:: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite ::
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Shusaku


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Message Posté le: Mar 9 Oct - 10:57 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite


Préambule: Entre les ténèbres et la Lumière


Une silhouette, seule tache de couleur dans ce tableau obscure, s’affaisse sous l’immensité oppressante d’un Vide Absolu. Dans la terrible noirceur qui s’attache à mêler l’horizon, ses sanglots résonnent avec l’acoustique des plus grandes cathédrales. Ses larmes coulent sur sa peau et viennent couvrir ses joues d’une ombre diaphane. Ses épaules tremblent, se faisant l’écho d’un cœur meurtri. De sa gorge serrée par l’émotion s’échappe quelques plaintes étouffées. Ses cheveux, comme des rayons ignés, glissent en avant alors que sa silhouette s’affaisse encore un peu plus. Ses mains se portent vers l’obscurité comme pour se retenir de basculer. Ses forces l’abandonnent alors que le monde autour d’elle se nourrie des dernières couleurs qui la compose.

Soudain, deux flammes ardentes s’élèvent à l’horizon. Elles sont animées, elles la fixent. Elle les sent comme une peur douloureuse laissant sa chair moite et tiède, la vidant de ses ultimes formes. Elle lève alors son regard pour croiser les deux puits enflammés. Ses iris azures, tremblants fiévreusement, finissent par se figer d’horreur. Elle sent son cœur s’écraser en voyant l’horizon tout entier s’enflammer alors que l’odeur du sang et de la sueur s’insinue dans ses narines. Ses lèvres pâles s’entrouvrent pour que dans un dernier souffle, un cri désespéré s’élève. C’est en cet instant même que la lumière surgi de toute part comme une grande marée de flammes pour se jeter sur la frêle silhouette, la noyant sous un flot iridescent.


Elle se redressa dans son lit en haletant. Ses yeux bleus s’ouvraient, écarquillés sur un monde que le délire venait voiler de flammes. L’air passait difficilement à travers sa gorge serrée. Il lui semblait que le rêve n’était pas terminé, qu’elle était toujours dévorée par cette lumière terrible de clarté. Une partie de son esprit, son instinct, lui intima de ne pas rester coucher. Elle voulue se lever mais elle ne fit que basculer lourdement au bas du lit. Le sol était dur et froid. Son contact était douloureux mais ce dernier parut lui donner une nouvelle énergie. Lâchant une plainte pitoyable, elle rampa vers la fenêtre d’où s’échappait un flot de lumière éblouissante. Ses mains s’élevèrent avidement pour saisir la cordelette et la tirer avec ses maigres forces. Les deux pans des rideaux épais s’unirent. Seul un mince faisceau de lumière filtrait dans une chambre plongé dans la pénombre, entre obscurité et clarté. La jeune fille rampa alors vers le coin du mur avant de caler difficilement son épaule contre ce dernier. Elle replia ses jambes contre elle et les retint de ses bras croisés. Ainsi recroquevillée, des larmes commencèrent à perler sur ses joues alors qu’elle tentait de retenir douloureusement ses sanglots et de retrouver son calme. Ce rêve revenait sans cesse la hanter, la torturer pour la laisser exsangue. Il revenait de plus en plus souvent et à mesure, elle sentait ses forces la quitter, son esprit se briser.

Mais personne ne l’écoutait, on avait décidé de la cacher, de l’enfermer dans ses appartements et de ne plus évoquer son nom. Peu à peu, il lui semblait disparaître à mesure que les ombres et les rumeurs venues de l’extérieur devenaient de plus en plus menaçantes. Son frère était parti, son père aussi. Tous deux étaient désormais au front, combattants côtes à côtes dans cette terrible guerre pour le Royaume d’Hyrule. Elle n’avait plus que sa mère. Cette dernière n’était plus que l’ombre d’elle-même et sa fille pouvait voir la haine qui assombrissait désormais son cœur. C’était elle qui l’avait faite enfermée. La jeune fille se souvenait du dernier regard qu’elle lui avait porté. Celle d’une femme regardant un monstre avec une horreur flirtant avec la folie. De leurs liens, il ne restait plus que de la souffrance.

Plus rien ne l’a retenait au manoir du pic. Elle devait partir. Elle devait descendre dans la plaine et la rejoindre. Elle, qui seule, pouvait repousser ses cauchemars. Oui, elle devait retrouver Zelda.



Dernière édition par Shusaku le Jeu 11 Oct - 16:21 (2012); édité 5 fois
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Message Posté le: Mar 9 Oct - 10:57 (2012)    Sujet du message: Publicité
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Message Posté le: Mar 9 Oct - 15:21 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Salut à toi ! Bienvenue sur le forum !

Mais avant tout, pense à te présenter dans la section suivante : http://domainefanfictionzelda.xooit.com/t5-Presentation-des-membres-du-foru…

Concernant ton texte le début est plutôt pas mal, mais est ce un prologue ? Un chapitre ?


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Message Posté le: Mar 9 Oct - 15:26 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
C'est fait.

Et en ce qui concerne mon texte, difficile encore à dire. Disons que c'est une fanfiction embryonnaire et que je lui trouverais une structure chemin faisant?



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Alidae Fern


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Message Posté le: Mar 9 Oct - 15:31 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Ok d'acc, hâte de voir la suite ^^

Je remarque quelques petites fautes de frappe, mais pas de faute d'orthographe majeure. Bien écrit, j'aime bien ^^


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Démon


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Message Posté le: Mar 9 Oct - 18:36 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
On sent le rôliste ! Un amour des descriptions et des mots gourmands reconnaissable entre mille, si je puis m'exprimer ainsi.

