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chibi ganon


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Message Posté le: Dim 1 Juil - 17:38 (2012)    Sujet du message: Pleine Lune
Pleine Lune


Bon, voilà, je pense qu'il est temps de mettre un grain de sel de ma part dans cette catégorie xD
C'est un roman que j'écris depuis, un an et demi je crois.
Le seul lecteur ici a été pour l'instant Démon, qui m'a fait une critique assez constructive ^^ Mais bon, j'ai du mal à sortir de mon style assez linéaire je dirai...

C'est un roman qui m'est venu sur un coup de tête, j'étais dans mon lit, et j'avais la pleine vue sur la pleine lune. Puis, je ne sais pas pourquoi j'ai commencé à avoir peur, mais peur de quoi ? Puis là, bam, plein d'idées me sont venues en tête comme si on me les injectait à la seringue. Je me suis jetée sur mon ordi qui était encore vivant dans ma chambre à cette époque et j'ai tapé, tapé tapé. Voilà, j'ai pondu 4 chapitres depuis le début, mais j'y vais petit à petit.

Pour ceux qui ne veulent pas s'aventurer sans avoir lu un petit résumé voici :

Il s'agit là d'une histoire assez invraisemblable. En effet, qui croirait que des monstres, cinq monstres résident sur la terre, des monstres de la nuit dont tout le monde ignore l'existence? Walter Mc Matthiew, un inspecteur de Londres, assez connu va devoir affronter son esprit logique à tous ces événements. Enfin, il va comprendre que bien des choses existent dans ce bas monde et qu'il va devoir abandonner toutes logique dans ses déductions. Mais enfin... Comment va-t-il réagir face aux cris d'un monstre une nuit de pleine lune ?



PS : J'ai essayé de faire en sorte que ça ne se passe pas non plus trop trop, classique dans le style, dans le scénario. Enfin après à vous de me remettre à ma place si vous jugez que ça l'est XD


Pleine lune


« Tu ne peux pas t'imaginer… A quel point mon monde est une horreur… J'aurai souhaité rester là bas… Et ne jamais être trouvé.»


Chapitre 1- Vous faites erreur mon cher Walter !


Les feuilles tombaient sur la ville de Londres, l'automne était là et les habitants se préparaient pour l'hiver à venir. Beaucoup d'hommes élégants et soignés marchaient dans les rues de cette capitale dont un qui venait juste de sortir de sa maison située dans la vieille ville. Il saisit son chapeau en cashmere pour l'ajuster sur sa tête, prit sa canne qui était faite sur mesure mais pourtant design très simple, tellement simple qu'il dégageait une élégance particulière. Il était vêtu d'une longue veste grise, elle aussi en cashmere ; un pantalon sur mesure, des chaussures d'une brillance éblouissante et par-dessus ; des guêtres blanches. Ses cheveux étaient mi-longs et coiffés avec grande attention. Ses yeux de couleurs noisette ressortaient bien sur sa peau, blanche comme la neige. Son nez était droit et parfait ; rien ne pouvait être critiqué sur son apparence à part sa barbe qu'il ne rasait pas tous les jours. Mais à part ça personne ne critiquait son apparence, et les habitants le jugeaient comme bienfaiteur, comme modèle.

Il se dirigea vers le centre ville, seul, avec sa canne à la main. Il marcha durant une trentaine de minutes avant d'arriver devant un bar. Une clochette sonna lorsqu'il pénétra dans la salle. Un homme derrière le comptoir cria alors :

« Alors inspecteur ! Que vaut votre visite parmi nous ? Haha, allez, je te sers un petit café avant d'aller au travail ? Haha, non, allez, qu'est ce que je te serre ? »

L'homme s'assis sur un tabouret et répondit d'un ton sec :

« Tes mains. Je te passe les menottes.

- De ? Comment ?

- Tes mains.

- Mais, tu rigoles j'espère. Hey Walter ! On est des potes tous les deux !

- TU VAS TE DEPECHER DE ME PASSER TES MAINS OUI ? » Cria l'inspecteur.

Après un court instant de silence, le jeune homme sauta par-dessus le comptoir, essayant de fuir, mais Walter le rattrapa sans peine et lui mit les menottes. Le jeune homme cria à sa femme de ne pas s'inquiéter et qu'il devait y avoir une erreur. Après quoi, il disparut dans la ville accompagné de l'inspecteur. Un silence de mort régna alors dans le bar.

L'inspecteur amena le jeune homme jusqu'à la vieille ville et rentra dans sa maison. Il l'assis sur une chaise en bois, et alors que le jeune homme se posait des questions sur qu'est ce qui se passait et qu'est ce qu'il faisait dans la maison de sa connaissance, celui-ci enlevait sa veste, son chapeau, et après avoir fait un bruit sec avec la canne en le tapant sur le sol il dit :

« Alors Ulrich, explique moi un peu comment tu t'y es pris pour tuer ces 5 personnes.

- Comment ?! Cria t-il.

- Allez, explique-moi, je t'écoute.

- Mais de quoi tu parles ? Je n'ai…

- Ne me prends pas pour un idiot. Cria Walter en coupant la parole à Ulrich.

- Mais écoute, c'est pas parce qu'on se connaît depuis une semaine que t'as le droit de m'accuser de quelque chose.

- Justement, si. Tu es tombé dans mon piège, comme chaque assassin. Je me fais souvent ami avec le type que j'ai envie de condamner ou que je suppose être coupable. C'est important que la personne ait confiance en moi pour que je puisse lui demander des renseignements et bien entendu, fouiller dans sa vie. Je te rassure, je n'ai pas envie de te mettre en prison.

- Et bien ! Alors ? Pourquoi tu me fous menotté sur une chaise ?!

- Pour te raconter quelque chose de très important, qui te concerne. Ca fait déjà une semaine que je t'observe. Au début, je t'ai trouvé très tendu, stressé, violent. D'ailleurs j'ai questionné des amis et des gens fréquentant ton bar et ils m'ont dit que c'était très périodique avec toi. Qu'il t'arrivait souvent de stresser, d'avoir tes petites crises en quelques sortes. Je suis quelqu'un de très étrange, comme toi. Je suis très réputé en tant qu'inspecteur. J'arrive à clore des dossiers en une journée alors que d'autres y prennent des mois. Je suis quelqu'un de très intelligent et très cultivé. Tu remarqueras d'ailleurs qu'il n'y a presque que des bouquins dans ma maison. Et donc, pendant cette semaine, je me suis dit que je m'étais peut être trompé de personne. Que ce n'était pas toi le coupable. Au départ j'enquêtais non pas sur ces 5 derniers meurtres, mais sur les 20 précédents. Et, une nuit, alors que je me creusais les méninges, et que je pensais justement à toi, je regardais le ciel, et j'ai remarqué que la pleine lune était très proche. Au départ, je me suis mis cette idée de côté, et je me suis concentré sur autre chose. Seulement… Deux jours plus tard, la pleine lune est arrivée. Cette nuit, j'ai été pour la première fois, frappé par le sommeil. J'ai regardé le ciel une dernière fois, et je suis allé me coucher. Le lendemain, le poste de police m'appelle, en me disant qu'il y a 5 meurtres en plus. Je me suis dirigé il y a deux jours, te voir dans le bar. Tu étais moins stressé, gentil, serviable. Comme, si tu étais débarrassé d'une tache. Le jour suivant, pareil. Et aujourd'hui, j'étais convaincu, que c'était toi le coupable.

- Alors c'est ça l'inspecteur très réputé ? Monsieur « je me base sur des hypothèses » ?

- Ne t'inquiète pas. Je me suis renseigné sur toi avant cela. Déjà, tu n'as aucun lieu de naissance. Ni, de jour précis. Ton origine réelle, on ne le sait pas, du moins, officiellement. On sait juste que tu es arrivé ici à l'âge de 1 an. Tu n'as ni vrai père, ni vrai mère. Ton père adoptif s'appelait Greg Benchley. Et t'as surnommé Ulrich. Greg Benchley est un chercheur et est allé en antarctique. Il faisait des recherches sur les grottes souterraines dans ce beau continent froid et glacial. Il n'était pas seul. Ils étaient 5 en tout. Ils nous ont fait une thèse sur la possibilité d'une vie humaine dans les grottes. Il y a deux jours, tu m'as invité à venir manger chez toi. J'ai accepté, et, tu m'as même proposé de rester la nuit. Erreur. J'ai naturellement accepté. Je suis le roi du silence, je suis monté dans ton grenier. Ton père t'avait sûrement laissé un souvenir… Quelque chose… J'ai fouillé dans ton grenier. Et j'y ai trouvé un carnet de voyage. Ah… Tu aurais du être un petit peu plus prudent… Je me demande même si tu l'as lu. J'y ai trouvé, à l'intérieur, une photo. Sur cette photo, les 5 chercheurs, avec chacun un nourrisson dans les bras. Mais, pas en Angleterre ; non… En antarctique. C'était bien écrit que vous aviez été trouvé toi, et 4 autres, dans les grottes. Que vous étiez congelés au départ. Donc, ces chercheurs, ont presque prouvé, qu'il était possible de préserver une vie dans la glace. Mais, bizarrement, je n'ai pas trouvé d'écrits sur ça. La dernière chose qu'il a écrit, c'est : « Trop tard pour la vie humaine, il aurait fallu laisser ces monstres congelés dans la glace. » ; j'ai vérifié la date où cela avait été écrit. Puis je suis allé voir la date de sa mort. Il est mort le même jour, et j'ai trouvé aussi que ce même jour, c'était la pleine lune. Donc. Pour récapituler. Tu es un enfant originaire d'antarctique, tu as été trouvé par Greg Benchley. Mais je crois que Greg n'a pas trouvé un humain en antarctique. Mais un monstre, métaphoriquement parlant, plus précisément, un meurtrier de la pleine lune. Ca donne des frissons n'est-ce pas ? Mais je suis certain que tu es inoffensif quand il n'y a pas la pleine lune. Tu stresses juste quand la pleine lune approche car tu sais que tu vas tuer quelqu'un même sans le vouloir. Pas vrai Ulrich ?

-…

- Je pense que tu n'es pas le seul meurtrier. Les quatre autres enfants doivent être aussi des tueurs. J'ai aussi trouvé dans le carnet le nom de chaque coéquipier de greg. Je pense pouvoir retrouver les quatre autres très facilement. Je pense que vous devez être pris d'une folie à chaque pleine lune. Une pulsion…Une paranoïa… Quelque chose du genre. Ou alors, on va dans les idées plus folles, et on peut supposer que vous êtes des loups-garous.

- un guépard plus précisément.

- Comment ?

- tu es certain que tu ne m'enfermeras pas ?

- Absolument.

- Je peux te faire confiance ?

- Tu sais bien que personne ne peut me faire confiance.

- … C'est bien ce que je pensais… Dans ce cas je me tais.

- Je plaisantais. Raconte moi donc ce que tu as à me dire. Comment ça un guépard ?

- Tout à coup, je sens que toutes ces années où je me suis caché n'auront servis à rien… Et bien. Non pas un loup-garou. Mais un guépard-garou.

- Attends, tu es en train de me dire que tu es une bête qui se transforme lors des nuits de pleines lunes ?

