagne presque chaque instant de ma vie. Elle a, pour moi, une grande importance. C’est comme-si elle venait combler un grand vide dans mon univers. Car le silence m’angoisse, la plupart du temps.

Mon seul souci, peut-être, c’est d’aimer un peu trop les mélodies tristes et lentes.
Mes yeux recommencent à se fermer tout seul. J’ai pourtant pris une douche et bu un café. J’aurais pensé que cela allait suffire. Mais en fin de compte, je m’endors tout de même. Peut-être que je suis vraiment fatigué ?

« Tu as subis de terribles épreuves, Yuusuke. Tu as tant accompli en quelques années pour échapper à l’emprise de ton passé. Ne serais-ce pas un peu normal que tu sois fatigué ? »

J’acquiesce mollement de la tête à cette pensée sans bien saisir d’où elle provient. Tout ce que je sais, c’est qu’elle me semble infiniment juste et que j’ai terriblement envie de l’écouter. Mais…

Je me redresse sur la chaise ou je m’étais affaissé à force de dodeliner de la tête.

En vérité, l’on ne m’a pas appris à me montrer raisonnable envers moi-même. Je n’ai connu que l’intransigeance et la tyrannie. Et ce que cette pensée m’invite à faire m’emplis d’angoisses venues du passée, venues d’un pauvre enfant.

Tout ceci, ma raison le comprend et l’admet. Mais mon cœur n’est pas le siège de ma raison et ce dernier continue à être envahi par les fantômes d’anciens jours ou le monde était immense et où j’étais bien impuissant à y faire face.

C’était un peu comme l’impression qu’on ressent quand on est au pied d’un gratte-ciel et qu’on lève les yeux pour suivre sa silhouette sur toute sa hauteur. Le vertige vous prend.

Je ne parviens pas à retenir un bâillement. Mes pensées peinent à se construire. Elles se perdent.
Je finis par me rappeler que je dois mettre une chemise à sécher si je veux sortir aujourd’hui. Je me lève d’un pas chancelant et va jusqu’à ma salle de bain. J’y trouve le vêtement bleu clair. Je l’apporte jusqu’au ventilateur et la dépose dessus avant de mettre l’engin en route. Le bruit qu’il fait alors ressemble naturellement aux moteurs de petits avions mais c’est là le meilleur choix si je veux que mes vêtements sèchent rapidement.

Qu’est-ce que je suis fatigué… Et ce n’est que le matin ?

Je m’assois en poussant un soupir. J’ai pensé à me recoucher dans mon lit pendant quelques instants mais j’ai repoussé l’idée et me revoilà à la case départ.

On ne peut pourtant pas dire que je fais grand-chose. C’est peut-être d’ailleurs ça le problème. Ne devrais-je pas faire quelque chose ?

Mon esprit est trop brumeux pour que je puisse vraiment prétendre travailler. Je pourrais sans doute jouer à un jeu vidéo. Mais ces derniers me semblent alors sans intérêt.

Quand je suis passé dans la salle de bain et que j’ai vu la cabine de douche, un souvenir m’est revenu en tête.
C’était il y a quelques années, quand Aisuri était chez moi, dans mon autre appartement, dans cette petite ville de banlieue ou j’habitais alors.

A bien y réfléchir, cette histoire me parait vraiment être comme étant l’événement le plus étrange de ma vie. Je me demande encore ce qu’il m’avait pris alors d’accueillir chez moi une adolescente qui m’était totalement inconnu et de la laisser vivre ainsi à mes côtés pendant ces quelques semaines.

La solitude, sans doute...

J’étais alors dans une situation bien plus difficile qu’aujourd’hui et j’avais encore beaucoup de ménage à faire dans ma vie avant d’en arriver ou j’en suis. Mais je n’en avais pas vraiment la force. A vrai dire, j’avais laissé tomber et un destin tragique m’attendait surement.