C'est extrêmement classe, mais du coup je me sens moins proche du personnage. L'idée d'accompagner le texte de musique est toujours très appréciable ^^


Hum, si tu trouves la structure en chemin, pourquoi pas. Mais je te conseille tout de même de mettre un titre, une phrase ou même un numéro, bien visible en haut de chacun des textes que tu posteras.

Sinon eh bien Lenia l'a dit, deux ou trois petites fautes par-ci par-là mais franchement c'est vraiment pour titiller !


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Message Posté le: Mer 10 Oct - 21:39 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite


La Légende de Zelda



L’année précédente

- Knil pourrait jouer ce rôle.

Les courtisanes s’étaient tues à l’instant ou la voix pure et claire de la princesse s’était élevée avec facilité au-dessus des babillages de l’assemblée. Tous les regards se portèrent sur la principale intéressée, la demoiselle du pic enneigée, Knil. Cette dernière n’était pas moins étonnée que ses consœurs de l’idée que venait d’émettre la princesse du royaume.

Voilà plusieurs heures que les jeunes courtisanes du château agitaient leurs éventails énergiquement dans le jardin de ce dernier, travaillant avec excitation au dernier projet de Zelda. Les robes en cloches ballotaient à la limite de l’indécence. De nombreux gardes du château étaient déjà bien émus d’avoir ainsi pu deviner en de fugitifs et délicieux instants, la couleur des chausses qui venaient couvrir les chevilles de ces dames de la cour. De seules Zelda et Knil, les honorables hommes d’armes n’auraient su que dire si la question leur avait été posée. La première, car son port droit et royale ne souffrait d’aucun affront. La seconde car la réputation de sa lame avait découragé leurs curiosités.

Quoi qu’il en fût exactement, elles étaient toutes d’excitations contenues à l’idée de la princesse. En effet, cette dernière avait eu une idée qui avait immédiatement ravie l’auditoire, celui de concevoir une pièce de théâtre autour d’une légende bien particulière. Knil s’en était tout d’abord étonnée. Elle connaissait la passion de son altesse pour cette histoire mais maintenant que le silence s’installait et que Zelda la dardait de ce regard si gênant et si espiègle, Knil comprit que la princesse avait tout manigancé dès le début pour que les choses en arrivent à ce point. Le rouge gagna les joues de la jeune fille alors qu’elle prenait toute conscience des projets que lui réservait Zelda. Son cœur s’accéléra plus que de raisons.

- Il est vrai que Knil fera parfaitement l’affaire, votre Majesté.

Acquiesça une des courtisanes d’un ton entendu. Les autres s’empressèrent de hocher la tête à son adresse pour appuyer ses dires. En effet, la princesse y jouant le rôle de son alter-égo légendaire, elle devait déposer un chaste baiser sur les lèvres du héros du temps. Hors, en tant que personne royale, embrasser un homme qui ne soit pas celui qui serait son mari serait un scandale, d’où l’astuce.

- Aucun homme de la cour ne peut jouer ce rôle. Et Knil est, sans nul doute, la plus masculine d’entre nous.

La principale intéressée fronça les sourcils, pressant ses lèvres en une moue réprobatrice. Il ne fallut pas davantage pour qu’elle s’emporte.

- Pardon ?!
- Ne te méprends pas sur le sens de ses dires Knil mais il faut l’avouer, tu sais manier une lame, tirer à l’arc et tu es coutumière des arts de la guerre. Aucune d’entre nous n’a ces qualités à l’exception de sa Majesté.

Résuma calmement une autre courtisane avec un geste d’apaisement.

- Et puis, elle n’est pas vraiment très voluptueuse.

Chuchota une énième à sa voisine avec un sourire amusée, cette dernière acquiesçant vivement.

- Pardon !
- Mais, elle est plus petite que sa Majesté ! Cela serait ridicule que le héros soit plus petit que la princesse !
- Hey, mais…
- Il suffira d’ajouter des talons à ses bottes et de lui apprendre à marcher avec ?
- Quoi !
- Oh oui, ainsi elle serait parfaite !
- Mais !

Et la voix de la princesse s’éleva de nouveau au-dessus du brouhaha qui allait crescendo.

- Il en sera ainsi, Knil sera notre héros de la légende.

Cette dernière tourna un regard désespérée vers Zelda, son visage était le siège d’un tas d’émotions mêlées, partagé entre embarra et consternation. Mais les yeux bleus de la princesse pétillaient d’une lueur si redoutable de malice et d’amusement que la demoiselle du pic rendit les armes en s’affaissant, laissant échapper un soupir déchirant. Rien ne pouvait empêcher son altesse d’arriver à ses fins quand elle avait ce regard-là. Knil le savait depuis sa plus tendre enfance. Il ne lui resta plus qu’à maudire silencieusement son grand-père de leur avoir, un jour conté cette légende.

Même si… A bien y réfléchir… Il n’avait jamais parlé d’une scène ou le héros était embrassé par la princesse !



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Zora


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Message Posté le: Mer 10 Oct - 23:06 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
J'accroche littéralement à ton style ! Tu choisis très bien tes mots et tu décris, je trouve, avec finesse les scènes: sans trop de détails, tu arrive à nous faire vivre ton histoire avec brio !

J'ai été bien essoufflé par le prologue (?). On vit littéralement le cauchemar de ton personnage ! J'aime beaucoup !