- … Une bête… Oui… Une bête. Un monstre. Un tueur. Je voudrais détruire cette lune. Me tuer. Ca fait trop longtemps que je tue… Et le compte n'est pas à 25 morts tu sais… Tu peux compter toutes les nuits de pleine lune depuis que je suis né. Je ne sais pas ce que je suis. Il n'y a aucune explication à ce phénomène. Si seulement je pouvais m'arrêter… Mais, cette odeur que dégagent les humains… Ce sang et cette viande… Si tendre… Si douce à croquer… C'est horrible… D'ailleurs toutes les nuits de pleine lune je pars de chez moi pour ne pas manger ma fiancée. Rassure-toi… Je ne prends pas du plaisir à tuer, mais… Je me sens obligé. Mon corps en a besoin. Si seulement il pouvait y avoir un antidote… Quelque chose pour me délivrer de cette malédiction… Je ne sais même pas comment faire pour me tuer… Car, les balles, les coups de couteaux, les étranglements, la pendaison, rien… Rien ne fonctionne avec moi… Oh… Si tu savais… Si tu savais le nombre de fois que j'ai essayé de me tuer… Rien… Rien ne fonctionne. Je ne veux pas attendre de mourir de vieillesse… Je ne veux pas… »

Un silence glacial pénétra dans la salle. Walter baissa le visage, essayant de le croire. Mais, malgré son côté loufoque et hors du commun, il n'y arrivait pas. Comment un homme pourrait se transformer en guépard ? Comment un être pareil pourrait exister ? Tels étaient les questions qu'il se posait. Soudain, Ulrich dit :

« Je suis persuadé que tu ne me crois pas. Et tu préférerais me mettre sous cellule ou dans un hôpital psychiatrique. Mais, ce serait une terrible erreur. Tu ne sais pas à quel point je peux être terrifiant lors de la pleine lune… Tu ne sais pas à quel point, ma force peut être décuplée… Et je ne te parle pas de ma vitesse… Soit, tu m'aides à trouver le moyen de me tuer, ou de trouver un antidote. Soit, tu me mets en cage, et la prochaine pleine lune, il y aura encore d'autres meurtres. C'est toi qui choisis.

- Pas mal du tout… Ta manière d'essayer d'éviter les barreaux. Me raconter une histoire complètement délirante de guépard garou et de viande humaine si tendre… Je pense surtout que tu es atteint de cannibalisme. Et qu'il est très dangereux de te laisser en liberté. J'appelle de ce pas les hommes de la clinique pour te placer dans une chambre, on va te surveiller de très près. D'ailleurs, peut être que tu ne m'as pas parlé directement de cannibalisme, mais tu m'as parfaitement expliqué que tu tuais des hommes pour les manger. Donc, en route vers l'hôpital.

- Tu es un monstre Walter. Entre toi et moi ? Qui est le pire ? Tu abuses de la confiance des gens, et moi je tue pour me nourrir.

- Et bien, je pense que la majorité des personnes diraient que le monstre, c'est toi Ulrich. C'est toi qui aurais du faire attention. Ne raconte pas tes secrets à n'importe qui. De tous les psychopathes, tu es le plus idiot que j'aie connu de ma carrière. »

Walter enfila sa veste, son chapeau et emmena Ulrich à l'hôpital psychiatrique la plus proche. Ulrich se tut durant tout le trajet, scrutant une dernière fois peut être les maisons et les gens de la ville. Au bout d'une heure, il arriva dans l'hôpital, un malaise et une drôle de sensation s'infiltra dans le corps de celui-ci. Les murs blancs et l'ambiance stressante de l'hôpital le perturbait au plus haut point, cependant, il se refusait de crier, de parler, ou même de bouger le petit doigt. Enfin, un médecin vint s'occuper de son cas, il lui fit passer un petit examen médical. Walter était toujours présent, au coin de la salle. Le médecin demanda alors à Ulrich de se dévêtir le torse. Celui-ci s'exécuta. Le médecin nota sur sa feuille toutes les caractéristiques du jeune homme. On pouvait déjà lire:

« Cheveux : Mi-longs, frisés, blonds.

Age : 20

Yeux : Noirs

taille : 182 cm

Mains : largeur : 18 cm longueur : 20 cm

Pieds : 29 cm »

Puis, le médecin remarqua une forte pilosité sur le dos, sur le cou, et sur le torse d'Ulrich. Ainsi que trois taches noires. Une sur son épaule, une autre sur son flanc et une dernière sur la nuque. Il demanda à Ulrich s'il n'avait pas été victime de coups, de violence. Celui-ci répondit qu'il ne s'en souvenait pas. Après quelques heures passées avec d'autres médecins, et deux psychologues et des tonnes de papiers à remplir, il fut installé dans une chambre aux portes d'aciers et verrouillées. Cela prit bien une journée entière. Walter, prévenu d'ailleurs aux policiers que l'affaire des 25 meurtres était presque terminé et qu'il ne lui restait plus qu'à remplir quelques papiers. Il retourna chez lui, lentement. Walter était soucieux à propos des paroles d'Ulrich. C'était la première fois que l'inspecteur le plus efficace avait des doutes. Il était déjà 22 h 35 lorsqu'il arriva enfin chez lui. Il prit la bouteille de cognac et se servit un fond de verre. Il s'installa dans son fauteuil de cuir et scruta le reste du salon. Les objets de décoration qui ne l'incommodait guère d'habitude commençaient à le perturber. Walter suait de grosses goûte, de la sueur froide. Il paniquait silencieusement, comme s'il savait qu'il allait mourir. Les phrases d'Ulrich lui tournaient dans sa tête.

« Mais, cette odeur que dégagent les humains… Ce sang et cette viande… Si tendre… », « Oh… Si tu savais… Si tu savais le nombre de fois que j'ai essayé de me tuer… Rien… Rien ne fonctionne. »…

« …Et la prochaine pleine lune, il y aura encore d'autres meurtres. C'est toi qui choisi. »….


Walter se demandait si ce criminel disait vrai. Si oui, cela voudrait dire que la prochaine pleine lune, d'autres meurtres auront lieu. Et surtout, qu'il n'y aurait pas que lui, mais plusieurs tueurs. Il déboutonna sa chemise, essuya sa transpiration et s'installa dans son lit.

« Mon vieux Walter, dit il à lui-même, tu as toujours réussi à garder ton sang froid. Et cette histoire te ferait donc autant suer ? Ce serait une honte pour un Mc Matthiew. Allez donc. Il est temps de dormir. »

Walter éteint alors sa lumière et dormit en essayant de penser à autre chose.

Le lendemain matin, il se dirigea vers le bar de Ulrich pour aller prévenir à sa fiancée qu'il avait été incarcéré dans un hôpital psychiatrique. Et, au moment même où il entra dans la salle, la jeune femme lui sauta dessus et cria :

« Où est Ulrich !?

- Vous me marchez dessus là !

- Où est-il ??

- Poussez vous de là, je vais vous expliquer. Mais pas ici. » Cria t-il.

La jeune femme se redressa. Walter se releva et remit son chapeau qui était tombé.

« Pouvons nous parler de ça en privé ? Demanda t-il.

- Venez donc dans mon bureau… » Dit elle après quelques secondes de silences.

Ils s'assirent tous les deux sur une chaise, la jeune femme n'osait pas regarder Walter dans les yeux, tant elle avait honte de s'être emporté. Elle lui servit un thé dans un service en porcelaine blanc et doré aux bordures. Walter prit deux gorgées et fini enfin par dire :

« Avez-vous entendu parler des 5 derniers meurtres ?

- Et bien… Vaguement. Répondit elle d'une voix tremblante.

- Souhaitez vous que je vous raconte les choses en douceur ou préférez vous que je vous dise tout, tout de suite ?

- Racontez moi le plus rapidement possible.

- Dans ce cas… Ulrich a commit ces meurtres. Il délire. En fait nous pensons qu'il est atteint d'un syndrome de lycanthropie, il a été incarcéré hier même à l'hôpital psychiatrique le plus proche.

- Non, c'est impossible… Ulrich n'est pas un meurtrier.

- Vous savez c'est un peu comme les schizophrènes, il peut avoir deux vies différentes, une qui peut être parfaite, avec une famille, des enfants… Une autre plus délicate, avec des meurtres. Vous savez, vous n'êtes pas la seule à m'avoir dit ces mots. « Ce n'est pas possible, il n'est pas comme ça ». Comme dit le dicton, c'est la vérité qui fait mal ! Je suis désolé pour vous madame. Mais il faudra vous y faire. »

La jeune femme, prit d'une colère noire gifla Walter, et le chassa de la salle en lui jetant le service de thé à la figure. Elle lui claqua la porte au nez. Walter entendit l'écho des larmes de la jeune fiancée depuis le couloir. Il murmura en s'essuyant le visage qui était trempé par le thé :

« Ah… Ce si bon thé gâché et ce service en porcelaine si beau cassé. Il y a des femmes qui ne savent pas ce qu'elles font. M'enfin ! »

Il descendit les escaliers en trottinant. Il n'avait nullement l'air inquiet ni stressé pour la jeune femme. Il se dirigea en direction de sa maison pour poursuivre les autres enquêtes en cours.

Des jours passèrent, triste pour Mme Benchley et banals pour Walter.

Un beau matin, Walter alla au centre ville acheter le nouveau journal. Il s'arrêta comme d'habitude prendre un café dans un autre bar et acheta au même moment son journal. Il s'assit sur une table qui était à la terrasse et ouvrit son journal. Il ne jeta même pas un regard aux faits divers qui l'ennuyait tellement. Soudain, il vit en bas d'une des pages un petit article dédié à un « homme loup ». Walter lu l'article avec beaucoup d'attention. Il fut tellement attiré et intéressé qu'il lu à haute voix les parties les plus entraînantes :

« Le coupable des 60 meurtres en Russie a été retrouvé par la police. Celui-ci affirmait qu'une force le poussait à manger des hommes les jours de pleine lune. Il ajouta même qu'il n'était alors plus humain mais qu'il se transformait en loup-garou. Les psychologues et médecins affirmèrent et remarquèrent un trouble psychique de l'homme qui d'après eux est atteint de lycanthropie. »

Walter se tu. Le cas était tellement identique à celui d'Ulrich qu'il n'arrivait à peine à y croire. Il finit son café et repartit chez lui. Une atmosphère pesante régnait alors, il était pourtant seul à le sentir. Il ne comprenait pour quelles raisons il réagissait ainsi. Il doutait. Il doutait de la science. Il doutait de la connaissance des hommes. Pour la première fois de sa vie, il se sentait faible. Et, alors qu'il allait ouvrir la porte de sa maison, il retourna sur ses pas et se dirigea vers la bibliothèque nationale. Il chercha tous les livres concernant les mythes, des légendes ainsi que des livres de médecines pour chercher des informations sur le syndrome de lycanthropie. Il trouva une dizaine de livres parlant plus ou moins des demi hommes, demi animaux. Il retourna chez lui avec ses livres et se mit directement à les lire. Un silence morne plongea la salle dans une certaine obscurité tandis que le soleil brillait et la chaleur passait à travers les carreaux. Soudain, le téléphone vint briser ce silence, ce qui fit sursauter Walter. Après s'être ressaisit, il prit le téléphone, et d'une voix très faible il dit :

« Allo ?

- C'est toi Walter ?

- Oui…

- Et bien mon vieux, qu'est ce qu'y t'arrive ? Allez, vient vite au poste, on a besoin de toi. Pour un nouveau dossier. Avec toi, tout est toujours bien fait, et vite fait. C'est ce qui fait ton charme ! Ah ! S'il y avait plus de gaillards comme toi ! Allez, ramène ta fraise !

- J'arrive. »Dit il d'un ton sec.

Walter avait l'habitude de ne jamais montrer son côté stressé, angoissé aux gens qui l'entourait. Il préférait que tout le monde se dise qu'il était froid et sans sentiments, et surtout sans peur.

Cette enquête qui dura deux semaines, lui fit oublier toutes les histoires concernant la lycanthropie et les légendes de loups-garous.

Walter fut encore occupé durant une semaine. Les enquêtes allaient sur enquêtes, mais cela était un point positif pour lui de retrouver son train-train quotidien, il ne stressait plus et cette atmosphère pesante ne venait pas le déranger. Un soir, il rentra chez lui plus tard que d'habitude, l'air se glaçait de plus en plus, l'hiver était proche. Il remarqua que cette nuit était inhabituellement éclairée. Il regarda les lampadaires. Il ne vit rien de particulier, puis il leva les yeux au ciel. Il y vit aucun nuage, ni beaucoup d'étoiles. Mais, son souffle se coupa durant un instant.