Peut-être que c’est cette situation propice qui m’a mené à accepter aussi facilement Aisuri à mes côtés. Ça et quelque chose d’autre qui émanait d’elle, comme une sorte de familiarité naturelle, de lien de parenté mais aussi de besoin réciproque.

Quoi qu’il en soit, lors de cette histoire de douche, je la portais de force dans cette dernière pour une raison qui m’échappe maintenant…

Ah ! Oui…

Le fait qu’elle avait retourné ma cuisine en tentant de se faire à manger pendant mon absence.
En se débattant comme un beau diable, elle m’avait fait glissé dans la cabine, j’avais percuté l’un des murs et était demeuré inconscient quelques instants.

Je me souviens alors de ce visage bouleversé qu’elle avait à mon réveil, des mots rassurants que j’ai prononcé pour la rassuré, de sa tête se blottissant contre mon torse, de ses quelques larmes d’émotions, de la douce chaleur qui avait alors gagné mon cœur et fait disparaître toute douleur.

Un sourire nait sur mon visage alors que je repense à tous ces joyeux moments passés avec elle.

Quel dommage que tu es disparue, Aisuri. J’aurais tant accomplis avec toi à mes côtés. Sans doute que j’aurais fait bien mieux pendant ces cinq années si tu avais été là. Mais tu es repartie comme tu es apparue, sans explication.

Soudain, mes paupières deviennent lourdes. Mes yeux commencent à se fermer. Le reste de mon corps parait déjà ne plus vraiment me répondre.

Maintenant, je vais m’endormir, petit ange. Car la vie m’a épuisé. Tu comprends, n’est-ce-pas ?

J’ai 25 ans et mon cœur est fatigué.



Dernière édition par Shusaku le Lun 26 Nov - 11:55 (2012); édité 3 fois
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Message Posté le: Dim 25 Nov - 08:17 (2012)    Sujet du message: Le vent du chagrin souffle en rafalle.
Voilà un peu plus d'actions, après une introduction narrative assez longue mais nécessaire, l'aventure reprend pour notre héros.

En vous remerciant par avance de l'attention que vous porterez à mes écrits.


Désillusions





- Hasegawa-san

Une voix m’appelle.

- Hasegawa-san, est-ce que vous m’entendez ?
- Aisuri ?

J’ouvre les yeux. Dans la pénombre de ma chambre, je vois se dessiner une silhouette. Elle est juste à califourchon sur moi. Elle a les mains posées de part et d’autre de mon visage et je peux sentir son regard plonger dans le mien. Mais l’obscurité refuse de me révéler ses traits. Il me semble pourtant les reconnaître. Je me rends alors compte que je suis couché sur mon futon et que la lumière est éteinte. Quand ai-je fait cela? Je l'ignore et je m'en moque. Il y a plus urgent.

- Aisuri ? C’est toi ?

Ma voix résonne comme un appel désespérée. Je cherche à bouger pour la saisir dans mes bras mais mon corps n’esquisse aucun mouvement.

- Vous êtes si épuisé…

Me dit alors la silhouette d’un ton étrangement compatissant.

- Mais… Enfin… Qu’est-ce que ça veut dire ?
- Nous le savons tous deux, vous êtes trop fatigué pour bouger.

J’essaye de nouveau de me mouvoir puis je renonce. Mes muscles me semblent faits de plomb. Je n’ai d’autre choix que de me résigner.

- Tu m’as manqué, tu sais ?

Dis-je alors que mes sens sont encore embrumés par le sommeil. Un silence suit mes mots.

- Je suis désolé.

Sa réponse sonne étrangement faux. Mon cœur se serre puis se trouble avant que mon intuition m’inspire la vérité.

- Tu n’es pas Aisuri.
- Qui est Aisuri ?

Un nouveau silence suit. Cette question soudaine me plonge dans un abime de réflexion. Mais à mesure que mes sens s’éveillent, je reconnais mon erreur. La silhouette qui me domine est celle d’une femme bien plus grande qu’Aisuri. De plus, sa voix est moins aigu, plus mature. Ses traits me restent cachés. Je finis par lâcher un soupir las alors que le regret et le chagrin envahissent mon cœur.