Ta mise en page m'interpelle : lorsque tes personnages parlent, tu places le verbe de leur action chaque fois, un peu plus bas. Est-ce un style ?

Deux-trois fautes de frappe et de conjugaison mais rien d'alarmant, je fais la même chose, c'est vraiment du à l’inattention ! ^^

j'adore le passage où le personnage de Knil ne peut pas en placer une concernant son rôle dans la pièce ! Hilarant ! xD

Personnellement, le fait de ne voir aucun titre ou indications concernant ton premier texte a, au contraire, aiguisé ma curiosité ! Mais je conseille également de le faire quand tu auras structuré ton histoire ! Wink

Sinon, y'a du niveau en tout cas ! On sent que tu n'en es pas à ta première fanfiction ! ( ou texte quelconque )

Continues comme ça ! J'attends la suite avec impatience ! Okay

EDIT : Je viens de saisir à quoi servaient ces barres audio à chaque début de message ! xD

Du coup, je vais me relire tes textes en les écoutant... Génial, ce procédé en tout cas ! Very Happy


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Message Posté le: Jeu 11 Oct - 09:17 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Eh bah, encore une bonne petite claque mon cher Shusaku... c'est vraiment du très haut niveau, autant dans le vocabulaire que dans la structure et même, tout le reste.

A ma grande satisfaction, tu gères les dialogues avec la même aisance que le reste !

Franchement, du tout bon ^^


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Shusaku


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Message Posté le: Jeu 11 Oct - 16:31 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Merci beaucoup. Cela réchauffe vraiment le cœur de voir que des lecteurs accrochent à ce que vous écrivez. Je vais donc m'empresser d'écrire la suite pour vous remercier. En ce qui concerne le commentaire après chaque dialogue, en fait, c'est une petite histoire amusante et assez simple.

Quand j'étais enfant et que j'écrivais mes premiers récits, je pensais qu'il fallait absolument toujours ajouter un commentaire après une phrase de dialogue, comme une sorte de grammaire. Ce n'est que bien plus tard que je me suis rendu compte qu'on pouvait se permettre parfois, pour accélérer le rythme du dialogue, une fois que le ton des divers personnages étaient saisis par le lecteur, de ne rien spécifier. Du coup, cela revient davantage à lutter contre une manie qu'autre chose de ne pas commenter. ^^'

Les choses commencent à prendre forme dans mon esprit. Je pense que la structure globale de la fanfiction va commencer à s'étoffer.

Merci encore pour ces commentaires. *s'incline respectueusement*



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Message Posté le: Jeu 11 Oct - 21:11 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Je vois ! Merci de m'avoir expliqué ! Il s'agit donc bien d'un style ! C'est intéressant ! J'aime bien cette idée ! Very Happy

En tout cas, j'attends patiemment la suite ! Ton style est agréable à lire ! Okay


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Message Posté le: Jeu 11 Oct - 23:11 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Je voudrais tout d'abord m'excuser pour la longueur terrible de ce post, du nombres de musiques préparés. Mais ce n'est pas de ma faute! Je suis rentré chez moi à 17h. J'ai commencé par enlever mon manteau, m'asseoir, mettre de la musique et puis j'ai commencé à écrire et... 22h31, j'arrête d'écrire. J'ai faim, j'ai soif, je suis dans un état d'excitation dingue et j'ai écris... 10 pages Word.

Les voici.

P.S: Ce qui est écrit en rouge est explicitement violent. Âmes sensibles s'abstenir.

P.S.2: Et devinez quoi? Je vais me pieuter. -_-

D'une légende à l'autre




De nos jours.

Il était loin désormais ce passé. Cela ne faisait pourtant qu’une année que tous cela s’était passé. Mais, la pièce n’avait jamais pu être jouée. La guerre était venue tout balayer. Knil avait dû rentrer au manoir du pic. Mais avant son départ, la princesse lui avait fait un étrange cadeau. Ce dernier avait échappé à sa mère, la dame du pic et désormais, Knil pouvait l’utiliser pour se libérer.

Dans la pénombre de sa chambre, éclairée d’une seule et unique bougie tremblotante, l’ombre vacillante de la jeune fille semblait prendre une ampleur démesurée. Au dehors, le monde était plongé dans l’obscurité blafarde d’une nuit de pleine lune. Mais aucun de ses rayons ne venaient traverser les épais rideaux noirs. Seule la rumeur d’un vent glacial portait les plaintes hivernales de montagnes enneigées alentours.

Face au miroir de sa commode, Knil se tenait devant un contenant en bois verni portant les symboles de la Triforce. Ses deux mains se portèrent sur les côtés du couvercle pour l’élever et ainsi révéler l’émeraude de la tunique pliée que la boîte contenait. Avec une lenteur et un soin digne d’une cérémonie sacrée, la jeune fille éleva et déplia le vêtement devant elle. Elle le fixa ainsi un long instant avec un regard d’une étrange intensité avant de l’étendre sur son lit.

Ensuite, elle tira de la boite, une chemise de mailles, un gambeson et un surcot de lin blanc puis, comme suivant la trame d’un autre temps, plus lent que celui rythmé par les astres du firmament, elle s’habilla. Un à un, elle se revêtit des vêtements du héros de la légende, passa ses collants blancs autour de ses fines jambes, attacha la délicate ceinture écarlate à la boucle dorée au-dessus de sa mince taille, passa ses petits pieds dans les bottes de cuirs.