« Ah… Comme c'est intéressant, dit-il tout bas, la pleine lune… »

Il eu comme un frisson, il regarda à gauche, puis à droite, derrière lui puis fini par continuer sa marche. Il se sentait terriblement seul, il voulut alors avoir de la compagnie. Un ami. Un proche avec lui. Son manque de courage et sa faiblesse l'agaçait. Il alla dans un bar qui n'ouvrait que la nuit. Il trouva là le réconfort d'avoir des gens auprès de lui. Il commanda un verre de whisky au barman, il s'assit à une table au fond de la salle et écoutait paisiblement les conversations et la musique. Le serveur vint lui donner son verre de whisky et repartit aussitôt. Il but très lentement, essayant de rester le plus longtemps possible au bar. Il alla même demander au gérant les horaires de fermeture. Celui-ci lui répondit que le bar était ouvert jusqu'à l'aube ce qui rassura Walter. Il était minuit passé et il continuait à boire, soudain, un homme seul vint s'asseoir en face de lui et dit :

« Alors ? On boit seul ?

- Je n'ai pas besoin de compagnie. Répondit-il d'un ton rude.

- Vous ne le pensez pas ; vous mourrez d'envie de parler de vos problèmes à quelqu'un ! Allez y ! Lâchez vous !

- Je n'ai rien à vous dire. Etes vous en train d'essayer de me séduire ?

- Oh non, ne vous inquiétez pas ! Je cherche juste quelqu'un avec qui parler. Sérieusement maintenant, je sais que vous êtes Walter Mc Matthiew, l'inspecteur, le détective le tout ce qu'on veut le plus connu de Londres même ! Je me demande si je suis le seul à vous avoir reconnu ou si les autres n'osent pas vous parler.

- Je crois que c'est un peu des deux.

- Allez, je sais que vous avez réglé l'histoire des meurtres il y a pas si longtemps que ça.

- Ah, heureux que vous soyez au courant de mes exploits.

- J'aimerais tellement être comme vous ! Intelligent, sûr de soi. Connu par la même occasion.

- Oh vous savez, on a tous des défauts. Dit il en prenant une gorgée de whisky.

- Je voudrais vous parler d'une expérience.

- Quel genre d'expérience ?

- Oh, ne vous faites pas de fausses idées ! Non… C'était il y a 28 jours à peine. Je me promenais dans les rues de Londres, cherchant à trouver un bon plan avec une fille. Mais sans résultat, je repartais alors chez moi déçu et un petit peu ivre. Puis soudain, j'ai entendu comme un bruit de fauve. Oh je ne vous raconte pas la peur bleue que j'ai eu !!! Je me suis tourné à gauche, puis à droite, puis derrière. Rien. Et enfin, j'ai voulu reprendre ma route et me suis retourné en avant. Et c'est là ! A ce moment même que j'ai cru que j'allai mourir ! Oh… Un monstre vous dis-je… Un monstre qui se tenait en face de moi. Il faisait au moins deux mètre. Mais il avait la même corpulence qu'un humain. Mais qu'est ce qu'il était poilu ! Des poils jaunâtres ; avec des taches noires. Il était à moitié dénudé, comme si ses habits avaient été déchirés. Il m'a reniflé, longtemps, et il m'a regardé droit dans les yeux. Des yeux de chats vous dis-je !!! Et cette odeur nauséabonde de cadavre et de sang. J'ai bien cru que j'allais lui vomir dessus. Puis, il est partit à toute vitesse. Une vitesse… Une telle vitesse… Je devais sentir très mauvais pour me fuir si rapidement. Plus rapide qu'un cheval au triple galop ! Je dirais même… Qu'il avait atteint l'autre côté de la rue qui se trouvait à 200 m en 2 secondes ! Quelle surprise. Je suis rentré chez moi, tétanisé. Je me suis dit que j'avais un peu trop bu et que ça n'arrangeait pas ma santé. Et pourtant, je suis idiot, je continue à boire. Une histoire mais dingue !

- Complètement absurde. » Répondit Walter après un long moment de silence après quoi, il se tut. Une goutte de sueur coula jusqu'à son menton. Le jeune homme lui dit alors :

« Hey mon vieux, faut pas vous forcer à boire. Si ça vous met dans des états à en transpirer des gouttes comme vous transpirez ! »

Walter affirma ce que venait de conseiller le jeune homme et lui sourit. Il ne pouvait croire que ce parfait inconnu venait lui raconter quelque chose de semblable à ce que lui avait dit Ulrich.

Les heures passèrent, Walter finit par s'endormir sur la table. Le gérant, très aimable ne voulut le réveiller. Cependant, à 5 heures pile, il le réveilla délicatement et lui dit qu'il était temps de rentrer chez soi. Walter se réveilla avec comme une pierre dans la tête. Il n'arrivait guère à ouvrir ses yeux, et réussit à se lever qu'une demi-heure plus tard. Le gérant fut serviable et lui offrit même un café. Il lui dit tout bas :

« Ce n'est pas bien de rester toute une nuit dans un bar vous savez.

- Oh… Dit il péniblement, je le sais… Merci pour avoir veillé sur moi… Je vais de ce pas rentrer chez moi…

- Faites attention, vous avez l'air encore terriblement assommé.

- J'ai plus l'habitude ! » Dit il en rigolant.

Enfin, il sortit, il était déjà près de 6 heures. Un sourire s'afficha sur son visage, la lumière du soleil approchait à son rythme ; l'ambiance lugubre de la nuit était partie. Il s'assit sur un banc, prit sa pipe, décoré d'une tête de lion en marbre. Il l'alluma et se reposa encore jusqu'au lever complet du soleil. Après quoi, il repartit chez lui, assez rassuré d'avoir passé une nuit sans angoisse. Il commença même à se moquer de sa peur, répétant plusieurs fois que ce n'était pas digne d'un « Mc Matthiew ». Et tout en ricanant bêtement, il ouvrit sa porte et, par sa grande stupeur, vit ses appartements saccagés. Il retrouva son fauteuil en cuir déchiré et renversé ; son porte manteau cassé en deux, le téléphone par terre, les rideaux ne ressemblaient qu'à de vieux bouts de tissus déchirés. Tout était cassé. Il redressa le fauteuil, remit le téléphone à sa place sur le bureau ; et, s'engouffra dans le fauteuil. Son sourire s'était complètement effacé. Il mit sa main dans la poche, cherchant après sa pipe avec ses mains tremblantes. Il la trouva et l'alluma en vitesse, il prit de grosses bouffées, essayant par tous les moyens de se calmer. Mais il n'y arrivait pas. Il vit en face de lui, une phrase gravée dans le mur :

« Il ne faut pas prendre les gens pour des fous quand on ne connaît pas toute la vérité. »

Walter avait remarqué depuis le début, qu'il y avait des traces de griffures dans tous les recoins de sa maison. Soudain, il fit un bond sur son fauteuil quand il entendit le téléphone retentir. Il se leva avec beaucoup de mal, la migraine n'était toujours pas partie. Il se ressaisit et répondit d'un ton sec :

« A qui ai-je l'honneur ?

- Ah, Walter, enfin ! Ca fait des heures qu'on essaye de te joindre ! Tu avais laissé le téléphone décroché ou tu étais absent ? Allez, ramène-toi, je vais devoir t'annoncer un truc qui va pas te plaire du tout.

- Hm… Oui… Très bien j'arrive. »

Il prit son manteau et sa canne et partit en quatrième vitesse de cette maison. Il arriva enfin chez son collègue qui lui annonça avec beaucoup de surprise :

« Ecoute Walter, je sais pas si t'es dans tes bons jours, je ne sais pas si tu te souviens de cette affaire avec le petit Benchley…

- Et bien ?

-… Je ne peux pas vraiment te raconter… Ecoute, va dans la salle d'interrogatoire et demande ce qui s'est passé dans l'hôpital psychiatrique hier soir… »

Walter, confus et soupçonneux, alla dans cette fameuse salle, où il y trouva une femme d'une vingtaine d'année, mais qui paraissait en avoir 10 de plus. Walter lui demanda ce qui s'était produit la nuit précédente, celle-ci, après avoir bu une gorgée d'eau, dit d'une voix hésitante :

« Personne ne me croit ici… Mais je vous dis que je l'ai vu… Hier, vers 21h… J'ai entendu dans la chambre d'Ulrich, un terrible bruit. Il criait… Il avait l'air d'agoniser… J'ai toqué à sa porte mais il me disait que je devais absolument m'éloigner et partir à toute vitesses. Je me suis posé des questions…Je lui ai demandé s'il voulait que je lui apporte de l'eau… Mais non, il m'a dit de courir. Je lui ai demandé si je pouvais entrer, et là il a hurlé. Il a hurlé que je devais partir, et que si je ne partais pas, j'allais mourir. Je n'ai pas ouvert, j'ai eu très peur… Je suis allée chez le garde, lui demander d'ouvrir la porte à ma place. Vous savez, c'est pas facile les métiers comme le mien… Alors, on y est allé, mais, il avait cessé de crier. J'ai demandé s'il était là, s'il allait bien. Mais rien… Aucune réponse… Alors le gardien a prit la poignée, et a ouvert la porte… Et puis… Et puis… Continua t-elle avec une voix étouffée, et les larmes aux yeux,

- Que s'est-il passé ?

- J'ai vu un monstre sortir de la chambre d'Ulrich. Comme un loup-garou… Mais ce n'était pas un loup-garou…

- Qu'était-ce ?

- Un guépard… Dit elle d'une voix grave. Il était au coin de la salle, on le regardait, tous les deux, avec des yeux béants… Ma peur était tellement grande que ma voix ne sortait plus… On a entendu comme…. Un rugissement… Il nous a regardé avec des yeux jaunes, terrifiants… Puis, le gardien allait prendre son pistolet, mais cette horreur lui a sauté au cou… Il s'est couché et… Et…

- Quoi donc ?... Demanda Walter inquiet et terrifié.

- Il l'a dévoré ! Dit elle en sanglotant.

- Tenez… Dit Walter en tendant un mouchoir à la jeune femme.

- Merci, dit-elle en se mouchant, il l'a mangé tellement vite… Et moi je restais figée à le regarder… Je n'osais plus bouger… Et, soudain, il m'a regardé, et toujours avec ce même rugissement, il s'est avancé lentement vers moi. C'est là que je me suis enfuie. Mais il m'a rattrapé en quelques secondes… Et, alors qu'il allait me briser le cou, j'ai crié : « ULRICH ! STOP ! ». Et là, il m'a observé, avec un air très mélancolique. Une larme est tombée sur ma joue… Il pleurait… Il a reculé et m'a laissé… Il est ensuite parti en courant. Je suis restée là, je n'arrivais plus à bouger la moindre parcelle de mon corps. Je crois… Que ce monstre était Ulrich.

- Comment pouvez vous le savoir ?

- J'ai passé beaucoup de temps avec lui… C'était un garçon très triste et déprimé. Il avait été incarcéré il y a même pas un mois. Je savais qu'il était atteint de lycanthropie. C'était bizarre d'avoir un patient tel que lui... Il avait l'air de n'avoir aucun problème mental… Il était juste déprimé…. Il m'a dit que personne ne le croyait, qu'il était seul au monde. Et il m'a même parlé de vous. Et oui… Je sais que c'est vous qui avez fait en sorte qu'il soit placé dans cet hôpital. Et pourtant… Ulrich m'a dit qu'avec vous il ne se sentait pas seul. Il m'a dit que vous lui aviez raconté tout son passé, que vous aviez fouillé dans sa vie, que d'un côté il était offusqué, et que d'un autre côté, il était heureux. Heureux que quelqu'un découvre qui il était, vraiment. Il m'a raconté beaucoup de choses sur son enfance, il m'a aussi montré ses trois taches. C'est d'ailleurs grâce à ces taches que je l'ai reconnu en monstre… Je n'arrive pas à croire que de telles créatures existent… Je ne vais plus savoir dormir le soir. Je me demande, où il est à l'heure qu'il est… Si ce n'était pas mon imagination. Mais alors où serait passé le gardien ? Non, le gardien est bien mort. Et puis, est-ce que des créatures comme celles-ci sont courantes ? Est-ce que la médecine a crée cette maladie mentale tout en sachant que de telles choses existaient, seulement car ils ont peur, peur de la vérité ? Toutes ces questions… J'aimerais tellement avoir des réponses….