- Je pensais l’avoir retrouvé…

L’inconnue ne me répond pas. Elle semble attendre que je répondisse déjà à sa première question.

- Aisuri est… C’est quelqu’un de très important pour moi.
- Et qu’est-ce qu’elle représente pour vous?

La question me rend perplexe et soupçonneux. Mais je m’acquitte de répondre avec cette sincérité que je traine avec moi par nature.

- Mon énergie, ma passion, ma jeunesse… Elle est ce petit miracle, ce grain de folie dans la réalité qui me donnait envie de me lever le matin. Voilà ce qu’elle est pour moi. Avec elle, il me semblait que je pourrais devenir une sorte d’aventurier, un héros ou quelque chose d’apparenté. Avec elle, il me paraissait que la vie dont je rêvais étant enfant, celle qui me mènerait à poursuivre un grand destin, serait possible. Mais, en vérité, tous ceci n’arrivera pas, pas dans le monde dans lequel je vis.
- Ca n’a pas l’air plus mal ? Cela ne vous soulage-t-il pas d’un fardeau ? Cela ne vous permet-il pas de ne plus sentir ce « grand » destin sur vos épaules.

Son idée vient s’insinuer dans mon esprit et me donne l’impression de faire comme une pierre qu’on jette dans un étang.

- Peut-être… De toute façon, il ne sert à rien d’en parler. Le monde est ainsi, décevant. Je passe le plus clair de mon temps à m’assurer que j’aurais de quoi manger dans un mois et que j’aurais un toit au-dessus de la tête l’année prochaine.

Je pousse un soupir déchirant alors que ma gorge se serre de nouveau à cause de l’émotion qui me gagne. Mais je ne veux pas rester là. Je ressens l’envie impérieuse de continuer à parler.

- Je crois que je suis en train de devenir un adulte. Du moins, je renonce à mes rêves d’enfants et fait face à la réalité.
- Alors, il est normal que vous traversiez un moment difficile.

Ses mots ont un effet sur moi. Sa compassion naturelle m’allège un peu du poids de mes états d’âme.

- Je suppose, oui. Il est inévitable que ce désenchantement me laisse cynique et amer.

En admettant que la vie dont je rêvais étant enfant n’était qu’un fantasme, en admettant que l’aventure, la passion et l’amour ne peuvent me mener à cette gloire hypothétique, il me semble que, à travers les immenses regrets qui viennent alourdir mon cœur, un fardeau me soit retiré.

- Cela veut dire aussi que je ne suis pas quelqu’un d’exceptionnel.

Repris-je en faisant une grimace ennuyé.

- Au moins, si vous êtes comme les autres personnes, vous serez plus proche d’eux, vous ne pensez pas ?
- Cela veut dire que je vais me perdre dans la masse.
- Vous restez unique. Ce qui fait de vous ce que vous êtes ne change pas.
- Je ne serais jamais le héros d’une quelconque histoire. Et quand je me retournerais pour regarder ma vie pour la raconter, je n’aurais rien à dire. Je ne contemplerais rien qui est du sens.
- Vous ferez ce que vous voudrez faire de votre vie, Hasegawa-san. Vous êtes le seul à pouvoir en décider.

Je reste silencieux avec une expression blasée. A nouveau, je soupire en fermant mes paupières. Il me semble que le sommeil gagne de nouveau mon esprit.

- Médiocrité… Médiocrité et encore médiocrité… Voilà ce que m’offre le monde. Il n’y a qu’écrire qui me semble encore être une activité digne d’intérêt.
- C’est bien, très bien.

Assure-t-elle d’un léger hochement de tête.

- Mes études, mes anciennes passions, toutes ces choses me désintéressent maintenant.

Dis-je comme un aveu.

- Vous êtes jeune, vous avez encore le temps de prendre d’autres chemins.

Me répond t-elle du même ton que précédemment. Et elle a raison.