Une fois apprêtée, elle fixa son regard dans celui de son reflet. Son cœur commença à cogner dans sa poitrine. Elle portait les vêtements que la princesse lui avait donnée. C’était son trésor, son unique bien, la seule chose qui lui restait mais qui allait lui permettre de reconquérir le reste. Et voir même, conquérir ce qu’elle désirait le plus. A ces pensées, elle serra son poing au niveau de son cœur et prêta un serment secret.

C’est alors que du coin de l’œil, elle crue percevoir un mouvement. Tournant lentement le regard vers ce dernier, prête à réagir, elle vit son ombre la regarder sur le grand mur ou elle était projetée. Elle savait que ce n’était que son ombre, qu’il était normal qu’elle lui fasse face. Et pourtant, il y avait comme quelque chose de consistant, de vivant, dans cette ombre. Mais, un bruit vint rompre l’enchantement.



Jeux d'ombres





Une clé fit son chemin dans une serrure et tourna avec difficulté dans cette dernière. La porte de la chambre de la demoiselle du pic s’ouvrit dans un grincement macabre et deux silhouettes se révélèrent dans l’entrebâillement. De taille égale, il était impossible, dans la pénombre dans lequel le manoir était plongé, de clairement définir leurs traits.

Les quelques rayons diaphanes de la lune venaient se refléter sur le métal de leurs lames alors qu’ils entrèrent dans la pièce dans un bruit de tôles froissées à peine étouffé. Les deux individus s’avancèrent de part et d’autres du lit. La bougie teintait la pièce d’une étrange couleur dorée nimbée d’ombres mouvantes et révélaient aux deux intrus la silhouette d’une personne dormant dans son lit. Ils s’approchèrent encore et plus jusqu’à paraitre chacun en un bord. Leurs ombres s’étendaient désormais tout entier au-dessus de la jeune fille figée, paraissant endormie et sans défense.

Mue par le courage des lâches, les deux silhouettes tournèrent leurs épées, pointes vers le bas et sur un signal secret unissant les cœurs mauvais, ils abattirent leurs lames maintes fois à travers les draps. Mais, au lieu du cri, de la chair déchiré et du sang venant souiller les étoffes immaculées, c’est un nuage de plumes blanches qui vint recouvrir les deux individus. Soudain épris d’une angoisse, l’un des deux repoussa les draps et révéla un mannequin de fortune. Au même instant, la flamme vacilla et la porte derrière eux claqua. Après avoir échangé un court regard incrédule, les deux individus se jetèrent hors de la pièce en jurant contre celle qui venait de leur échapper.

A peine les deux silhouettes avaient quittés la pièce et s’étaient perdus dans le couloir du manoir qu'un nouvel individu apparu sur le seuil de la porte. L’inconnu resta un instant à jauger de la fuite des deux précédents intrus avant de franchir le pas et d’entrer dans la chambre. La flamme de la bougie révéla alors son visage dont les cheveux noirs attachés en une queue de cheval ne dissimulait pas. Seules quelques mèches venaient assombrir son faciès déjà plongés dans l'ombre à cause d'une barbe courte mais fournie. Ses sourcils épais et sombres froncés et les nombreuses rides de soucis qui parcheminaient son visage creusés étaient le signe d’une inquiétude intense.

- Pourvu que…

Balbutièrent ses lèvres d’une voix alerte et empressée alors qu’il s’approchait du lit pour en repousser le drap et juger du spectacle. Sa grimace s’intensifia et ses yeux, comme deux perles sombres, se perdirent en balayant le sol, à la recherche de quelque chose. Ces derniers s’arrêtèrent sur la flamme vacillante puis se tournèrent vers la fenêtre dont les épais rideaux bougeaient légèrement sous l’effet de l’air froid qui se glissait sous ces derniers. Il porta enfin son regard sur la porte qui commençaient déjà se refermer. Un sourire étrange naquit sur son visage et ses rides parurent de l’histoire ancienne. Il marcha d’un bon pas vers l’entrée pour la refermer puis il se tourna vers le coin de plus sombre et le plus éloigné du lit avant d’élever la voix.

- Sortez, mademoiselle Knil. Je ne suis pas un de vos ennemis.

La silhouette de cette dernière sortit de l’ombre dans laquelle elle était plongée. Elle passa sa main dans le dernier gant qu’elle n’avait pu encore revêtir puis darda un regard incendiaire envers l’inconnu qui bloquait sa seule sortie.

- Alors, ne vous mettez pas en travers de ma route.

Prévint-elle d’un ton sans équivoque.

L'effet miroir





L’impétuosité et le caractère de la jeune femme se ressentait jusqu’à dans la longue et unique tresse dorée qui glissait sur son épaule. Mais, ce n’est pas vraiment cela qui provoqua l’étonnement de l’inconnu. Les lèvres de ce dernier s’étaient entrouvertes de stupéfaction car, pendant quelques instants, sortant des ombres, il avait cru voir une légende prendre vie.

Knil ressentit le trouble de son interlocuteur et jugea l’opportunité d’en profiter mais quelque chose la retint dans son geste. Il y avait dans les deux puits sombres que formaient les yeux de l’individu, une flamme brulant avec une étrange profondeur, un terrible calme, qu’elle pouvait aisément mettre sur le compte d’une grande expérience. Celui qui lui faisait face était dangereux, elle en était de plus en plus certaine et espérait sincèrement qu’il disait vrai et qu’il n’était pas un de ses ennemis ou le combat qu’elle devrait livrer pourrait lui être fatale.

- Laissez-moi passer.

Ordonna-t-elle sur un ton autoritaire en faisant un pas en avant. L’individu humecta ses lèvres avant de lever la main devant lui pour l’inviter à attendre.