- Merci madame… Dit il en se levant, vous pouvez rentrer chez vous à présent. Je vous propose de prendre de longues vacances. De vous reposer. Vous avez l'air très fatiguée. Je vous conseille même de changer de travail, car, en faisant ce métier, je remarque que vous vous occupez des autres, et que vous oubliez de vous occuper de vous-même. Pensez-y. »

Walter sortit de la salle et partit de l'office de police sans dire au revoir à quiconque. Il alla directement dans sa maison, où, il trouva le désordre, ce qui le choqua encore un peu. Il se sentait incapable de résoudre cette énigme. Il fallait qu'il le voie. Qu'il voie ce fameux monstre. Il s'assit alors sur sa chaise en bois en face de son bureau, soudain, il sentit quelque chose le toucher à son épaule, par réflexe, il se retourna directement. Il vit alors l'homme guépard qui le fixait. Walter hurla en se plaquant au mur délabré, il était tétanisé. Tel la jeune femme, il n'arrivait plus à bouger. Walter crut sa dernière heure sonner. Soudainement, le monstre recula de quelques pas et son hurlement résonna dans toute la salle. Il se crispa, se tortilla, se roula à terre, ses canines rétrécissaient, ses yeux changèrent de couleurs, ils passèrent de jaune à noir, ses griffes redevinrent des ongles, ses poils se transformèrent en cheveux, sa mâchoire proéminente de fauve devint une mâchoire normale d'homme. En une dizaine de minutes, l'homme guépard était redevenu un homme normal, plus précisément, devant Walter se tenait à terre Ulrich. Etreint par l'angoisse, Walter était incapable de bouger. Il regardait, les yeux grands ouverts Ulrich, dégoulinant de transpiration, essoufflé en train de reprendre sa respiration. Au bout de cinq minutes, Walter s'avança et s'accroupit devant Ulrich, toujours à bout de souffle. L'inspecteur voulait garder son sérieux et parler avec ce ton de supériorité qu'il employait tous les jours, mais il ne pouvait pas. Soudain, il dit :

« Tu veux de l'eau Ulrich ? »

Ulrich, surprit, acquiesça avec un mouvement de tête. Walter revint avec un grand verre d'eau et fini par lui demander :

« Ca existe donc réellement ? Des créatures comme ça ?...

- Tu ne m'as pas cru… Je ne sais pas si je suis le seul, le dernier, ou s'il y en a d'autres… Je savais bien qu'il allait se passer une catastrophe si tu me mettais dans un hôpital…

-…

- Après tout, tu n'as fait que ton travail… C'est plus fort que moi, mais c'est quand même moi qui ai tué tous ces innocents… J'ai souvent eu peur de me faire arrêter, je voulais fuir cette vérité… Le pire dans tout ça, c'est que vous ne pouvez même pas me mettre en prison, ni en cage, vous ne pouvez même pas me tuer, vous ne pouvez rien faire, et je vais continuer à tuer des centaines de personnes jusqu'à ce que je finisse par mourir de vieillesse ! C'est atroce de vivre dans de telles conditions.

- On ne peut pas te tuer…

- Non, non, les gens ont déjà essayé de tuer… On m'a mit un poignard dans le cœur, une balle dans le crâne, on m'a jeté par la fenêtre…

- C'est impensable. C'est surtout impossible !

- Et pourtant Walter, tu as vu y'a quelques minutes à peine l'impensable devant tes yeux. Un homme guépard… C'est hors de tes principes non ? Tu aimes bien lire les contes, les légendes, mais tu es très accroché à la science et tout ce que la science n'explique pas tu le rejettes automatiquement, pas vrai ?

- ... Ma grand-mère me disait souvent que la science n'expliquait pas tout.

- Ta grand-mère avait raison… Bon… Maintenant… Qu'est ce que tu comptes faire de moi ?...

- Si on suppose que tout ça existe vraiment…

- MAIS Y'A RIEN A SUPPOSER ! TU M'AS BIEN VU ! C'EST VRAI ! Coupa Ulrich.

- Oui... oui… Donc… Cela veut dire qu'on ne peut plus se reposer sur la science. Et qu'on peut essayer de régler cette histoire, non pas par la science, mais en lisant de vieilles légendes, en faisant la même chose que les anciens.

- Et bien, ça m'étonne de te l'entendre dire mais c'est une solution.

- C'est complètement délirant ! C'est contraire à mes principes ! Est-ce que c'est bien vrai tout ça ? Il est donc impossible de tuer ? Il est impossible de t'enfermer sans que tu puisses t'enfuir ? Tu serais donc comme une entité ?

- Non, tu peux essayer, on ne peut pas me tuer.

- Je ne vais pas essayer, si je prends mon pistolet et que je te tire dessus ? Qu'est ce que je ferais si je te tue réellement ? De toutes manières je ne veux pas te tuer.

- Bon, je peux te le montrer moi-même alors. Passe moi ton pistolet.

- Mais, mais… Mais non ! Il n'en est pas question ! Si ça se trouves tu délires complètement et, et, et, et tu vas réellement te tuer !

- A première vue, c'est plutôt toi qui a l'air de paniquer et de délirer, et souviens toi de ce que tu as vus il y a maintenant vingt minutes. Maintenant, dis moi où est ton pistolet.

- …

- Si c'est comme ça… »

Ulrich partit dans la cuisine et revint avec un couteau plutôt bien aiguisé. Walter essaya de lui arracher de la main mais sans résultat.

« Juste comme ça Walter, tu préfères que je me transperce où ? Le cœur ? Le cerveau ? Le poumon ? La gorge ?

- Mais arrête idiot ! » Hurla Walter se tenant les cheveux.

Soudain, il vit Ulrich planter le couteau à la tempe, Walter terrifié, resta glacé en face d'Ulrich. Mais celui-ci, après cinq secondes, retira l'objet tranchant et l'essuya tant il était couvert de sang. Un liquide rougeâtre coula sur sa joue et sur les creux de son visage. Il prit un chiffon qu'il appuya contre sa tempe, Walter observa la scène avec une grande stupeur en voyant que le jeune garçon ne souffrait pas. Ulrich essuya le sang qui avait coulé sur son visage, et montra à Walter sa tempe où il ne restait alors qu'une petite cicatrice.

« Dans une heure cette cicatrice aura disparue. Dit Ulrich en souriant.

- C'est…C'est… C'est… Balbutia Walter

- Impensable pas vrai ?

- C'est un tour de magie.

- Oh ! Cesse donc ! La lame a bien transpercé ma tempe, je devrais être mort à l'heure qu'il est.

- C'est dans le domaine du fantastique.

- Tout à fait. »

Walter fit les cents pas, tourna en rond, se tint la tête, puis fini par s'asseoir sur la chaise en bois de son bureau. Puis il dit d'un ton sec :

« Et la maladie ?

- La maladie ? Répéta-t-il en se tournant vers celui-ci.

- Une maladie te tuerait ?

- J'y ai déjà pensé. Je ne suis jamais tombé malade, même lors de grandes épidémies. Je me suis même injecté un virus dans mon corps. Rien n'y fait. Je ne tombe pas malade.

- Tu sais… Pour un homme comme moi, c'est très difficile d'accepter cette vérité. Tout cela… Un homme guépard, un homme qui ne peut pas mourir sauf par vieillesse, c'est beaucoup pour mon cerveau… Mais… Je me sens obligé de croire à tout ça, car je l'ai vu. Peut être qu'il existe d'autres créatures sur terre, qui vivent dans des régions désertes et inhabités. Après tout, l'homme n'a pas tout découvert. Je ne sais pas quoi faire… Je ne sais même pas ce que tu veux. Au fait, oui, qu'est ce que tu veux ?

- J'aimerais, soit devenir un humain ; soit si la première solution n'est pas réalisable mourir…

- Et bien… Voilà un but. De toutes manières je ne peux pas te mettre en prison. Mais dis moi, il est possible que tu me tues pendant mon sommeil lors des pleines lunes.

- Oui. Il faudra trouver une solution avant la prochaine pleine lune.

- Quel pétrin… Dans quelle situation je me suis mis en enquêtant sur ces meurtres. J'aurais du me casser une jambe.

- Ah oui, je voudrais tout de même savoir… Comment as tu su que j'étais coupable, dès le début. Avant même que tu me connaisses.

- Oh… C'est simplement une chance. J'ai écouté une conversation entre ta fiancée et un vieillard dans un café, comme quoi tu n'étais pas là la nuit des pleines lunes, et que justement ces jours de pleine lune il y avait des meurtres. En fait, je me suis basé sur une conversation. L'enquête traînait et on ne trouvait rien depuis des semaines, alors j'ai décidé de te surveiller. De m'intéresser à ce fameux barman qui disparaissait les nuits de pleine lune. C'était le jackpot. C'était toi le coupable. Mais, si j'avais su que ça m'aurait mené à une situation telle que celle-ci…

- Dis moi… Je voudrais savoir aussi…

- Oui ?

- Tu as vraiment fait semblant de te lier d'amitié avec moi ?

- … Oui.

- Tu n'avais donc aucun remord de m'envoyer à l'asile ?

- Ecoute… Je n'ai pas le même caractère que toi, je suis beaucoup plus vieux en prime alors ne te fait pas d'illusion. Je n'ai eu aucun remord à te mettre dans cet asile.

- Et alors… Pourquoi tu ne m'as toujours pas jeté à la porte de chez toi à présent, alors que j'ai saccagé toute ta maison, et que je t'apporte des soucis.

- Parce que tu es un danger public !

- Pas quand je suis en apparence humaine.

- …

- Tu donnes une impression d'être dur et sans cœur mais c'est tout le contraire. Je pense que personne ne s'est jamais réellement lié d'amitié avec toi.

- Non, personne ; peut être parce que je n'ai besoin de personne.

- Moi j'ai besoin de toi.

- Arrête un peu, et puis tu as raison, pourquoi je te garde chez moi ? Vas te trouver quelqu'un d'autre !» Dit Walter en le prenant par la col de sa chemise et en le jetant dehors. Ulrich s'était retrouvé en moins de trente secondes à la porte de chez Walter. Il sourit et s'en alla. La journée se déroula lentement et vint après la nuit. Walter était dans sa cuisine en train de se changer les idées en préparant un « fish and chips » pour dîner. Il entendit soudain trois coups nets sur la porte d'entrée, il enleva son tablier et ouvrit la porte. Ulrich se tenait en face de lui, le nez et les joues rosés par le froid. Le jeune garçon dit alors :

« Tu me laisses dîner chez toi ?

- T'es un pot de colle toi, dit Walter en souriant, allez, entre. »

Ulrich enleva son manteau couvert de neige ainsi que son écharpe. Il souffla dans ses deux mains tentant de les réchauffer. Walter l'invita à s'asseoir à table.

« Je suis désolé, j'ai pris qu'un poisson chez le poissonnier tout à l'heure, on se le partagera. Par contre j'ai de la soupe pour après le dîner, ça te réchauffera tu verras. Il doit me rester une bouteille de vin que j'avais fait importer de France.

- Ca ne te dérange vraiment pas ?

- Quoi donc ?

- Que je dîne chez toi.

- Non.

- Pourtant tu m'as jeté à la porte tout à l'heure.

- … Je me suis emporté.

- Ce n'est pas grave.

- Tu sais Ulrich…

- Oui ?

- Tu es un ami.

- Heureux de te l'entendre dire ! » Cria Ulrich en tapant sur la table et en riant à gorge déployée.

Walter sourit, et, entraîné par celui-ci, il se mit aussi à rire.

Le dîner se déroula à merveille, leur voix résonnèrent dans toute la maison ainsi que leur rires. Enfin, au souper, Walter demanda :

« Dit-moi, Tu es retourné voir ta fiancée ?

- Oui… Mais elle ne m'a pas accepté dans la maison. Elle m'a dit qu'elle ne laissait pas entrer chez elle des meurtriers.

- Et bien… Si tu la revois, tu t'excuseras de ma part.

- Pourquoi donc ?

- J'ai été un peu dur avec elle.

- Dans quel sens ?

- Je lui ai dit que t'étais atteint d'une maladie et qu'il fallait vivre avec etc. Elle m'a jeté le service à thé dans la figure.