- Peut-être que je suis juste en train de voir le monde sous une nouvelle perspective, un point de vue plus correcte.

Finis-je par admettre. Le silence s’installe autour de nous. Aucun bruit ne semble parvenir des alentours. Même mon voisin d’ordinaire bruyant semble se tenir tranquille. Impossible de dire quand nous sommes.

- Vous devriez vous rendormir, il est encore tôt.

M’invite l’inconnue de cette voix que je commence à apprécier.

- Oui… Et vous ?
- Ne vous inquiétez pas pour moi, je ne serais plus là à votre réveil.

M’assure-t-elle.

- Vous ne restez pas ?

Je sens un frisson d’étonnement la parcourir. Pendant un instant, le silence retombe entre nous. Serait-elle en train d’hésiter ? Aurais-je posé une question étrange ?

- Que… Que je reste ?! Vous ne pensez pas à…
- Aisuri avait fini par rester.
- … Elle semble tenir une grande place dans votre cœur. Mais je n’aspire à rien d’équivalent, vous savez ?

Pour la première fois, l’inconnue parait hésitante, comme si l’on commençait à sortir d’un cadre bien défini et que les rôles de chacun devenaient plus incertain.

- C’est juste que par bien des façons, vous lui ressemblez.

Dis-je alors qu’une volonté étrangère cherche à me plonger dans le sommeil. Mes paupières deviennent de plus en plus difficiles à rouvrir.

- Je lui ressemble ?
- Oui, vous êtes arrivée de manière inexpliquée et vous avez le même talent pour semer des idées dans mon esprit.
- Et… Aisuri-san était ainsi aussi ?

Demande-t-elle, laissant poindre un grand intérêt dans sa voix.

- En effet.

De mon côté, je sens presque physiquement une force venir appuyer sur mon front comme pour m’enfoncer littéralement dans le sommeil. Il me devient de plus en plus difficile de rester éveiller. Pourtant, si le monde devient encore plus indistinct. Je sens mon esprit est encore tout à la conversation que je mène.

- Et elle est restée à vos côtés ?
- Pendant quelques temps.

L'instant reste en suspens pendant quelques secondes avant qu’elle ne reprenne.

- Et elle a fini par partir ?
- Oui, malheureusement…
- Vous ne lui avez jamais posé de questions ?
- Sur le fait qu’elle ne savait pas ce qu’était une console de jeu ou une machine à laver ? Non.

Elle reste de nouveau silencieuse, sa silhouette est toujours immobile au-dessus de moi et pourtant, le ton de sa voix me laisse deviné qu’elle est plongée dans une profonde réflexion.

- Vous savez... Ce n’est pas parce qu’elle est partie que je reviendrais sur les précieux souvenirs que nous construis ensembles. Ces moments-là restent des instants de joies, de bonheurs et de vies qui me portent chaque jour. Alors, non, je ne regrette pas du tout qu’elle soit restée quelque temps à mes côtés.
- Vous êtes un homme étrange, Hasegawa Yuusuke.

Me dit-elle d'un ton dubitatif.

- Je suis unique, à ce qu’il parait…

Conclus-je avant de m’endormir complétement, avec un sourire amusé aux lèvres, sans plus pouvoir résister une seconde de plus.



Dernière édition par Shusaku le Lun 26 Nov - 12:05 (2012); édité 1 fois
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Message Posté le: Dim 25 Nov - 23:29 (2012)    Sujet du message: Le vent du chagrin souffle en rafalle.
Welcome to Hell!




Je me redresse pour m’asseoir sur mon lit et rouvre les yeux pour sonder l’obscurité qui m’entoure. Je suis seul. Je ne ressens plus la présence de cette inconnue. Voilà que je rêve de nouveau d’une visiteuse nocturne. Passant ma main sur mon visage en poussant un soupir, je me demande bien ce qui peut se tramer dans ma tête pour que j’en vienne à vivre ce genre de rêves. Du moins, si s’en est vraiment un.