- Et après ?
- Mon destin m’appartient.

S’irrita la jeune fille en se stoppant, se déhanchant légèrement pour présenter son épaule droite. L’homme abaissa le bras, un sourire amusé naquit sur ses lèvres.

- Bien peu, en vérité… Mais passons, nous n’avons guère de temps.
- En effet.

Argua Knil avec une attitude indocile.

- Votre mère est en danger.

Expliqua l’inconnu d’un ton grave.

- Elle est un danger pour moi.
- C’est votre geôlière… Oui… Mais, elle a été manipulée.
- Oh… Et cela l’excuse sans doute ses actes, je suppose.

Se moqua la jeune fille d’un ton acide.

- Ils disent tenir votre frère.

Knil fronça les sourcils et mordit à l’hameçon.

- De qui parlez-vous ?

- Le duc du bourg d’Hyrule.

Elle hésita à demander pourquoi mais se ravisa et finit par hocher la tête.

- Jeux politiques.

Résuma la demoiselle du pic en crachant ces mots. L’inconnu acquiesça sèchement.

- Nous devons nous hâter si nous voulons la sauver.

Surenchérit-il en plissant ses rides de soucis, plongeant son regard dans celui azur de la jeune fille. Cette dernière lui répondit d’un air sombre, un méchant sourire aux lèvres.

- En effet, on ne m’enlèvera pas ma vengeance. Allons ! Au grand hall !

L’homme ouvrit la porte derrière lui et s’écarta pour la laisser passer. Il marqua un instant d’hésitation alors que la silhouette de Knil le frôlait en passant puis il pressa ses lèvres l’une contre l’autre d’un air ennuyé avant de la suivre.

La jeune demoiselle filait dans le couloir d’un pas leste et rapide. Son compagnon de l’instant se demandait d’ailleurs comment elle avait pu garder une telle forme après un si long enfermement.

Soudain, ses pensées furent interrompues par un cri.

- Alerte !

Ils se figèrent tous deux et un frisson parcouru leurs échines. Impossible qu’ils soient déjà découvert ! Mais le fracas métallique et froid des armes accompagnées de cris macabres provenant du rez-de-chaussée les firent comprendre qu’ils n’y étaient pour rien. Comme un seul homme, l’inconnu et la jeune fille se penchèrent du haut du balcon de la coursive pour regarder le hall d’entrée du manoir. Ils purent alors voir deux gardes de la maison avec leurs livrés d'argent se battre pied à pied contre des hommes portant les armures du duc, aux reflets ocres.

- Ça a déjà commencé.

Murmura le barbu, sombrement. Knil détacha son regard du spectacle et chercha quelques choses du regard avant de tendre la main vers l’inconnu.

- Votre dague.

Ce dernier se tourna vers elle, levant un sourcil tout en fronçant un autre.

- Vous ne comptez pas…

Ses yeux prirent une teinte glaciale quand ils se posèrent sur lui.

- Coupez au moins cette corde qui retient le lustre.

L’homme haussa les sourcils puis un sourire amusé naquit sur ses lèvres, il tira ses deux épées courtes avec maitrise et trancha sans peine l’épaisse corde qui retenait le luminaire. Ce dernier vint s’abattre sur les trois hommes du duc.

- Finndo ! Eukslay ! Fuyez ! La maison est perdue ! Vous servirez ma famille une autre fois !

Ordonna Knil aux deux gardes du manoir. Ils tournèrent tous deux un regard hésitant vers cette dernière. Celui qui pouvait encore tenir debout finit par acquiescer et aida l’autre à se relever pour l’entrainer en lieu sûr.

- Ne perdons pas plus de temps.

Intervint l’inconnu. La jeune demoiselle acquiesça et ils reprirent leur course éperdue. Au croisement, Knil tourna sans hésiter sur sa droite. Son compagnon hésita puis décida de lui faire confiance. Ils parvinrent à un cul de sac ou trônait la statue d’une des trois déesses, Farore. La jeune fille se jeta sans hésiter sur elle et commença à la pousser sur la gauche. L’inconnu comprenant avec un léger retard son entreprise vint l’aider sur les derniers centimètres, révélant ainsi un sombre escalier étroit.

A nouveau, ce fut Knil qui s’engouffra sans attendre pour descendre les marches en colimaçon quatre à quatre. Elle parvint en bas de ce dernier, son pied marcha sur une dalle et le mur devant elle s’ouvrit sur le grand hall. Bondissant dans la pièce, elle fut reçue par une forêt d’épées pointées vers elle. A sa suite parut l’inconnu et le même accueil lui fut réservé.

La revanche de la vie sur la mort




Les deux compagnons d’infortunes regardèrent les gardes du manoir qui les entouraient avec inquiétude. Au-delà, une sombre et grande silhouette paraissait dans une élégante robe aux couleurs rouges et or.

-Ne t’avais-je pas dit de ne pas sortir de ta chambre, ma fille ?

Demanda une voix que la colère faisait trembler. Le barbu jeta un œil aux divers accès de la salle. Ils étaient tous clos par une lourde porte de bois barré d’une poutre de même nature. Des serviteurs s’évertuaient à les renforcer alors qu’on entendait les soldats du duc s’évertuer à en briser les gonds.

- Qu’on ferme ce passage !

Ordonna la voix féminine alors que le groupe de garde se clairsemait et que le regard haineux d’une femme au teint pâle et aux cheveux, couleur terre, serrés en un chignon sévère, se révélait aux deux compères. Le mur derrière eux se ferma, les piégeant définitivement.