-… »

Enfin, Walter installa de quoi faire dormir Ulrich dans le salon, il était déjà tard, Walter alluma la lampe à pétrole qui se trouvait sur son bureau.

« Excuse moi, ce n'est pas très éclairé.

- En effet, je me demande comment tu t'y prends pour travailler.

- Mes yeux s'y sont habitués, dit il en regardant la fenêtre, mais dit donc, il neige dehors.

- Tu ne l'avais pas remarqué ?

- Non. C'est bizarre. Je me disais bien qu'il faisait froid. Malheureusement je n'ai pas de cheminée chez moi.

- Il serait temps d'en faire construire une.

- Au fait…

- Oui ?...

- Malgré que nous rions, nous parlons comme si de rien n'était. Il y a une chose qui m'empêche de me sentir bien. Tu es un monstre. Aussi impossible que ça puisse paraître… Je repense à tout à l'heure, mes yeux ont bien vus un homme guépard. Tu as tout de même tué un nombre incroyable d'innocents… A te voir là, maintenant comme tu es, j'ai l'impression que tout ce que j'ai vu n'était qu'un rêve.

- Mais je suis bien un monstre… Répondit Ulrich en baissant la tête.

- Maintenant… Il faut trouver un moyen de te donner une apparence humaine.

- Tu es perdu Walter… Pas vrai ?

- Ce qui me dérange le plus…

- Oui ?

- C'est qu'il n'y a aucune solution logique. Aucune solution lié avec la science. Rien ne peut expliquer ce que tu es, et pourquoi tu n'arrives pas à mourir.

- Peut être faut il trouver une autre logique…

- Je réfléchirai à la solution demain. Eteint la lampe assez rapidement, j'aimerais faire des économies, allez bonne nuit, je monte dans ma chambre. »


Walter monta dans sa chambre, s'engouffra dans son lit. Tout se mélangeait dans sa tête. Il voulait trouver une solution logique, humaine à ce qu'il voyait. Il cherchait dans sa tête, le regard fixant le plafond de sa chambre. Puis il finit par s'endormir en écoutant le vent léger qui accompagnait la neige au dehors.


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Message Posté le: Dim 1 Juil - 17:38 (2012)    Sujet du message: Publicité
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Message Posté le: Sam 28 Juil - 14:25 (2012)    Sujet du message: Pleine Lune
Je me souviens de ton texte en effet ^^


Je sais plus trop ce que j'en avais dit par contre.


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Message Posté le: Sam 28 Juil - 14:44 (2012)    Sujet du message: Pleine Lune
Tu avais dit que j'avais pas assez développé mon propre style et que j'avais un style un peu, scolaire xD

voici le chapitre deux pour la peine xD

Pleine Lune


« Mais tuez-les au nom de la race humaine !»


Chapitre 2 – D'une ville à une autre.


« Bonjour monsieur l'inspecteur ! Cria une dame aux formes rondes d'une voix grasse et rauque, vous venez m'acheter la boutique ?!

- Non, je n'oserais pas. Je voudrais dix œufs frais, deux tranches de bacon, oh, et passez-moi aussi une bouteille de lait. Vous avez encore du café ? Et puis ces pommes… Elles ont l'air délicieuses. J'en prendrais bien quatre. Et le pain de tous les jours. Puis, mettez-moi cinq pommes de terre, s'il vous plait.

- Oh et bien, vous m'achetez quand même un bon paquet ! Même plus que d'habitude ! Dit-elle, un large sourire au visage.

- C'est que j'héberge un ami.

- Ah oui ? Je savais bien que vous étiez quelqu'un d'aimable et d'accueillant ! Ah mon cher inspecteur. S'il pouvait y avoir tout Londres comme vous ! D'ailleurs, je remarque que vous avez l'air moins stressé que les autres jours, c'est une bonne chose ça ! Il vous est arrivé quelque chose de bien, hier ?

- Oh… C'est tout le contraire, mais vous avez raison, je suis moins paniqué.

- Et bien voilà mon bon monsieur, ça vous fera 15 £ s'il vous plait.

- Voilà, passez une bonne journée. »

Walter sortit de la boutique en faisant retentir le bruit de la clochette de porte. Les rues étaient enneigées, le paysage était clair, blanc. Il s'assit sur un banc près du port, il pouvait regarder la Tamise, et entendre le léger bruit des vaguelettes. Il n'y avait personne hormis les pêcheurs. En effet il s'était levé assez tôt, ne pouvant s'endormir, il était parti sans réveiller Ulrich qui avait besoin de repos. Walter remarqua que sa barbe avait poussé d'un demi-centimètre, ce n'était pas très élégant mais il avait horreur de se raser lui-même ; il avait l'habitude de se couper et tachait souvent ses chemises de sang. Il allait donc deux ou trois fois par semaine chez le barbier, selon ses envies ou ses temps libres. Il essaya de se réchauffer les mains en se les frottant, ses gants étant restés sur son bureau. Il décida de rentrer, son pas était lent. Il était songeur, son regard était vide, il failli bousculer le peu de personnes qu'il croisait sur son chemin. Il rentra enfin, son paquet de nourriture à la main. Ulrich ne s'était pas encore réveillé, il dormait profondément sur le tapis.

Walter fit un feu en dessous du four à bois pour préparer le petit déjeuner. Il fit cuir deux œufs à la poêle sur deux tranches de bacon. L'huile crépitait, et l'odeur se répandit dans toute la maison. Ulrich ouvrit lentement ses yeux, il sentit la délicieuse odeur de bacon grillé. Il se leva directement et se rendit dans la cuisine. Walter mit un couvercle sur la poêle, et fit volte face pour aller réveiller Ulrich ; il hurla en voyant celui-ci juste en face de lui.

« Et bien Walter, tu as les nerfs bien fragiles. Dit Ulrich, étonné.

- C'est le matin, c'est le matin… Non mais ça m'a étonné que tu sois juste derrière moi…

- Je venais à peine de me réveiller, je voulais te dire bonjour mais tu avais l'air si concentré sur tes œufs que je me suis contenté de te regarder faire.

- Oui… Hm… Les toilettes sont derrière l'escalier. Tu pourras faire ta toilette aussi à l'intérieur, c'est une salle de bain.

- Très bien j'y vais. »

Ulrich partit dans la salle de bain, Walter, le cœur battant encore s'assit sur une chaise, essayant de reprendre ses esprits.

Ils mangèrent et s'habillèrent. Ulrich avait encore une tasse de café à la main, et était assis sur la chaise de bureau de Walter, il regardait son ami fouiller dans sa bibliothèque de vieux livres parlants de mythes. Enfin, Walter posa sur le bureau une pile de livres tous aussi épais les uns que les autres. Puis il s'assit sur le fauteuil, prenant un livre à la main.

« Maintenant, cherche dans les livres. Il n'y a que dans les livres qu'on puisse découvrir comment te rendre ton apparence normale.

- Tu sais j'ai déjà essayé pas mal de trucs, et je sais ce qui marche et ce qui ne marche pas.

- Tiens… Ecoutes ça…Il parait qu'il y a une femme qui s'appelle Robin Pitt Adams qui serait spécialisé dans les incantations, les sortilèges, et toutes les horreurs de ce genre.

- Hm… Et, où habite-elle ?

- Au fin fond de l'Ecosse.

- Tu comptes te rendre au fin fond de l'Ecosse ??? Ne crois-tu pas qu'il serait préférable de d'abord tester par nos propres moyens.

- C'est toi-même qui m'as dis que tu avais tout essayé.

- Oui mais peut être qu'il y en a d'autres que tu connais et que tu ne me dis pas !

- Il est vrai que je connais quelques petites choses concernant les loups garous, mais tu es un guépard garou. Tout change.

- Dis-les quand même.

- Et bien, il y a toujours une solution en te faisant couler ton sang. Il parait. Mais à des endroits bien spécifiques de ton corps.

- Lesquelles ?

- Je ne sais pas…

- sinon ?

- Des balles d'argent.

- Déjà testé.

- Même au cœur ?

- C'est ce que je vise en premier.

- Et bien… As-tu essayé de te couper la tête ?

- … Tiens, ce n'est pas bête… Mais je pensais que tu voulais me garder en vie.

- On essayera qu'en cas d'extrême urgence.

- …

- Tu es certain que tu ne veux pas aller voir cette vieille femme au fin fond de l'Ecosse ?

-Walter… C'est possible que cette Robin n'habite plus en Ecosse. Peut-être même qu'elle est déjà morte !

- Non je ne crois pas, ce livre est tout récent, je l'ai pris à la bibliothèque, d'ailleurs il faudra que j'aille rendre tout ce tas de livres…

- Le voyage sera long Walter…

- Tu n'aimes pas voyager ? J'avais de la famille dans le temps en Ecosse, je connais à peu près le coin.

- Si... J'aime voyager mais… Combien de temps ça prendra ? On n'est même pas sûre qu'elle soit là, en Ecosse.

- Une vieille femme de son âge ne prendrait pas la peine de déménager.

- Nous allons perdre un temps fou !

- Ecoute-moi bien, Ulrich ! Cria Walter, je n'ai aucune solution à te proposer à l'instant où nous discutons maintenant, mieux vaut aller voir un spécialiste directement. Je te signale, qu'il reste 27 jours avant la prochaine pleine lune. Nous avons le temps.

- Très bien… Et si ça ne fonctionne pas ? Si la dame n'a pas de solution ?

- Et bien, nous chercherons ailleurs.

- Ou tu me coupes la tête.

- Oh ! Souffla Walter, ne commence pas avec tes crises de déprime, tu vas m'énerver !

- Quand partirons-nous ? Demanda Ulrich en s'asseyant sur la chaise.

- Demain, à l'aube j'irai chercher des billets, nous arriverons à destination dans la nuit.

- Nous partons demain ?

- Ne perdons pas de temps, je te conseille de préparer tes valises. Il doit faire froid là bas. Je suis persuadé qu'il y a de la neige.

- Mais Walter.

- Oui ?

- Je n'ai pas de vêtements à me mettre, ma femme m'a jeté, je n'ai pas eu le temps de prendre mes affaires.

- Et bien… Voyons voir, tu as l'air un peu plus grand que moi. Je ne sais pas si mes vêtements vont t'aller... Oh mais j'y pense, je me souviens avoir fait faire des vêtements par un couturier qui s'était trompé dans les mesures. Je dois encore les avoir. Et bien voilà, tout s'arrange.

- En effet. »

Le lendemain, Walter parti chercher les billets à la gare qui était déjà rempli de monde. Il demanda des billets pour Kinbrace qui était un petit village qui se situait au nord de l'écosse. Un sourire s'afficha sur son visage. Une certaine nostalgie de l'écosse lui revint. Il repensait à ces dîners de familles, ces batailles de boules de neige, certains moments de solitudes.

Il retourna tranquillement chez lui, et il croisa une jeune femme qui lui demanda en ricanant :

« Vous habitez avec un homme monsieur Mc Matthiew ?

- C'est un vieil ami.

- Ah bon… Dit-elle, un léger sourire à la bouche qui exprimait une certaine moquerie vis-à-vis de Walter, c'est étrange, je vous ai rarement vu avec ce jeune homme auparavant.

- Et bien mademoiselle, nous nous sommes croisés il y a quelques jours, c'était une grande retrouvaille, croyez vous ! 7 ans que je ne l'avais pas vu.

- Je ne vous crois pas trop.

- Oui, d'accord, je mens, et je mens mal. Mais vous feriez mieux de vous regarder avant de regarder les autres.

- De quel droit osez-vous me dire cela ? Protesta la jeune femme.

- Votre robe est tachée.

- Oh mon dieu ! Il dit vrai ! » Cria t-elle. Elle partit, furieuse, en frottant cette tâche, espérant la faire partir.

Walter rentra chez lui, lassé par les rumeurs provoquées par les femmes. Ulrich avait préparé le petit déjeuner, et Walter s'empressa de rejoindre la cuisine.

« Tu sais Walter, commença celui-ci.

- Quoi donc ?

- J'ai croisé une femme tout à l'heure en me promenant.