Après tout, ça ne serait pas la première fois qu’une expérience que je pensais rêvée se révèle être tout à fait réel. La question qui m’angoisse dans tout cela est de savoir si les deux domaines se mêlent seulement dans mon esprit ou que cela est indépendant de moi. Paradoxalement, la seconde solution me plairait bien davantage. Je n’ai aucune envie de me considérer comme fou.

De toute façon, que j’ai ce raisonnement à l’instant me prouve que ça ne peut pas être le cas, n’est-ce pas ?
Je finis par quitter mon lit et me diriger vers la salle de bain. Je sens que je ne parviendrais pas à me réveiller si je ne prends pas une bonne douche. Allumant la lumière en la jugeant trop éblouissante, je referme la porte derrière moi avec la ferme intention d’en sortir un peu plus réveillé et surtout plus présentable.
Ce rêve était étrange et particulièrement vague dans mon esprit. Mais paradoxalement, je me souviens avec une acuité particulière des propos qui ont été tenues durant ce dernier. Je me demande alors ce qu’il peut bien signifier.

Mes épaules s’affaissent alors que je retire ma chemise ainsi que mon caleçon pour me glisser dans la cabine de douche. Ouvrant les robinets, un mince filet d’eau chaude commence à marteler ma nuque et à courir le long de mon corps. Le frisson d’aise passé, je reporte mon attention à mes réflexions tout en commençant à me laver.
Il me semble que je suis plus détendu que la veille, plus résigné aussi. C’est triste d’y penser mais je ne peux désormais me détourner de la vérité, me mentir, vu que c’est moi-même qui l’ait découvert. La vie est bien moins drôle que ce qu’un enfant peut en espérer.

Plus j’y pense et plus il me semble que c’est ça, devenir adulte. Faire ce constat, être amer puis continuer à vivre malgré tout car on n’a pas le choix. S’intéresser et s’attarder à tous les petits plaisirs qu’il nous est concédé, comme le doux contact de l’eau chaude ruisselant sur la peau et délaissant vos muscles.

Peut-être que je devrais m’arrêter là ? M’acquitter de cela et ne rien espérer de plus ?

L’idée a du mal à passer. Peut-être parce qu’elle est un peu trop extrême ? Peut-être parce que j’ai, peut-être, plus vraisemblablement besoin de retrouver ce que je désire maintenant que le désenchantement a balayé mes illusions ?

Peut-être…

Sortant de la douche, je me sèche avec une serviette puis m’habille de vêtements propres, je coiffe tant bien que mal mes cheveux bouclés et sombres avant de constater que je n’ai plus de mousse à raser. Plissant les yeux en fixant le miroir qui me fait face, je me fais lentement à l’idée que je vais devoir aller en acheter.
Je me prépare donc à sortir sans entrain. En vérité, la première superette n’est pas bien loin et je pourrais assurément faire l’aller-retour en quelques minutes. Mais, il me semble que je n’arriverais à rien si je reste dans mon appartement aujourd’hui.

Je devrais, tout naturellement, chercher à travailler sur mes recherches. Mais la vérité, c’est que je n’en avais aucune envie. Ces dernières ne m’intéressent pas le moins du monde. L’archéologie, puisque c’était bien cela que j’étudie, ne m’intéresse plus du tout. Je ne me sens donc aucun désir de travailler à moins d’y être significativement forcé.

J’ai le sentiment qu’en agissant ainsi je me mets en danger, que je mets mon avenir en péril. Oui, je le sais pertinemment. Mais en moi, je me dis qu’arrivera pertinemment un jour ou je devrais travailler. En attendant, je ne parviens pas à trouver en moi le moyen d’aller de l’avant.

A cette pensée, je sens comme une chaleur au niveau de mon front. Portant ma main à ce dernier, je m’assois.

Mes jambes paraissent avoir perdus leurs forces et j’ai l’impression que ma gorge est serrée dans un étau.
Je reconnais ces symptômes. Maintenant, c’est certain, mes angoisses sont en train de prendre le pas sur ma volonté. Mon énergie s’use à me garder la tête hors de l’eau, à protéger le flot de mes pensées. Au-delà, il ne me reste plus rien pour continuer à vivre.