- Dame Sofia, je suis venu avec votre fille pour m’assurer de votre sécurité.

Expliqua l’inconnu d’un ton diplomate.

- Ainsi donc, vous êtes le responsable qui a libéré ce monstre, Duncan. Je suis déçu par vos actes.
- Je ne cherchais nullement à attirer votre courroux, dame.
- En allant contre les règles de ma maison ! En allant contre les lois de celle qui la mène ! Vous n’espériez pas encourir mon châtiment ! ?

S’emporta la dame du pic, sa voix s’étranglant dans les aigus. Le martèlement insistant des hommes du duc sur les portes continuaient de résonner dans le grand hall avec un écho funeste.

- Ma dame, je vous en conjure, il y a affaires plus importantes à mener dès l’instant !

S’agaça le dénommé Duncan en lançant un regard désespérée à son encontre. Mais ses sourcils froncés et ses rides creusées par le souci n’eurent aucun effet. Seul un rire brisé et malade lui répondit, alors que le regard de Sofia luisait fiévreusement.

- Non, Duncan. Il n’y a rien de plus important que l’éducation qu’une mère doit à sa fille. Gardes ! Menez-la à moi.

Dit-elle d’un ton macabre en se saisissant d’une badine.

Knil se rapprocha de son compagnon comme pour s’assurer de sa protection. Ce dernier lui jeta un regard alarmé. Même si son cœur le désirait ardemment, il était bien en mal de pouvoir faire quoi que ce soit avec toutes ces lames pointés vers lui. Les gardes finirent par empoigner la jeune demoiselle pour la mener jusqu’à sa mère, au pied du trône.

La jeune fille se tenait recroqueviller sur elle-même, les bras serrées contre sa poitrine mais elle se laissait faire sans trop résister. Sofia paraissait exulter alors qu’un sourire fou déformait son visage.

- Prosterne-toi devant ta mère, mon enfant ! Et vois ! Vois le monde tel que je le vois !

Duncan regardait la scène avec une horreur désespérée. Ce que à quoi il assistait était pure folie ! C’est alors qu’il ouvrit grand ses yeux en voyant le visage de la dame du pic se déformer d’effroi à mesure que Knil se redressait, l’éclat d’une dague miroitant dans sa main. Les gardes n’eurent le temps d'agir que la jeune demoiselle avait déjà enroulé son bras autour du cou de sa mère et glissait la lame aiguisée sous sa gorge. Le barbu reconnu cet éclat macabre et comprit pourquoi Knil s’était tout d’abord serré contre lui avant de se laisser mener. Elle lui avait subtilisé sa dague !

Et maintenant, elle tenait son geôlier, son bourreau, à sa merci. Dans son cœur, un feu ardent et noir dévorait ce
qui pouvait rester de ses sentiments filiales. Elle allait enfin accomplir sa vengeance. Elle tenait celle qui était à l’origine de ses malheurs ! Elle… Elle !

- Cessez cette folie !

Ordonna Duncan en jetant ses armes au sol dans un fracas qui vint rompre tout enchantement.

- Ne voyez-vous pas ! La mort nous entoure ! Les béliers vont fracasser les portes puis les lames froides transperceront nos chairs pendant que nous continuerons à nous entre-déchirer.

L’auditoire s’était figé. Knil avait le regard fixé sur Duncan alors que ce dernier continuait à parler. Il était là, les bras levés et tendus autour de lui, dardant un regard puissant sur la foule. Son plastron aux reflets d'argent sur ses vêtements blancs et sangs reflétait une lumière étrangement glaciale et pure. Il en était de même des larges bandelettes de fer blanc qui couvrait ses larges braies de laines jusqu'à ses chausses. Et malgré la grossièreté de la coupe de ses vêtements, de sa large ceinture de cuir riveté dont la grosse boucle représentait un tourbillon symbolique, quelque chose de noble émanait de lui. Cette vision fit refluer la folie qui avait étreint le cœur de la jeune fille.

- Ces traitres vont nous enlever la vie ! Ces hommes ne sont plus que des bêtes ! Ils ont craché sur nos traditions ! Ils ont versés le sang dans la maison qui les avait accueillis. Ils piétinent ce que nous avons appris, tuent ceux que nous avons aimé ! Ils sont notre destruction ! Notre fin !

- Il a raison, ma petite… Nous allons tous mourir ici… Nous sommes condamnés… Alors que tu me tues maintenant ou pas… Peu importe car je sais que tu ne survivras pas. Et alors… Peut-être que mon fils vivra ? Oui... Mon fils…

Murmura Sofia dans sa folie.

- Détournez vos épées vers vos véritables ennemis, combattons pour ce que nous sommes ! Et vivons !

Harangua Duncan.

- Oui…

Murmura à son tour Knil.

- Je vais vivre. Je vais même devenir ce que tu crains le plus, mère. Je vais devenir forte, splendide et belle. Rien ne me résistera. Et ou que porteras ton regard, tu devras admirer ma réussite.

Finit-elle par dire en desserrant son étreinte en s’écartant de sa mère. Apparemment vidée de ses forces, cette
dernière s’effondra dans un rire brisé. Les deux gardes l’aidèrent à se relever pour la mettre en sécurité alors que Knil élevait la voix.

- Duncan ! Menez-nous.

Les gardes du manoir tressaillirent puis ils acquiescèrent à l’unisson. Si la demoiselle du pic leur inspirait toujours de l’effroi et de la crainte. L’homme qui venait de parler leur paraissait leur seul chance de salut. Knil envoya la dague de Duncan à ce dernier qui la récupéra pour la ranger dans son étui avant de se tourner vers les soldats pour les organiser.