- Oui ? Elle t'a plu ?

- Non. Non. Répondit Ulrich en souriant, elle a cru qu'on était amoureux l'un de l'autre, oui, toi et moi. Quelle bonne blague.

- Tiens, c'est étrange, on m'a fait la même réflexion, du moins, pas directement mais ça le sous entendait. Répondit Walter, vraiment Ulrich ; je pense que ce voyage va nous apporter que du bien.

- Je suis de ton avis. Après avoir bien réfléchi, un voyage me semble idéal.

- Une fois que tout cela se sera terminé, tu travailleras pour gagner ta vie et avoir tes propres appartements ! Dit Walter en se dirigeant vers la salle de bain.

- Je le sais bien !

- Mais ne t'inquiète pas, ça ne me dérange pas que tu restes ici. Le seul problème, c'est que ce n'est pas bien grand.

- Cela ne me pose aucun problème.»

Walter et Ulrich, habillés avec grand soin, Walter, avec une chemise écru, un gilet gris, et un pantalon gris, avec par-dessus sa longue veste en cachemire et Ulrich, avec une chemise pourpre, des gants blancs, un gilet et un pantalon noir, avec une veste pourpre au grand col; se dirigèrent à la gare, avec dans leur mains, deux grosses valises. Ils virent arriver la locomotive, qui, en s'arrêtant baigna les voyageurs dans un bain de vapeur. Les deux hommes entrèrent dans la machine, trouvèrent rapidement une place. Walter avait gardé son air sérieux alors qu'Ulrich avait un sourire radieux. Il s'imaginait déjà dans cette campagne, où les gens joyeux l'accueilleraient et où, l'air glacé par le froid et la neige, revivifieraient ses poumons. Il imaginait des forêts mystérieuses, où la nuit, il pourrait apercevoir dans ces bois, une légère lumière l'attirer, vers une sorte de maison abandonnée, où là résiderait une vieille dame, proche de 100 ans, les ongles aussi longs que la longueur de ses cheveux, qui expliquerait à lui et à Walter une solution miracle. Il s'imaginait boire une drôle de potion qui le dégouterait par sa couleur et son odeur. Tout cela, s'exprimait dans le visage d'Ulrich. Walter regardait celui-ci d'un air stupéfait, il se demandait bien à quoi pouvait penser son ami. Les heures passaient, Ulrich s'était endormi contre la vitre du compartiment pendant que Walter, les lunettes sur son nez continuait à étudier les différentes solutions utilisées dans le moyen âge ou dans différentes légendes. Au bout d'une heure, il fini par poser ses lunettes et ses livres. Il remarqua qu'Ulrich était toujours en train de dormir, il sourit et regarda le paysage à travers la vitre. Il voyait défiler à toute allure des maisons, des arbres, des oiseaux, des chemins… Il n'arrivait pas encore à réaliser qu'il était en train de se déplacer à des centaines de kilomètres pour aider son ami qui en réalité, ne le connaissait que depuis très peu de temps. Il se demandait encore si la transformation qu'il avait vue dans son salon n'était pas le pur produit de son imagination. Il regarda Ulrich d'un air vide. Ulrich était, à ses yeux, si humain, qu'il avait même du mal à se rappeler de sa forme de guépard. Il sortit du compartiment qui débouchait dans un petit couloir où les voyageurs pouvaient passer. Il regarda de nouveau le paysage qui défilait. Une jeune femme se tenait à quelques mètres de lui, elle regardait elle aussi à travers la vitre. Elle avait l'air jeune, fraîche, sa peau était lisse alors que ses cheveux étaient tous secs, couleur brun grisé. Elle était vêtue d'une grande robe grise et qui lui serrait au niveau de la taille. Elle portait de belles chaussures brunes cirés et qui brillaient. Elle portait un petit chapeau qui recouvrait que la moitié de sa tête, elle serrait en dessous de son bras une carte de Londres, Walter en jugea qu'elle ne devait pas venir du pays. Elle portait dans sa main, un vieux parapluie, qui avait l'air inutilisable. Walter cru voir en la regardant, une vieille poupée de cire. Walter, les mains dans les poches, se tenant bien droit, dit d'un ton bien propre à son caractère si celle-ci n'avait pas besoin d'un nouveau parapluie. Elle ne répondit pas. Il n'osa pas répéter sa question, tant elle lui semblait inutile après quelques secondes de réflexion. Ils restèrent dix minutes, tous deux dans la même position. Soudain, la jeune femme se tourna vers Walter et lui répondit qu'elle n'avait pas besoin de parapluie, elle avait une voix douce mais avait un ton très arrogant qui déplu fortement à Walter. Elle lui demanda sa destination mais l'inspecteur ne répondit pas, il regarda ses pieds essayant de cacher son visage tant il avait envie de rire en voyant le visage inerte de la jeune fille dont il se moquait. Celle-ci, ne sembla pas offusquée, elle se retourna de nouveau vers la vitre. Walter ne répondit toujours pas, elle se retourna de nouveau et dit qu'elle venait de Prusse. Walter, étonné lui demanda:

«Que venez vous faire en Grande Bretagne?

- Je viens trouver un dénommé Greg Benchley.

- GREG BENCHLEY?! Cria Walter, ce qui réveilla Ulrich.

- Vous le connaissez? Demanda celle-ci en s'approchant de Walter.

- Et bien, n'était il pas mort?

- Je ne sais pas… Cela fait déjà des semaines que je voyage. Je serai vraiment déçue de savoir qu'il est mort.

- Il ne faut pas voyager quand on ne sait pas.

- De toutes manières, si, comme vous dites, il est mort, je chercherai son fils, vous connaissez Greg?

- Et bien, que de nom, que de nom.

- Et son fils?

- Jamais entendu parler.

- Et bien, voilà un voyage qui n'est pas prêt de se terminer. Le train rentre dans une gare, je vais descendre.

- Juste une question.

- Oui?

- Pour quelles raisons vouliez-vous parler à ce fameux Greg?

- Et bien, Je vous aurais répondu, si vous aviez répondu tout à l'heure à ma question.»

Elle prit sa valise et partit en bousculant Walter, celui-ci tomba sur le sol. Un rire éclata, c'était celui d'Ulrich. Walter, énervé se releva et se précipita sur Ulrich en criant:

«Tu as entendu notre conversation?

- Malheureusement non, qu'étais tu en train de faire? La séduire? Dit Ulrich en ricanant

- Et bien, non, mais ne t'inquiète pas, ce n'est rien.»

Walter proposa à Ulrich d'aller dans le Wagon restaurant afin de déjeuner. Ils s'assirent à une table, Ulrich trouva le design très coquet et à son goût. Un serveur vint tout de suite prendre la commande. Ulrich était toujours aussi souriant et gai, il parlait à son compagnon de route ce qu'ils allaient trouver à Kinbrace et tout ce qu'il avait imaginé trouver. Walter ne l'écoutait qu'à moitié, il scrutait les autres passagers autour de lui. Il remarqua la jeune femme de Prusse qu'il avait rencontrée, elle n'était pas descendue comme elle l'avait dit. Il vit aussi, trois hommes qui se tenaient debout à côté de celle-ci, ils lui parlaient discrètement, il remarqua qu'un des hommes avait même pointé du doigt son jeune ami Ulrich. Soudain, il entendit :

«Walter! Enfin Walter! Tu m'écoutes?

-Oui...Une vielle dame aux ongles longs c'est ça?

- ...Walter, qu'est ce que tu regardes depuis tout à l'heure?»

Walter ne répondit pas. Il scruta le reste de la salle en buvant une gorgée de vin. Ulrich s'énervait de plus en plus, Walter lui fit un signe de la tête pour qu'il arrête de lui poser cette question. Un serveur vint apporter les deux plats chauds sur la table des deux hommes. Après quelques minutes, la jeune femme vint près d'Ulrich et lui dit

« Bonjour, pourrais-je vous poser une question?

- Bien sûr, posez là. Répondit Ulrich.

- Quel est votre nom de famille?

- Dunford. Répondit Walter avant même qu'Ulrich n'eut le temps de cligner des yeux.

- Je pense qu'il est assez grand pour me répondre tout seul. Alors, quel est votre nom?

- Il vient de le dire... Dunford. Répondit Ulrich avec hésitation, en regardant de temps à autres le visage de Walter.

- Vous mentez, et vous mentez très mal. » Répondit la jeune femme

Ulrich se tourna vers Walter avec un air d'incompréhension. Walter se leva, c'est alors qu'un homme vint le pousser pour qu'il se rassoie.

« Que voulez vous? Demanda Walter d'un ton calme

- Avouez, dit la femme, que le jeune homme qui se tient en face de vous s'appelle Benchley.

- Comment?

- Ne faites pas l'ignorant.

- Mais enfin que cherchez-vous ?

- Nous avons quelques questions à lui poser.

- Quelles questions ?

- Vous en demandez trop. »

Le train ralentissait au même moment où ils parlaient, il était en train de rentrer dans la gare. Un homme grand et large d'épaule, vint prendre le bras d'Ulrich pour l'emmener. Ulrich, ne comprenant toujours pas, se débattait mais n'arrivait pas à repousser le monstre qui le tenait. Walter prit sa canne et mit un coup dans les yeux du grand individu. Celui ci lâcha prise sous de nombreux cris. La jeune femme donna l'ordre à d'autres hommes d'attraper Walter et Ulrich. Ils sortirent alors du restaurant en courant, Walter cassa rageusement les carreaux du couloir. Le train ralentissait mais avançait toujours à une certaine vitesse. Il fit signe à Ulrich de sauter, celui ci, prit par la peur, n'osa même pas s'approcher de Walter. Alors l'inspecteur le prit par le bras et le poussa de force, et sauta à son tour. La jeune femme, n'ayant aucune peur, sauta de même après quelques minutes suivit de tous les autres hommes qui semblaient agir sous ses ordres. Une course poursuite était lancée. Ils coururent en direction d'une ville. La ville était plutôt importante et les gens défilaient et s'entassaient dans la place principale à cause du marché, Walter bouscula tout le monde dans cette course, les cris suraigus des femmes raisonnaient dans les rues de la ville. La jeune femme qui courrait toujours derrière les deux hommes, sortit un pistolet assez moderne et tira en direction de ceux ci; sans succès. La haine de Walter montait à sa tête comme un volcan qui était prêt à rentrer en éruption. La jeune femme s'arrêta de tirer, Walter et son ami se dirigèrent dans de petites ruelles mais leur ennemie ne les perdaient pas de route. Walter dit alors en courant, coupé par de nombreuses respirations de se séparer pour les semer. Ulrich se dirigea alors vers la droite et Walter vers la gauche lors d'un croisement. La plupart des hommes suivirent les pas d'Ulrich, la jeune femme suivit les traces de Walter. Au bout d'une trentaine de minutes, Ulrich se fit attraper par ces hommes dans une impasse. Il ne comprenait pas les causes de tout ce remue-ménage mais il était persuadé que ces hommes lui voulaient du mal. Quant à Walter, il avait semé la femme depuis une quinzaine de minutes et il commença déjà à chercher Ulrich. Il chercha durant des heures entières, en réalité, il chercha durant toute l'après-midi et pendant toute la soirée. Il était déjà minuit passé. Il s'assit sur un banc, les mains sur le visage. Il n'en pouvait plus, le froid congelait ses mains. Il s'englouti dans sa veste. Soudain, il vit une femme sortir de sa maison. Elle avait vu Walter par sa fenêtre; elle s'approcha lentement de celui ci et dit:

« Bonsoir. Vous n'avez pas d'hébergement pour cette nuit?

- Non... Je ne suis pas censé être dans cette ville.

- Souhaitez-vous dormir au chaud, dans mes appartements ?

- Je ne voudrais pas vous déranger, vous et votre famille.

- J'habite seule.

- C'est rare...

- Cela vous pose t-il problème?

- non.... Bien sûr que non.

- Alors, vous venez?

- J'accepte. »

Walter entra dans la maison de la jeune femme, elle lui prit sa veste et l'accrocha au porte manteau, elle l'assit sur un fauteuil et s'assit à son tour près de la cheminé. On entendait que le feu qui crépitait. Soudain, Walter dit :

« Je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Walter Mc Matthiew.