Je me retrouve immobile et exsangue. Je pensais vraiment en avoir fini avec tout ça, être sorti de cet enfer, être devenu quelqu’un d’un peu plus fort. Mais, en vérité, il semble que j’ai tout faux.
Je sens un frisson désagréable parcourir mon échine alors que la nervosité continue à me gagner et que je suis de plus en plus alarmé par mon propre état. Je sens le danger, je le sens très bien. Je suis au bord d’un précipice et je menace de basculer. Et je suis seul, infiniment seul dans ces instants.

Que feraient les gens dans ce genre de moments ? Sans doute appellerait-il de la famille pour leur demander de l’aide et du soutien ? Et peut-être que cela fonctionnerait avec une autre famille que la mienne ? Mais moi, j’ai le choix entre un père qui m’est un inapte en la matière, une mère qui s’empresserait de retrouver son emprise sur ma vie et une grand-mère dépassée par les événements.

Et je n’en appellerais aucun. Parce qu’au-delà de leurs incompétences respectives, ils ne m’ont jamais appris à réagir ainsi. Non, comme avant, je suis dans l’impasse. Je suis seul face à ma détresse, face à ses fantômes du passé qui se glissent dans les coulisses de ma conscience pour me paralyser.

Ne devais-je pas sortir ? Ne devrais-je pas plutôt travailler sur mes recherches ? Et si je m’enfouissais sous mes couvertures et attendais que le monde m’oublie, que la douleur passe et que les jours deviennent meilleurs ?
La souffrance sourde m’abasourdit. Il me devient difficile de prendre une décision. Me tournant vers mon ordinateur, j’agrippe ma souris d’une main hésitante puis effectue quelques clics.

Alors dans la pièce s’élève « Welcome to Hell » de Pearl Kyoukai. Ce morceau de musique semble correspondre si totalement à mon état d’esprit que j’ai voulu l’invoqué. Cela ne résout pas vraiment mes problèmes. Mais, au moins, le silence qui s’était installé autour de moi est chassé. J’entends le son plaintif de la guitare électrique s’élevé avant de laisser sa place à la voix du crooner, un piano fantasque joue sa propre partition au-dessus d’une rythmique à la batterie et à la basse. Le son clair et pur du piano et les couinements passifs paraissent tout autant chanter que la voix de l’homme.

L’ensemble me parait toujours aussi excellent. Ma tête se penche au rythme de la musique. Mon esprit se vide alors que me concentre sur la mélodie et que je la laisse atteindre mon cœur. L’effet est hypnotique.
Laissant la mélodie se tarir, je me redresse pour me laisser tomber sur mon futon. Fixant le plafond, je me demande pourquoi je ne me suis jamais mis à fumer. Ça serait pourtant bien maintenant que je m’en allumerais une.

Poussant un soupir, je porte mon bras sur mon front, puis sur mes yeux puis je reste ainsi immobile et rêvasse au retour possible d’Aisuri. Que ferais-je s’il revenait ? Qu’est-ce qu’elle me dirait pour me tirer de cet état ? Quel serait sa solution ? Peut-être que sa seule présence suffirait à me redonner vie ? Oui, c’est bien possible.
Malheureusement, je suis seul, désespérément seul dans ce studio. Ce dernier me semble d’ailleurs être devenu trop grand pour moi. A cet instant, un simple réduit ferait mon bonheur.

Tout pourvu que je ressente un peu plus de chaleur et un peu plus de vie que dans cet appartement sans décorations ou presque, aux meubles disparates et spartiates. Mon cœur est glacé, ma gorge semble être dans un étau, mon esprit n’est plus qu’une vague notion vaporeuse.

Et le chanteur comme pour conclure me souhaite « Welcome to Hell. »



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Message Posté le: Aujourd’hui à 12:15 (2017)    Sujet du message: Le vent du chagrin souffle en rafalle.

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