Pendant ce temps, la jeune fille monta sur le trône pour atteindre les armes qui étaient accrochés au-dessus de ce dernier. Elle empoigna la garde de l’épée de son grand père et sourie. Il la lui avait toujours promise et elle lui revenait enfin. Elle récupéra aussi le bouclier hylien ainsi que les harnachements adéquats puis elle descendit pour s’en équiper.

- Nous allons devoir tenter une percée par l’une des portes et atteindre la sortie la plus proche. Ensuite, il faudra
nous disperser dans la montagne. Regagnez au plus vite vos familles et partez avec eux en prenant le strict nécessaire car il faudra vous attendre à être poursuivi.

Expliqua Duncan aux soldats et aux serviteurs assemblés autour de lui.

- La meilleure solution est de fuir par le sellier. L’accès est le plus proche et le plus étroit. Cela sera un désavantage pour les troupes du duc. De plus, les sorties en sont nombreuses.

Inspira Knil. Tous acquiescèrent et commencèrent à se préparer en conséquence. Seul Duncan resta pensif en regardant l'arme et le bouclier de la jeune fille. Puis, il finit par sortir de ses pensées. Les soldats formèrent les lignes face à la porte. Les serviteurs se préparèrent à l’ouvrir. Sofia était maintenue virilement par Duncan, ce dernier paraissait bien décidé à lui assurer la vie sauve. Knil, quant à elle, se tenait en première ligne, fixant froidement la porte et murmurant à elle-même.

- Je vais vivre. Je me le promets.

Prière aux morts


La porte céda enfin sous les coups de boutoirs des hommes du duc. Ils exultèrent d’un grand cri de victoire mais ce dernier resta bloqué dans leurs gorges quand ils virent les assiéger charger sur eux avec toute l’énergie du désespoir. La surprise permit aux gardes du pic de percer les premières lignes. Mais, la rumeur gagna rapidement et les hommes des autres portes parvenaient sur le flanc droit.

Knil s’était jetée dans la mêlée en poussant un grand cri de rage. Elle avait beau être une épéiste de renom. C’était son premier vrai combat. Et à cet instant, elle comprit qu’elle n’avait jamais combattu. Les lames sifflaient près d’elle comme d’affreux bourdons à la piqure fatale. Les cris de rage et les hurlements de douleurs mêlées couvraient le fracas insupportable qui l’entourait. L’odeur du sang commençait à se mêler à des odeurs plus obscures et nauséabondes.

Sa lame avait pris une teinte écarlate alors qu’elle abattait ses coups. Mais, il n’y avait aucune vaillance, aucune gloire dans ce combat. Elle n’avait jamais entendu cela dans les légendes. On ne lui avait jamais raconté une telle chose. Et si elle semait la mort sur son passage, ce n’était nullement pour en sortir grandit mais bien pour éviter de passer de vie à trépas.

C’était le plus bas des instincts qui la menaient à lever son bras et à l’abattre. C’était la logique la plus élémentaire qui la menait à transpercer le cœur de son adversaire. C’était la raison la plus froide qui guidait sa lame vers le cou de l’ennemi pour le lui trancher.


Knil parvint au sellier et s’y arrêta, laissant les gardes fuir devant elle. Ce moment de répit lui permit de s’inquiéter du sort de Duncan. Se détournant pour voir la porte d’où elle venait, elle vit ce dernier surgir en tenant un corps ensanglanté dans ses bras. Knil se jeta alors sur la porte et avec l’aide d’autres gardes, elle parvint à la refermer sur leurs poursuivants.

- Il faut gagner du temps pour les autres ! Mettez tous ce que vous trouvez de lourd devant cette entrée !

Ordonna-t-elle avant de se détourner vers son compagnon d’infortune. Ce dernier s’était empressé de panser les blessures que Sofia avait reçues. Knil s’approcha et mit un genou à terre juste à côté de lui.



- Elle s’est jetée sur une épée. Je n’ai rien pu faire.

Expliqua froidement l’homme.

- Tu en as déjà fait plus que j’en aurais faits moi-même.

Répondit tout aussi froidement la jeune fille, même si l’expression douloureuse de ses traits inspiraient un sentiment contradictoire à la vue de sa mère blessée.

- Je ne voulais pas que tu ais des regrets.
- Merci, mais je n’ai pas besoin qu’on s’inquiète pour moi.
- Il ne faudra qu’aucun doute n’étreigne ton cœur et ne fasse trembler ta lame, là où je t’emmènerais.

Knil et Duncan eurent un regard puis ce dernier reprit.

- Ta mère va s’en sortir mais nous ne pouvons pas la déplacer. Sa blessure est trop sérieuse.
- Laiss… Laissez-moi.

Murmura Sofia.

- Laissez-moi défendre ma maison.

La jeune fille frissonna aux mots de sa mère. Elle serra les dents à mesure qu’elle sentait une émotion gagner sa gorge. Elle voulue parler mais elle dut réprimer un sanglot. Une larme venait mouiller sa joue qu’elle s’empressa d’écraser.

- Mais pourquoi… Je la déteste pourtant.

Murmura-t-elle en tentant de ravaler son émotion. L’homme a ses côtés sourit. Il paraissait soulagé pour la première fois depuis qu’il avait rencontré Knil. Il posa une main sur son épaule et l’encouragea.

- C’est parce que ton cœur n’a pas encore été brisé, demoiselle du pic.