- Vous êtes le fameux inspecteur.

- Suis-je connu même ici?

- Vos exploits sont connus partout.

-... Mes exploits...Dit-il d'une voix semi éteinte.

- Et, je m'appelle Jade.

- Un très joli prénom. Je vous remercie de m'héberger.

- Ce n'est rien. Pourtant, je me suis posé une question. Comment se fait il que vous étiez là, dehors, sans logement. Vous est-il arrivé quelque chose?

- Oui... J'ai raté le train. On peut dire ça comme ça.

- Et bien, je vais vous préparer un thé. »

Walter continua à regarder Jade de loin. Elle était fine mais avec quelques rondeurs assez prononcés au niveau de la poitrine et de la hanche. Elle avait de longs cheveux bruns bouclés. Elle était vêtue d'une robe noire aux lueurs vert émeraude. Ses lèvres étaient pulpeuses, ses yeux étaient entre-ouverte, ses longs cils étaient telles des plumes d'oiseaux. Ses joues étaient roses. Elle paraissait jeune. Elle devait l'être. Elle revint avec deux tasses de thé. Walter la remercia et prit une gorgé, le thé était très parfumé. Il posa sa tasse et demanda :

« Quel âge avez-vous?

- J'ai 19 ans.

- Où sont donc vos parents?

- Ils sont partis loin »

Walter se tut.

« Monsieur Mc Matthiew.

- Oui?

- Voulez-vous que je vous rase.

- Et bien...

- Excusez moi, je ne suis pas très polie... Je retire ce que je viens de dire.

- Je vais me raser tout seul, ne vous embêtez pas. »

La jeune femme dirigea Walter dans la salle de bain où il trouva de nombreux outils et couteaux pour tailler sa barbe. Il fut surpris de trouver tout ces ustensiles dans la maison d'une femme.

Il enleva sa chemise pour ne pas la tacher. Sa barbe avait alors prit un demi-centimètre de plus que le jour précédent. Il se mit de la mousse, fit couler de l'eau chaude et commença à se raser. Il n'avait vraiment pas l'habitude. Et au bout de quelques minutes, un cri jailli de la salle de bain. Jade se précipita vers Walter et vit qu'il s'était de nouveau coupé. Elle lui prit des mains le couteau. Prit un mouchoir et essuya le sang qui coulait sur la joue de celui-ci. Il n'était pas habitué à tant d'affection. Il n'était pas habitué que quelqu'un s'occupe de lui. Elle prit un couteau plus fin et coupa avec délicatesse le reste de sa barbe. Après quelques minutes, il était rasé. Elle lui essuya la mousse qui était resté dans quelques coins. Ils restèrent durant quelques moments face à face. Walter remercia Jade et récupéra sa chemise. Celle ci, d'un geste brusque, le plaqua sur le mur. Elle approcha lentement ses lèvres de celles de Walter; mais celui ci repoussa la jeune dame et repartit près du feu. Il se rhabilla et dit d'un ton grave :

« Vous embrassez les inconnus vous?... »

Elle lui dit que la chambre d'ami se trouvait à l'étage et lui souhaita une bonne nuit. Walter soupira et monta à l'étage. Le lendemain, il se réveilla très tôt. Il ne prit aucun déjeuner et laissa un mot à la jeune femme signalant qu'il était parti. Walter sortit de la maison et réfléchi sur l'endroit où pouvait être Ulrich. Il revint à la ruelle où ils s'étaient séparés et partit dans la direction qu'Ulrich avait prit. Il vit un jeune garçon courir à toute vitesse dans sa direction. Il était vêtu d'une salopette et d'une casquette en jeans. Le petit demanda à Walter :

« C'est vous monsieur Walter?

- ... Oui mais... On se connaît ?

- Non ! Mais d'après la description, ça ne pouvait être que vous.

- Et bien, celui qui m'as décrit est très fort.

- Il m'a dit que soit vous aviez un centimètre de barbe mal rasé, soit que vous étiez rasé mais avec au moins une cicatrice.

- ... Qui t'as dit ça?

- Un jeune homme blond frisé prétendant s'appeler Ulrich.

- Ulrich? Où est-il à présent?

- Chez moi, vous venez?

- Bien sûr, mais ta famille est réveillé?

- Oui, on n'a pas dormi !

- Et tu arrives encore à avoir tant d'énergie? »

Walter couru pour rattraper le petit. La course se déboucha devant une vieille porte d'un vieil appartement. Le bois grinçait sous chaque pas des deux individus. Soudain le petit ouvrit la porte, Walter vit Ulrich parler avec un homme aussi grand que large et qui devait sûrement être le père du jeune garçon. Ulrich se retourna vers Walter et poussa un cri de joie. Walter regarda son ami avec effroi. Les bleus et les cicatrices couvraient le visage du jeune homme blond.

« Que t'es t-il arrivé...? Laissa échapper de sa bouche Walter.

- Je suis arrivé au bout de la ruelle comme tu as pu le constater, c'est une impasse, ils ont voulu m'assommer pour m'emmener plus facilement, mais je perdais difficilement conscience. Dit-il en souriant. Monsieur Pot est descendu m'aider.

- J'ai bien cru qu'ils allaient le tuer! Dit le père de famille en roulant les r.

- Je saignais tellement... J'avais tellement mal que je n'arrivais pas à m'endormir. Ils sont tous restés à mon chevet durant toute la nuit.

- Je vous remercie d'avoir prit soin de lui. Dit Walter à la famille.

- Oh, venez donc vous asseoir, désirez vous une tasse de thé? » Demanda la mère.

Walter acquiesça et ferma la porte derrière lui. Il vint s'asseoir à côté de son ami qui avait l'air de supporter la douleur. La mère vint avec du thé et s'assit à son tour.

« Je ne sais pas si Ulrich vous a déjà dit que nous étions normalement en voyage pour Kinbrace.

- Ah non, je ne savais pas. Il a plus gémit que parlé à vrai dire.

- Mais qui étaient ces méchants hommes? Dit le jeune garçon.

- Je ne sais pas... C'est cela qui m'inquiète. Dit Walter

- Nous devrions partir à la gare le plus vite possible. Dit Ulrich.

- Et bien. Allons y. Dit le père en se redressant.

- Je vais d'abord finir de boire le thé de madame qui est succulent. »

Dès lors, ils partirent avec le père de famille à la gare. Il n'y avait qu'un seul itinéraire vers Kinbrace à 18 heures. Ils avaient laissés leurs affaires dans le train, Walter n'avait donc plus de livres ni de vêtements de rechange. Il se regarda, il remarqua qu'il avait déchiré son manteau en cachemire en sautant par la fenêtre du train. Il regarda ensuite désespérément le visage d'Ulrich. Le père Pot demanda alors à Walter:

« Souhaitez vous que je vous prête des habits pour passer un peu plus inaperçu?

- Des habits...

- Oui, salopette ou grande chemise, jeans, bottes et casquette. Qu'en dites-vous?

- Ce n'est vraiment pas plaisant... Répondit l'inspecteur.

- Cependant ce serait prudent. » Répondit Ulrich et M. Pot en même temps.

Walter regarda ses vêtements et accepta. Ils rentrèrent alors chez le père. Celui ci passa une chemise à carreau, un jeans épais, des bottines ainsi qu'une casquette. Il prêta à Ulrich, une salopette en jeans, une chemise, de longues bottes et aussi une casquette. Walter demanda un sac au père Pot pour pouvoir y mettre le restant de ses vêtements, ceux d'Ulrich ainsi que sa canne qu'il prenait soin par dessus tout. Ils restèrent avec la famille Pot jusqu'à l'heure du départ du train. Ulrich avait passé sa journée à aider la mère de famille ou de jouer avec le petit qui avait l'air de ne pas avoir joué avec quelqu'un depuis longtemps. Quant à Walter, il était resté avec le père Pot pour parler de ce qui s'était réellement passé. Il passa le reste du temps à sourire en regardant Ulrich s'amuser avec un enfant de six ans. A six heures, ils partirent de la maison en remerciant toute la famille qui les avaient accueillis, la mère leur prépara un casse croûte à emporter, et un pot de confiture de lait. Walter s'était un petit peu habitué à cette tenue qui pourtant ne lui plaisait pas. Ulrich avait l'air de ne pas se soucier de son style vestimentaire, de plus, il trouvait la salopette plus pratique pour se déplacer. Ils achetèrent les billets et attendirent le train. Walter regarda tous les futurs passagers, il ne vit pas les personnes qui les avaient poursuivis. Il fut soulagé, le train entra en gare et ils furent dans leur compartiment bien rapidement. Walter une fois assis repensa cependant à Jade, il avait l'impression d'avoir déjà vu son visage dans ses souvenirs mais il ne parvint pas à se rappeler. Ils dînèrent dans le compartiment, le casse croûte de la mère Pot était simple mais très succulent. Ulrich ne put s'empêcher de goûter à la confiture de lait. Après cela, Ulrich se rendormit comme le jour précédent, Walter, lui, ne dormit pratiquement pas, il se sentait menacé et prenait garde à quelconque attaque. Au bout de quelques heures le train s'arrêta dans une ville qui se situait à quelques kilomètres de Kinbrace. Ulrich se réveilla; c'était au beau milieu de la nuit. Walter regarda le paysage, ce n'était pas celui de Kinbrace. Il demanda à une jeune femme qui descendait si le train était bien en direction de Kinbrace, elle répondit que Walter et Ulrich s'étaient sûrement trompés de train. Walter tapa son pied contre la porte du compartiment, prit la valise et dit à son ami de le suivre. Ils descendirent du train et se dirigèrent vers le centre ville. Walter essaya de se souvenir du nom de la ville tant il avait l'impression de l'avoir déjà visité mais il ne parvint pas à se rappeler. Il marcha dans la ville et trouva enfin une pancarte, il s'écria :

« Saint-Andrews! On se trouve à St Andrews!

- Bravo Walter, tu sais lire.

- Bon... Soit on passe la nuit à tourner en rond habillés en paysans soit on trouve quelqu'un qui puisse nous aider.

- Paysan... Paysan... C'est assez pratique comme habits. Ca ne te dirait pas d'aller à une auberge ?

- Et perdre du temps ? On en a pas assez perdu...

- ... Tu es exténué, et puis laisse moi porter ces bagages.

- Tu ne connais pas les auberges aussi bien que moi Ulrich.

- Je te signale que je tenais un bar.

- Et moi j'ai fais toute une enquête dans une auberge. Tous les jours je m'y rendais... Et tu veux réellement savoir comment ça se terminait chaque nuit?

- Allez Walter, viens, ça va te détendre. »

Ils se dirigèrent en même temps vers une auberge. Walter n'avait pas vraiment l'air d'être pour mais il ne recula pas. Un silence de mort remplit la salle quand ils y pénétrèrent. Puis ils se remirent tous à leurs occupations. Ulrich resta figé, quant à Walter il était déjà assis devant le comptoir. Ulrich n'avait jamais vu une auberge telle que celle ci. Le comptoir était bondé, des gens dansaient sur les tables en faisant renverser de l'alcool de toutes sortes, c'était cependant la bière qui coulait le plus. Quelques femmes qui semblaient être aussi grande, grosse et moustachus que les hommes riaient à coeur joie. Il vit quelques jeunes femmes se faire aborder par quelques hommes qui avaient l'air de n'avoir que de l'alcool dans leurs estomacs. Il se sentait à l'écart, dans un autre monde, soudain il entendit une voix l'appeler :

« Alors, tu viens? C'est pas toi qui voulais venir?

- Si...Si... »

Ulrich s'avança et s'incrusta à côté de Walter en se frayant un passage entre les géants qui occupaient le comptoir.

« Dis moi Walter, tu peux me dire comment tu t'y es pris pour trouver une chaise sur laquelle tu puisses t'asseoir avec tout ce monde?

- Je t'ai dis que je connaissais les auberges mieux que toi.

- Bien, je pense qu'on peut profiter de cet instant pour se remotiver, qu'en dis tu Walter?

- Ouaip, c'est déjà fait. Dit Walter en montrant 5 chopes de bières vides en face de lui.

- Com...Comment? Tu as déjà bu tout ça?

- A côté de ces gaillards, faut pas paraître pour une poule mouillé. Tiens, bois ça. Ajouta Walter en donnant une autre chope de bière cette fois ci remplit à Ulrich. Celui ci bu d'une traite.

- Et bien mon grand, je pense que la nuit va être longue. » Cria Ulrich.

Toute l'auberge cria pour affirmer ce que venait de crier Ulrich. Les heures déroulaient mais les cris ne diminuaient pas. Soudain, un homme qui semblait atteindre le plafond avec le bout de sa tête vint dire à Ulrich :

« Toi mon petit, t'as des vêtements de bonnes qualités. Où est-ce que tu les as achetés dis moi !

- C'est un ami qui me les a offerts.

- Ah oui? Qui ça? Celui qui est à côté de toi là?

- Non. Alors lui, il trouve que ces habits sont des habits de paysans. »

Un silence pénétra de nouveau dans la salle, tout le monde jeta un regard noir contre Ulrich et Walter. Celui ci n'avait rien entendu et continuait à boire de la bière. Après quelques minutes il remarqua que tout le monde le regardait. Il dit alors:

« Qu'est ce que j'ai fait?

- Comme ça, tu nous traite de paysans? Dit le grand homme.

- Et bien... Je ne me rappelle pas d'avoir dit ça. »

L'homme s'énerva et essaya d'attraper le cou de Walter, mais celui ci prit sa canne de son sac qui était sur ses genoux et la pointa entre les deux yeux de l'homme.

« Mon grand, je ne te conseille de ne pas de toucher à une parcelle de ma peau. »

Il finit sa bière et demanda à la foule :

« N'y a t-il pas une personne de bon coeur ici pour m'emmener moi et mon ami à Kinbrace? »

Personne ne répondit. Un vieil homme demanda d'une fable voix :

« Mais qui êtes-vous?

- ... Je ne répondrai pas à vos questions si vous ne répondez pas à la mienne.

- Je vous conduirai à Kinbrace si vous me dites votre nom.

- Que le mien?

- Que le vôtre.

- Je suis Walter Mc Matthiews.

- Saperlipopette ! Vous ? Ici? Vous vous payez ma tête ? On m'a décrit le grand Mc Matthiews avec de beaux vêtements, une grande élégance.

- Je suis habillé comme cela pour passer inaperçu. Mes vrais vêtements sont dans mes bagages.

- Et bien.... Venez, suivez moi je vais vous mener à ce village. »

Le vieux sortit de l'auberge, Walter et Ulrich suivirent. Le vieil homme ramena une vieille charrette, il leur dit de se placer sur le foin pour être plus confortable et pouvoir dormir. Ulrich sauta la tête première dans le foin, Walter, lui, s'assit à côté du vieil homme qui fumait une pipe. Soudain, Walter s'écria :

« Ma pipe! Je n'ai plus ma pipe! »

Il prit le sac à bagage et fouilla dedans. Il prit sa veste fouilla dans les poches, dans toutes les poches et le trouva enfin dans le fond de la valise.

« Excusez-moi, vous n'auriez pas des feuilles et du feu? Demanda Walter au vieil homme.

- Oui, prenez. Je vois que vous y tenez à votre pipe.

- Pour sûr.

- Je vois que c'est une pipe de haute qualité.

- Elle appartenait à mon père... »

Le voyage dura tout le reste de la nuit. A l'aube, ils n'étaient pas encore arrivés, Walter s'était endormi, Ulrich tartinait des tranches de pains avec la confiture de la mère Pot. Le vieil homme commença à fatiguer, Ulrich prit alors sa place et continua sa route. L'homme lui indiquait les directions qu'il fallait prendre.

« Dites-moi monsieur, demanda Ulrich à l'homme, il serait plus facile si vous nous disiez votre nom.

- Tout le monde m'appelle le vieux ravageur, mais mon vrai nom est John Map.

- Vous connaissez bien les environs...

- Je voyage depuis que je suis haut comme trois pommes.

- Mais dites-moi qu'est ce qui vous a poussé à nous conduire jusqu'à Kinbrace?

- En vous regardant j'avais compris que vous étiez des voyageurs. Puis, votre ami me rappelait quelqu'un. Puis quand il m'a dit son nom, j'ai cru qu'il blaguait.

- Vous étiez choqué que le plus grand inspecteur de Londres vienne à St-Andrews?

- Non... pas vraiment. A vrai dire, je connaissais le père de Walter.

- Vraiment? S'étonna Ulrich.

- Oui, je suis le vieil ami d'enfance de son père, j'ai connu Walter quand il avait 6 ans.

- Mais... Alors... Quel âge avez-vous?

- Oh, j'étais beaucoup plus jeune que son père vous savez. J'ai su qu'il était un inspecteur réputé que quelques années auparavant. Mais... Cela ne m'étonne pas, son père était quelqu'un de très intelligent. Très solitaire aussi. Peu de gens à part moi réussirent à être proche de lui. Walter a, je crois, attrapé le même virus que son père. Et vous aussi, il me semble, vous êtes quelqu'un comme moi, vous avez réussi à devenir l'ami de Walter. Tout comme j'ai réussi à devenir l'ami de son père. Ce qui m'étonne le plus, c'est que Walter n'a pas pu se rappeler de mon visage.

- Peut être qu'il se rappelle mais qu'il n'a pas envie de le dire. Vous savez sûrement mieux que moi comment il est.

- Walter... Oh oui... Je sais quel genre de gaillard c'est. Il n'a pas eu une enfance facile. Sa mère a abandonné son mari et Walter alors qu'il n'avait que 3 ans. Charles, son père, a du l'éduquer seul, enfin, je l'ai beaucoup aidé. Walter a toujours vécu aux côtés des hommes et a toujours eu du mal à se rapprocher des femmes. Il ne pouvait pas s'empêcher de jeter des phrases méprisantes à l'égard des filles qui l'entouraient. Oui, on peut dire ça. Oh! Tournez à gauche dans cette direction ! Cria le vieil homme en pointant du doigt le chemin à prendre, il se rassit et dit, oui... Il les méprise car il ne les connaît pas. Walter et Charles détestaient tout ce qu'ils ne connaissaient pas, ils étaient obligés de tout connaître. Son père avait une immense bibliothèque et je pense que Walter en a une aussi. Seulement, il n'a jamais voulu lire des livres concernant les amours, les femmes et toutes ces choses. Je ne sais même pas s'il n'est jamais tombé amoureux. Ah... Attend que je me rappelle... Il y avait une fille qui aimait par contre beaucoup Walter. Elle était mignonne, une petite brune. Je pense qu'elle s'appelait Jade. Mais elle était vraiment jeune comparé à Walter. Ca remonte à ses 26 ans...

- Et quel âge avait jeune fille?

- 7 ans.

- Je pense que c'était surtout la petite qui était amoureuse.

- Walter est resté dans la maison de son père jusqu'à ses 30 ans. Mais Charles est mort quand Walter n'avait que 15 ans. Il est tombé malade. J'ai pris soin de Walter jusqu'à ses 21 ans, puis je l'ai laissé seul dans la maison. Il passait ses journées à lire. Il vivait comme il pouvait car il travaillait en tant qu'agriculteur à l'époque. Il ne pouvait faire que ça à l'époque dans le village où il habitait. Je lui disais qu'il avait assez de connaissance pour faire un autre métier dans une autre ville mais il me disait qu'il attendait d'amasser encore plus de savoir-faire. Et tous les jours la petite fille venait lui rendre visite. Elle rangeait un peu la maison, rangeait les livres, préparait du thé pour Walter, elle lisait des livres. Puis en fin d'après midi, Walter jouait avec elle pour la remercier. Ou alors il lui racontait des légendes. Je n'ai jamais vu une petite aussi joyeuse qu'elle. Mais...

- Mais?

- Mais un jour, on a retrouvé le corps d'une petite fille baignant dans son sang. Elle s'était faite attaqué par des sangliers. Son visage était déformé. Ce jour là, les parents de la fille qui allait chez Walter étaient venus nous dire qu'elle n'était pas rentré à temps, qu'elle avait disparu. Je couru aller prévenir Walter qui me dit qu'elle n'était pas chez elle. On en déduit vite fait que la fille morte était la jeune fille en question. Quand Walter apprit cela...

- Comment était-il?

- Il était aussi triste que quand son père l'a quitté. Cette fille comptait beaucoup pour lui malgré son âge. Après sa disparition, il s'enfermait dans sa maison, restant seul, avec son malheur et sa solitude... Et ses bouquins.

- Comment s'appelait la fillette?

-... Jade... Dit il en soupirant.

- Quand a t-il décidé de venir habiter à Londres?

- Un mois après la mort de la petite. Cette histoire l'a traumatisé. Les dernières phrases qu'il m'a dit avant de partir étaient celles ci : ' La mort m'a incité à partir de cet endroit. '... Dit il en fronçant les sourcils, puis, je ne l'ai jamais revu, avant maintenant bien entendu.

- Je ne savais pas tout cela...

- Il ne vous l'aurait jamais dit. Ou il vous l'aurait dit tout en vous frappant.

- Me frappant ?

- Une manière de faire souffrir les autres pour ne pas souffrir soi-même. C'est idiot. Pour cela il est idiot.

-... Je tourne à droite?

- Tout à fait.

- Cette Jade... Elle est peut être vivante.

- Vous espérez beaucoup. Qui vouliez vous que ce soit à part elle?

-... Vous n'étiez pas sûr que ce soit elle.

- Nous l'étions pratiquement.

- Mais, je me pose une question.

- Oui?

- Walter avait l'air très enthousiaste pour venir de ce côté de l'île.

- Et bien, on peut dire qu'à une époque il avait une vie très reposante ici, du temps où son père vivait encore. Ils étaient souvent invités par mes parents qui ne pouvaient s'empêcher de prendre soin d'eux. Dit-il en ricanant. Non... Walter n'a pas eu que du mal dans sa vie...Et heureusement. »

Soudain, Walter se leva , les deux hommes sursautèrent. John donna une tartine à Walter.

« Merci...

- Tu verras Walter, cette confiture de madame Pot est excellent."

Il croqua dedans, et versa une larme en même temps. Il l'essuya discrètement. Et prit sa pipe, il demanda de nouveau au vieux John de lui passer des feuilles et du feu. Il lui promit que ce serait la dernière demande. John lui passa les feuilles et l'allumette et fixa quelques minutes le visage à Walter.

« Qu'est ce qu'il y a, j'ai un bouton sur le nez? Demanda Walter.

- Non...Ce n'est rien. »

Ulrich arrêta la charrette pour laisser dormir le vieil homme qui manquait de sommeil. Une heure plus tard, le vieil homme se réveilla et prit la place d'Ulrich. Après deux heures, ils virent enfin le village de Kinbrace. Le vieil homme arrêta sa charrette devant la pancarte indiquant le nom de la ville. Ulrich sauta à terre, Walter descendit lentement, bagage en main. Le John dit :

« Je vous dépose ici, je vais continuer ma route de l'autre côté, je crois que je vais aller revoir ma ville natale. »

Walter regarda le vieil homme faire demi-tour et dit :

« Hey... John. La prochaine fois on ira boire du whisky ensemble. »

John, les larmes aux yeux, cria :

« Et bien j'aimerais bien qu'on fasse ça avant que je crève, petit! Trouve-toi une fille et viens me voir chez ton père.

- Tu retournes chez papa?

- Ouais... Faut entretenir la maison et sa tombe... »

Walter vit John s'en aller jusqu'à ne plus pouvoir voir ni entendre le bruit des sabots du cheval, au loin, à l'horizon.

« Bon... Maintenant Ulrich, il est temps d'aller chercher cette vieille dame.

- Comment s'appelait-elle?

- Robin Pitt Adams. »


fin du chapitre 2


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Message Posté le: Aujourd’hui à 12:21 (2017)    Sujet du message: Pleine Lune

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