Cette dernière secoua la tête négativement d’un air impuissant alors que les larmes coulaient librement sur ses joues. Elle regarda Duncan avec un regard infiniment triste puis elle se tourna vers l’un des gardes encore présent.

- Ton épée !

L’homme la lui tendit avec hésitation. Knil s’en saisit pour la glisser dans les mains de sa mère avant de lui murmurer.

- Fais leurs payer, pour notre famille.

Sofia acquiesça alors que son regard semblait déjà se perdre dans les limbes. La jeune fille voulue se redresser et s’enfuir mais voilà qu’elle hésitait. Pouvait-elle laisser sa mère mourir ainsi, seule, face à l'ennemi ? Avec un certain soulagement, elle sentie Duncan saisir son bras et l’entrainer avec lui. Elle devait vivre. Elle se l’était promit.

A l'aube du destin




Il leur fallut faire preuve de discrétions et de malices pour échapper à leurs poursuivants. Mais, ils finirent par les semer dans les montagnes. Fort heureusement, Knil et les gardes du pic les connaissaient bien mieux que les hommes du duc. Ils se retrouvèrent néanmoins dispersés. Et avec Duncan, la demoiselle n’était plus accompagner que de trois hommes, des plus jeunes et des plus vaillants qui avaient désirés les suivre.

Et après quelques heures de marches sur les pentes escarpées, au sortir d’un col, le petit groupe pu apercevoir les plaines d’Hyrule. La route était encore longue jusqu’à elles. Ils avaient de nombreux vallons à parcourir, de col à franchir et de passe à traverser avant d’y arriver. Mais, là-bas, se trouvait ce qu’ils recherchaient.

Duncan s’était arrêté pour juger du paysage, ses yeux comme deux puits noirs paraissaient voir au-delà de l’horizon. Sa queue de cheval battait aux quatre vents. A ses côtés se porta Knil, repoussant une mèche rebelle derrière ses oreilles, elle fixa aussi le paysage un instant avant de regarder son compagnon.

- D’ailleurs, Duncan, tu ne m’as pas dit. Mais, pourquoi es-tu venue me chercher au pic ?

L’homme eut un sourire amusé, il jeta un regard malicieux envers la jeune fille et lui répondit le plus simplement du monde.

- Je suis le chef de l’ordre des Ombres en Hyrule et je suis venu te chercher pour t’initier.

Sans attendre, il commença à descendre la pente. Les gardes restèrent figés en le regardant faire. Même Knil avait marqué un temps d’arrêt car ils avaient tous sous leurs yeux une légende vivante.



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Zora


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Message Posté le: Ven 12 Oct - 16:10 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Yeah ! La suite ! Very Happy

Laisses-moi te dire que je suis envoûtée par ton histoire ! Je me prends d'affection pour le personnage de Knil !

Étonnement, ce n'est pas la violente scène de combat qui m'a le plus ébranlée mais celle de la mort de sa mère. Elle pleure pour une personne qu'elle était censé détester, c'est un passage très profond et qui fait réfléchir ! Et avec la musique choisie, c'était encore plus émotionnant !

Un grand bravo et j'attends très impatiemment la suite, cette fois-ci ! Very Happy

Haha ! Ecrire le soir, ça fonctionne toujours bien, on sort facilement une bonne dizaine de pages mais bonjour la fatigue ensuite ! x3


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Shusaku


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Message Posté le: Dim 14 Oct - 00:06 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Merci beaucoup encore de ton soutien. *s'incline de multiple fois*

Knil est un personnage très attachant. Je suis personnellement sous son charme sauvage. Mais, j'aime aussi particulièrement Duncan. Il est vraiment celui qui permet à Knil de ne pas sombrer dans la vengeance, il est son garde-fou face à la violence des événements qu'elle traverse. Cela en fait un rôle clé et j'ai hâte de voir comment sa place va évoluer dans l'aventure.

Quand à cette scène qui t'a émue, cela m'a semblé tout simplement naturel et surtout d'une grande importance pour le personnage de Knil. Il est vrai qu'elle fait réfléchir sur la nature profonde des êtres humains. Pour ma part, celle qui m'a surpris a été la scène ou elle jure à sa mère de se venger en devenant "heureuse". C'était vraiment une réponse qui faisait réfléchir, à mon sens.

J'écrirais la suite dans les jours qui viennent. Le week end n'est pas propice à la paix nécessaire à l'écriture. ^^

Merci encore d'avoir eu le courage de lire tous ça. Je me hâte d'écrire la suite et de lire ta fanfic' dans les plus brefs délais!



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Shusaku


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Message Posté le: Dim 14 Oct - 22:40 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Je me suis permis de mettre ma fanfiction sur fanfiction.net en l'associant à votre forum, je me dis que cela pourra vous faire un peu de pub.

http://www.fanfiction.net/s/8609827/1/The-legend-of-Zelda-La-legende-maudit…



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Message Posté le: Lun 15 Oct - 22:15 (2012)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite
Eh bien, encor une fois, je sors de tes écrits bouche bée ! C'est brillant et bien mené.

Je suis du même avis que Zora concernant le passage de la mort de sa mère... c'est un événement qui à la fois laisse perplexe et fait réfléchir.

En revanche, quand tu parlais de passages pouvant heurter la sensibilité des lecteurs, je m'attendais à bien pire.


C'est fort aimable de ta part ! Je suis sûr que ton écrit rencontrera un franc succès là-bas également ^^


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Message Posté le: Aujourd’hui à 12:15 (2017)    Sujet du message: [Drame] The Legend of Zelda: La légende maudite

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